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Michel Le Guern (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070316250
768 pages
Gallimard (23/09/2004)
  Existe en édition audio
3.79/5   918 notes
Résumé :
"L'homme est un roseau pensant": cette célèbre pensée ne constitue qu'un des quelque huit cents fragments que comptent les Pensées, qui composent l'un des textes fondateurs de la pensée moderne. Destinées à l'origine à convaincre les libertins de la nécessité de croire en Dieu, ces pensées, telles que nous les lisons, forment un texte qui dépasse largement la simple apologie de la religion chrétienne et qui s'adresse à un public très large, puisque son principal suj... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
3,79

sur 918 notes

Gwen21
  22 février 2014
Pascal fut d'abord pour moi un sujet de fascination quand j'appris qu'à 19 ans, au milieu du XVIIème siècle, il avait inventé la "pascaline", l'ancêtre de la calculatrice. Cette prouesse tant intellectuelle que mécanique mérite bien notre considération. Puis, très rapidement après cette découverte - car n'étant pas matheuse pour un sou mon intérêt s'est davantage porté sur ses "Pensées" -, il devint un sujet d'admiration.
J'ai fait partie d'une des nombreuses promotions de bacheliers à avoir dû disséquer Pascal et Montesquieu, ce qui, en ce qui me concerne, constitua ma première approche, un de la philosophie, deux de la politique.
Revenons-en aux "Pensées" les bien-nommées car, ce qui chez d'autres se serait appelé "Théories" ou "Doctrines", s'est révélé pour moi d'un abord très accessible et d'une compréhension aisée. Parce qu'elles sont centrées sur l'homme et la foi chrétienne et tendent notamment à démontrer que l'homme a fondamentalement besoin de la grâce divine pour accéder au "souverain bien " (le bonheur), elles ont résonné en moi comme le juste écho de mes propres convictions. Cependant, je conçois tout à fait que pour un lectorat athée, cette somme de réflexions philosophiques puisse être interprétée très différemment.
De cette oeuvre posthume très riche, j'ai particulièrement été impressionnée par la justesse de l'analyse du "présent introuvable" qui dénonce dans la nature de l'homme la propension de l'individu à se raccrocher systématiquement au passé et au futur sans pouvoir jouir du présent. L'homme, accaparé par hier et perpétuellement angoissé par demain, ne parvient pas à être heureux aujourd'hui. Ce constat me semble hélas encore parfaitement vérifiable aujourd'hui ; les penseurs ont eu beau prévenir l'homme contre cette disposition d'esprit, il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
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candlemas
  11 février 2018
J'ignore s'il mérite la béatification, comme le projette le pape François, mais il est certains que Blaise Pascal a bercé en héros historique mon enfance, au même titre que Vercingétorix, tous deux étant héros auvergnats.
Ce qui est certain, c'est que Pascal étonne par ses pensées universelles et profondes à la fois : comme Léonard de Vinci, il fut un génie humaniste de son temps, s'intéressant aussi bien à la physique, aux mathématiques, qu'à la philosophie et à la théologie.
Ses Pensées, empreintes de philosophie janséniste, sont cependant aussi celles d'un scientifique et d'un homme libre, qui doute de tout, et dont l'humilité et l'intelligence le poussent à défendre sa foi chrétienne avec une grande éloquence et dans un français classique remarquable, tout en invitant chacun à l'introspection personnelle et à l'esprit critique.
Que se soit dans les sciences, lorsqu'il écrit, ou lors de ses "visions" mystiques, il recherche La vérité, ce qui en fait un redoutable polémiste, au même titre que Voltaire. La lecture simultanée que je fis de ses Pensées avec les théories rationalistes de Descartes n'a pas manqué de donner à Pascal l'avantage : il démontre avec une grande d'esprit et de forme que, s'il est utile de mettre en doute le systèmes, pour autant les vérités premières ne peuvent être déduites de l'empirisme philosophique.
Bref, Les Pensées, publiées à titre posthume en raison de sa port prématurée, sont , de mon point de vue, et qu'on soit chrétien ou non, une des rares apologies intelligentes de la pensée chrétienne et de la foi religieuse en général.
Partant du constat de la misère des hommes, capables d'une certaine grandeur, du fait de leur capacité morale liée à la conscience, la raison et le coeur, mais piégés par leurs erreurs -ou péchés-, les apparences du monde qui nous entoure, et leur insatisfaction permanente, il conclut que les hommes ne peuvent dégager seul la vérité - le souverain bien des anciens grecs- , et, reconnaissant son humilité, ne peut que s'en remette à la foi -et donc à Dieu, chez les chrétiens-.
En ce qui concerne l'ordre social et la justice des hommes, sans en remettre en cause l'utilité, il en présente la faiblesse des fondements -consubstanciels à leur essence humaine- , reposant le plus souvent sur des usages ou sur la force, ce qui ne leur confère pas de valeur absolue au dessus de la raison de chacun.
Les Pensées demandent un réel effort de concentration, bien que divisées en maximes et écrites dans un français remarquable, mais le méritent, dans la forme comme dans le fond.
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michfred
  23 mars 2016
Une écriture superbe, puissante, ample, pleine de trouvailles formelles et d'images destinées à frapper notre imagination fragile.
Pascal est un thaumaturge et ...un grand manipulateur.
Voyons plutôt.
Le ciron, infiniment petit, et l'espace, infiniment grand, si distants l'un de l'autre et pourtant si semblables dans leur constitution qu'on ne peut que rendre les armes devant leur Créateur, si ingénieux.
L'homme perdu dans ses divertissements - la chasse,le jeu, les femmes- qui s'en étourdit pour oublier qu'il ne peut, sans malaise existentiel, demeurer seul dans une chambre..
Pauvre homme, incapable de vivre le présent, qui est le seul temps qui soit à sa portée, le passé échappant à sa prise, et le futur étant entre les mains de Dieu, son créateur..
Car c'est pour ses amis athées et libertins que Pascal, joueur et libertin lui-même, mais frappé en une nuit par la fulgurance de la grâce et converti au jansénisme des graves Messieurs de Port-Royal, écrivit ces Pensées..
Pour les convaincre, certes: c'étaient tous des scientifiques, des fortes têtes, mais des têtes bien faites.
Il s'adresse donc à leur raison, à leur sens mathématique -est-il rien qui se rapproche plus des lois de la probabilité que le cynique texte sur le pari?-
Mais pas que.
Il fallait aussi frapper leur imagination, les atteindre au cœur, les mettre à genoux: les persuader .
Et c'est là que Pascal est à la fois magnifique et, à mon sens, machiavélique.
J'ai lu et j'ai frémi, moi l'athée.
J'ai aimé voir les fragments de ces Pensées, les bribes du livre en train de se constituer- Pascal est mort si jeune qu'il n'a pu mettre en forme ni mener à son terme ce projet ambitieux, dont nous avons le dessein, les grandes lignes, les principaux arguments, sous la forme de ces "liasses" attachées ensemble, par thème, par destination à telle ou telle partie du grand œuvre...
Mais je n'ai pas été séduite, encore moins convaincue.
D'abord parce que la forme même du fragment éparpille la force du propos. Il faut du liant dans un livre aussi ouvertement argumentatif.
Ensuite parce que je subodore quelque mauvaise foi à parler de la foi dans un tel déploiement tous azimuts de l'argumentaire...

Je préfère dix fois, vingt fois, cent fois, à celle de Pascal la compagnie de Montaigne, modeste et familier, qui sait vous convaincre en douceur, sans effet de manches, avec une solide argumentation tirée de sa culture et de sa logique, mais aussi de sa fréquentation des hommes, à commencer par ...la sienne propre qu'il ne craint pas de mettre sur la sellette.
Pascal c'est le grand avocat d'assise, qui vous étourdit du haut de sa chaire, avec le vol de corbeau de ses manches noires et l'éclair de son jabot d'hermine, le temps d'une audience et d'une condamnation à mort...
Montaigne c'est la conversation au long cours avec un vieil ami retrouvé de loin en loin, toujours proche, toujours sincère -une conversation reprise, amendée, corrigée, tout au long d'une vie, avec ses errements et ses doutes, ses atermoiements et ses certitudes, ses peurs et ses joies, et qui vous laisse toujours libre d'acquiescer ou de débattre.
Pour moi, Pascal est brillant, Montaigne est convaincant.
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aouatef79
  01 janvier 2022
Pascal est un génie précoce. Dès son très jeune âge, il s'est avéré mathématicien puisqu 'il a mis au point une machine à calculer. Il est aussi un physicien et il a laissé des études sur ce sujet. Pascal me rappelle mes études au lycée . Il est aussi philosophe et s'est intéressé à la religion et pris une position sur l'existence de Dieu : il a fait un pari que Dieu existe bel et bien ! car il voulait convaincre les libertins de l'époque qu'en niant l' existence du Créateur, ils se trompaient de chemin.
Les pensées est un ensemble de fragments, d' ébauches et de divers écrits relatifs à la religion.
Comme hommage, on lui a dédié une unité de mesure de la pression : le pascal : Pa
Pascal, un grand savant, un philosophe, il a bien marqué son époque .
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Spy_ke
  17 juillet 2020
J'ai lu les fragments du livre (Les) Pensées de Blaise Pascal, il y a des années maintenant. Ce livre est toujours à sa place et je sais que je peux puiser dedans quand je le désire. Je l'ai donc enfin fait. Je n'ai pas tout lu et ce n'est pas le but, mais trois thèmes m'ont profondément marqué à l'époque et me marquent encore aujourd'hui, lorsque je relis ces extraits.

Blaise Pascal, génie universel de nombreux domaines, tend dans ce livre à convertir les incroyants, à la religion chrétienne. En effet, ce livre (non achevé) comprend des fragments d'un livre plus vaste intitulé : Apologie de la religion chrétienne. B. Pascal nous engage, à partir de nous pour arriver à Dieu (Dieu étant tout ce qui nous entoure). Loin de vouloir (‘trop') convertir (du moins dans la toute première moitié du livre), il apporte à mon sens un regard nouveau, décentré sur la condition humaine.
Pouvant rebuter certains, j'ai trouvé admirablement bien écrit certains passages, au début du livre notamment. À ce titre, trois points de son analyse me semblent fondamentaux :
- le divertissement : L'être humain se divertit pour chasser sa solitude. Il est davantage stimulé par la recherche de ce divertissement (jeux, femme, homme, chasse...) que par le divertissement lui-même. En effet, donnons-lui l'argent, les femmes, les hommes, servons-lui les gibiers qu'il n'en serait pas heureux. Cette recherche du bonheur étant inaccessible : on est toujours plus attiré par quelque chose que l'on n'a pas ou que l'on ne peut posséder, et si jamais on l'obtient, on se lasse de l'avoir eu, et on recherche autre chose. le processus est donc aussi important, si ce n'est davantage, que la finalité recherchée. Cette difficulté de penser à soi peut se résumer ainsi : "Ils s'imaginent que s'ils avaient obtenu cette charge ils se reposeraient ensuite avec plaisir et ne sentent pas la nature insatiable de la cupidité". le mot est très bien choisi "insatiable'". C'est cette insatiabilité qui nous empêcherait d'être heureux.
- La vanité : l'être humain se situe entre deux temps (le passé et le futur) avec des difficultés d'être au temps présent. Ainsi, si ce dernier ne nous plaît guère, nous attendons l'après, impatient du futur, et lorsqu'il nous est agréable nous y pensons, plongés dans le passé. Il est difficile d'être au temps présent, de le saisir, et à ce titre il semble difficile d'être heureux : "Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais". À ce sujet B.Pascal, en janvier 1657 écrit à Mlle de Roannez ces lignes résumant en tout point cette pensée : "Cependant le monde est si inquiet qu'on ne pense presque jamais à la vie présente et à l'instant où l'on vit, mais à celui où l'on vivra. de sorte qu'on est toujours dans un état de vivre à l'avenir, et jamais de vivre maintenant".
- La disproportion de l'Homme : on ne peut tout voir (ce qui est trop petit, ce qui est trop grand, ce qui est trop loin, ce qui est trop prêt). À ce titre pour B.Pascal Dieu est partout, car Dieu est ce qui nous entoure : la nature. En prenant conscience de son environnement, l'être humain prend conscience de tout ce qui l'entoure et de ce qui a été créé. Outre ce rapport à Dieu, ce qui m'a intéressé c'est particulièrement le fait que l'Homme ne peut ni accéder aux extrêmes ni les comprendre : "Trop de bruit nous assourdit, trop de lumière éblouit, trop de distance et trop de proximité empêchent la vue. Trop de longueurs et trop de brièveté de discours l'obscurcit, trop de vérité nous étonne. [...] Trop de plaisir incommode, trop de consonances déplaisent dans la musique et trop de bienfaits irritent".
Pour conclure sur ces trois points que sont l'accès au bonheur et donc à soi, la conscience du moment présent et la prise en compte de la nature, selon B. Pascal l'Homme a besoin de Dieu. C'est à ce sujet que nos avis divergent, mais cela ne retire en rien les observations et réflexions de l'auteur qui sont à mon sens d'une justesse incroyable.
Presque 400ans nous séparent de ces idées, mais elles sont tellement d'actualité et interpellent. Cela ne m'étonnerait pas que ces réflexions réapparaissent dans les années à venir, si ce n'est déjà le cas.
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Citations et extraits (423) Voir plus Ajouter une citation
palamede
palamede  
La vanité est si ancrée dans le cœur de l’homme, qu’un goujat, un marmiton, un crocheteur se vante, et veut avoir ses admirateurs. Et les Philosophes mêmes en veulent. Ceux qui écrivent contre la gloire, veulent avoir la gloire d’avoir bien écrit ; et ceux qui le lisent, veulent avoir la gloire de l’avoir lu ; et moi qui écris ceci, j’ai peut-être cette envie ; et peut être que ceux qui le liront l’auront aussi.

(Extrait de Vanité de l’homme)
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Lorraine47
Lorraine47  
Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et de notre propre être: nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître. Nous travaillons incessamment à embellir et conserver notre être imaginaire et négligeons le véritable. Et si nous avons ou la tranquillité, ou la générosité, ou la fidélité, nous nous empressons de le faire savoir, afin d'attacher ces vertus-là à notre autre être, et les détacherions plutôt de nous pour les joindre à l'autre; nous serions de bon coeur poltrons pour acquérir la réputation d'être vaillants.
Misère de l'Homme sans Dieu 147 - 806
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adilosa
adilosa  
"Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l’ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz vous ; car en agissant comme nous faisons obligeamment pour tout lemonde, on n’a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, parce qu’il est injuste, et qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu’ils se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il le veut asservir ; car chaque moi est l’ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice ; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice : vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi ; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu’aux injustes."
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Lorraine47
Lorraine47  
Car enfin, qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti.
72 -199 Misère de l'Homme sans Dieu
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palamede
palamede  
L’homme est visiblement fait pour penser. C’est toute sa dignité et tout son mérite ; et tout son devoir est de penser comme il faut. Or l’ordre de la pensée est de commencer par soi, et par son auteur et sa fin.
Or à quoi pense le monde ? Jamais à cela, mais à danser, à jouer du luth, à chanter, à faire des vers, à courir la bague etc. et à se battre, à se faire roi, sans penser à ce qu’être roi et qu’être homme.

(Papiers non classés, 620-146).
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Vidéo de Blaise Pascal
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/christine-orban-soumise-53563.html Rien de prémédité dans le parcours littéraire de Christine Orban mais une envie d'extérioriser, de dire les choses, d'exister, elle qui a toujours gardé une certaine retenue, une timidité certaine. Pour elle qui se reconnait tellement dans le personnage de Virginia Woolf, nul doute que l'écriture a été une façon de s'ouvrir au monde,
Elle se rêvait psychanalyste, son père l'emmène vers des études de droit. Mais finalement, en 1986, quitte ou double, Christine Orban décide que sa vie s'articulera désormais autour de l'écriture. Sort, avec succès, son premier roman, « Les petites filles ne meurent jamais » qui lui ouvre les portes du monde littéraire.
Les titres s'enchainent dans lesquels elle raconte les femmes, leur fragilité, leur combat, leurs doutes, leurs enthousiasmes. « J'étais l'origine du monde », « Deux fois par semaines », « Fringues » ou encore « Mélancolie du
dimanche », un titre qui lui ressemble tant Christine Orban cultive ce vague à l'âme mêlé de rêverie.
Citons aussi « le pays de l'absence » ou le très joli « N'oublie pas d'être heureuse » dans lequels elle se dévoile.
Mais la romancière sait aussi être essayiste, racontant avec la fluidité de sa plume les destins de femmes célèbres telles Joséphine de Beauharnais ou Marie-Antoinette.
Dans ce dernier livre de Christine Orban, « Soumise » qui vient de paraitre chez Albin Michel, elle nous propose un nouveau portrait de femme. Mais loin des fastes d'une cour, qu'elle soit impériale ou royale, il s'agit cette fois-ci d'une femme qui fit tout pour se cacher du monde, s'éloignant de toute vanité. Voici Jacqueline Pascal, la soeur de Blaise.
2023 marque le 400ème anniversaire de la naissance du génial Blaise Pascal.
A la lecture du livre, on découvre que le fameux philosophe et physicien n'aurait pas eu le même parcours sans sa soeur, Jacqueline. Elevés dans un foyer aimant, les deux enfants restèrent fusionnels toute leur vie. Très tôt, Jacqueline développa un réel talent d'écriture, notamment en poésie, récitant même devant la reine de France, Anne d'Autriche, et le cardinal de Richelieu. C'est pourtant vers la religion qu'elle va se tourner, rejoignant Port Royal et les enseignements jansénistes, devenant soeur Sainte Euphémie. Pourquoi ce choix ? Et si finalement, au-delà de son amour de Dieu, cette entrée dans les ordres était une façon de trouver enfin son autonomie, de s'affranchir de ce frère à l'amour étouffant.
Si le livre est une plongée dans ce grand siècle de Louis XIV, avec la sensibilité et l'élégance de sa plume, Christine Orban nous raconte surtout le destin d'une femme à la modernité incroyable, cherchant à être elle-même dans une époque où la condition féminine n'avait que peu de reconnaissance.
« Soumise » le nouveau livre de Christine Orban est publié chez Albin Michel.
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