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Michel Le Guern (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070316254
Éditeur : Gallimard (23/09/2004)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.74/5 (sur 585 notes)
Résumé :
"L'homme est un roseau pensant": cette célèbre pensée ne constitue qu'un des quelque huit cents fragments que comptent les Pensées, qui composent l'un des textes fondateurs de la pensée moderne. Destinées à l'origine à convaincre les libertins de la nécessité de croire en Dieu, ces pensées, telles que nous les lisons, forment un texte qui dépasse largement la simple apologie de la religion chrétienne et qui s'adresse à un public très large, puisque son principal suj... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  22 février 2014
Pascal fut d'abord pour moi un sujet de fascination quand j'appris qu'à 19 ans, au milieu du XVIIème siècle, il avait inventé la "pascaline", l'ancêtre de la calculatrice. Cette prouesse tant intellectuelle que mécanique mérite bien notre considération. Puis, très rapidement après cette découverte - car n'étant pas matheuse pour un sou mon intérêt s'est davantage porté sur ses "Pensées" -, il devint un sujet d'admiration.
J'ai fait partie d'une des nombreuses promotions de bacheliers à avoir dû disséquer Pascal et Montesquieu, ce qui, en ce qui me concerne, constitua ma première approche, un de la philosophie, deux de la politique.
Revenons-en aux "Pensées" les bien-nommées car, ce qui chez d'autres se serait appelé "Théories" ou "Doctrines", s'est révélé pour moi d'un abord très accessible et d'une compréhension aisée. Parce qu'elles sont centrées sur l'homme et la foi chrétienne et tendent notamment à démontrer que l'homme a fondamentalement besoin de la grâce divine pour accéder au "souverain bien " (le bonheur), elles ont résonné en moi comme le juste écho de mes propres convictions. Cependant, je conçois tout à fait que pour un lectorat athée, cette somme de réflexions philosophiques puisse être interprétée très différemment.
De cette oeuvre posthume très riche, j'ai particulièrement été impressionnée par la justesse de l'analyse du "présent introuvable" qui dénonce dans la nature de l'homme la propension de l'individu à se raccrocher systématiquement au passé et au futur sans pouvoir jouir du présent. L'homme, accaparé par hier et perpétuellement angoissé par demain, ne parvient pas à être heureux aujourd'hui. Ce constat me semble hélas encore parfaitement vérifiable aujourd'hui ; les penseurs ont eu beau prévenir l'homme contre cette disposition d'esprit, il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
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michfred
  23 mars 2016
Une écriture superbe, puissante, ample, pleine de trouvailles formelles et d'images destinées à frapper notre imagination fragile.
Pascal est un thaumaturge et ...un grand manipulateur.
Voyons plutôt.
Le ciron, infiniment petit, et l'espace, infiniment grand, si distants l'un de l'autre et pourtant si semblables dans leur constitution qu'on ne peut que rendre les armes devant leur Créateur, si ingénieux.
L'homme perdu dans ses divertissements - la chasse,le jeu, les femmes- qui s'en étourdit pour oublier qu'il ne peut, sans malaise existentiel, demeurer seul dans une chambre..
Pauvre homme, incapable de vivre le présent, qui est le seul temps qui soit à sa portée, le passé échappant à sa prise, et le futur étant entre les mains de Dieu, son créateur..
Car c'est pour ses amis athées et libertins que Pascal, joueur et libertin lui-même, mais frappé en une nuit par la fulgurance de la grâce et converti au jansénisme des graves Messieurs de Port-Royal, écrivit ces Pensées..
Pour les convaincre, certes: c'étaient tous des scientifiques, des fortes têtes, mais des têtes bien faites.
Il s'adresse donc à leur raison, à leur sens mathématique -est-il rien qui se rapproche plus des lois de la probabilité que le cynique texte sur le pari?-
Mais pas que.
Il fallait aussi frapper leur imagination, les atteindre au cœur, les mettre à genoux: les persuader .
Et c'est là que Pascal est à la fois magnifique et, à mon sens, machiavélique.
J'ai lu et j'ai frémi, moi l'athée.
J'ai aimé voir les fragments de ces Pensées, les bribes du livre en train de se constituer- Pascal est mort si jeune qu'il n'a pu mettre en forme ni mener à son terme ce projet ambitieux, dont nous avons le dessein, les grandes lignes, les principaux arguments, sous la forme de ces "liasses" attachées ensemble, par thème, par destination à telle ou telle partie du grand œuvre...
Mais je n'ai pas été séduite, encore moins convaincue.
D'abord parce que la forme même du fragment éparpille la force du propos. Il faut du liant dans un livre aussi ouvertement argumentatif.
Ensuite parce que je subodore quelque mauvaise foi à parler de la foi dans un tel déploiement tous azimuts de l'argumentaire...

Je préfère dix fois, vingt fois, cent fois, à celle de Pascal la compagnie de Montaigne, modeste et familier, qui sait vous convaincre en douceur, sans effet de manches, avec une solide argumentation tirée de sa culture et de sa logique, mais aussi de sa fréquentation des hommes, à commencer par ...la sienne propre qu'il ne craint pas de mettre sur la sellette.
Pascal c'est le grand avocat d'assise, qui vous étourdit du haut de sa chaire, avec le vol de corbeau de ses manches noires et l'éclair de son jabot d'hermine, le temps d'une audience et d'une condamnation à mort...
Montaigne c'est la conversation au long cours avec un vieil ami retrouvé de loin en loin, toujours proche, toujours sincère -une conversation reprise, amendée, corrigée, tout au long d'une vie, avec ses errements et ses doutes, ses atermoiements et ses certitudes, ses peurs et ses joies, et qui vous laisse toujours libre d'acquiescer ou de débattre.
Pour moi, Pascal est brillant, Montaigne est convaincant.
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Lazlo23
  16 décembre 2015
Au départ il y eut Adam, dont la chute sépara l'homme de son créateur. Puis vint le Christ, par qui le contact fut rétabli, mais sous certaines conditions, et pas pour tout le monde. Car ce Dieu que recherche éperdument l'homme Pascalien est tout sauf démocratique ; il se mérite, au prix d'une véritable ascèse et d'une quête spirituelle permanente, menée comme à tâtons, dans un monde obscurci par la faute originelle – monde où Dieu se cache et où ses manifestations sont souvent décevantes, presque toujours ambiguës. Mais la complexité ne s'arrête pas là : chassé du Paradis terrestre, l'homme a lui aussi été gagné par la corruption universelle, d'où sa double nature d'ange et de bête.
Comment dès lors réussir à dire un Dieu à la fois caché et présent et un homme tour à tour sublime et misérable ? En élaborant une pensée non binaire, sans cesse en mouvement, où chaque vérité doit être envisagée en même temps que son contraire et où la religion elle-même est qualifiée de « sage » et de « folle » : « À la fin de toute vérité, dit Pascal, il faut ajouter qu'on se souvient de la vérité opposée. »
Le résultat est un livre d'une beauté extraordinaire, dont la forme fragmentaire et inachevée donne constamment l'impression d'assister au travail d'un génie. Nombre de ces pensées sont d'une incroyable modernité, comme celle-ci, que Rousseau n'aurait certainement reniée : « Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants ; c'est là ma place au soleil. » Voilà le commencement et l'image de l'usurpation de toute la terre. »
Pour être totalement honnête, il faut dire aussi que certains passages font montre d'un sectarisme religieux auquel il est difficile d'adhérer, même avec la meilleure volonté du monde. Mais à la différence de ceux qui veulent imposer leur foi à grands coup de mitraillette, Pascal cherche lui à convaincre au moyen de la raison – une raison qu'il lui arrive d'ailleurs de malmener allègrement, comme ici : « Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou par un autre tour de folie, de n'être pas fou. »
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chartel
  07 décembre 2007
Cela faisait pas mal de temps que ce célèbre livre hantait mon esprit, et c'est parce que le Magazine Littéraire a sorti un numéro consacré à Pascal que j'ai enfin fait le pas et me suis lancé dans la lecture de ce recueil fragmenté (l'édition Sellier qui suit l'ordre de la seconde copie). J'ai tout d'abord été irrité par le fanatisme de cet homme. Il m'est apparu complètement aveuglé par sa foi et sa dévotion religieuse. Il en ressortait un sentiment amer d'oeuvre pompeuse et moralisatrice. Et puis, même si ce sentiment ne s'est pas effacé totalement, surtout lorsque l'auteur s'acharne à disséquer les livres saints et à citer des passages appuyant ses thèses ou contredisant ses détracteurs, j'ai découvert un homme profondément désespéré. Désespéré par le sentiment du vide existentiel et par le profond aveuglement de l'Humanité. Blaise Pascal nous éblouit par son sens de la rhétorique, par ses aphorismes subtils, évidents et tranchants. La forme même de l'oeuvre, parcellaire, peut se lire tout d'un trait, pour observer la construction d'une pensée et d'une argumentation, et de manière ponctuelle, comme lorsque l'on souhaite entendre le son poétique des mots. Blaise Pascal est un vrai poète. Il a peut être influencé certains auteurs célèbres (Nietzsche, Char), qui ont employé cette forme courte et lacunaire, mais terriblement foudroyante. Lire Pascal aujourd'hui permet également de mettre en évidence les travers de notre société : boulimie consommatrice qu'il mettait en exergue lorsqu'il évoquait les subterfuges du divertissement et autodestruction programmée par un système social brandissant comme étendard la valeur de la concurrence et du paraître qu'il fustigeât à travers sa dénonciation des ravages du péché d'orgueil.
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Cularo
  27 avril 2013
Saisissant à mon sens le chef d'oeuvre du 17em siècle!
Ce livre a été mon premier coup de foudre littéraire alors que j'étais au lycée;
Le génie de Pascal,son art de la persuasion et la beauté de sa plume font qu'au
lendemain de cette lecture j'ai failli me réveiller chrétienne.Mais surtout ses pensées
sur la condition humaine,la mort,le pari,le divertissement,la justice m'ont profondément
métamorphosées;j'avais perdu une partie de mon innocence mais avec le ravissement
d'un coeur heureux séduit par une rencontre inoubliable.
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Citations et extraits (198) Voir plus Ajouter une citation
frandjfrandj   17 janvier 2018
(199-72) Tout le monde visible n’est qu’un trait imperceptible dans l’ample sein de la nature. Nulle idée n’en approche, nous n’enfantons que des atomes au prix de la réalité des choses. C’est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Enfin, c’est le plus grand caractère sensible de la toute-puissance de Dieu que notre imagination se perde dans cette pensée.
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frandjfrandj   17 janvier 2018
(44-82) Le plus grand philosophe du monde sur une planche plus grande qu’il ne faut, s’il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n’en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer.
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frandjfrandj   17 janvier 2018
(480-590) Pour les religions, il faut être sincère: vrais païens, vrais juifs, vrais chrétiens.
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DLNDLN   16 janvier 2018
Qu'est-ce que le moi ?
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adilosaadilosa   15 septembre 2013
"Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l’ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz vous ; car en agissant comme nous faisons obligeamment pour tout lemonde, on n’a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, parce qu’il est injuste, et qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu’ils se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il le veut asservir ; car chaque moi est l’ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice ; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice : vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi ; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu’aux injustes."
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Videos de Blaise Pascal (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Blaise Pascal
Une vie, une œuvre : Blaise Pascal, philosophe français (1623-1662)
Par Christine Lecerf et Jean-Claude Loiseau. Émission diffusée sur France Culture le 19.19.2010. ------------------------------------------------------------------------------- Intervenants : - Marianne Alphant. Auteure de "Pascal, tombeau pour un ordre", Hachette Littératures. - Jean-Pierre Clero. Auteur de "Pascal, figures de l'imagination", PUF. - Dominique Descotes. Auteur de "Pascal, littérature et géométrie", Presses Universitaires Blaise Pascal. - Pierre Guenancia. Auteur de "Le regard de la pensée", PUF. - Philippe Sellier. Auteur de "Blaise Pascal, pensées, opuscules et lettres", Classiques Garnier. ------------------------------------------------------------------------------
Chateaubriand disait de lui qu'il était un effrayant génie. Né à Clermont, mort à Paris, à l'âge de 39 ans, il est surtout connu pour ses sombres méditations sur la misère de l'homme, son divertissement, sa stupeur devant l'infiniment petit et l'infiniment grand. Mais si Pascal a pu effectuer de telles percées dans la pensée de l'homme et de Dieu, c'est parce que le philosophe se doublait d'un prodigieux mathématicien. Capable aussi bien d'inventer la machine à calculer et les transports en commun parisiens, que de publier clandestinement l'un des best seller de son temps, Pascal était prêt à tout pour disposer l'homme à ce qu'il appelait l'ordre du cœur. Un Pascal en joie, juvénile, impatient et railleur à ses heures.
Archives : - Blaise Pascal, de Roberto Rosselini. - Ma nuit chez Maud, d'Eric Rohmer. - Fragments of grace, de Vincent Dieute.
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>Religion>Christianisme, Théologie chrétienne>Apologétique et polémique (11)
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