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EAN : 9782702166864
496 pages
Calmann-Lévy (26/04/2023)
4.12/5   20 notes
Résumé :
1937, dans la fureur des combats de la guerre civile d’Espagne, Gerda Taro meurt, écrasée par un char républicain. Elle a vingt-six ans.

Militante antinazie, Gerda a fui l’Allemagne hitlérienne pour Paris, où elle croise la route, entre autres, d’Aragon, Koestler, Nizan, Man Ray, ainsi que de Robert Capa, qui devient son compagnon. Gerda Taro veut rejoindre le front espagnol, elle pressent que le destin de l’Europe se joue là-bas. Femme libre à la des... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Ardente et séduisante Gerda, prise dans le tourbillons du début du nazisme et de la guerre d'Espagne.

L'auteur Olivier Weber, avant d'être écrivain, était reporter mais aussi ancien correspondant de guerre, ainsi que diplomate et maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris.
Pas étonnant qu'avec autant de cordes à son arc, il ait pu nous livrer cette fresque historique. Ce qui était moins évident, c'était d'en faire une aventure romanesque. Et là encore, il réussi à nous faire rêver et vivre au rythme de l'amour et de l'amitié. le désir d'absolu transparait à chaque page.

Le livre s'ouvre sur une scène qui est bouleversante. Nous sommes en juillet 1937, en pleine guerre civile espagnole. Gerda Taro, l'héroïne écrasée sous un char, se meurt dans la chambre jouxtant celle de son amant. le décor est rempli de symboles puisqu'il s'agit de l'Escurial, la dernière demeure du roi Philippe II d'Espagne. Pour Gerda aussi ce sera la dernière demeure. Son amant, grièvement blessé aux jambes, est hospitalisé dans la chambre voisine mais ne peut pas la rejoindre ni l'accompagner dans ce qui seront les dernières heures d'agonie pour elle. Cette scène est poignante et pourtant elle frôle le sublime au travers de tout ce qu'elle charrie : morphine, jazz, passion de la vie et passion amoureuse.
En plaçant un décor aussi poignant dès le premier chapitre, l'auteur donne la note ; celle de la beauté des sentiments au milieu des affres de la guerre. Un fait qui pourrait être considéré comme relativement fréquent (je n'ose pas dire terriblement commun) mais qui, dès les chapitres suivants, retrace la vie de personnages hors du commun ; la vie de passionnés au milieu des monstruosités des guerres.

Retournons à Paris en août 1936, pour mieux nous imprégner de l'ambiance de l'époque et du chemin parcouru par l'héroïne et son entourage ; au printemps le front populaire a gagné les élections.
Gerda Taro, née Pohorylle, a vu le jour à Stuttgart en Allemagne en 1910. Très tôt elle devient militante antinazie et va fuir cette ville, en raison des exactions du parti national-socialiste. Elle vit quelques temps à Leipzig mais devra finalement quitter l'Allemagne tant le nazisme monte en puissance. Elle a été emprisonnée par la Gestapo. Elle sent déjà que Mussolini, Franco et Hitler vont s'unir pour le pire.
« Là où l'on brûle des livre, on finit par brûler des hommes. » Heinrich Heine.

Point de chute Paris et tout ce que cette ville peut drainer d'extraordinaire et d'attirant. Elle a alors 26 ans et va côtoyer des artistes haut en couleur ; des écrivains, des poètes, des journalistes, des photographes et quelques autres intellectuels. Dans son sillage nous verrons Paul Nizan, poète et patron de presse, Robert Capa photographe hongrois exilé à Paris et compagnon de Gerda, ou encore Louis Aragon, Arthur Koestler ou Jonathan Werner journaliste canadien également amant de Gerda.
On croisera ainsi des figures dont l'histoire nous reparlera encore un long moment après cette guerre d'Espagne. Je pense entre autre à Willy Brant, ami de Gerda qui, voyageant entre Norvège et Paris, finira par mettre sur pieds un réseau d'envergure, le SAP ; il n'a alors que 23 ans.
« Il est entré dans la clandestinité à la vitesse de l'éclair et doit assumer un rôle de militant de l'ombre. »

La densité du roman est telle qu'on ne pense pas ne passer qu'une année aux côtés de cette grande photographe de guerre dont on dira qu'elle est la première femme photographe à mourir sur le front. Elle suivait les soldats républicains et des volontaires madrilènes. Elle devine que les staliniens ont joué un rôle certain dans l'avènement de Franco. Elle s'est voulue libre de tout choisir, pareillement sa vie amoureuse et le fait d'aimer deux hommes en même temps, que de militer pour les droits et la liberté des hommes.
Dans ce livre on comprend que cette guerre espagnole était très complexe. Je suis loin d'en avoir compris ne serait-ce que l'essentiel.

Un écriture d'une grande sensibilité.
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Gerda Taro avait vingt-six ans quand elle a rejoint, le front espagnol pour suivre des soldats républicains et des volontaires de Madrid. Elle était au côté de Bob Capa, un de ses amants, photographe comme elle. Elle avait fui l'Allemagne nazie, après avoir été emprisonnée par la Gestapo. A Paris, elle avait échappé aux rafles et aux arrestations. Elle avait compris qu'en Espagne, se jouait la répétition de l'horreur qui attendait l'Europe. Elle pressentait que Franco, Hitler et Mussolini allaient s'unir pour plonger le monde dans le néant. Elle avait perçu, également, le rôle joué par la Russie dans l'avènement de Franco. Alors que de nombreux communistes se battaient dans le camp des Républicains, le pouvoir russe profitait de la guerre pour tuer ceux qui n'étaient pas assez staliniens.

Gerda était une femme libre et humaniste. Depuis son emprisonnement dans les geôles gestapistes, elle se sentait en sursis. Aussi, elle est allée au plus près du front. Son oeil était acéré et révélait l'humanité. Extrêmement attachante, elle luttait pour la liberté et contre toutes les formes d'autoritarisme. « Elle a envie de prendre les armes. Elle se dit que le boîtier photographique en est une, et cette perspective atténue sa mélancolie et lui donne du courage. » (p. 32). Elle s'est approchée de secrets dangereux, tels que le vol de l'or de l‘Espagne, événement réel relaté dans ce roman. Elle a découvert les purges staliniennes. Son engagement était fort, elle souhaitait témoigner de la réalité de la guerre. Elle en est morte. En 1937, quelques jours avant ses vingt-sept ans, elle a été écrasée par un char républicain… Elle est la première femme reporter décédée dans l'exercice de ses fonctions.

J'ai toujours pensé que la guerre d'Espagne était un sujet difficile à appréhender. Avec Dans l'oeil de l'archange, j'ai découvert que le conflit était encore plus complexe que je ne le pensais. Gerda Taro avait deviné que l'Histoire serait réécrite. Olivier Weber révèle des faits que je ne connaissais pas. J'ai été choquée par l'utilisation de ce conflit par Staline et ses sous-fifres. Les faits historiques dévoilés par ce roman montrent que l'Histoire se répète, actuellement, en Ukraine, et renseignent sur le mode de pensée de Poutine. Cette transposition est effrayante.

L'auteur retrace le destin éphémère et héroïque de Gerda Taro. Il détaille ses relations tendues avec Louis Aragon, son idylle avec Jonathan Werner, un journaliste et combattant canadien, etc. En septembre 2022, j'avais lu le zéro et l'infini d'Arthur Koestler, que la photographe a côtoyé. Dans l'oeil de l'archange m'a apporté un nouvel éclairage sur cet ouvrage.

Dans l'oeil de l'archange est une fresque romanesque dense relatant des faits réels. Il rend hommage à une femme fascinante et humaniste et aux reporters de guerre. le récit est captivant, c'est une véritable immersion dans l'Europe d'Entre-deux-guerres. Les explications claires et complètes de l'auteur permettent de comprendre les évènements tragiques de la guerre d'Espagne. Son écriture sensible, mais aussi factuelle, analyse les faits dans leur ensemble. J'ai adoré.

Lien : https://valmyvoyoulit.com/20..
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Ce livre ne pouvait être écrit, ainsi, de l'intérieur, de l'intime que par un reporter de guerre qui a vécu ces drames dans sa propre chair.
C'est aussi la magie d'Olivier Weber, de redonner vie à cette femme passionnée.

Dans l'oeil de l'archange, cri vibrant à la fascinante profession de reporter de guerre. Cette vocation, Gerda en est l'icône : yeux verts, rouge à lèvres proclamant insolemment son indépendance. Femme engagée juive allemande, audacieuse, indomptable, courageuse et déterminée, de son véritable nom Gerta Pohorylle est la première femme reporter de guerre à mourir sur le terrain lors des combats de la guerre civile d'Espagne, le 26 juillet 1937 quelques jours avant de pouvoir fêter son 27ème anniversaire.
Elle est photoreporter, compagne de Robert Capa. C'est Gerda, d'ailleurs qui lui donne son nom.

De l'enfance, Gerda porte en elle les mots de son père « Vas-y, ma fille, fonce les yeux fermés, le monde est à toi. Il n'est pas toujours beau mais tu le rendras meilleur, tu l'illumineras par ton sourire, ton regard. »
Rieuse, la pequena rubia « a appris très vite, en quelques heures d'interrogatoire, que le rire pouvait être un radeau de sauvetage lorsque la barbarie vous submerge. » Elle parvient à s'échapper des premières prisons nazies.
Gerda, aux yeux rieurs et inquiets, témoin de la montée de cette peste brune est convaincue que le futur de l'Europe se joue en Espagne.
Veritable porte-parole des reporters de guerre qui ressentent la pulsion du monde, l'intuition des événements à venir et doivent ronger leur frein devant l'inertie et la mollesse des Etats.

La force de la plume d'Olivier Weber, alliance fabuleuse du journalisme et de la littérature nous transplante au coeur des événements. Ce n'est pas un récit, cela devient cinématographique par la justesse des détails des lieux, des personnages, tout est vrai et en même temps, non, "cinématographique" entre guillemets, n'est pas encore le terme exact parce que l'on n'est pas non plus simple spectateur. En lisant ce bouquin, j'ai eu la sensation de chausser un casque de réalité virtuelle, d'être transportée dans les années 30, assise à la terrasse des cafés de Montparnasse, au Dôme entre Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, échanger autour d'un verre avec Louis Aragon, Philippe Soupault
être sur la ligne de front entre Jonathan, Gerda et Capa dans la poussière ocre d'Espagne.

Apprêtez-vous, Rolleiflex et Leica en bandoulière, mélangeant anglais, allemand, français, espagnol, yiddish à virevolter de Madrid à Toronto en passant par Paris puis Barcelone, Valence, Leizpig, Stuttgart, Berlin, Oslo, Les Alpes mais aussi l'Ethiopie, le Texas, Moscou…

Ce livre est l'un des plus personnels d'Olivier Weber et un magnifique hommage aux femmes et hommes reporters de guerre.
Engagement, Témoignage, Audace, Courage, liberté, Indépendance, Détermination, Espérance
Accompagné de ses compagnons de route : Aragon, Cendrars, Cervantes, Char, Eluard, Goethe, Neruda, Nerval, Soupault, Zweig….je ne les cite pas tous (j'ai noté près de 60 références d'auteurs sur seulement les 5 premiers chapitres)
Un travail vertigineux de documentation : le machiavélisme de Staline y est effrayant
références géopolitiques, historiques, artistiques….
Le nombre de personnes rencontrées des plus humbles aux plus charismatiques.
Le nombre de lieux traversés.
Une écriture poétique même dans les passages les plus effroyables. Mettre du beau face à la barbarie
Chapitre 16: bouleversée
Réenchanter le monde, l'Espérance si chère à Olivier Weber.
Oui, nous ne sommes plus dans le bouquin mais dans la réalité hors-norme d'Olivier Weber, son environnement géographique et humain.
Et pourtant, cette réalité si difficile à appréhender à comprendre, par l'alliance entre journalisme et littérature, par le glissement entre réel et roman permet cette immersion, cette compréhension.
Ce rapprochement de réalités qui peuvent paraître lointaines de par la distance géographique ou temporelle, cette prise de conscience fait germer de petites pousses pour éveiller, toucher, faire réfléchir et se sentir appartenir au même Grand-Tout, à la même fratrie et peut-être plus tard s'engager chacun à sa façon.
En dernière page, page des remerciements, un émouvant hommage.

Le seul bémol, si je peux me permettre, le choix des couvertures que je ne comprends pas. Excepté, le bleu de l'Enchantement du monde, elles me paraissent à chaque fois ternes et ne rendent jamais compte de l'immensité des espaces et de la lumière qui se déploient au fil des pages


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IMMORTALISER L'HORREUR.
Écrasée (sur ordre) par un char républicain dans les combats furieux de la guerre civile espagnole, Gerda Taro est la première femme photographe de guerre à mourir sur le terrain. A 26 ans elle s'engage dans un conflit qui va finir par la broyer, son Rolleiflex en bandoulière au côté de son ami Robert Capa. le sujet pose bien le problème du correspondant de guerre qui cherche à arrêter le temps pour figer des images témoignages les plus significatifs mais sanglants (ou les mettre en scène comme ce fut le cas pour la contestée photo de Capa).
Après une description du Montparnasse artistique et mondain de l'avant guerre, où chacun pressant le drame qui va survenir, l'écrivain, ancien correspondant de guerre dépeint une fresque, sans concession de la guerre civile en Espagne, où la noirceur de l'homme transparaît sur un fond d'idéalisme et d'engagement politique. Les brigades internationales regroupent des volontaires venus de tous pays pour défendre une république légale mise en danger par un général fantoche entouré de mercenaires marocains. le récit fait apparaître clairement le rôle du marionnettiste Staline dans l'épuration de la gauche espagnole, qui va éliminer trotskistes anarchistes et socialistes, par le biais d'un système d'espionnage émanant du NKVD. Quel but poursuit-il ? Envisage-t-il déjà une alliance avec Hitler? Ce dernier expérimente la technique des « bombardements en piqué » des villes par son aviation moderne aussitôt suivi par Mussolini.
L'engagement de personnages illustres et parfois ambigus , comme Arthur Koestler, Malraux, Aragon est décrit de façon bien documentée. Jusqu'à l'abjection du politique français André Marty dont la carrière au sein du PCF se prolongera sans problème en France jusqu'en 1954.
J'ai adoré la partie historique, moins les amours multiples et libérées de l'héroïne qui me sont apparus comme délayé et n'apportant rien à l'histoire.
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Poursuite de mes lectures autour de Gerda Taro, découverte grâce au roman graphique "Magnum Générations". Dans ce roman, Olivier Weber, se concentre sur l'engagement de la reporter de guerre en Espagne, qui lui a coûté la vie sur le front de Brunete en 1937. Accompagnée du personnage fictif, le journaliste canadien et volontaire des Brigades internationales, Jonathan Werner, qui est aussi son amant, tous deux prennent conscience des coups portés par les stalinistes (Michael Koltsov, André Marty, Alexander Orlov, Joris Ivens, ...) par idéologie ou intérêt personnel dans le dos des socialistes, anarchistes et trotskistes (Gaston Delasalle, Oliver Law, José Robles, Willy Brandt, George Orwell, André Gide, John Dos Passos, ...) qui osent questionner le rôle joué par Staline. Extrêmement documenté, on croise aussi au fil des pages Aragon, Arthur Koestler, Malraux, Hemingway, et chacune des évocations vaudrait probablement des lectures complémentaires pour creuser leur engagement ambivalent. Comme d'ailleurs aussi les motifs de non intervention de la France et de la Grande-Bretagne, dans une guerre à leur porte qui préfigurait l'expansion totalitaire à venir.

J'ai eu un peu de mal, notamment dans la première moitié du livre, avec les pensées prêtées à Gerda, comme une impression de décalage, alors que certes Olivier Weber a comme elle l'expérience des terrains de guerre civile aux enjeux de pouvoir souvent innommables qui se jouent dans l'ombre au détriment des populations, et on peut imaginer l'expérience partagée des doutes, des questionnements, des peurs, de l'espoir. Toutefois, lorsque ces pensées sont transposées au cours de la 2ème partie, aux réflexions de Jonathan Werner, cela m'a semblé plus judicieux.
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critiques presse (3)
MadmoizellePresse
19 juillet 2023
À travers un hommage rendu à l’engagement d’une icône du XXe siècle courageuse et passionnée, Dans l’oeil de l’archange s’avère être une fresque passionnante sur la guerre civile espagnole.
Lire la critique sur le site : MadmoizellePresse
LeFigaro
26 juin 2023
Une vibrante évocation de la première femme photographe de guerre morte sur le terrain.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix
22 juin 2023
Le destin hors du commun de la première femme photographe de guerre, morte à 26 ans pendant la guerre d’Espagne.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Camarades de tous les pays, dénoncez-vous les uns les autres.
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La vérité est la première victime de la guerre.
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À son retour de Madrid, Jonathan constate que nombre de photos de Gerda sont plus fortes que celles de Capa. Quand ils photographient la même scène, le regard de l’Allemande possède quelque chose de plus, un supplément d’âme, une différence à peine perceptible, difficile à saisir, mais qui est la marque à la fois du talent et d’une grande sensibilité...
Et alors, à force de scruter ces œuvres d’art, car il s’agit véritablement d’art, Jonathan a l’impression de pénétrer dans un royaume d’immortels où la dignité est rendue aux disparus, où l’existence, si injuste, si dure fût-elle, est sublimée par la grâce, en mouvement perpétuel et en panache de l’absolu. Le style de Gerda, à la fois brut, en raison de la guerre, et élégant de par sa mélancolie, crève littéralement le papier argentique.
Les instants saisis ne sont pas éphémères, ils deviennent les touches d’un immense tableau pointilliste, celui de l’humanité.
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Il n’y a pas de guerres propres, il n’y a que des victoires. Et les victorieux de demain enterreront non seulement les cadavres des innocents mais aussi toutes les certitudes, les dernières convictions. Et l’histoire sera réécrite, et les manuels d’histoire diront non pas la vérité mais la simplification de la vérité, ou une vérité qui arrange. Quand l’histoire est réécrite, les vainqueurs deviennent des seigneurs, les bourreaux des héros. L’important, c’est la quête de la lumière, cette lumière qu’elle porte en elle. Mais que peut l’espoir de l’aurore lorsque les ténèbres vous envahissent…
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Sur une roche, elle aperçoit un bout de métal écrasé. C’est la balle qui a traversé la tête du combattant. Gerda ne sait pourquoi mais elle photographie la balle, à genoux pour ne pas s’exposer, cadre à nouveau, corrige la mise au point car elle s’aperçoit qu’elle tremble. Puis elle prend son canif et extirpe de la roche calcaire le projectile qui a trouvé son chemin, qui a pris la vie d’un homme. Elle se promet de conserver ce mauvais souvenir, ce concentré de mal, cette bombe miniature qui sépare les hommes et les réunit à la fois dans leur bestialité et qui rappelle l’absurdité de ce météore, la geste de l’humanité. La balle rapetissée la regarde, l’observe. Elle a frappé un crâne, puis une pierre, et gît désormais au fond de sa paume. Elle a voyagé dans les neurones du tué, déchiffré ses pensées, brisé d’autres vies, celles des survivants qui ne vivront plus.
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