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EAN : 9782221134900
126 pages
Robert Laffont (20/08/2015)
3.51/5   79 notes
Résumé :
« C'est un livre court, mais aussi dense qu'un diamant. »
Irish Times
Ils sont deux à la surveiller, à l'interroger pour lui faire dire ce qu'elle n'a pas vu. Ils dressent de son fils un portrait dans lequel elle ne le reconnaît pas et veulent bâtir autour de sa crucifixion une légende qu'elle refuse. Seule, à l'écart du monde, dans un lieu protégé, elle tente de s'opposer au mythe que les anciens compagnons de son fils sont en train de forger. Lenteme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
3,51

sur 79 notes
Ils sont là pour écrire la légende, façonner le mythe à partir duquel ils pourront bâtir un monde nouveau. Ils sont là pour l’écouter, recueillir son témoignage, elle qui fût la mère du christ, qui lui a donné la vie et l’a vu s’éloigner, s’enorgueillir du pouvoir de fascination et d’attraction qu’il exerçait sur les gens, pour finalement assister à ses derniers instants sur la croix… Mais ses réponses à leurs questions ne leur conviennent pas… Pas assez éblouissantes, pas suffisamment extraordinaires pour enjoliver la réalité. Cependant, Marie refuse de mentir, d’apporter des détails qui n’existent pas, elle ne veut pas que son fils devienne une icône au profit de quelques opportunistes, c’est pourquoi, sentant venir la fin, elle nous livre son propre témoignage de la vie de son fils, mort sur la croix au nom de tous les chrétiens…


Voici un sujet traité de manière pour le moins originale et audacieuse! Certes, la vie de Jésus n’est pas un point de départ vraiment novateur, en revanche le fait de la découvrir à travers les yeux de sa mère redonne un nouvel intérêt à l’histoire. Loin d’être une femme fanatique et aveuglée par les miracles provoqués par son fils, Colm Toibin dépeint une Marie cartésienne, refusant de céder à la facilité d’une croyance totale, fondée sur des tours de passe-passe. Il décrit une mère inquiète face aux excentricités de son fils et à son insouciance, une femme consciente du danger qu’il y a à se mettre en scène et à offenser les puissants, une mère qui sent venir le danger à grands pas mais s’avère impuissante à protéger son fils…

Ce qui subjugue d’abord, c’est l’écriture de Colm Toibin, à la fois puissante et envoûtante. La voix de Marie est parfaitement incarnée et trouve écho chez le lecteur, emporté dans ce long monologue par sa force et son lyrisme. Dans un cri déchirant et douloureux, une mère livre ses derniers souvenirs de son fils et nous bouleverse par la justesse et l’intensité de son témoignage. Un roman court mais terriblement intense et un auteur à découvrir !

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Comment ne pas être ému, bouleversé par ce récit puissant écrit comme un conte qui relate l'histoire d'une mére , son récit, son vécu, un cri déchirant quelques années après la crucifixion de son fils, Jésus?
La narratrice est Marie, la mére de Jésus, une mère dévastée, désemparée, souffrante, face à l'injustice infligée à son fils, surveillée et questionnée par deux visiteurs.........
Marie : une mére qui se livre avec pudeur, sur le perte et le martyre de son fils, qu'elle a vu entravé et sanglant .
Marie, une mère aimante, déchirée par le chagrin et le deuil, rongée par les doutes et la culpabilité qui souhaite dire la vérité, continue cependant à vivre, digne.....

C'est le récit essentiel d'une survivante, traumatisée, un texte écrit à la première personne, au présent, avec des mots très courts, la relation d'une mère à son fils , sujet principal du récit, que l'auteur ne nomme jamais .......

Ce receuil des derniers mots d'une mére, orpheline de son enfant, doté d'une plume baignée de poésie et de mélancolie est un récit somptueux, fort, lyrique, magnifique, percutant, bouleversant , pétri d'humanité et d'universalité !
L'auteur Irlandais : (j'aime cette littérature ), que l'on soit croyant ou pas nous livre un beau témoignage, sur un sujet traité de manière originale , un cri déchirant qui ne laissera personne indifférent !
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Voilà un livre qui me tentait énormément depuis la rentrée littéraire 2015 et une fois entre mes mains, je l'ai lu de suite. le Testament de Marie est un livre puissant, fort, émouvant... écrit presque comme un conte, mais qui relate surtout l'histoire d'une mère, son récit, son vécu quelques années après la crucifixion de son fils. L'auteur, Colm Toibin, lui donne la parole.
Athée ou croyant, on connait tous l'histoire de Jésus, de sa naissance en passant par les miracles pour finir crucifié sur la croix...sauf qu'ici, Marie ne prononce en aucun cas, le prénom de son fils, Jésus. On le devine tout simplement parce que tous les éléments sont là pour que l'on sache, qu'il s'agit bien de lui.

Nous sommes chez Marie. Deux hommes sont là pour la surveiller mais surtout pour l'interroger. Pourquoi ? Pour faire connaitre Jésus, sa divinité, celui qui se dit Fils de Dieu au monde entier. Marie est vieille et veuve. La mémoire n'est plus aussi intacte qu'avant, alors, elle puise au fond d'elle pour se remémorer et tout lui revient.

Elle se souvient de cet enfant qu'elle a mis au monde. Cet enfant qu'elle a tant aimé et protégé. Cet enfant devenu adulte.
Elle se souvient des paroles sur lui. Des gens qui parlaient de lui. Des miracles. Elle se souvient d'avoir vu la foule le suivre partout dans la ville. Elle se souvient d'avoir entendu dire, que son fils avait fait marcher un infirme. Elle se souvient d'avoir vu de ses propres yeux la résurrection de Lazare, par son fils. Elle se souvient des pieds sur la mer agitée afin de la calmer. Elle se souvient de tout ça.
Elle se souvient de la trahison de son cousin, Marc. Elle se souvient des clous qui ont percé la chair de son enfant, de cette couronne d'épines qui lui transperçait la peau. Elle se souvient de tout ça. Elle se souvient du souhait du peuple de libérer ce voleur contre son fils. Elle se souvient du regard échangé avec lui quand il traînait sa croix sur la colline. Elle se souvient des cris, des hurlements, de cette haine du peuple envers son fils. Tuez-le ! Tuez-le ! Elle se souvient de tout ça. Ne pas agir. Regarder tout ça de loin. Brisée au plus profond d'elle. Une souffrance mêlée à la peur.

Livre intense, dur, incroyable qui donne la chair de poule. Une mère complètement désemparée et dévastée face à l'injustice infligée à son fils. Prête à tout pour le sauver mais qui va finalement se rendre compte que le sort est déjà scellé. Maintenant, il faut partir, se cacher quelque part et attendre. le rêve qui l'emporte. le revoir dans un rêve. le border ; l'apaiser. Son fils sur la croix. Une mère qui pleure son enfant. Voici, le Testament de Marie.

Un livre que je vous recommande ! N'hésitez surtout pas !
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Le testament de Marie est le dernier roman traduit en français de l'auteur irlandais mondialement reconnu Colm Toibin.

La littérature irlandaise me réussit en cette rentrée littéraire 2015. Après La neige noire de Paul Lynch, le Testament de Marie est un nouveau coup de coeur.

Court roman d'à peine plus de 120 pages, le dernier opus de Colm Toibin bouscule, marque, interroge, perturbe... et raisonne encore longtemps après avoir tourné sa dernière page. Il est d'une force et d'une puissance inouïe! Je pense que je ne suis pas prêt d'oublier cette lecture poignante et intense.

Le sujet du livre a déjà été abordé par d'autres (parler de Jésus, des événements connus de tous tels les noces de Cana, la résurrection de Lazare et sa crucifixion n'est pas novateur) mais la façon de le traiter est aussi original qu'ambitieux. En effet Colm Toibin donne la parole à Marie en tant que "mère ordinaire d'un enfant", une mère comme les autres, une mère "normale" qui souffre et veut protéger son fils.

"Je me souviens de trop de choses ; je suis comme l'air par un jour sans vent, qui se contient lui-même, immobile, et ne laisse rien échapper. Je contiens la mémoire de la même façon que le monde retient son souffle."

Cette dernière va se confier lors d'un long monologue à la première personne devant ses 2 gardiens (que l'on suppose être 2 apôtres) dans un texte émouvant, touchant et souvent dense. Elle va nous exprimer ces doutes face aux agissements de son fils (qu'elle ne nommera jamais) qu'elle ne comprend plus mais également son amour maternel dont elle ne se départira jamais.

"L'homme qui ne me prêtait aucune attention, qui n'entendait personne. L'homme puissant qui semblait avoir perdu tout souvenir de ces années où il avait eu besoin de mon sein pour boire le lait, de ma main pour le guider, de ma voix pour l'apaiser et le conduire au bord du sommeil. Et la puissance de cet homme avait cela d'étrange qu'elle me faisait l'aimer et me donnait envie de le protéger plus encore que du temps où il ne la possédait pas. "

Elle partagera aussi ses remords, sa culpabilité de mère face à son impuissance. Ce point de vue différent est réellement très intéressant et convainquant. Il conviendra à la fois aux croyants (même si je pense que beaucoup auront du mal avec ce livre; Gardons en tête que c'est un roman et non un pur récit historique ou spirituel) et aux athées car s'il est plus "terre à terre" (on pourrait dire que c'est un roman laïc), il n'est pas pour autant dépassionné.

«J'étais là. Je me suis enfuie avant la fin, mais si vous voulez des témoins, alors je suis un témoin, et je peux vous le dire à présent. Vous affirmez qu'il a sauvé le monde, mais moi, je vais vous dire ce qu'il en est. Cela n'en valait pas la peine. Cela n'en valait pas la peine. "

L'écriture est sublime, d'une force et d'une violence que j'ai rarement rencontrée dans mes lectures. On prend une vraie claque. On est immergé dans le texte, limite hypnotisé par la beauté des phrases. C'est le très gros point fort du livre. Je l'ai lu quasiment d'une traite en dégustant chaque page, chaque phrase, en prenant vraiment mon temps. C'est très dense (peu ou pas de dialogue) mais la lecture reste fluide, limpide. On ressent parfaitement la tristesse, la douleur et la culpabilité de Marie.

"Car le monde est un lieu de silence, et quand tombe la nuit, après le départ des oiseaux, le ciel est un vaste endroit silencieux. Aucune parole ne fera jamais la moindre différence au regard du ciel de nuit. [...] Je dis la vérité non pas parce que cela va changer la nuit en jour ni rendre infinie la beauté des jours, la grâce et le réconfort qu'ils nous offrent, à nous qui sommes vieux. Je parle simplement parce que je le peux, parce qu'il s'est produit suffisamment de choses et que l'occasion ne se représentera peut-être pas de le faire."

Il m'est réellement très difficile de parler de cet ouvrage si atypique. Il m'a réellement subjugué et durablement marqué. Je ne peux que vous conseiller de lire le Testament de Marie: une vraie, grande et belle réussite de cette rentrée littéraire. Il ne faut surtout pas passer à côté de cette lecture.

5/5

Lien : http://alombredunoyer.com/20..
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Franchement, la religion, et notamment les religions monothéistes, est loin de m'inspirer dans mes lectures. Au contraire, j'aurais plutôt tendance à éviter ce genre-là dans la littérature. D'ailleurs, il est prévu que je fasse l'impasse sur les ouvrages d'Anne Rice, auteure que j'adore, consacrés à la vie de Jésus. Et me voilà à faire une petite entorse avec ce court roman de Colm Tóibín, littérature irlandaise oblige !

"Le testament de Marie", c'est avant tout une voix : celle de Marie, mère de Jésus. La Bible n'étant pas réputée pour laisser la parole aux femmes, Marie semble en fin de compte toute aussi mutique que ses représentations. Ma méconnaissance des Ecrits et mes a priori me font peut-être dire des bêtises, tant pis. Je suis ouvert aux corrections. Toujours est-il que Colm Tóibín se propose de remédier à cela et nous propulse au plus près de celle qui sera vénérée comme la Vierge.

Recluse depuis la mort de son fils, Marie vit cloîtrée chez elle et souffre la régulière visite de deux hommes qui ne cessent d'insister pour recueillir sa parole. Ils en sont persuadés, de Jésus, on en parlera encore longtemps et il est plus que jamais temps d'écrire sa légende. Parce qu'au final, c'est de cela dont il s'agit : non pas de recueillir le témoignage d'une mère sur son fils disparu mais de modeler un récit mythique sur cet homme déjà déifié par ses disciplines. Marie n'est pas dupe et c'est grâce à cette ultime étincelle de détermination qu'elle ne fléchira pas pour livrer sa version, qu'elle s'en tiendra à sa parole et à ses mots propres et n'ont à ceux que ces hommes tentent de lui extorquer et de lui suggérer.

C'est à travers ce prisme original, celui d'une femme en deuil de son enfant, que Colm Tóibín revient sur les évènements clefs qui ont marqué la vie du Christ. Et alors qu'il aurait pu succomber au sensationnel typiquement hollywoodien, notamment dans la mise en scène des miracles, il évite la démesure pour se recentrer sur l'essentiel. C'est sobre, intimiste et d'une telle justesse qu'on ne peut qu'être pris aux tripes par toute la souffrance et la culpabilité qui étreint cette femme. Un autre élément, plus ponctuel dans le récit mais tout aussi marquant d'un point de vue émotionnel, est la résurrection de Lazare et la manière dont elle est évoquée. Habituellement présentée comme un miracle extraordinaire, Colm Tóibín ne se prive pas d'en analyser les terribles conséquences sur Lazare lui-même, toute l'horreur que cela doit être d'être arraché à la mort, surtout après un si long délai d'inhumation...

Tout en subtilité, Colm Tóibín rend à Marie toute son humanité et ses failles. Plus que la Vierge, Marie est avant tout une femme et une mère qui se soucie peu de la véracité des actes attribués à son fils. A-t-il vraiment accompli tous ces miracles ? Doit-il être adulé ? Est-il seulement le fils de Dieu ? Qu'importe tant tout ce qu'elle retient ce sont les puissants qu'il n'a cessé de provoquer, c'est la transformation de ce fils qu'elle ne reconnaissait plus par moment, c'est sa chute qu'elle n'a pu empêcher, c'est sa crucifixion qui aura fini de la brisée.

Un premier essai vraiment concluant dans la bibliographie de Colm Tóibín alors même que le sujet ne me tentait pas du tout. Il possède un style simple mais pourvu d'un réel talent littéraire au point de vous happer dans son récit par l'émotion. Un point finalement ambivalent tant certaines émotions impulsées ne sont pas agréables à ressentir. Mais c'est là toute la force de ce roman. En tout cas, j'ai été réceptif et très bon public.

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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Les pensées qui me venaient malgré moi étaient des pensées liées au temps – le temps qui transforme un bébé sans défense en un petit garçon, avec les peurs, les inquiétudes et les menus cruautés qui sont celles d’un petit garçon, avant de créer un jeune homme avec ses mots à lui, ses pensées, ses émotions secrètes.
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Je ne croyais pas que l’ombre maudite de ce qui s’était passé puisse s’effacer jamais. C’était là, dans mon cœur, charriant l'obscurité en moi de la même manière que le sang. Ou c'était un compagnon, un étrange ami qui me réveillait la nuit, et de nouveau au matin, et passait ensuite la journée près de moi. C'était une pesanteur en moi, qui devenait souvent un poids que je ne pouvais porter. Qui s'allégeait parfois, mais ne disparaissait jamais.
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Ils ont enfoncé le premier clou à la jonction de la main et du poignet. Il hurlait de douleur et se débattait en vain pendant que le sang giclait et que les coups de marteau résonnaient sous l'effort des hommes pour faire pénétrer la longue pointe dans le bois de la croix tout en écrasant la main et le bras.
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Ils croient que je ne comprends pas ce qui se trame dans le monde; ils croient que le sens de leurs questions m’échappe, que je ne perçois pas l’ombre de cruauté sur leur visage et l’exaspération dans leur voix chaque fois que j’évite de leur répondre, ou que je leur réponds d’une façon évasive qui ne mène à rien. Ou que je ne me souviens pas de ce dont ils aimeraient que je me souvienne. Ils sont trop enfermés dans leurs propres besoins, qui sont insatiables; trop abrutis aussi par les restes de cette terreur que nous avons tous subie pour comprendre qu’en réalité je me souviens de tout.
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"La mémoire emplit mon corps autant que le sang et les os."
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LE MAGICIEN - COLM TOIBIN
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