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Albert Bensoussan (Traducteur)
ISBN : 2070412385
Éditeur : Gallimard (23/03/2000)

Note moyenne : 2.89/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Dans l'aube humide de Lima, don Rigoberto tente de s'évader de sa tristesse et de sa solitude par l'imagination, revivant par le fantasme le bonheur perdu, le prolongeant par d'infinies fantaisies d'un érotisme aussi torride que raffiné.
Rappelons qu'à la fin de l'Eloge de la marâtre, il avait dû se séparer de dona Lucrecia après l'irréparable faute qu'elle avait commise avec son jeune et pervers beau-fils, Fonfon. Mais la présence de dona Lucrecia hante touj... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
andman
  27 décembre 2013
Pauvre don Rigoberto ! Marié en secondes noces quelques années auparavant et déjà séparé de sa beauté vénusienne, privé de son alter ego aux fantasmes partagés, de sa Lucrecia qui le comblait d'un inestimable bonheur.
Les écrits de son jeune fils intitulés « Éloge de la marâtre » l'ont terrassé. Doña Lucrecia a franchi allègement avec Fonchito la ligne jaune de la plus élémentaire moralité. Aucune autre solution n'était acceptable : elle devait quitter le domicile conjugal séance tenante !
Voici donc Rigoberto, le libertaire hédoniste, l'amant de l'art et des plaisirs du corps, traînant son vague à l'âme dans cette grande maison liménienne d'autant plus vide que la sympathique soubrette, Justiniana, a suivi sa patronne dans son exil ; il est vrai que les deux femmes étaient depuis longtemps sur une longueur d'ondes largement au-dessus de l'intendance des tâches ménagères…
Fonchito, loin d'être innocent dans cette histoire abracadabrantesque, rend de temps à autre visite à doña Lucrecia. Celle-ci l'écoute, sans trop de rancune, parler avec passion du peintre autrichien feu Egon Schiele devenu son idole depuis son inscription aux Beaux-arts.
Malgré les mises en garde de Justiniana, comment ne pas pardonner à ce collégien aux traits de chérubin, aux yeux candides, à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession ?
Fonchito arrivera-t-il à recoller les morceaux, à rabibocher son père et sa marâtre ?
« Les cahiers de don Rigoberto » est un roman de Mario Vargas Llosa paru en 1997, la suite d'«Éloge de la marâtre» publié huit ans plus tôt.
L'écrivain péruvien a su conserver le ton jubilatoire, l'humeur primesautière qui imprégnaient le premier opus et le lecteur retrouve avec délectation cette atmosphère empreinte du meilleur érotisme ainsi que les mêmes personnages hauts en couleur, sympathiques malgré leurs petites manies, leurs obsessions, leurs excentricités.
Quelque peu à cran, comme s'il rendait la terre entière responsable de ses malheurs, don Rigoberto consigne dans ses cahiers sa répugnance morale, psychologique voire idéologique envers toute forme de servitude grégaire. Ces chapitres acerbes s'intercalent dans la trame du récit, densifient celui-ci sans pour autant le dénaturer.
Visiblement à son affaire dans la rédaction de cette étude de moeurs contemporaine, Vargas Llosa enchante une fois de plus le lecteur.
« Éloge de la marâtre » et « Les cahiers de don Rigoberto » confirment le talent d'un homme de lettres à l'éclectisme remarquable.
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JacobBenayoune
  18 octobre 2013
Si vous avez lu "L'éloge de la marâtre", il faut obligatoirement lire sa suite "Les cahiers de don Rigoberto" . Un roman qui mélange érotisme, peinture et littérature dans un style magnifique. On y découvrira une biographie romanesque d'Egon Schiele, des analyses comme on les aime sur des oeuvres littéraires à partir de citations ou de scènes, des péripéties diverses , bref un monde assez original. Après la lecture de ce roman, vous aurez sans doute envie d'avoir vous aussi des cahiers comme ceux du don Rigoberto où vous noterez citations, analyses, anecdotes, opinions sur des faits variés loin de l'ennui des journaux intimes.
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Livretoi
  04 juin 2015
Suite du roman « Eloge de la marâtre » où l'on retrouve les mêmes personnages. Don Rigoberto et dona Lucrecia sont séparés bien qu'ils s'aiment toujours. Don Rigoberto refait vivre Dona Lucrecia à travers ses fantasmes. Fonfon rend visite à sa belle-mère et orchestre un plan astucieux pour réconcilier les deux amoureux. Il est souvent question d'éléments biographiques sur le peintre Egon Schiele et sa peinture, auxquels Fonfon voue un culte obsessionnel.
Les chapitres dédiés à l'histoire et au peintre Egon Schiele alternent avec ceux consacrés aux fantasmes de don Rigoberto et ceux où Vargas Llosa nous livre, sous forme de courts essais, sa vision de la liberté, de l'amour et de la sexualité. Il critique la société de masse actuelle qui asservit l'individu, y compris dans sa sexualité. Il fustige la pornographie, la mode des sex toys, les partouzes, le sexe sans imagination, les impératifs de la jouissance, la concentration sur le génital aux dépens de l'érotisme et des richesses déployées par la révélation des multiples zones érogènes du corps de la femme. Il défend une vision individualiste, créative, imaginative, joyeuse, saine, de la vie, de l'amour et de la sexualité.
Cette alternance de chapitres sur des thématiques variées aux dépens de l'intrigue romanesque oblige à une lecture concentrée, patiente, un peu intellectuelle parfois.
Un livre à ne lire qu'à condition d'avoir lu préalablement « Eloge de la marâtre » pour comprendre cette suite mais aussi parce l'attachement aux personnages contribue à entretenir la curiosité.
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Marti94
  01 décembre 2013
Heureusement qu'il y a le style car les propos tenus dans les cahiers de Rigoberto intercalés avec l'histoire de Lucrecia et des lettres un peu mystérieuses ne facilitent pas la lecture. Il y a trop de choses pour que j'apprécie pleinement l'excellence littéraire de Vargas Llosa. Par ailleurs, la traduction n'est pas plaisante car Fonfon dit sans cesse "petite maman" ou "petite mère" qui ne se disent pas souvent en français et me semble un peu ridicule vu le contexte.
Lu en décembre 2010
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PiatkaPiatka   22 septembre 2014
L'obligation de la musique envers moi, c'est de me plonger dans un vertige de pures sensations qui me fasse oublier la part la plus ennuyeuse de moi-même, la civile, l'urbaine, qui me lave de mes soucis, m'isole dans une bulle sans contact avec la sordide réalité ambiante, et de la sorte me permette de penser clairement aux fantaisies qui me rendent supportable l'existence.
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andmanandman   26 décembre 2013
Les activités et compétences physiques appelées sports ne rapprochent pas l’homme actuel du sacré et du religieux, mais l’écartent de l’esprit et l’abrutissent, en rassasiant ses instincts les plus ignobles : la vocation tribale, le machisme, la volonté de domination, la dissolution du moi individuel dans l’amorphe grégaire.
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LivretoiLivretoi   04 juin 2015
1. Illustration d’un fantasme de don Rigoberto

Qu’importaient qu’elles eussent éteint la lumière tandis qu’elles jouaient et s’aimaient, cachées sous les draps, et l’édredon agité se hérissait, se froissait et brimbalait ? Don Rigoberto ne perdait pas un détail de leurs élans et de leurs assauts ; il se mêlait à elles et se démêlait, il était près de la main qui enveloppait un sein, de chaque doigt qui frôlait une fesse, des lèvres qui, après plusieurs escarmouches, osaient enfin plonger dans cette ombre souterraine, à la recherche du cratère du plaisir, du creux tiède, de la bouche palpitante, du petit muscle vibratile. Son nez s’enivrait du parfum de ces peaux et ses lèvres absorbaient les sucs qui sourdaient du couple gracieux.

2. Un petit exemple de réflexion

(Le cahier lui offrit à cet instant une citation propice, de Borges : " Le devoir de toute chose, c’est d’être un bonheur ; si elle n’est pas un bonheur elle est inutile ou préjudiciable." Don Rigoberto eut l’idée d’y ajouter une note machiste : " Et si au lieu de chose on mettait femme, hein ?")
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andmanandman   30 décembre 2013
L’imbécillité me semble respectable si elle est génétique, héritée, pas si elle vient d'un choix, d'une prise de position délibérée.
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JacobBenayouneJacobBenayoune   19 octobre 2013
Il n'y a pas de manie ou de phobie qui manquent de grandeur, étant donné qu'elles constituent l'originalité de l'être humain, la meilleure expression de sa souveraineté.
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