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ISBN : 2207257444
Éditeur : Denoël (02/02/2006)

Note moyenne : 3.04/5 (sur 70 notes)
Résumé :
A quoi ressemble l'homme idéal ? Il s'épile. Il achète des produits de beauté. Il porte des bijoux. Il rêve d'amour éternel. Il croit dur comme fer aux valeurs féminines. Il préfère le compromis à l'autorité et privilégie le dialogue, la tolérance, plutôt que la lutte. L'homme idéal est une vraie femme. Il a rendu les armes.

Le poids entre ses jambes est devenu trop lourd. Certaines féministes se sont emparées de cette vacance du pouvoir, persuadées ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
kikobaus
  18 juin 2011
Zemmour abhorre tant les valeurs féminines, supporte si peu les progrès de l'égalité des sexes que dans un flamboyant réflexe macho et fort peu subtil (pléonasme ?), il lutte contre toute forme de dévirilisation de la société.
Cet homme souffrirait-il d'un complexe de castration ?
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Thai_expat
  27 février 2011
En écrivant cet essai, au demeurant bien construit et argumenté, Éric Zemmour avait-il conscience de sa portée qui, de mon point de vue, va bien au-delà du sujet annoncé : la place toujours croissante de la femme dans nos sociétés occidentales modernes ?
En dénonçant leur féminisation globale, tel un « cocooning » maternel qui se serait abattu sur nos pays « développés » comme une chape de plomb sous prétexte d'hyper-protection, au final castratrice, n'explique-t-il pas, a priori, le désintérêt et la fuite qui se sont emparés de leurs ressortissants toujours plus jeunes et plus nombreux qui prennent le parti de l'émigration ? Retraité en Thaïlande, une société aux valeurs beaucoup plus traditionnelles, je le constate tous les jours.
Pour ne prendre que cette région du monde pour exemple, ce mouvement s'exprime de plus en plus largement et ouvertement dans la littérature qui y est consacrée, qu'il en soit le thème principal ou qu'il marque simplement en demi-teinte la trame romanesque des ouvrages.
On connaît, bien sûr, « Plateforme », de Michel Houellebecq, qui ne prend en compte que la liberté sexuelle, mais dont c'est le propos essentiel. En revanche, on peut aussi citer John Burdett, auteur d'excellents polars comme « Bangkok 8 », qui émaille ses enquêtes à rebondissements des mêmes constats sociétaux. Ou encore le « roman gay » d'Eric Miné, « le garçon de Vientiane », paru récemment, qui dénonce au passage le « totalitarisme précautionneux » de l'Occident en opposition à une liberté supposée qui s'imposerait d'elle-même dans des pays moins touchés par la « mondialisation égalitaire » et qui auraient conservé un ordre naturel et ancien malgré les épreuves de l'Histoire. D'autres titres, sûrement, tournent autour de cette idée dans l'air du temps, mais je ne les connais pas tous.
Alors, prémonitoire, le livre d'Éric Zemmour ?
En fait, à mes yeux, un livre majeur de notre époque.
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kingodatown
  20 décembre 2008
Le premier sexe est un petit livre traitant de la métamorphose de l'homme viril des années 60 en l'individu-marque du XXI siècle, hautement féminisé par les publicitaires. C'est aussi le moyen qu'a trouvé l'auteur pour exprimer ses points de vue sur des sujets un peu moins ancré à la thématique centrale. Même si l'on n'avoue n'être pas toujours d'accord avec les convictions chères à l'auteur, il n'en reste pas moins que son essais en demeure très bien écrit et a le mérite de bousculer les idées reçues sur les bien faits du modernisme dans lequel il est de bon ton de prôner l'égalité des sexes.
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BookyMary
  05 août 2017
Un homme qui suscite la polémique à cause de ses positions tranchées sur des sujets politico-sociologiques, avant de jeter cet énorme pavé dans la mare qu'est "Le Suicide Français", avait abordé le sujet des relation homme-femme, qui avait déjà à l'époque soulevé les passions. Si vous connaissez un peu ma façon de penser, je met de côté la réputation de l'auteur pour me concentrer sur ce qu'il propose et ce dont il parle, pour après voir sur quoi je suis d'accord ou pas. (Méthode que je vous recommande d'ailleurs.)
Il explique par exemple que le mari aime accepte et "aime" inconsciemment que sa femme prenne un amant, car lui qui l'aime et donc la vénère, à du mal à la désirer si l'amant n'était pas là pour désacraliser un peu son image. Pour appuyer son argument, et même tout ses arguments, il s'appuie sur l'histoire et la littérature.
De Balzac à Rousseau, de Louis XV à De Gaulle en passant par beaucoup d'autres références, Éric Zemmour prend un certain plaisir à se replonger dans les histoires fictives ou réelles qui on fait L Histoire et l'Homme.
Cependant, et même si il ne la nie pas, il laisse souvent de côté la souffrance des femmes écrasées sous la pression masculine qu'elle soit physique et/ou morale. Ce point est dû au fait que Zemmour parle des hommes et se concentre sur eux donc il parle par exemple des femmes tondues et humiliées à la Libération par des hommes lâches qui manquent de virilité, mais ce genre d'exemple du coup ne va être abordé que comme anecdotes.
Donc au final le mieux est de tout simplement se réconcilier, car les seuls bénéficiaires de ce "combat" entre hommes et femmes sont les oligarques qui utilisent cet affrontement comme machine à brasser des dollars (ou des euros). Acceptons nos différences en faisant chacun un pas vers l'autre en nous respectant et en essayant pas de nous changer mutuellement, mais en travaillant sur soi pour devenir la meilleure version de nous-même.
Enfin bref... La réputation que traîne Zemmour est comme un tampon rouge apposé sur ces livres, qui dissuade toute lecture et qui donne un avis préfabriqué avant même que qui que ce soit ne l'ai ouvert. Je vous conseille de mettre de côté ce tampon préfabriqué, et de vous faire votre propre opinion de ce que cet intellectuel propose. Je ne suis pas d'accord sur tout mais c'est érudit, bien construit, bien écrit, et ça vous fera réfléchir même si vous resterez sur vos convictions initiales une fois votre lecture terminée, cela ne fera qu'enrichir votre réflexion, ce qui est toujours bon à prendre.
Lien : https://bookymary.blogspot.f..
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Inaka
  17 février 2016
Avant tout, je souhaite préciser que si on raisonne en terme de marketing, il est clair que je ne suis pas du tout le "lecteur cible" de ce livre.
Petit livre qui, comme sa couverture l'indique, est à contre courant de la pensée actuelle pro-féministe. Cet essai permet d'apporter de nouveaux éléments, indispensables à une réflexion critique quant à cette idéologie. Je ne vais pas sombrer dans la tentation d'une critique "psychologisante" de l'auteur (qui suis-je pour en parler?), je vais parler du contenu : le développement de la pensée et les faits énoncés donnent à ce travail le mérite d'être lu, ne serait-ce que pour "entendre un autre son de cloche." Si vous êtes féministe en quête de contre-arguments et que vous aimez vous remettre en question, ce livre est pour vous ;)
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MariumMarium   30 décembre 2012
Il faut saluer le génie tactique du capitalisme, qui, confronté à une impasse stratégique - la pression à la hausse des salaires des ouvriers et des cadres -, a trouvé une fois encore la sortie prétendument progressiste, a exploité sans vergogne, pour un prix ridicule, des armées de jeunes femmes bien formées, courageuses, organisées et consciencieuses, découvrant avec entrain les nouvelles "libertés" offertes par le monde du travail et l'autonomie financière. Le capitalisme a transformé ces armadas ambitieuses en nouveaux "idiots utiles". Une fois encore, la prophétie de Karl Marx s'est avérée, le capitalisme, authentique force révolutionnaire de l'histoire, a consciencieusement détruit tous les liens traditionnels ; la famille patriarcale - le fameux ménage - était le dernier bastion qui lui résistait, le dernier obstacle à la marchandisation du monde.
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TorticolisTorticolis   25 décembre 2010
La touche ultime d'un projet authentiquement révolutionnaire de fabrication frankesteinienne d'un homme sans racines ni races, sans frontières ni pays, sans sexe ni identité. Un citoyen du monde métissé et asexué. Un homme hors sol. (p. 28)
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AntinousseAntinousse   18 avril 2018
Ces hommes occidentaux, beaucoup d'Allemands et d'Américains qui viennent de contrés où les féministes ont été particulièrement virulents, fuient les femmes blanches, leurs égales, trop respectables, qu'ils n'osent donc pas désirer. Ces hommes "aiment" leur femmes, mais justement les aimants trop, les respectent trop, les admirent trop, les craignent trop pour les désirer encore. Exactement comme les hommes du XIXème siècle se rendaient au bordel, baiser des putains ou des courtisanes, tandis qu'ils "respectaient" leur femme sanctifié par la religion catholique. C'est également ainsi que j'explique la multiplication des clubs échangistes. Dans 95% des cas, c'est l'homme qui y amène la femme. Offrir sa femme à un autre homme la désacralise ; le désir d'un autre homme renouvelle, enrichit, revitalise le sien, selon la thèse du désir mimétique de René Girard que nous avons déjà explorée. De surcroît, le plus souvent, la femme retrouve dans ces clubs échangistes une inquiétude, une insécurité qu'elle n'a plus dans une simple relation sexuelle, banalisée, déculpabilisée dans notre monde "libéré". Dans un club échangiste, elle a encore l'impression de faire mal. Elle sort de sa logique du désir, où elle maitrise tout, pour entrer dans une logique du plaisir, où elle ne maitrise plus rien. Cette peur de la femme redonne une certaine supériorité à l'homme (fascinus) qui fait mine ( fait mine seulement) de ne pas être impressionné, et redonne à la femme les beautés passées de l'effroi.
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AntinousseAntinousse   18 avril 2018
Quoi de plus fragile et mystérieux que le désir masculin ? Dans son magistral ouvrage, "Vérité romanesque et désir romantique", René Girard nous a dévoilé, il y a déjà plus de quarante ans, les dessous inconnus d'un désir qui n'est nullement rencontre romantique de l'un vers l'autre, mais désir triangulaire, faisant toujours intervenir un tiers, un troisième larron qu'aucun des deux amoureux ne veut voir mais sans lequel il ne se passerait rien. Girard décortique avec une rare finesse les grandes oeuvres de la littérature à la lueur de sa théorie. Ainsi, dans l'Eternel Marie, Dostoïevski nous montre-t-il les rapports complexes entre un veuf et l'ancien amant de sa femme. Des rapports faits de haine et d'admiration, de ressentiment et de dépendance. Quand le veuf veut se remarier, il emmène l'amant chez sa promise ; il exige qu'il lui offre un cadeau, il le met en valeur auprès de la jeune fille. Les deux hommes finiront par rompre. A la fin du roman, le grand écrivain russe nous montre son veuf remarié avec une charmante jeune femme, dans un train. À leur côtés se tient un sémillant soldat. Et Girard de nous expliquer que le mari a besoin de l'amant - qu'il admire - pour légitimer, renouveler, enrichir le désir qu'il porte à sa femme. C'est l'amant - à la fois admiré et détesté, à la fois complice et rival - qui permet le désir pour la femme aimée.
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AntinousseAntinousse   18 avril 2018
Dans "Don Quichotte", Girard exhume pour nous cette scène oubliée d'un couple fort amoureux. L'homme prie son meilleur ami de séduire sa jeune femme pour mieux éprouver sa fidélité. L'ami se récrie, le mari insiste, il fait tout pour les rapprocher. Finalement, il apprendra son infortune, qu'il a tant cherchée, et se tue. Il voulait secrètement que son meilleur ami - chéri et admiré - déclenche, réveille, relance son désir pour sa femme ; mais il n'a pas accepté de voir la réalité crue de son désir triangulaire. Bien sûr, la vulgate freudienne a une réponse toute prête : ces hommes sont des homosexuels refoulés. Avec une grande finesse, Girard retourne l'argument : et si nombre d'homosexuels n'étaient pas victimes d'une erreur de perspective en confondant leur désir mimétique pour le fameux tiers avec un désir homosexuel du même ? Paul ne désire pas Pierre, mais il désire Valérie en Pierre. Nuance.
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