AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782878582338
442 pages
Éditeur : Viviane Hamy (03/05/2006)
  Existe en édition audio
3.98/5   3100 notes
Résumé :
Envisager de raconter un roman de Fred Vargas frise le ridicule, aussi se contentera-t-on de dire qu’ici, comme dans Sous les vents de Neptune, Adamsberg est confronté à des résurgences de son passé qui le déstabilisent fortement. L’enquête qu’il mène sur la mort de deux gars qui se sont fait trancher la gorge à la Porte de la Chapelle le remet en présence d’Ariane Lagarde, la médecin légiste à laquelle il s’était opposé quelque vingt-cinq ans auparavant.
Un ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (130) Voir plus Ajouter une critique
3,98

sur 3100 notes

palamede
  01 juillet 2017
Rien d'exceptionnel, pas de transcendance dans les livres de l'archéologue écrivain (je rejoins sur ce point l'ami Terrains vagues), et pourtant, on y revient toujours avec plaisir. Je dirais qu'il s'agit de goûter des dialogues savoureux, absurdes ou poétiques, qui construisent une ambiance particulière et mettent les personnages dans une autre dimension pour décrire une réalité tangible - celle de de la brutalité ordinaire du monde. À cela on peut ajouter une bonne dose d'humour, qui ne s'interdit pas d'être foireux.
En fait, c'est le concept même du rompol, le cinquième que je lis, dont on peut dire, sans dévoiler l'intrigue, que des tombes profanées et des cerfs mutilés occupent le commissaire Adamsberg. Quand il ne pouponne pas Tom le fils qu'il a eu avec la belle Camille, pour un moment lassée de ses atermoiements amoureux. Des soucis pour le commissaire auxquels s'ajoute l'arrivée d'un béarnais dans sa brigade, un beau gars de son pays qui plaît à Camille et semble vouloir en découdre avec lui pour une affaire très ancienne. Bref, une bonne histoire tordue à déguster sans modération.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          790
latina
  21 septembre 2015
Autour de moi, « on » n'arrêtait pas de me vanter Fred Vargas, cette grande-prêtresse du polar, cette impératrice des intrigues ficelées bien fagotées, cette magicienne de l'humour.
Ma foi oui, je suis bien d'accord avec « on ». Et j'ajouterais les dialogues savoureux, la psychologie fine comme de la pâtisserie. Me voilà en train de parler cuisine, ce qui n'est pas le cas, pourtant.
Quoique...
Il est question dans cette histoire d'une boisson assez curieuse, un élixir, plutôt, dont la recette est tirée d'un vieux grimoire exposé chez un curé de village normand. Mais il est question aussi de cadavres, d'exhumations de vierges, de tripatouillages de tripes de cerfs, de tortures.
Là, franchement, vous croyez que je vais vous raconter l'histoire ? Vous vous trompez complètement. Non seulement je trouve que dans un polar, il ne faut rien dévoiler, car même ce qui est dit au début est resservi à la fin avec une autre sauce, donc autant garder l'intérêt intact (ça y est, me revoilà en train de parler cuisine) ; mais aussi parce que tout est tellement bien imbriqué, que si l'on tire sur un fil, le reste vient, et ça, ce serait vraiment dommage.
Je me contenterai donc de vous dire que j'ai fait la connaissance d'un commissaire très spécial, « pelleteux de nuages », qui prend son rôle de flic très au sérieux, mais à sa manière : il a l'habitude de marcher le long de la Seine pour donner de l'air à ses idées, qui s'amasseront toutes seules et se trouveront une ligne directrice tout à fait par hasard. Il fait confiance à l'intuition et malgré son incompétence soi-disant affichée dans les rapports humains, il s'en tire haut la main. Il me plait, cet Adamsberg, encore amoureux de sa Camille qui s'éloigne et protecteur de son petit Tom. Et quand un gars du village d'à côté de son enfance arrive dans sa Brigade, sa tête aérée s'encombre de nuages... Toute la Brigade, d'ailleurs, en sera remuée et bien mélangée.
Quel plat, mes amis ! Je boirais bien un petit élixir pour faire passer le tout !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7213
Levant
  05 juillet 2021
Des êtres dissociés, des cousins remués, un compatriote des vallées pyrénéennes qui parle en alexandrins, une médecin légiste dont la soixantaine n'a pas entamé le charme propre à faire chavirer Adamsberg, et pour couronner le tout des cerfs éventrés en Normandie, avouons qu'il y a de quoi disperser les idées et y faire perdre son latin à un être rationnel. Oui mais voilà, Adamsberg n'est pas un être rationnel. C'est un "pelleteur de nuages."

Disons-le tout net Adamsberg a un problème de management. Il pèche par manque de capacité de persuasion, d'esprit de cohésion et de pédagogie à l'égard de ses subordonnés. En fait, il ne veut pas s'en donner la peine. Ils doivent donc le suivre aveuglément. Réfléchir, c'est s'opposer. Car lorsqu'il est pris dans les réflexions que lui inspire son sixième sens, ses équipiers en sont réduits aux croyances. Il y a donc ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. C'est pour ça que sa brigade criminelle est souvent divisée.
Il faut dire que dans l'affaire des bois éternels, il y a de quoi leurrer son monde. le fil qui pointe de l'écheveau est plutôt ténu et fragile pour élucider le meurtre de deux gros bras que rien ne relie au milieu du banditisme. Ce fil, lorsqu'on l'exploite, fait apparaître une recette codée extraite d'un grimoire du 17ème siècle, celle d'un d'élixir de vie. C'est confus à souhait, voire impénétrable au commun des mortels. Il faudra bien toutes les ressources combinées d'un commissaire inspiré et de son adjoint instruit, l'encyclopédie de la brigade, fraîchement promu commandant, pour démêler l'écheveau que le commanditaire des crimes a savamment enchevêtré. Fred Vargas l'a bien mitonné celui-là. Difficile pour le lecteur de se faire son opinion du coupable avant qu'Adamsberg le lui désigne.
On retrouve la passion de l'auteure pour les contes et légendes du Moyen-âge. Mais c'est tellement tortueux qu'on a du mal à se figurer un esprit moderne s'engluer dans pareille machination autour d'une croyance d'un temps où la pierre philosophale faisait encore rêver. C'est un peu dommage, cela déprécie le scénario. Mais soit, le genre autorise tous les artifices pour convoquer les fantômes du passé et tenir en échec les techniques d'investigation modernes.
En tout cas cette affaire donne à Adamsberg l'occasion de renvoyer l'ascenseur à sa fidèle lieutenant Violette Rétancourt, dont d'aucuns prétendent que son gabarit et ses chances de séduction refoulées lui autorisent certaines libertés et prises de risque. Mais cette fois elle est allée un peu loin dans l'indépendance. Elle avait extirpé son patron du Canada où il était en mauvaise posture, il la tire in extremis d'un mauvais pas. le flair d'Adamsberg lui fera faire confiance à celui d'un membre de la brigade qu'on avait pris l'habitude de voir se réchauffer sur la photocopieuse. C'est Boule, le chat. Pour une fois il intervient dans une enquête. On en pensera ce qu'on voudra.
Des êtres dissociés entre l'alpha et l'oméga, des cousins remués, y aurait-il du rififi dans la famille Adamsberg ? La lecture des Bois éternels nous affranchit sur ces expressions pour le moins surprenantes lesquelles trouvent leur éclaircissement dans la criminologie ou le parler local. L'étude des caractères étant une marque de fabrique chez Fred Vargas, elle nous soumet un ouvrage dans lequel on reconnaît bien sa touche cérébrale pour nous concocter une énigme musclée sur fonds historique. Un bon moment de lecture à partager l'ambiance de la brigade criminelle version Adamsberg avec laquelle j'ai eu l'occasion de me familiariser.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
dancingbrave
  13 mai 2014
Ce roman est un policier certes intéressant, mais un policier comme tant d'autres...
Oui mais voilà....
Ce qui fait les policiers de Fred Vargas si différents, si attachants, c'est ce style particulier mêlant, dans les dialogues des personnages, langage courant et sophistication littéraire croustillante telle qu'elle donne une épaisseur, une consistance à ses héros ; je ne parle pas ici du lieutenant Veyrenc s'exprimant en Alexandrins mais bien des autres capables de sortir :
« Il lui manque une case ; la question étant de savoir si elle est née sans ou bien si elle l'a perdue en route. »
Ou bien encore :
« Pas un acheteur depuis six ans ! Ça ne vous a pas chiffonné cela ?
C'est-à-dire, monsieur Velasquo, que je suis difficile à chiffonner. »
Il en ressort des personnages typés, au caractère trempé plus ou moins sympathiques mais qui ne laissent jamais indifférents. Un commissaire Adamsberg à l'esprit singulier à l'intellect creux, comme il le dit lui-même, ne fonctionnant bien que lorsqu'il déambule (idée qui me touche profondément) et dont le corps entier va résoudre l'énigme !

Les descriptions de Fred Vargas, quant à elles, sont pleines d'inventions verbales, de comparaisons incongrues qui donnent du pétillant à ses romans. Prise au hasard, en voici une :
La voix du commissaire qui passait comme un vent, lente, tiède et mouvante, emportait son adhésion involontaire comme s'il était une feuille roulant au sol ou l'un de ces foutus galets dans cette foutue rivière qui se laissaient faire. [ ] à la fin c'est l'eau qui gagne.
Mais ce qui m'épate chaque fois que je lis un Fred Vargas, c'est son excellente intégration de la psychologie masculine dont j'ai du mal à trouver un équivalent si pertinent chez d'autre auteur femme que j'ai pu lire.
Enfin bref, vous l'avez compris ; chaque nouveau roman me rend plus addict à cette auteure. Si vous ne connaissez pas Fred Vargas, goûtez-y, mais peut-être pas forcément avec « dans les bois éternels » qui n'ai pas, à mon goût, son meilleur cru.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          362
ibon
  21 avril 2015
Vous prendrez bien quelques vers de Racine pour faire passer une affaire sordide de profanation de tombes? Et même un dernier ver après la découverte des deux profanateurs retrouvés égorgés.
"Mais je le vois, tu trembles et ton âme vacille.
Toi le vainqueur de Troie qui conquis en un jour
Et les murs de la ville et du peuple l'amour
Se peut-il que ton coeur faiblisse pour une fille?"
Rien n'étonne le commissaire Adamsberg même si le nouveau l'agace un peu, le lieutenant Veyrenc. Ce dernier émet de mauvaises ondes à toujours conclure ses interventions par quelques alexandrins lourds de sens. D'ailleurs, la douce Camille, encore séparée de notre héros, pourrait bien tomber dans ses filets. Danger! Et ainsi échapper une fois de plus à notre Jean-Baptiste.
Une fois ses directives planantes laissés à son équipe, cela laisse du temps à Adamsberg pour s'occuper de son petit Thomas. Même si, tranquille dans sa maison en Normandie, une ombre grise rôde dans les parages.
Une fois les personnages en présence bien identifiés, il ne reste plus qu'à dérouler le fil de l'intrigue. J'ai particulièrement apprécié les tiques de langage toujours repris à propos qui finissent par constituer des comiques de répétition très réussis.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390


critiques presse (1)
Lecturejeune   01 septembre 2006
Lecture jeune, n°119 - Le commissaire J.-B. Adamsberg, héros récurrent de Fred Vargas, a pour cette nouvelle affaire maille à partir avec des fantômes, des cerfs assassinés de manière peu procédurière et des Normands pas loquaces. Des victimes féminines viennent s’ajouter à cet ordre du jour déjà prometteur. Fred Vargas, comme à son habitude, nous promène dans les méandres d’une intrigue complexe. Le passé ressurgit pour mieux nous égarer et les éléments du puzzle s’imbriquent au fur et à mesure que nous perdons nos repères, ceci grâce à une écriture précise et riche. L’histoire est une donnée majeure des récits de Fred Vargas : elle apparaît comme le fil indispensable pour comprendre le monde. Car il s’agit de construire du sens autour de faits parfois anodins et de personnes qui ne sont pas ce qu’elles donnent à voir. Beauté des âmes et laideurs des corps, sentiments et ressentiments : tout est passé au crible de l’orpailleur qu’est l’auteur. Nous ressentons une grande proximité avec les personnages, dont nous apprécions l’humanité et la psychologie fouillée. En particulier, les femmes du récit, issues d’univers très différents, composent une palette saisissante et surprenante. ? Michelle Charbonnier
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
CaroMleslivresCaroMleslivres   25 janvier 2015
Robert eut un regard vers le patron, puis revint vers le commissaire.
- C'est un horsin, expliqua-t-il à voix basse.
- C'est-à-dire ?
- Il est pas d'ici. Il vient de Caen.
- Caen, ce n'est pas la Normandie ?
Il y eut des regards, des moues. Fallait-il ou non informer le montagnard d'un sujet aussi intime ? Aussi douloureux ?
- Caen, c'est la Basse-Normandie, expliqua Angelbert. Ici, t'es dans la Haute.
- Et c'est important ?
- Disons que ça ne se compare pas. La vraie Normandie, c'est la Haute, c'est ici. [...]
- Attention, compléta Robert, là-bas, dans le Calvados, ils vont te prétendre le contraire. Mais faudra pas les croire.
- Bien, promit Adamsberg.
- Et chez eux, les pauvres, il pleut tout le temps.
Adamsberg regarda les vitres, sur lesquelles la pluie tombait sans discontinuer.
- Il y a pluie et pluie, expliqua Oswald. Ici, il pleut pas, ça mouille. [...]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
FortunaFortuna   05 juillet 2017
- Comment est-elle morte ?
- C’est pas chrétien à dire, mais c’est une pierre de l’église qui lui a broyé le crâne, alors qu’elle débroussaillait les bas-côtés de la nef. On l’a retrouvée par terre sur le ventre, avec la pierre encore dessus.
- Il y a eu une enquête ?
- Les gendarmes d’Evreux sont venus et ils ont dit que c’était un accident.
- Va savoir, dit le ponctueur.
- Va savoir quoi ?
- Si ce serait pas une idée de Dieu.
- Ne dis pas de conneries, Achille. Avec le monde entier qui fout le camp, Dieu a autre chose à faire que de balancer des pierres sur le crâne de Pascaline.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          162
mgeffroymgeffroy   15 janvier 2009
La télévision du café retransmettait un match de football bruyant. Le commissaire regarda un moment les hommes qui couraient en tous sens sur le gazon, dont les mouvements étaient passionnément suivis par les clients qui mangeaient tête levée vers l'écran. Adamsberg n'avait jamais compris cette affaire de match. Si cela plaisait à des gars de lancer un ballon dans un but, ce qu'il pouvait très bien comprendre, à quoi bon installer tout exprès une autre bande de gars en face pour vous empêcher de lancer ce ballon dans le but ? Comme s'il n'existait pas, à l'état naturel, assez de gars sur terre qui vous empêchaient sans cesse de lancer vos ballons où cela vous chantait
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
palamedepalamede   30 juin 2017
- Le cerf mâle, il perd ses bois tous les ans.
- Pour quoi faire ?
- Parce que ça le gêne. Il porte les bois pour combattre, pour gagner les femelles. Quand c'est fini ça tombe.
Commenter  J’apprécie          372
the_billthe_bill   31 mai 2018
Camille ralentit à huit marches de sa porte. Les Puissants, songea-t-elle. Qui lui avaient collé un type au sourire de travers dans le placard de son palier. Pas plus beau qu'un autre, si on n'y prenait pas garde. Beaucoup plus, si on avait la mauvaise idée d'y penser. Camille s'était toujours empêtrée dans les regards flous et les voix souples, et c'est ainsi qu'elle s'était arrêtée plus de quinze ans dans les bras d'Adamsberg, se promettant de ne plus y revenir. Vers lui ou vers quiconque nanti de quelque douceur subtile et de tendresse piégeuse. Il y avait assez de gars un peu sommaires sur terre pour s'aérer sans finesse si nécessaire, et revenir chez soi dépouillée et tranquille, sans plus y penser.

[p.42]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80

Videos de Fred Vargas (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fred Vargas
« Dolores Redondo serait-elle la cousine espagnole de Fred Vargas ? » Le Figaro Magazine
Après le succès de la trilogie du Baztán, découvrez la nouvelle enquête de l'inspectrice Amaia Salazar : "La face nord du coeur".
Amaia Salazar, détachée de la Police forale de Navarre, suit une formation de profileuse au siège du FBI dans le cadre d'un échange avec Europol. L'intuition singulière et la perspicacité dont elle fait preuve conduisent l'agent Dupree à l'intégrer à son équipe, lancée sur les traces d'un tueur en série recherché pour plusieurs meurtres de familles entières. Alors que l'ouragan Katrina dévaste le sud des États-Unis, l'étau se resserre autour de celui qu'ils ont surnommé le Compositeur. La Nouvelle-Orléans, dévastée et engloutie par les eaux, est un cadre idéal pour ce tueur insaisissable qui frappe toujours à la faveur de grandes catastrophes naturelles. L'association du réalisme cru de scènes apocalyptiques en Louisiane, de rituels vaudous des bayous et de souvenirs terrifiants de l'enfance basque d'Amaia constitue un mélange ensorcelant et d'une rare puissance romanesque.
En savoir plus : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Serie-Noire/La-face-nord-du-coeur
+ Lire la suite
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Fred Vargas

Au fait, Fred Vargas, c'est...

Un homme
Une femme

10 questions
572 lecteurs ont répondu
Thème : Fred VargasCréer un quiz sur ce livre

.. ..