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EAN : 9782070383788
384 pages
Éditeur : Gallimard (15/05/1991)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Sur la Doumarie, pays de misère, règnent le Lumineux Guide, l'Invincible Maréchal Carol Oussek et son épouse, l'Auguste Alexandra, Mère de Tous les Peuples, Protectrice des Arts et des Sciences. Des fantoches font office de gouvernement. Parmi eux, le narrateur, Igor Védoz, Ministre de la Justice, cynique et vieillissant, qui n'ignore rien de la cruauté et de la veulerie de ses chers camarades, mais leur demeure indissolublement lié. Par la peur. Un mardi de novembr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
paroles
  28 septembre 2013
Subjuguée !
Je viens de découvrir cet auteur et la puissance de son écriture me laisse bouche bée.
Roman policier d'abord, mais surtout véritable diatribe sur la dictature, l'oppression, la manipulation.
Tchardine, poète mondialement connu, vient de mourir. Aussitôt après Ali Tasko, son secrétaire et dernier amant, est assassiné. Qui a commandité ce crime, et pourquoi ?
L'action se passe en Doumarie, dictature régie d'une main de fer par le Guide lumineux, l'invincible Maréchal, Carol Oussek. C'est le ministre de la Justice, Igor Vedoz, grand admirateur du poète, qui est chargé de cette enquête. Mais bien vite, il se rend compte que cette
mission n'est qu'un piège. Il ne sait pas s'il doit vraiment dénoncer le coupable (car il connaît déjà la réponse) ou plutôt retrouver les documents que Tchardine avait en sa possession et qui lui garantissaient sa survie et sa liberté d'aller et venir.
Inévitablement, l'univers de ce roman nous évoque la Roumanie et son sinistre Ceaucescu.
La population affamée, quasi réduite en esclavage est muselée et incapable de réagir. Chaque parole, chaque action est observée. La dénonciation est monnaie courante.
L'Histoire est rejetée. Les villes anciennes rasées et reconstruites à la démusure du Guide lumineux.
La peur règne partout, même au sein du comité révolutionnaire représenté par les douze ministres qui savent qu'un mot peut suffire à anéantir leurs privilèges. Leur allégeance passe par une soumission totale : on partage tout avec l'Invincible maréchal, même son intimité.
Mais ce roman est aussi une magnifique histoire d'amour. L'histoire d'un homme, qui à l'approche de sa mort, va découvrir et (re)connaître l'amour en la personne de son secrétaire, jeune voyou inculte dépêché par les services secrets. Jeune voyou qui apprendra, au fil des mois, à appréhender la beauté et la liberté à travers les mots de Tchardine.
Très beau roman de Michel del Castillo qui revendique la force de l'écriture, dernier espace de liberté, face à un pouvoir totalitaire.
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Bruno_Cm
  02 septembre 2013
Non. Ce n'est pas un roman policier. Certes il y a une enquête, des meurtres, mais l'essentiel n'est pas dans cela. L'essentiel est les parcours humains dans une société complexe parce que ultra-simplifiée, comme seules peuvent l'être les dictatures. Peut-être est-ce moi qui suis déformé, mais je n'y vois qu'un livre bien écrit dont le thème est : les choses et les êtres ne sont jamais aussi simples qu'on ne le croit.
Je suis très touché par certaines "erreurs" de jugement du personnage-narrateur de l'histoire sur ses proches. Ne les connaîtrions que si mal... Froid dans le dos.
Michel del Castillo parvient à densifier quelques uns des personnages dont le Poète mais, à mon avis, pas tous. Il reste du flanc, du vide aussi. Ca n'a pas la densité une fois de plus d'un Dostoïevski. Mais ce roman ne fait jamais que 368 pages et est déjà un colossal travail original.
Je ne perçois qu'assez peu les allusions à des faits qui se seraient passés ou les ressemblances entre fiction et réalité, et personnages inventés ou réels... Je manque sans doute des références ad hoc.
Bref, je mets quatre étoiles, qui penchent nettement plus vers les trois que les cinq, mais, disons, pour le style, pour l'invention, pour l'inventaire...
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laliseusedebonnesaventures
  31 août 2019
De mémoire , peut-être le roman de del Castillo pour lequel j'ai le moins vibré.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CatchMeCatchMe   16 avril 2016
- Ali… Je ne t’ai jamais dit…
Voix bizarre. De confidence chuchotée. Voix des prisonniers qui marchent en rang, sous l’œil des matons et qui bavardent sans remuer les lèvres. Voix de clandestinité.
- ça ne fait rien… J’ai compris, je crois. Dors.
- J’ai besoin de me l’entendre dire… Il me semble que je t’ai vraiment aimé… c’est si… étrange, quand j’y pense… Au début, je trouvais ça… répugnant. Je me voyais tel que je suis, ridé, affaissé, laid…
La joie transperça Ali, qui se surprit à bénir l’obscurité, laquelle le protégeait.
Il dut laisser passer un temps avant de répliquer d’une voix enrouée, remplie de violences.
- toi, tu étais vieux au-dehors, moi en dedans. Et laid. Tu m’as nettoyé. Comme la pluie. Tu m’as fécondé aussi. Tu m’as donné la vie. Dors maintenant, dors…
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parolesparoles   01 octobre 2013
"Gueule" suggère qu'on a vécu, aimé, bourlingué, picolé, triché ; qu'on a fini par devenir le personnage de ses propres actions et qu'on se regarde agir et parler, comme au cinéma. Un masque, ça se dépose, ne fût-ce que dans l'obscurité ; ça se change éventuellement. C'est un accessoire, un travestissement. Dans "tronche" pour péjoratif que le mot paraisse, il entre une nuance de familiarité complice. On se fait une tronche quand on ne possède pas les moyens de se fabriquer une gueule.
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CatchMeCatchMe   15 avril 2016
- Tu t’imagines que les gens vivent, dans ce pays ?
- non, s’empressait de rétorquer Ali, qui sentait trop le poids de la mort dans ce qui l’entourait.
- Et même notre lumineux guide, tu t’imagines qu’il vit ? bon, il chasse, il tue des lions et des antilopes. Mais il interprète le plus vieux rôle du répertoire, celui de tyran que sa puissance aveugle. Tu n’as qu’à regarder ce qu’il tente de faire de notre capitale : tu ne vois pas la vieillerie de ces palais de carton-béton ? Et moi, que fais-je sinon singer le rôle du bouffon ? Mais il arrive qu’un éclair me transperce et que je parvienne à fixer cette lueur sur une feuille de papier.

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parolesparoles   29 septembre 2013
Notre fraternité se fondait sur la poésie, ce frémissement impalpable, cette palpitation des mots quand ils prennent leur envol pour s'arracher au silence. Comme un battement d'ailes dans l'obscurité. L'indicible soudain chuchoté.
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CatchMeCatchMe   16 avril 2016
Avec Ali, Tchardine s’éprouvait pour la première fois délivré. Il ne redoutait aucune indiscrétion. Il ne craignait pas non plus d’être mal compris. Il se laissait aller à exprimer en toute liberté sa pensée, qui était caustique, subtile, érudite sans être livresque.
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Vidéo de Michel del Castillo
Michel del Castillo vous présente son ouvrage "Mamita" aux éditions Fayard.
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