AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2266045962
Éditeur : Pocket (12/02/1993)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 92 notes)
Résumé :
Partie de la philosophie pour entrer en religion, née dans une famille d'origine juive pour se rapprocher du christianisme, Simone Weil a suivi un parcours étonnant, qui la mènera d'un statut de jeune fille de la bourgeoisie aux confins de la plus atroce misère matérielle. Animée d'une soif d'absolu qui la fait vivre – comme d'autres vivent de pain –, elle se rend compte, dans ses écrits, de cette aventure exceptionnelle. La Pesanteur et la Grâce, recueil de ses pen... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  21 avril 2017
SIMONE WEIL OU LA PENSÉE ARDENTE.
Exercice ô, combien périlleux que de résumer en quelques lignes, en quelques mot un tel ouvrage, presqu'autant assimilable à un compagnon spirituel, à un livre de vie - sans qu'il soit pour autant qualifiable de "livre de sagesse", comme cela se trouve beaucoup dans le domaine religieux - qu'à un essai bâti à fin de démontrer une hypothèse philosophique, d'engager une controverse. Et pourtant, nul doute que nous sommes-là au coeur d'une certaine idée de la philosophie.
Mais avant d'entrer un peu plus avant dans le vif du sujet, il est indispensable d'entreprendre une présentation biographique aussi succinte que possible.
Lorsqu'elle rédige ce qui deviendra donc La Pesanteur et la Grâce, Simone Weil n'a que trente-trois ans et pourtant son oeuvre tout autant que son existence sont singuliers et remarquables à plus d'un titre. D'abord élève du Philosophe Alain durant son Khâgne à Henri IV - il la surnomme affectueusement "la martienne" -, elle sort de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm en 1931. Elle obtiendra son premier poste de professeur au Puy-en-Velay, où elle s'engage auprès des ouvriers, des paysans et des chômeurs, tout en élaborant les bases d'une philosophie de l'action et du travail, éloignée toutefois de l'orthodoxie marxiste, tant ses vues sur l'URSS sont d'une rare lucidité. Femme d'action éprise de contemplation, intellectuelle n'hésitant pas un instant à partager un temps la vie des ouvrières de son époque, non comme sujet futur d'étude mais par conviction intime, juive rejetant le judaïsme pour mieux embrasser le christianisme - sans s'être cependant jamais fait baptiser -, se proclamant de l'héritage de Platon (mais refusant Aristote) tout en avouant sa fascination pour l'Inde et l'Occitanie Cathare, Simone Weil n'en finit pas de nous surprendre par ses apparentes contradictions
La défaite de 1940 va pousser Simone Weil sur les routes de l'exode, jusqu'à Marseille où elle participe à la belle aventure des Cahiers du Sud, aux côtés de Jean Ballard et d grand poète Joë Bousquet, rédigeant un somptueux "L'Iliade ou le poème de la force", sous le pseudonyme anagrammatique d'Emile Novis, le "reclus de Carcassonne". Ascétique, et selon les règles de vie qu'elle s'impose à elle-même depuis des années, elle décide de dormir par terre, puisque tant de réfugiés sont privés du confort le plus élémentaire. Désireuse de travailler aux champs, elle trouve également une place d'ouvrière agricole en Ardèche, chez le philosophe catholique - et monarchiste - Gustave Thibon. À son départ pour Oran, et avant les USA en compagnie de sa famille, Simone Weil confira à l'auteur de L'Echelle de Jacob une serviette contenant une dizaine de gros cahiers contenant notes, réflexions, pensées diverses et citations dans toutes les langues. C'est à partir de ce matériau brut et de l'amitié vraie, fuit de ces mois d'exode, et de leurs conversations bien souvent contradictoires que naîtra La Pesanteur et la Grâce. Gustave Thibon ne s'en est jamais caché : si l'essentiel était présent dans ces lignes manuscrites, il lui fallu opérer un genre de classement au sein de ces pages afin de rendre l'ensemble plus intelligible.
Témoin de la foi chrétienne, tout autant immense que peu commune (au sens où elle ressemble assez peu à la foi telle qu'on l'entend généralement), de Simone Weil, ce recueil d'aphorismes d'une puissance d'introspection rare n'est pas sans rappeler l'un des modèles du genre le plus connus : Les Pensées de Blaise Pascal. Et par bien des aspects, il est possible de mettre les deux personnages autant que les deux intentions philosophiques en parallèle. Mais Simone Weil ne saurait se contenter d'un simple pari.
Pour la philosophe, si Dieu s'est retiré de sa propre création, s'est en nous laissant face à deux forces liée l'une à l'autre, dans la mesure où l'une ne peut être sans l'autre, et donc invariablement opposée l'une à l'autre, mais dont il faut parvenir à se détacher - la pesanteur - pour entrer dans la plénitude de la seconde, c'est à dire la grâce. de cet affrontement naissent des mouvements dans lequel «la grâce, c'est a loi du mouvement descendant» tandis que «la pesanteur morale nous fait tomber vers le haut.»
Ce qui peut surprendre, dans cette philosophie pourtant tournée toute vers Dieu, c'est qu'elle s'adresse tout aussi bien à l'athée, dont elle estime d'ailleurs qu'il se trouve plus proche de Dieu que celui se disant croyant ! Car la pesanteur, cela peut se révéler être des choses aussi que le goût du pouvoir ou de l'argent, que le désir sans amour, le jeu, les religions ! Ainsi, certaines pages sont-elles terribles pour ceux faisant profession de foi catholique ou protestante. Plus intransigeante encore est-elle à l'égard de la religion hébraïque dont elle estime que le Dieu est trop terrestre, humain, pour être véritablement le Dieu lumineux qu'il peut seul être dans son absence...
Nous sommes tous, "je" est, à des degrés divers, pris dans la pesanteur. Et c'est par la destruction du je, par l'humilité (mais pas celle que "je" peux jouer. Une humilité vraie, terrible par certains aspects, jusqu'au boutiste en tout cas.) que l'on peut accéder à cette grâce lumineuse, à cette chlorophylle, comme Simone Weil l'explique.
Texte parfois difficile à saisir sans relecture, d'une écriture particulièrement dense bien qu'usant d'un vocabulaire des plus immédiat, la pensée de Simone Weil est une pensée en tension permanente, lumineuse, ardente, ascétique. Et l'équilibre qu'elle n'a cessé de rechercher tout sa vie durant, entre action et contemplation, bien et mal, amour de son prochain et retrait, est un exercice des plus difficiles à entreprendre, même à qui s'y consacre intensément. Même sa foi obstinément christique est à même de dérouter le plus pur des croyants !
Les dernières pages de la fin de cet ouvrage véritablement hors du commun sont consacrées à des thématiques précises et plus "habituelles" comme l'art, la beauté, l'argent, le pouvoir, le "gros animal" comme elle l'écrit en référence à Platon, la société, Israël, à l'égard de qui elle profère des mots d'une dureté incroyable, idem pour Rome et son héritage, mais encore le travail, la musique ou la poésie. Mais si ces thèmes sont des classiques de la philosophie occidentale, le traitement que Simone Weil leur fait subir est lui aussi déroutant et profond. Car tout procède de cette recherche entre pesanteur et grâce, aucun sujet ne pourrait s'en trouver libéré sans nouvelle approche.
La Pesanteur et la Grâce est ainsi l'exact opposé de ces recueils de pensée toute faites, prêtes à porter, tels qu'il s'en fabrique à longueur d'édition. Il s'adresse à qui pourra prendre le temps de la réflexion, de l'introspection. le chemin suivit par Simone Weil, parfois qualifiée de sainte laïque - elle qui se méfiait comme de la peste de la supposée sainteté, et qui n'avait que mépris pour le martyrologue - est des plus singuliers, abrupt aussi. Mais, indéniablement, l'existence si brève de cette femme étonnante - elle décédera à Londres l'année suivante, à l'âge 34 ans, des suites de la tuberculose et, plus encore, des mauvais traitements qu'elle infligeait à son corps : elle avait décidé de ne rien manger de plus que ce à quoi les tickets de rationnement de la population française donnait droit... Ne jamais se renier sur le chemin de la vérité et de la grâce. La première leçon de de cette philosophe inclassable, insaisissable et belle.
A lire, et à relire, et encore, et encore, sans doute jusqu'au seuil de la mort dont elle dit ceci : «Philosopher, c'est apprendre à mourir.»
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          322
gabylis
  25 février 2016
Conseillée par des amis, j'ai ouvert ce livre "la pesanteur et la grâce" alors que je ne connaissais pas du tout la philosophe Simone Weil (1909-1943)
Cet ouvrage se présente comme un recueil de pensées sous forme de courtes méditations classées par thèmes : l'intelligence et la grâce, la beauté, le détachement, le mal, la violence, le moi, etc…
L'ensemble témoigne d'une exceptionnelle profondeur, d'un esprit entièrement tourné vers la recherche de la vérité, sans compromis, terriblement exigeant, tourmenté aussi parfois, mais toujours d'une grande justesse et pertinence.
A méditer, plus qu'à lire d'une traite.
Un livre auquel revenir régulièrement pour y piocher nourriture, réflexions habitées, sens de l'homme et du mystère.
Une très belle découverte !
Commenter  J’apprécie          241
frconstant
  13 décembre 2016
« La Pesanteur et la Grâce », quel merveilleux titre pour ce recueil de pensées de Simone Weil !
Edité pour la première fois chez Plon en 1947, son titre est joli, sa compréhension moins aisée. Il en faut, des pages et des pages pour cerner ces deux notions de Pesanteur et Grâce. D'autant que cette publication est posthume. Simone Weil, décédée en 1943, a laissé derrière elle une série de notes, de réflexions consignées dans un carnet sans mise en oeuvre littéraire, sans structuration permettant une argumentation de la pensée.
Et c'est, à mes yeux, ce qui en fait la richesse. D'abord, on se sent autoriser à ne pas tout comprendre. Que cela est confortable ! En même temps, on se sent autorisé à revenir au texte pour le réfléchir, l'apprivoiser, le méditer … et là, encore, à ne pas nécessairement tout comprendre et tout maîtriser. Voilà bien une approche, loin de l'immédiateté, qui devrait interpeller notre temps, celui de ceux qui nous ont précédés, celui des suivants. Une interpellation du temps universel !
Un peu à la manière des peintres pointillistes dont chaque coup de pinceau n'est en soi guère significatif, l'ensemble offre une image assez nette de la pensée de l'auteur. Ce livre est, plus que probablement, une bonne introduction à l'oeuvre entière de Simone WEIL, à la cohérence et l'effacement de sa vie, à la profondeur de ses réflexions et à son humilité. Elle participa activement à bien des combats, sous des bannières tellement opposées, mais sans jamais faire allégeance aux doctrines des extrêmes. Par ses réflexions consignées sans artifices dans ses carnets et sa manière de se mettre toujours du côté de l'être en souffrance, elle nous invite à un chemin de vie, à un absolu.
Peu importe que nous y arrivions ou non … Prendre le chemin de la rigueur, de la réflexion, de la recherche de la Grâce en pleine connaissance de la Pesanteur, voilà la route !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
PatrickCasimir
  13 juillet 2018

La Pesanteur et la Grâce est une méditation de Simone Weil sur la misère de l'être humain soumis au Bien et au Mal mêlés, c'est-à-dire à la pesanteur qui freine l'élan de l'âme vers le Ciel. La grâce, seule, la libère et lui ouvre les portes de l'Amour divin. Comment parler de ce recueil de pensées disparates en apparence ? Qu'en ai-je retenu et surtout en ai-je bien compris le sens ?
S. W. est une sorte de météore, à l'âme incandescente, qui au cours de sa très brève existence, (elle n'a vécu que 34 ans) a voulu comprendre l'Absolu. Comment accéder à l'Amour divin, à la Pureté vraie, à la Justice authentique, à la Beauté sans mélange ? Pourquoi la Souffrance ? Comment peut-elle nous faire grandir ? N'est-elle pas nécessaire ? Quelle est notre responsabilité dans ce Mal qui ronge le Monde, et qui pourtant semble relever de la Nécessité ? Comment accède-t-on à Dieu ? Par la Croix ? Pourquoi doit-il demeurer un Dieu absent ?
S. W. désoriente souvent dans cette quête de Vérité, de spiritualité absolue. Elle incarne un mysticisme intransigeant, mysticisme qui se tient éloigné du « Dieu lourd », du « Dieu de tribu des Hébreux » pour lui préférer la Croix dont le sacrifice qu'elle symbolise lui apparaît plus universel, plus propre à embrasser l'Humanité tout entière dans cet Amour divin vers lequel la grâce doit la conduire.
La quête de S. W. trouve ses racines dans l'enfance ; en effet, la petite fille manifeste déjà de la compassion à l'égard de toute souffrance, toute injustice et ce, non seulement par ses larmes, mais par des actes de partage. Jeune adulte elle conforme ses convictions ou ses intuitions spirituelles à ses actions et à sa vie pour tout dire. Elle est l'opposée des philosophes de salon, comme nous en connaissons tant.
Ainsi, cette normalienne enseignante pouvait-elle parler de la condition ouvrière pour l'avoir vécue en usines – condition qu'elle a décrite dans ses carnets, et pour avoir milité aux côtés de syndicalistes.
Ainsi se soumettait-elle volontairement aux privations par solidarité avec ceux qui souffraient des restrictions de la guerre.
Ainsi a-t-elle éprouvé le risque physique, en allant aider sur place les républicains espagnols durant la guerre civile, non sans porter un regard critique sur les cruautés des belligérants.
Ainsi, s'est-elle engagée auprès du général De Gaulle à Londres avec la volonté de se retrouver en France sur le terrain même de la Résistance. Mais cette jeune passionnée en a été privée, isolée qu'elle était au sein du groupe londonien.
En tout cas, au-delà de son action durant sa courte vie, elle a laissé des pages d'une incomparable élévation intellectuelle et spirituelle, comme la Pesanteur et la Grâce, entre autre. Il n'est pas toujours aisé d'en saisir les références souvent allusives. Par exemple, si l'on ne connaît pas Platon on ignore ce qu'est le Metaxu, de même, le discours d'Eupalinos renvoie à un texte de Paul Valéry sur cet architecte de Samos, Arnolphe et Agnès nous sont plus familiers, y compris certaines citations de la Bible, etc.
Les pensées de S. W. sont donc parsemées de raccourcis dont le sens paraît si évident à l'auteure qu'elle ne prend pas toujours la peine de développer pour la plus grande perplexité du lecteur non initié.
Les babéliens ont posté de nombreuses citations de la Pesanteur et la Grâce, il n'y a donc pas lieu d'en rajouter. Mais une telle lecture lave l'âme. Pat.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Piling
  03 décembre 2009
La création est un acte d'amour et elle est perpétuelle. À chaque instant notre existence est amour de Dieu pour nous. Son amour pour nous est amour pour soi à travers nous. Ainsi, lui qui nous donne l'être, il aime en nous le consentement à ne pas être.
Notre existence n'est que de son attente, de notre consentement à ne pas exister.
Perpétuellement il mendie auprès de nous cette existence qu'il nous donne. Il nous la donne pour nous la mendier.
La Pesanteur et la grâce, Simone Weil.
Ce n'est du tout une idée nouvelle, évidemment, que Dieu, dans sa perfection, ne peut aimer que lui-même. C'est Avicenne qui l'a émise le premier, s'inspirant sans doute de l'affirmation d'Aristote selon laquelle Dieu pense et ne peut penser qu'un objet aussi élevé que lui. de même qui Dieu peut trouver plus aimable que lui-même ? Avicenne ajoute qu'épris de sa propre essence, Dieu aime les créatures à mesure qu'elles se purifient de tout ce qui n'est pas lui et donc se rapprochent de son essence. Il ne nous est donc pas indifférent mais S'aime en nous :
(…)
Lien : http://vitanova.blogspot.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   20 avril 2017
C'est une faute que de désirer être compris avant de s'être élucidé soi-même à ses propres yeux. C'est rechercher des plaisirs dans l'amitié, et non mérités. C'est quelque chose de plus corrupteur encore que l'amour. Tu vendrais ton âme pour l'amitié.
Apprends à repousser l'amitié, ou plutôt le rêve de l'amitié. Désirer l'amitié est une grande faute.
L'amitié doit être une joie gratuite comme celle que donne l'art, ou la vie. Il faut la refuser pour être digne de la recevoir : elle est de l'ordre de la grâce («Mon Dieu, éloignez-vous de moi...»). Elle est de ces choses qui sont données par surcroît. Tout rêve d'amitié mérite d'être brisé. Ce n'est pas par hasard que tu n'as jamais été aimée... Désirer échapper à la solitude est une lâcheté. L'amitié ne se recherche pas, ne se rêve pas, ne se désire pas ; elle s'exerce (c'est une vertu). Abolir toute cette marge de sentiment, impure et trouble. Schluss !
Ou plutôt (car il ne faut pas élaguer en soi avec trop de rigueur), tout ce qui, dans l'amitié, ne passe pas en échange effectifs doit passer en pensées réfléchies. Il est bien inutile de se passer de la vertu inspiratrice de l'amitié. Ce qui doit être sévèrement interdit, c'est de rêver aux jouissances du sentiment. C'est de la corruption. Et c'est aussi bête que de rêver à la musique ou à la peinture. L'amitié ne se laisse pas détacher de la réalité, pas plus que le beau. Elle constitue le miracle, comme le beau. À vingt-cinq ans, il est largement temps d'en finir radicalement avec l'adolescence...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
PilingPiling   07 décembre 2009
Cas de contradictoires vrais. Dieu existe, Dieu n'existe pas. Où est le problème ? Je suis tout à fait sûre qu'il y a un Dieu, en ce sens que je suis tout à fait sûre que mon amour n'est pas illusoire. Je suis tout à fait sûre qu'il n'y a pas de Dieu, en ce sens que je suis tout à fait sûre que rien de réel ne ressemble à ce que je peux concevoir quand je prononce ce nom. Mais cela que je ne puis concevoir n'est pas une illusion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          201
blanchenoirblanchenoir   26 septembre 2013
Pour ceux dont le je est mort, on ne peut rien faire, absolument rien. Mais on ne sait jamais si, chez un humain déterminé, le je est tout à fait mort, ou seulement inanimé. S'il n'est pas tout à fait mort, l'amour peut le ranimer comme par une piqûre, mais seulement l'amour tout à fait pur, sans la moindre trace de condescendance, car la moindre nuance de mépris précipite vers la mort.
Commenter  J’apprécie          190
nadejdanadejda   30 décembre 2010
En toutes choses, seul ce qui vient du dehors, gratuitement, par surprise, comme un don du sort, sans que nous l'ayons cherché est joie pure. Parallèlement le bien réel ne peut venir que du dehors, jamais de notre effort.
Nous ne pouvons en aucun cas fabriquer quelque chose qui soit meilleur que nous.
Ainsi l'effort tendu véritablement vers le bien ne doit pas aboutir ; c'est après une tension longue et stérile qui se termine en désespoir, quand on n'attend plus rien, que du dehors, merveilleuse surprise vient le don. Cet effort a été destructeur d'une partie de la fausse plénitude qui est en nous ; le vide divin plus plein que la plénitude, est venu s'installer en nous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
enkidu_enkidu_   29 juin 2017
Les Juifs, cette poignée de déracinés a causé le déracinement de tout le globe terrestre. Leur part dans le christianisme a fait de la chrétienté une chose déracinée par rapport à son propre passé. La tentative de réenracinement de la Renaissance a échoué parce qu'elle était d'orientation antichrétienne. La tendance des « lumières », 1789, la laïcité, etc., ont accru encore infiniment le déracinement par le mensonge du progrès. Et l'Europe déracinée a déraciné le reste du monde par la conquête coloniale. Le capitalisme, le totalitarisme font partie de cette progression dans le déracinement ; les antisémites, naturellement, propagent l'influence juive. Mais avant qu'ils déracinent par le poison, l'Assyrie en Orient, Rome en Occident avaient déraciné par le glaive.

Le christianisme primitif a fabriqué le poison de la notion de progrès par l'idée de la pédagogie divine formant les hommes pour les rendre capables de recevoir le message du Christ. Cela s'accordait avec l'espoir de la conversion universelle des nations et de la fin du monde comme phénomènes imminents. Mais aucun des deux ne s'étant produit, au bout de dix-sept siècles on a prolongé cette notion de progrès au-delà du moment de la Révélation chrétienne. Dès lors elle devait se retourner contre le christianisme.

Les autres poisons mélangés à la vérité du christianisme sont d'origine juive. Celui-là est spécifiquement chrétien.

La métaphore de la pédagogie divine dissout la destinée individuelle, qui seule compte pour le salut, dans celle des peuples. Le christianisme a voulu chercher une harmonie dans l'histoire.

C'est le germe de Hegel et de Marx. La notion d'histoire comme continuité dirigée est chrétienne.

Il me semble qu'il y a peu d'idées plus complètement fausses. Chercher l'harmonie dans le devenir, dans ce qui est le contraire de l'éternité. Mauvaise union des contraires. (pp. 190-191)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Simone Weil (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone Weil
Il y a dix ans, Aimé Césaire nous quittait. La Grande Librairie rend hommage au poète disparu en compagnie de Christiane Taubira, sa plus illustre admiratrice. L?ancienne garde des Sceaux évoque sa passion des livres et des auteurs, d?Aimé Césaire à René Char en passant par Simone Weil. Après son manifeste « Murmures à la jeunesse », en 2016, elle publie « Baroque sarabande », aux éditions Philippe Rey, une véritable ode à la littérature. Elle est rejointe par l'écrivain Gaël Faye.
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

la philosophe Simone Weil

S. W a été professeur de :

français
philosophie
mathématiques
histoire-géographie

10 questions
100 lecteurs ont répondu
Thème : Simone WeilCréer un quiz sur ce livre