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ISBN : 2702163696
Éditeur : Calmann-Lévy (02/01/2019)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ?

Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains.
Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, cet enfant myst... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
gruz
  21 janvier 2019
San Perdido est un livre rare, à tous points de vue. C'est un premier roman, il restera pourtant gravé dans la mémoire de nombre de lecteurs.
David Zukerman est un conteur extraordinaire, et son récit est unique, entre audace et pudeur, sublimée par une plume profondément humaine.
San Perdido, petite ville côtière imaginaire du Panama, dans les années 40-50, peu après la construction du canal maritime. La pauvreté y est endémique, accolée aux quelques privilégiés qui contrôlent la ville et qui s'en mettent plein les poches. Un enfant noir d'une dizaine d'année, aux yeux bleus magnétiques, étrangement muet, va apparaître de nulle part au sein d'une décharge qui sert de lieu de vie à de nombreux citoyens. Tout au long de sa vie, il va marquer de sa main les lieux et l'époque, au point de devenir une légende.
Une histoire surprenante, des personnages d'une puissance singulière, un mélange des genres étonnant, et une écriture à la fois poétique et réaliste. Rare et donc précieux.
Voilà bien le genre de livre inclassable, entre roman social, destins de vie et noire intrigue, avec une étonnante touche de fantastique. Cette touche subtile, loin de dénaturer l'aspect réaliste du récit, en rajoute dans la fascination de lecture. Et ce n'est pas le seul ingrédient étonnant de cette histoire exotique.
San Perdido n'est pas la fable d'une seule voix. Elle est aussi chorale, avec des personnages tous marquants. Mais c'est bien cet étonnant Yerbo Kwinton qui marque le plus les esprits.
Sincèrement, je n'ai que rarement rencontré un protagoniste d'une telle puissance dans un roman. A cause de son regard dérangeant et de son mutisme, Zukerman fait passer milles émotions à travers son écriture hyper expressive et joliment poétique. Des émotions vécues à travers les autres personnes, ce qui renforce leur force.
J'ai vécu certaines scènes avec leur coeur qui s'emballait et les yeux grands ouverts. Les sensations ressenties sont presque indescriptibles tant elles sont viscérales, preuve de l'incroyable capacité de l'auteur à ébranler et exalter par ses mots.
Yerbo Kwinton tient autant du justicier, défenseur du peuple et des opprimés, que d'une sorte de messie noir (du genre à multiplier les pains, mais pas du même genre, si je peux me permettre ce mauvais jeu de mot). Issu de la communauté d'anciens esclaves noirs rebelles, les Cimarrons, il va vivre dans l'ombre et traverser ce récit, apparaissant et disparaissant, insaisissable.
Devant une telle maîtrise de tout ce qui fait un roman marquant, on cherche à comprendre le miracle. Sans doute le fait que David Zukerman ait écrit plusieurs pièces de théâtre explique qu'autant de scènes sonnent vraies et justes.
San Perdido est une formidable aventure. Exotique, émotionnelle et humaine. L'histoire est passionnante, les personnages inoubliables et l'écriture aussi vivante que poétique. Un roman sombre, littéralement transpercé de traits de lumière. David Zukerman, LA révélation d'un conteur hors pair. Rare, je vous l'ai dit.
Lien : https://gruznamur.com/2019/0..
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motspourmots
  02 janvier 2019
Dans le foisonnement de la rentrée d'hiver (un peu moins de 500 publications), derrière l'affichage des quelques stars attendues au tournant (parfois avec raison d'ailleurs), dans la masse donc, on trouve encore de vraies (bonnes) surprises. San Perdido en est la parfaite illustration. Un premier roman. Dépaysant, culotté. Qui ose dérouler une vraie histoire. Pas d'éléments autobiographiques. Pas d'introspection. de l'ailleurs. Un héros, justicier comme on n'en rencontre plus beaucoup. L'envie affichée de divertir. Et ça marche !
J'ai été ferrée dès les premières pages par la capacité de l'auteur à installer immédiatement une ambiance. Nous sommes au Panama, dans les années 50. Nous verrons affleurer peu à peu les grandes lignes de l'histoire tumultueuse de ce pays et des différentes cultures qui le constituent après le passage des espagnols, la construction du canal par les français, les communautés d'anciens esclaves rebelles, les cimarrons, aussi. C'est dans l'une de ces dernières qu'il faut chercher l'origine du gamin qui débarque un jour dans la vaste décharge à ciel ouvert où survivent quelques habitants. Des habitations de bric et de broc, une activité de récupération. La misère. Petit à petit, un lien se crée entre Félicia, une vieille femme et ce gamin surnommé La langosta à cause de ses larges mains et de la force surhumaine qui lui permet de travailler dur. Sa peau noire, ses yeux d'un bleu très clair, son mutisme et sa force... les éléments sont là pour que se construise peu à peu la légende de Yerbo Kwinton. Il suffit de croiser son regard pour être saisi. A San Perdido, les injustices sont courantes. Corruption, inégalités, exploitation sont encouragés par le Gouverneur qui concentre tous les pouvoirs et ne se préoccupe que de son propre enrichissement. Pendant ce temps, les criminels rôdent, les femmes sont à la merci des prédateurs... Mais dans l'ombre, un justicier veille, le gamin est devenu un homme.
On a ici un roman très cinématographique, très visuel, rythmé, avec des bons et des méchants et aussi des demoiselles en détresse. Mais des sacrés personnages, notamment les femmes qui ont la part belle, des caractères flamboyants ou de l'intelligence finement distillée, que ce soit la jeune et belle Hissa, la volcanique Yuma ou la très calculatrice Madame. On est entrainé à cent à l'heure et on retrouve le plaisir pris devant un épisode de Zorro, dans un univers bien plus impitoyable. Renseignement pris sur l'auteur, il fut apparemment comédien et auteur de pièces de théâtre ce qui explique sans doute beaucoup de choses. Sur le site de son éditeur, sa bio précise qu'il a écrit quatre romans sans oser les faire lire : je le remercie d'avoir tenté le coup avec celui-ci parce que je me suis régalée !
Franchement, je vous conseille d'embarquer pour San Perdido et de goûter à la légende de Yerbo Kwinton : c'est du plaisir à l'état pur.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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nathiec44
  14 janvier 2019
Choisi par hasard en raison de sa couverture colorée et de son titre, ne connaissant rien de l'auteur, j'ai suivi mon instinct et une irrésistible attraction.
Et je suis comblée !
Un roman qui emmène à San Perdido, petite ville côtière du Panama, dans les années 50. L'histoire démarre dans la décharge à ciel ouvert où les pauvres et exclus survivent en dénichant les restes des repas fastueux des riches installés sur les hauteurs ou tentant de récupérer de la ferraille qu'ils revendent.
Un beau matin, au milieu de toute cette fange, surgit un jeune garçon noir aux yeux magnétiques, étrangement bleus, doté d'une force surhumaine dans les mains. Protégé, hébergé et nourri, Il deviendra « La Mano » à l'âge adulte, défenseur des opprimés, justicier des pauvres. Ainsi naîtra sa légende.
Tous les personnages sont savoureux, l'intrigue est menée tambour battant, ne faiblit jamais et ce, jusqu'à la dernière page. Au travers des mots, les images défilent à un rythme effréné et totalement maitrisé. Ajoutez une petite dose de fantastique, de la corruption, des magouilles, des filles superbes et déterminées, un gouverneur ambitieux et le tour est joué.
J'ai également replongé avec curiosité dans l'histoire de la construction du canal de Panama et découvert l'épopée des Cimarrons, esclaves noirs qui se rebellèrent contre les espagnols au XVIème siècle.
Un premier roman fort réussi et éblouissant.
Merci à #netgalleyfrance# et aux #Editionscalmannlevy# pour ce plaisir de lecture !

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jmb33320
  16 décembre 2018
Ce roman riche et coloré, à l'image de sa couverture, se passe tout entier dans une ville (imaginaire) du Panama, San Perdido, pendant les années 1940 et 1950.
Le début est saisissant, avec ses personnages en lutte constante pour pouvoir survivre des pauvres choses récupérées sur une décharge qui fait face au port.
Nous nous attachons plus particulièrement à deux d'entre eux, Felicia une femme mûre d'origine ghanéenne, qui vit seule et qui habite là, et un enfant noir au yeux bleus, arrivé de nulle part, surnommé « La Langosta » à cause de son apparence. Il semble frêle mais a de grandes mains et une force physique stupéfiante. Il est mutique. Felicia voudrait l'apprivoiser mais il ne se laissera pas approcher si facilement.
Bien vite beaucoup de nouveaux personnages s'ajoutent au récit, ce qui nous permet d'avoir une vision plus globale de cette ville sans pitié : travailleurs pauvres, dockers, mais aussi politiciens véreux, conseillers américains qui trafiquent, prostituées, curé, docteur, assassins… Tous avec leur destin que l'auteur détaille particulièrement bien. Qu'importe si parfois il faut faire un (petit) effort pour resituer un personnage perdu de vue depuis un bon moment.
David Zukerman, dont c'est apparemment le premier roman, est un auteur généreux et un conteur habile. Il sait entrecroiser ses intrigues, à la manière des feuilletonnistes d'antan. Ce roman, que j'ai trouvé captivant au point de le lire très rapidement, est un mélange de roman noir avec des échappées surprenantes vers le fantastique. Un auteur à suivre, donc. Et dont ce premier roman est déjà abouti.
Je remercie les éditions Calmann-Lévy et NetGalley pour m'avoir donné accès à l'édition numérique de ce titre.
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Shabanou
  18 janvier 2019
Bonjour les lecteurs....
Quelle belle découverte de ce 1° roman écrit par Davis Zukerman qui a endossé de nombreuses casquettes avant de se consacrer à l'écriture.
L'histoire se passe au Panama dans les années 1950., dans une " ville oubliée de Dieu, royaume du marché noir et de la prostitution"
Un jour, un jeune négro au regard d'acier, issu de la communauté des cimarrons, débarque dans une décharge à ciel ouvert.
Petit à petit, des liens se tissent entre ce jeune muet et Félicia, une vieille dame qui l'a surnommé " la langosta" en rapport à ses mains démesurées et sa force surhumaine.
Il n'en faut pas plus pour que naisse la légende de Yerbo Kwinton le justicier.
En effet, à San Perdido, corruption, exploitation et inégalités sont monnaies courantes.
La ville grouille de violence et les femmes sont à la merci des hommes de pouvoir.
Mais le justicier veille.. l'enfant du bidonville est devenu un homme, une ombre...
j'ai été enchantée par ce récit à l'écriture rythmée qui mêle à la fois faits historiques et roman d'aventure.
L'histoire est racontée comme une fable et très vite la lecture devient addictive. La magie opère.
On en apprend un peu plus sur le Panama de l'époque qui se balance entre modernité ( le canal ouvre de nouveaux horizons) et traditions ( l'histoire de ces anciens esclaves noirs, les cimarrons qui se révoltèrent contre les espagnols ).
David Zukerman a su jongler avec une pointe de réalité, une poignée de fiction et une cuillerée de fantaisie romanesque.. et hop la magie des mots opère.
Une lecture que je conseille vivement ...excellent 1° roman.
BRAVO
Petit clin d'oeil au sujet de l'auteur .. il a été OS homme de ménage, plongeur , contrôleur dans un ciméma etc... Il a ecrit des pièces de théâtre ( diffusées sur France culture ) et 4 romans qu'il n'a jamais voulu publier (dommage).
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
SbllySblly   11 janvier 2019
Aujourd’hui, l’histoire est devenue aussi bigarrée que le marché qui se tient chaque samedi sur la place Dorée. Pas un commerçant n’oublie de vendre une anecdote avec sa marchandise. Il crache par terre et se signe, attestant ainsi que sa parole est pure. Puis il ajoute qu’elle est tombée de la bouche d’un père ou d’une grand-mère ayant vécu l’époque de Kwinton à San Perdido la bien nommée, dont les GI qui la quittèrent en 1999 disaient déjà qu’elle était le trou du cul du monde.
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SbllySblly   11 janvier 2019
À San Perdido, tout le monde connaît Yerbo Kwinton. Son nom est désormais légendaire. Les enfants qui jouent au milieu des rues à s’éclabousser dans les canalisations crevées peuvent réciter des fragments entiers de sa vie et reproduisent partout sa marque en appliquant leur paume humide sur les murs lézardés. « La Mano ! » crient-ils de leurs voix claires, et les petits vendeurs ambulants qui proposent des cassettes de Bob Marley ou de Tito Ramon reprennent le même appel.
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cecillececille   22 décembre 2018
Il cultivait une telle empathie avec les humains qu’il pouvait lire en eux. Il lui suffisait de poser la main sur le front de quelqu’un pour pénétrer le monde de ses souvenirs et voir en lui aussi clairement que s’il assistait à une projection. Rafat savait qu’un être doué de tels talents pouvait devenir redoutable à bien des égards. Utilisées à mauvais escient, ses compétences pouvaient en faire le pire des prédateurs. C’est pourquoi en juin 1946, il résolut d’envoyer Yerbo vivre sur la décharge de Lágrima – lieu où germait une extrême pauvreté –, afin de mettre à l’épreuve sa volonté, sa rigueur et son sens moral. Pour un enfant de dix ans que la jungle avait protégé depuis sa naissance, la découverte du monde que certains osaient encore appeler civilisé était une des meilleures écoles de la vie.
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cecillececille   22 décembre 2018
Felicia s’est habituée à lui et elle suppose qu’il s’est habitué à elle. Elle espère qu’il l’apprécie un peu, mais doute qu’il lui soit vraiment attaché. Il fait pourtant beaucoup pour elle, toujours silencieusement. Elle ne lui demande jamais rien, car il devine tout. C’est cela aussi qui inquiète Felicia. Il pressent les choses. Avec cet enfant, tout est différent. Lorsqu’il est là, ni les cormorans ni les chiens ne rôdent sur la décharge. Elle l’a constaté maintes fois. Elle a vu des nuées d’oiseaux s’envoler juste avant qu’il ne revienne. C’est d’ailleurs devenu le signal de son arrivée imminente quelque part, car il en va de même à Lágrima lorsqu’il s’y rend.
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cecillececille   22 décembre 2018
Chaque être possède un rythme cardiaque irrégulier et unique. Là résidait l’incroyable talent de Yerbo : il était capable de percevoir cette pulsation et de se caler dessus pour s’en approcher. Aussi sûrement qu’un requin peut capter les basses fréquences des ondes émises par les mouvements d’une proie, Yerbo pouvait reconnaître le battement interne si particulier d’un être humain et l’utiliser comme un radar. Plus il avançait, plus le martèlement se précisait, se superposant à son propre rythme cardiaque.
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