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ISBN : 2228897094
Éditeur : Payot et Rivages (19/03/2003)

Note moyenne : 4/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Voyageuse intrépide en son temps, mythique aujourd'hui, Ella Maillart (1903-1997) fut bien cette «femme du globe» dont parlait Paul Valéry. Née à Genève dans un milieu aisé, elle ne rêvait que de fuir une Europe égoïste.
A peine sortie de l'adolescence elle s'en va. Sur mer, d'abord, puis à travers les steppes et les monts d'Asie centrale, à la recherche des nomades. Elle ira traîner son regard d'azur en Chine, en Afghanistan, en Inde, traversant maintes con... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
nadiouchka
  02 février 2018
Pour ce qui est des femmes aventurières, d'hier et d'aujourd'hui, on sait qu'elles n'ont rien à envier aux hommes et qu'elles savent faire preuve d'un immense courage, même avec peu de moyens ou de soutiens.
Cette fois, il en est une sur les périples de laquelle s'est penché Olivier Weber, Ella Maillart (1903-1997). Il a relaté sa biographie dans le livre : « Je suis de nulle part. Sur les traces d'Ella Maillart ».
Ayant longtemps travaillé en Afghanistan comme journaliste, il connaît très bien tous les endroits évoqués par Ella. Et comme elle, il adore faire des expéditions. C'est ce qui va se passer dans ce livre car il raconte non seulement les périples d'Ella, mais, partant sur ses traces, il va les refaire lui-même.
Il nous brosse un magnifique portrait de cette aventurière qui, après plusieurs aventures en mer et en Europe, décide de partir pour la Russie et l'Asie, afin d'aller à la rencontre des nomades et traverser des paysages somptueux.
L'héroïne, née en Suisse dans une famille aisée, n'avait qu'un rêve, celui de parcourir un maximum de pays, quitte à se fâcher avec ses parents. Elle commence par embarquer sur des bateaux où elle force l'admiration des hommes par son énergie, son courage et sa ténacité.
C'est un périple extraordinaire qu'elle accomplit alors que ce n'était pas facile du point de vue logistique à son époque.
Dans cette biographie, Olivier Weber rend un bel hommage à cette femme qui arrivait toujours à vaincre tous les obstacles. Et puis sa fameuse devise était : « Qu'est-ce qu'on fout ici ? ». Une invitation à continuer son chemin et toujours aller plus loin, aller au bout d'elle-même.
Cette voyageuse intrépide est devenue une figure mythique. Paul Valery la surnommait : « La Femme du globe ». Elle a d'ailleurs traversé la Chine, l'Afghanistan, l'Inde, dans des contrées dangereuses mais toujours tenace, comme Alexandra David-Néel à qui elle m'a fait penser.
Pour parvenir à payer les frais de ses aventures, elle écrivait de temps en temps un livre, ce qui lui rapportait quelques droits d'auteur.
Avec ses nombreux visages : sportive, photographe, écrivaine, loup de mer et voyageuse, on a l'impression qu'elle a vécu plusieurs vies tellement c'est enrichissant à chaque fois.
C'est un très beau portrait écrit par l'auteur, et il faut aussi, tout de même, admirer son parcours personnel.
Il est à signaler qu'Ella Maillart a fait de nombreux émules, surtout parmi d'autres femmes qui, éblouies par ses exploits, étaient désireuses elles aussi de partir vers l'inconnu, de vivre une expérience inoubliable, hors du commun, malgré les périls à craindre.
Jusqu'à un âge très avancé, une fois revenue en Suisse, Ella connaît des difficultés financières et reste rêveuse quant aux voyages.
D'ailleurs, en pages 360/361, on peut lire : « Pour survivre, elle donne des conférences, dans la vallée de Sion, à Genève, parfois à Paris. Veut-elle voyager ? Elle contacte une agence de Genève qui lui propose d'accompagner quelques voyageurs en Indonésie, en Inde et au Népal. Dans sa tête, lorsqu'elle regarde depuis sa terrasse de Chandolin les montagnes avoisinantes, se mêlent déserts terribles et plateaux interdits, monastères reculés et yourtes de nomades au sourire doux. Elle voyage encore vers toutes les villes magiques qu'elle n'a pas connues.
C'est ainsi qu'elle retourne plusieurs années de suite en Asie, notamment sur la côte du Kerala, dans le sud de l'Inde, pour un mariage de brahmanes à Trivandrum, « la ville du Serpent sacré », en 1951, ou pour une visite au sage Sri Krishna Menon, quatre ans plus tard…. « .
Et ce démon du voyage ne la quitte donc jamais, même quand on lui fait remarquer son âge, sa réponse est un grand éclat de rire.
De plus, quand on lui posait la question : « Pourquoi voyagez-vous? » sa réponse était : « Pour trouver ceux qui savent encore vivre en paix ». Ou alors : « Je veux oublier que le retour est inévitable »et une dernière : «Si nous abordons les choses par leurs différences, même le foie et la rate sont aussi éloignés que les villes de Ch'u et de Yueh. Si nous les abordons par leurs ressemblances, le monde est UN ». 
Je ne peux que lui donner entièrement raison car partir en voyage est une expérience très passionnante mais revenir est très dur moralement…
Un grand bravo à cette formidable aventurière et merci à Olivier Weber pour ce livre.
Nota : Ne pouvant pas raconter toutes les péripéties, je publierai un bon nombre de citations après avoir fait un tri sérieux, pour cause d'un trop grand nombre de pages avec des post-it...
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lupusi
  06 avril 2018
Excellente biographie d'Elle Maillart
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   10 février 2018
Ella s’acharne, veut voyager au pays des nomades, faire escale à Tachkent, Samarcande et Boukhara. Ce désir est une obsession : Là je verrais les ruines laissées par le grand Tamerlan, des femmes musulmanes à peine libérées de la vie de harem, et des caravanes de chameaux arrivant à Boukhara la sainte. Elle se souvient de ce que lui avait déclaré Victor Point au retour de la Croisière Jaune, peu de temps avant son suicide : Simples et hospitaliers, les Kirghizes sont des hommes libres.
P.172
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nadiouchkanadiouchka   08 février 2018
Je devais repartir à la rencontre de Kini, ombre portée du désir nomade, même morte, croiser ses chemins, dormir dans les caravansérails de ses haltes, flairer sa passion des steppes. Remonter le cours du fleuve Ella M., forcément impétueux, à son embouchure devant l’éternité mais aussi aux confins de son amont. Comprendre les certitudes et les affres de cette silhouette obsédante. Répondre aussi à sa sempiternelle question, qui reprenait celle de Cendrars :
Qu’est- qu’on fout ici ?
P.15
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nadiouchkanadiouchka   18 janvier 2018
Je devais repartir à la rencontre de Kini, ombre portée du désir nomade, même morte, croiser des chemins, dormir dans les caravansérails de ses haltes, flaire la passion des steppes. Remonter le cours du fleuve Ella M., forcément impétueux, à son embouchure devant l’éternité mais aussi aux confins de son amont. Comprendre les certitudes et les affres de cette silhouette obsédante. Répondre aussi à sa sempiternelle question, qui reprenait celle de Cendrars :
Qu’est-ce qu’on fout ici ?
P.15
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nadiouchkanadiouchka   14 février 2018
Étrange escale, oui, qui pourrait bien durer des lustres dans le cri aigu des mouettes, la violence du vent qui tourne et la langueur de cette terre molle, trop molle, qui a épousé la mer. Van, lui, ne perd pas son sens de l’humour et compose un poème, qui commence ainsi :
Je voudrais dire encore un mot
D’un rafiot donnant de la bande
Et de l’équipe de soûlots
Maintenant échoués à Ostende.
P.128
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nadiouchkanadiouchka   13 février 2018
Est-ce là le mystère d’Ella Maillart ? Durant toute son existence, elle a tenté sédentarité et nomadisme, comme pour mieux démontrer, par le voyage en Orient, que l’origine de l’homme se situait dans la mouvance.
Claude Lévi-Strauss s’est évertué à prouver la coexistence des désirs de sédentarité et de nomadisme chez les Indiens d’Amérique du Sud. L’errance et la fixité se mélangent. (…).
Le partir, revenir n’est acceptable que si le revenir l’emporte, et non pas à égalité des actes.
P.174/175
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