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Édouard Riou (Illustrateur)Henri de Montaut (Illustrateur)Roger Borderie (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070429332
736 pages
Éditeur : Gallimard (24/03/2005)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 90 notes)
Résumé :
[...] Hatteras était debout, immobile, les bras croisés suivant son habitude, muet et regardant l'avenir dans l'espace. Sa figure avait repris sa fermeté habituelle. A quoi pensait cet homme extraordinaire ? Se préoccupait-il de sa situation désespérée ou de ses projets anéantis ? Songeait-il enfin à revenir en arrière, puisque les hommes, les éléments, tout conspirait contre sa tentative ? [...] (extrait). Dans ce roman, décrit par Théophile Gautier comme étant l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Deleatur
  01 décembre 2019
Je crains de ne pas être bien original en disant que Jules Verne a représenté une étape marquante entre mes dix et douze ans, avec la découverte d'une oeuvre possédant la densité d'une véritable mythologie. Si Verne était pour moi la garantie de l'émerveillement, c'était aussi celle d'une lecture exigeante car il me fallait l'aborder par le versant abrupt du texte intégral (ma grand-mère, qui me les offrait les uns après les autres, était intraitable là-dessus, et elle a toujours soutenu que je n'avais pas lu Voyage au centre de la terre sous le prétexte que je ne le connaissais qu'en Bibliothèque Verte). Jules Verne, donc, c'est un âge de la vie, un âge qui passe comme tous les autres. Je n'avais même jamais eu l'idée d'y revenir jusqu'à une discussion qui se tint ici-même il y a quelques mois. Quel délice pourtant de s'y replonger !
Comme on s'en doute assez vaguement dès le titre, l'histoire est celle du capitaine Hatteras. Ce marin anglais est obsédé par son ambition de parvenir le premier au pôle Nord, et le livre raconte par le détail son expédition sur le brick qu'il a spécialement armé pour les mers polaires, le Forward.
Curieusement, Hatteras est assez absent de sa propre aventure : intelligent mais hiératique, inflexible, insensible aux éléments, il n'offre pas grande prise aux diverses calamités, ni aux débordements d'humanité. Il applique à tous, lui le premier, une règle de fer dont il ne dévie jamais. Fil directeur du récit, il n'en est pas la figure la plus intéressante. Les autres personnages ont davantage d'épaisseur, le véritable héros de l'histoire étant sans conteste le docteur Clawbonny, un puits de science pétri d'humanisme, bon vivant, éternel optimiste et incroyable débrouillard. L'ambivalence de caractère entre Hatteras et Clawbonny m'a fortement rappelé l'opposition que l'on pourra retrouver six ans plus tard entre le capitaine Nemo et le professeur Aronnax dans Vingt mille lieues sous les mers, comme si le premier couple préfigurait d'une certaine façon le second. Quant à d'éventuels personnages indigènes, ils se résument tout au plus à de vagues silhouettes « d'esquimaux » à peine entr'aperçues, ethnocentrisme oblige. Sur ce point, Verne est vraiment de son temps.
En indécrottable scientiste, l'auteur prête une attention maniaque à la véracité de son récit et consacre de longues digressions pédagogiques à l'histoire des explorations polaires. Elles sont d'autant plus intéressantes que l'écrivain s'appuie sur la correspondance et le journal de bord que l'explorateur Emile de Bray avait mis pour l'occasion à sa disposition. Autant dire que le caractère immersif du récit reste assez extraordinaire à cent-cinquante ans de distance. C'est tout simple : on a l'impression d'y être, et j'ai rarement eu aussi froid pendant une lecture.
Bien entendu, en 1865, Verne ne peut savoir à quoi ressemble le Pôle Nord, lequel ne sera pas atteint avant le début du XXème siècle. L'écrivain fait cependant preuve d'une retenue méritoire lorsqu'il livre enfin au lecteur ce que ses personnages y découvrent. Disons qu'il reste pour son époque dans les limites du plausible, et son erreur ne dénature finalement pas la valeur quasi-documentaire que possède son roman sur de nombreux aspects. Certes, on sait aujourd'hui que l'océan Arctique n'est pas (encore) libre de glaces, et que le Pôle ne se distingue pas spécialement par son activité volcanique. le lecteur s'accommode pourtant fort bien des tableaux saisissants qui hantent les dernières pages, et d'autant mieux qu'ils renvoient à d'autres sublimes décors verniens que même la Bibliothèque Verte m'avait permis d'imaginer, n'en déplaise à ma grand-mère.
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dourvach
  30 mai 2019
On quitte les six principaux personnages (Hatteras, Clawbonny, Johnson, Bell, Altamont, Duk) de ce roman - paru en 1865 - avec mille regrets.
Julien GRACQ (1910-2007) a eu mille fois raison d'insister dans ses "Lettrines" (1967) sur le caractère de "chef d'oeuvre" de ce roman au suspense climatique exceptionnel dans la longue carrière si prolifique du romancier "professionnel" que fut Jules VERNE (1828-1905).
Caractères humains bien campés, suspense savamment dilué au sein des 59 chapitres de cet ouvrage magique et heureusement long qui fut dès son origine scindé en deux tomes ("Les Anglais au Pôle Nord" puis "Le Désert de Glace").
Soit un petit joyau de 725 pages réédité à prix dérisoire en collection de poche "folio classique", pour notre plus grand bonheur.
La monomanie polaire de Sir John Hatteras (sujet de Sa Gracieuse Majesté) sera l'axe magnétique de tous nos émerveillements.
Et puis l'envie de revenir, jour après jour, aux nombreuses - incroyablement romantiques et poétiques - illustrations de ce "Maître" du clair-obscur que fut Riou, à la précision et l'imagination graphique toujours inégalées...
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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LecturesdeWicket
  16 février 2017
Au fil de sa soixantaine d'ouvrages, Jules Verne fait étalage de ses multiples talents. Loin de n'être qu'un auteur inventif décrivant des aventures extraordinaires à destination des plus jeunes, il jongle avec les thèmes et les approches. « Nouvelles » mise à part, il est bien rare du tomber sur un Verne qui ressemble à un autre, qu'il s'agisse de la thématique ou de l'approche de narration. C'est pourquoi je ne saurais trop recommander la lecture d'une quinzaine ou vingtaine de ses ouvrages pour capter la dimension de ce géant de la littérature française. Bien entendu, la science, la biologie, la zoologie et autres matières de recherche sont distillées dans tous les sens, mais PAS partout ! Complexe d'infériorité hexagonal ou pas, Verne est souvent comparé au britannique H.G Wells, l'américain Edward Bellamy, ou même au célèbre Mark Twain, mais n'en déplaise à nos amis anglo saxons, le talent de ces derniers n'arrive pas à la cheville de celui du grand Jules, l'auteur français le plus lu dans le monde.
Dans les « Aventures du capitaine Hatteras », l'auteur nous met sur la piste d'un équipage s'apprêtant à prendre la mer pour une destination inconnue, sur un bateau inconnu. de fil en aiguille, cette équipée fait la rencontre du capitaine Hatteras, un homme lugubre et peu affable aux apparences psycho rigide qui n'a qu'un but en tête, atteindre le pôle Nord magnétique.
Nous sommes ici à des lieux des romances infantilisantes qu'a pu nous présenter Jules Verne, il s'agit en vérité d'un roman de survie, pour ne pas dire un manuel survivaliste dans les glaces hostiles du Grand Nord. Sur un demi-millier de pages, les membres de l'équipage rivaliseront d'inventivité pour faire face au grand froid, à la faim, au scorbut et au danger animal. Entre tempêtes septentrionales, raids à chien de traineaux, révoltes et rixes, Jules Verne nous montre la violence, celle qui s'instille entre les hommes, et celle dont fait preuve la nature. Ni exagéré, ni minimisé, cette oeuvre aurait pu être rédigée de la main de Mike Horn si tant est qu'il maîtrisa l'art de la narration comme Monsieur Verne. Pas d'invention loufoque, pas de mystère scientifique, juste l'homme, la nature, et la nature de l'homme…Il n'en reste pas moins des scènes d'actions haletantes et des descriptions naturelles sidérantes. Un tour de force, un roman méconnu mais qui demeure à mon sens l'un des plus grands Verne, et donc l'un des plus grands tout court.
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Mangouste86
  28 juillet 2016
Voici un Jules Verne que je ne connaissais pas et que j'ai découvert en format électronique (ce qui n'aurait sans doute pas déplu au grand homme tant il était ouvert à la nouveauté).
Jules Verne est un auteur parfois difficile, notamment pour les plus jeunes. Son style est marqué par une époque conférant à ces ouvrages un délicieux caractère désuet. Celui-ci est est d'autant plus souligné par le scientisme de Jules Verne dont les émerveillements nous paraissent aujourd'hui exagérés. Se plonger dans un Jules Verne, c'est se souvenir que ce qui nous paraît aller de soi n'était pas si certain il y a quelques dizaines d'années. Et c'est précisément là la magie de Verne pour les générations actuelles : nous appeler à nous émerveiller de l'ingéniosité humaine.
Ce livre narre, comme son titre l'indique, les aventures d'un hardi capitaine habité, obnubilé par le pôle Nord. Cette histoire n'est que prétexte pour Jules Verne qui nous invite à nous émerveiller de la geste de ces navigateurs-explorateurs qui ont découvert, à force de folie et de souffrances, ce septentrion boréal.
Et l'on souffre avec ces hommes, du froid, de l'incertitude, du manque de nourriture. La plume de Verne est un puissant moteur d'imagination qui nous fait craindre les ours, frissonner aux morsures du blizzard, enrager devant le général Hiver.
A n'en pas douter, c'est un livre qui parlera aux coeurs aventureux à lire utilement par temps de canicule...
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MagEv
  24 octobre 2017
Le commandant en second Shandon est en charge de faire construire un brick nommé « Forward » et de choisir l'équipage pour un capitaine et une destination inconnus. le jour J toujours pas de capitaine mais une missive qui lui somme de partir vers le nord. Un peu plus tard, un des matelots s'avéra être le capitaine Hatteras et dévoilera la destination finale : le pôle nord. Un voyage extraordinaire commence alors.
Quel périple ! Il n'est pas simple de naviguer dans les mers du Nord vers le Groenland à cause des icebergs entre autre qui bloquent le passage vers le pôle Nord et quand l'équipage se révolte s'est bien pire mais le fier capitaine Hatteras ne se laisse jamais abattre face à l'adversité et veut être le premier homme à atteindre le pôle nord. Y arrivera-t-il ?
J'ai beaucoup aimé suivre cet homme et ses fidèles compagnons dont le Dr Clawbonny avec sa bonne humeur et il est un vrai puits de science à lui tout seul cet homme. Il nous raconte des anecdotes sur les expéditions passées qui ont eu lieu autour du Groenland. Bon j'avoue avoir un peu perdue le fil de toutes ses histoires et d'avoir été larguée par tous les termes techniques liés à la navigation et à la mer. Jules Verne est un passionné dans ce domaine et ça se ressent beaucoup.
Mais qu'importe car lire Jules Verne reste toujours plaisant car il m'embarque toujours dans un voyage incroyable et dépaysant bordé d'imagination. D'ailleurs, j'y ai retrouvé quelques thèmes récurrents chers à Jules Verne comme la mer, la navigation, les sciences naturelles, un peu d'ethnologie aussi avec le peuple esquimau et une poignée d'hommes valeureux et un chien (ici Duk l'animal de compagnie fidèle du capitaine Hatteras) luttant pour leur vie dans des contrées inhospitalières.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SpilettSpilett   10 janvier 2020
Le gouverneur, sa femme et ses cinq enfants, tous de race esquimau, vinrent au-devant des visiteurs. Le docteur, en sa qualité de philologue, possédait un peu de danois, qui suffit à établir des relations fort amicales; d'ailleurs, Foker, interprète de l'expédition en même temps qu'ice-master, savait une vingtaine de mots de la langue groënlandaise, et avec vingt mots on va loin, si l'on n'est pas ambitieux.
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picturapictura   19 mai 2014
Peu à peu, la zone brillante s’élevait dans le ciel suivant le méridien magnétique, et apparaissait striée de bandes noirâtres ; des jets d’une matière lumineuse s’élançaient, s’allongeaient alors, diminuant ou forçant leur éclat ; le météore, arrivé à son zénith, se composait souvent de plusieurs arcs, qui se baignaient dans les ondes rouges, jaunes ou vertes de la lumière. C’était un éblouissement, un incomparable spectacle. Bientôt, les diverses courbes se réunissaient en un seul point, et formaient des couronnes boréales d’une opulence toute céleste. Enfin, les arcs se pressaient les uns contre les autres, la splendide aurore pâlissait, les rayons intenses se fondaient en lueurs pâles, vagues, indéterminées, indécises, et le merveilleux phénomène, affaibli, presque éteint, s’évanouissait insensiblement dans les nuages obscurcis du sud.
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DanieljeanDanieljean   13 juillet 2015
A midi, et pour la première fois, on put admirer un magnifique phénomène solaire, un halo avec deux parhélies ; le docteur l’observa et en prit les dimensions exactes ; l’arc extérieur n’était visible que sur une étendue de trente degrés de chaque côté du diamètre horizontal ; les deux images du soleil se distinguaient remarquablement ; les couleurs aperçues dans les arcs lumineux étaient du dedans au dehors, le rouge, le jaune, le vert, un bleuâtre très faible, enfin de la lumière blanche sans limite extérieure assignable

Le docteur se souvint de l’ingénieuse théorie de Thomas Young sur ces météores ; ce physicien suppose que certains nuages composés de prismes de glace sont suspendus dans l’atmosphère ; les rayons du soleil qui tombent sur ces prismes sont décomposés sous des angles de soixante et quatre-vingt-dix degrés. Les halos ne peuvent donc se former par des ciels sereins
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Alasdair_McAtthisAlasdair_McAtthis   14 mars 2020
Cependant les neiges fondaient de toutes parts, sous l'action du soleil; l'eau salée, répandue sur l'ice-field par les crevasses et les trous de phoques, en hâtait la décomposition; mélangée à l'eau de mer, la glace formait une sorte de pâte sale à laquelle les navigateurs arctiques donnent le nom de ­"slush"
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LecturesdeWicketLecturesdeWicket   16 février 2017
Le Français disait devant lui avec ce qu'il supposait être de la politesse, et même de l'amabilité : « Si je n'étais Français, je voudrais être Anglais. » « Si je n'étais Anglais, moi, répondit Hatteras, je voudrais être Anglais.
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Dans cette interview, Benjamin Lesage nous parle de son premier roman : Les Etoiles qui meurent dans le ciel.
Les Étoiles qui meurent dans le ciel par Benjamin Lesage Collection Romans Ultraviolet Version papier •16,90 € • 15 x 22 cm • 224 pages • ISBN : 978-2-35290-237-9 Version numérique • 208 pages • 11,99 € • ISBN : 978-2-35290-241-6 Personne ne peut soutenir le regard de Jacques. Ses yeux sont comme deux étoiles brillantes comme celles qu'il admire dans le ciel tous les soirs... Et puis, une nuit, il voit un de ces astres s'éteindre. Pourquoi ? Que s'est-il passé ? C'est à cette unique question que Jacques voudra désormais répondre. Devenu étudiant, il comprend que les étoiles sont elles aussi soumises à l'action du temps. Alors, se dit-il, pour empêcher leur disparition, une seule solution : il faut arrêter le temps. Un philanthrope fantasque et un ingénieur génial et désabusé vont l'aider dans cette quête : ils construiront ensemble une machine à arrêter le temps. Un projet pharaonique que ses détracteurs ne manqueront pas de vouloir faire échouer...
Benjamin Lesage est un Jules Verne du XXIe siècle. Ses personnages poursuivent une quête à la limite de l'impossible, poussés par la volonté de comprendre. Son univers à la fois poétique et réaliste aborde des sujets brûlants d'actualité : écologie, découverte scientifique, éthique. Un roman qui donne matière à réfléchir sur notre façon d'appréhender le temps qui passe.
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