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EAN : 9782221241752
234 pages
Robert Laffont (09/05/2019)
3.54/5   105 notes
Résumé :
Il est admis que 1984 et La Ferme des animaux d’Orwell permettent de penser les dictatures du XXe siècle. Je pose l’hypothèse qu’ils permettent également de concevoir les dictatures de toujours.
Comment instaurer aujourd’hui une dictature d’un type nouveau ?
J’ai pour ce faire dégagé sept pistes : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l’histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l’Empire. Chacun de ces... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Merci du fond de mon caleçon à Babelio et aux éditons Laffont pour cette masse critique.

Me voilà bien au fond de ma déprime, avec toutes ces lectures aussi réjouissantes les unes que peu bandantes pour les autres, plus tu plonges dans la réflexion, plus ton optimisme se nihilise dans une profonde remise en question, ou les verts pâturages jaunissent d'une société écrasante…

Michel Onfray écrit beaucoup, parle tout bien correctement, philosophe à la télé dans les émissions de grande écoute intellectuelle, à côté des nouveaux genres, des nouvelles tendances, il radote de vieux philosophes d'antan, de ceux que l'on oublie au profit d'une pensée anesthésiée, atrophiée, il fait partie de ces penseurs qui pour exister pissent dans des micros de grandes audiences, au côté d'animateurs aux chiffres bien pendus et à la cote trop répandue…

Mais moi je l'apprécie Michel, il a la plume accessible, le bon ton, le jugement rationnel d'une société à l'agonie, ou le mythe d'un éternel retour sonne comme une bonne vieille vérité…

Pour ce bouquin il nous pond une explication de texte sur deux grands classiques de « Orwell » : « 1984 et la « Ferme des animaux », il dissèque, résume et spoile les deux romans, ensuite il analyse, il explique et il se vénère un peu le jugement, il théorise la dictature selon quelques principes très simples et il dénonce les dérives d'une société mondialisée, informatisée, infantilisée, formatée dans la bêtise que la mode et le courant du moment nous font honte…

C'est un phénomène de foire, les auteurs s'engouffrent dans l'urgence de la décadence, ils se jettent sur leur plus belle plume, profitent de leur notoriété pour rappeler à l'ordre notre indifférence et notre mépris du rationnel, de la morale, du bon vivre, du savoir aimer… mais combien se sentent concernés par la bêtise qui gangrène notre société, la manipulation politique nous vend de la propagande, musèle nos rébellions au profit des profits, d'une élite perchée dans les sommets de la démesure et de l'inaccessible promettant monts et illusions au premier prolétaire conditionné… finalement je me répète au gré des mes lectures, mais l'intellectuel est unanime sur la finalité, nous devenons des bêtes de Panurge incapable de penser, obnubilés par nos écrans, notre image étalée aux jugements de l'anonymat, condamnés par le reflet d'une réussite désolante, les gens ne cherchent plus la vérité, mais une bonne vieille conspiration à se foutre sur leur connerie.

La révolution ? à quoi bon, vous saigniez le ridicule en place, vous festoyez d'une victoire assoiffée de pouvoir à l'équilibre prolétaire, ou l'échelle sociale gardera ses inégalités car le Darwinisme sociale est un mythe qui a la vérité pour acquis…

Aujourd'hui tout le monde est raciste, antisémite et j'en passe, ces mots n'ont plus de sens que le sens qu'il lui est volé, on simplifie, on invente, on abrutis, on efface les « nous » au profit des « on », ou sont passé les « Coluche », les « Desproges », les cancres à la télé, amendés, virés, catalogués, insultés, tout le monde se bastonne la gueule contre tout le monde, mais personne n'apprend, personne n'écoute, on a plus le temps de rien, tout devient uniformisé et normalisé…

Et moi je bosse dans le système :
- Vous êtres trop cher monsieur le menuisier
- Trop cher mais par rapport à quoi ?
- Au marché
- Mais mon patron roule en Clio, nos bureaux puent la sueur… Et vous dans vos tours argentées, vous collectionnez les bénéfices, votre patron se pavane dans le luxe, vous sentez bon la richesse, vous achetez sans compter, vos dépenses sont à la démesure et vos acquis indécents
- Alors vous baissez votre froc ou sinon pas de marché ?
- J'ai besoin de bouffer, mais peut-on négocier les 5% de plus qui vous sont alloués
- Prenez-les sur vos pertes bande de prolétaires…

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Petite piqûre de rappel : la « dictature » fut instaurée à Rome. Dans quel but ? L'autorité était confiée à un consul mandaté par le Sénat pour un temps donné, jamais plus de six mois, lors de circonstances exceptionnelles et tous les moyens confiés au « dictateur » devaient servir à résoudre le problème l'ayant conduit à être investi de cette autorité suprême dans ces circonstances d'une exceptionnelle gravité.

La dictature, telle que nous l'entendons aujourd'hui, n'a rien à voir avec celle établie à Rome, même si elle est de tous temps et de tous les continents.
Aujourd'hui pour instaurer une dictature d'un type nouveau, il faut, selon Michel Onfray, sept temps principaux :
- détruire la liberté ;
- appauvrir la langue ;
- abolir la vérité ;
- supprimer l'histoire ;
- nier la nature ;
- propager la haine ;
- aspirer à l'empire.


Critique :

Dommage qu'un livre aussi cher (20 EUR en France, 21,70 EUR en Belgique pour 230 pages) soit imprimé sur un papier aussi peu agréable au toucher ! Je trouve aussi que pour un ouvrage d'un ami du peuple, désireux d'éduquer les masses populaires, le prix est élevé… Passons…

Michel Onfray incite les gens à réfléchir, à penser correctement… C'est-à-dire… Comme lui ! Si vous avez un point de vue qui diffère, c'est que forcément vous vous êtes trompé quelque part ! (Ou que vous êtes victime de la société libérale-libertaire, ou pire l'un de ses partisans.)

Il est très habile pour établir des liens entre les mots et les idées qu'il prête aux gens… En particulier s'ils ne sont pas de gauche (de SA gauche). Prenons l'exemple de la page 14. L'auteur établit un lien entre le nom de code du débarquement du 6 juin 1944, « Overlord » (suzerain en français) et l'envie des États-Unis de vassaliser la France. Remarquez au passage, qu'il ne parle pas de l'Europe (ce machin insignifiant pour Onfray puisque la France se suffit bien à elle-même, vivement un Frexit) !

Il est très doué, au nom de la maîtrise de la langue, pour faire dire n'importe quoi à n'importe qui.
Onfray n'hésite pas à affirmer que les communistes français ont collaboré avec les nazis durant les deux premières années de la guerre en vertu du Pacte germano-soviétique. (Page 15) Toujours dans l'excès, ce brave Michel ! Entre l'attitude d'une majorité de communistes qui ne voulait pas faire de vagues, et donc pas de résistance aux Allemands, suivant en cela les ordres de Moscou, et en faire des collabos, il y a une nuance qui échappe complètement à notre génial linguiste philosophe. Qui lui échappe ? Non, je ne crois pas qu'il soit distrait à ce point. Ou c'est un grand malade souffrant de troubles obsessionnels ou il poursuit son oeuvre de sape pour convaincre les Français de, notamment, quitter l'Union européenne. Boris Johnson et lui ont plus en commun qu'il n'y parait.

Monsieur Onfray se la joue parfois Amélie Nothomb. Il préfère utiliser des termes qui lui permettent d'étaler tout son savoir plutôt que de s'exprimer clairement, de façon à ce qu'un plus grand nombre le comprenne. Un exemple ? Page 19, Maître Michel parle d'une « guerre picrocholine ». N'étant qu'un modeste instituteur ignare, j'ai cherché, et trouvé sans difficulté grâce à Internet, ce qu'était une guerre « picrocholine ». Je sens que vous avez hâte de découvrir le sens de cet adjectif, aussi dans mon extrême immodestie m'en vais-je étaler mon nouveau savoir : « Adjectif le plus souvent employé dans l'expression "guerre picrocholine", pour désigner un conflit absurde aux motifs obscurs ou peu glorieux. Vient de Picrochole, personnage du roman de Rabelais Gargantua, toujours prêt à faire la guerre pour quelques galettes de froment. » (Merci internaute.fr pour cette définition.)
Par une démonstration des plus capillaro-sensibles (ne cherchez pas, je viens de l'inventer pour me rendre intéressant), Inspecteur Onfray fait de Jean Monnet un trafiquant d'alcool (il a effectivement fait fortune en vendant de l'alcool à des trafiquants durant la prohibition) ayant pour projet de supprimer physiquement le général De Gaulle, et, bien entendu, le sieur Monnet a été payé par la CIA pour créer l'Etat « maastrichien ». (Page 21) Pour un grand défenseur de la langue tel que Linguo-Onfray, je m'étonne qu'il écrive « maastrichien » en lieu et place de « maastrichtien » qui est le mot français adéquat… (Larousse reconnaîtra les siens.) Précisons tout de même que Jean Monnet est décédé le 16 mars 1979… Avant les accords de Maastricht (entrés en vigueur le 1er novembre 1993) !

Notre génial auteur aime les formules lapidaires qui sonnent bien, font s'égosiller ceux qui partagent son point de vue et choquent à qui mieux mieux ceux qui le trouvent excessif : « […] l'Europe de Maastricht fut portée sur les fonts baptismaux remplis d'eau sale. »

Onfray établit des raccourcis lapidaires qui ne souffrent aucune contestation : « Giscard d'Estaing a toujours été antigaulliste, donc antisouverainiste. » (Page 21) (Au passage, monsieur Onfray, vous qui déplorez l'anéantissement de la langue française par ceux qui gouvernent et veulent l'abrutissement des masses, ne devriez-vous pas écrire « anti souverainiste » en deux mots au lieu d'un seul ?)

Remarquez que pour Onfray, il y a la gauche qui trompe le peuple et puis, la bonne, donc forcément la vraie, celle à laquelle il appartient, une gauche souverainiste (il n'aime pas dire nationaliste). A aucun moment, Monsieur Michel O. ne dit que le pouvoir dans l'Union européenne est réellement détenu par les chefs d'état et que c'est le Conseil des Ministres qui approuve ou désapprouve ce que propose la commission. On voit d'ailleurs souvent un pays seul bloquer une résolution européenne. Cela, monsieur le philosophe n'en tient guère compte car cela va à l'encontre de son « imparable » démonstration. Comme beaucoup d'idéologues populistes, Michel Onfray sait construire son discours en lui donnant des grands airs de défense de la démocratie, la « vraie » démocratie évidemment, en le ponctuant de phrases assassines vis-à-vis de ceux, très nombreux, qui ne font pas ce qu'il souhaite.

Les exemples de trahison du peuple liés à l'Europe ne manquent pas. Ainsi, par exemple, le référendum à propos du fameux traité constitutionnel européen du 29 mai 2005, rejeté à 54,68 % par les Français… Quelle bonne blague que de soumettre à un référendum un traité où les experts eux-mêmes ne s'y retrouvent pas ! J'ai, à de multiples occasions, essayé de le lire et j'ai fini par renoncer (trop de termes juridiques, trop de références à des matières que je ne connaissais pas, …). Bref ! Vu de Belgique, le référendum français avait tout l'air du pour ou contre le gouvernement national comme en d'autres pays car, quel citoyen a lu et assimilé tous les points qui figurent dans ce traité ? Qui ? A part Monsieur Onfray, bien sûr ?

Pour monsieur Onfray, le citoyen européen vit dans un enfer ! (Page 27) Pour moi qui ai accueilli ou accueille encore dans ma classe des enfants syriens, irakiens, rwandais, congolais du Kivu, salvadoriens, je conseillerais à monsieur Onfray d'aller vivre un peu là-bas, et puis on reparlera de l'enfer.
Pour le Grand Michel Onfray, c'est l'État « maastrichien » (sic) qui fait descendre les gilets jaunes dans la rue ! Dites, Monsieur Onfray, vous savez qu'il y a vingt-sept, ou vingt-huit, autres états dans l'Union européenne (ben, oui, le Royaume-Uni est encore là, mais il devrait s'en aller fin janvier 2020) et qu'il n'y a qu'en Belgique (très peu, et seulement du côté francophone) et qu'en France qu'on a vu les gilets jaunes ?

Je pourrais poursuivre mon argumentaire pendant des pages et des pages, en démontant nombre de ses soi-disant vérités, au point d'en faire un volume double de celui de MMO (Monsieur Michel Onfray). Mais je ne tiens pas à bousiller complètement vos loisirs, aussi n'irai-je pas aussi loin dans cette critique.

Monseigneur O. manipule allègrement les informations comme cela lui chante. Il est bien plus proche des dictateurs qu'il dénonce que des démocrates, qui de toute façon n'en sont pas pour lui puisqu'ils n'observent pas ses diktats, pardon, je voulais dire ses réflexions philosophiques très éclairées.
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Ayant relu récemment 1984 et La ferme des animaux de George Orwell, je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de Michel Onfray qui souligne l'actualité de l'oeuvre de l'écrivain anglais. le philosophe s'appuie en effet sur une lecture de ces deux textes, plus philosophique que littéraire, pour définir les grandes tendances d'une théorie de la dictature et démontrer que nos démocraties n'en sont pas très éloignées…et en ont déjà adopté, pas forcément de manière systématique et volontaire, les principaux traits.

Les piliers d'une bonne dictature sont déjà posés : appauvrissement de la langue, des connaissances, en particulier historiques, réécriture de l'histoire dans un sens unique, pensée unitaire, omniprésence des écrans et utilisation de ces derniers à des fins de surveillance, négation de la nature au profit du transhumanisme, haine et bannissement de celui qui pense autrement, abandon de l'universalité pour le particularisme et propagation de la haine…beaucoup de traits de nos sociétés sont présents chez Orwell qui par sa dénonciation du régime soviétique avait admirablement démontré et démonté les rouages de la dictature.

Un ouvrage très intéressant, qui a pour but de nous alerter malgré quelques longueurs, en particulier le récit détaillé des deux livres en question, sur les dangers des dérives actuelles de l'individu roi et décervelé, prêt à tomber dans tous les pièges de la propagande et de nous inciter également à une relecture…si ce n'est déjà fait. En tout cas quelques bonnes pistes pour une réflexion sur notre société, dont les libertés fondamentales sont menacées par l'instauration d'une pensée unique qui empêche aujourd'hui tout débat de fond donc l'exercice d'une véritable démocratie. Et l'expression de ce que nous désirons véritablement comme avenir.
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L'Europe aura connu, au XXème siècle, une des pires dictatures (le nazisme) tandis que son voisin, l'URSS, subira celle du marxisme-léninisme. Des temps révolus où nous avons appris de nos erreurs à coup de “Plus-jamais-ça” et “N'oublions-pas-l'Histoire” afin de mettre en place des garde-fous qui nous mettent à l'abris d'une éventuelle rechute? … Pas si sûr.

Avec la Théorie de la dictature, Michel Onfray propose une analyse des deux dictatures, citées plus haut, via deux ouvrages de Georges Orwell (1984, la ferme des animaux).

234 pages où l'auteur-essayiste-philosophe offre une seconde lecture des classiques orwellien. Tout d'abord 1984, le roman de la dictature où Georges Orwell a cette rare et incroyable faculté: Comprendre son présent avec exhaustivité tout en émettant une hypothèse exacte pour le futur.

Michel Onfray, lui, émet l'hypothèse qu'il existe de nombreuses analogies entre 1984 et … l'Europe actuelle qu'il considère donc comme une dictature.

Une de ces analogies m'interpelle plus particulièrement, l'appauvrissement de la langue (française en l'occurrence). Les mots se trouvant dans un même champ lexical, et apportant les nuances nécessaires à la langue, se trouvent remplacés par des mots fourre-tout qui veulent dire tout et leur contraire. En réduisant la possibilité à nos enfants d'utiliser la langue comme outil de raisonnement, c'est la promesse qu'ils deviennent des moutons de Panurge. Et là, Michel Onfray tape juste:

La critique du régime est impossible parce que les mots qui la permettaient manquent… si les signifiants ont disparu, les choses signifiées s'évaporent elles aussi. (1)

J'irai même un pas plus loin, le processus de simplification de la langue me fait penser au processus informatique. Moins il y a de données et plus facilement le logiciel est contrôlable. Principe basique. La restructuration de la langue n'est qu'une étape supplémentaire où l'être humain lambda sera traitée, de A à Z, comme une donnée informatique.

L'autre partie de la Théorie de la dictature se consacre à la ferme des animaux et aux révolutions qui ne sont en fait que des dictatures sous une forme nouvelle puisque les opprimés, une fois au pouvoir, ne font que reproduire ce dont pourquoi ils se révoltaient. La boucle est bouclée.

Avec ce livre, Michel Onfray a le mérite de mettre à la lumière médiatique des sujets qui restent trop souvent dans le giron de spécialistes alors que ces mêmes sujets concernent bien souvent la majorité de la population. La théorie de la dictature est de ces sujets-là. J'ai apprécié les nombreuses références, notes de bas de page ainsi que la critique construite de l'Europe. L'auteur se mouille, a un avis tranché et l'argumente mais, il s'agit ici plus d'une introduction que d'une théorie sur la dictature.


N'y a-t-il vraiment rien à sauver dans le projet européen?

Qu'en est-il des autres dictatures?

Tout système actuel serait-il dictatorial?

Quid des pistes de solutions concrètes?


Des questions qui restent sans réponse à l'issue du livre. Il faudra se tourner vers d'autres ouvrages, interviews, documentaires, pour continuer à comprendre les mécanismes des dictatures. Frustrant.
Lien : https://lespetitesanalyses.c..
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Décidemment le Michel Onfray d'aujourd'hui (à la revue Front populaire) n'est plus celui d'hier (à l'université populaire de Caen)

Cette lecture était clairement du temps perdu mais comme il écrit désormais comme il parle (ce qu'il reproche aux autres) avec des références tellement triviales (pas besoin de faire de recherche en parallèle), le supplice a été de courte durée.

Ce titre est en fait une simple commentaire de texte de "1984" (paru 1949) et de "La ferme des animaux" (paru 1945).
Enfin, commentaire de texte, disons plutôt long paraphrasé de "1984" et résumé de "La ferme des animaux".

Il pioche quelques traits ou séquences pouvant mener à la dictature, en grossissant de fallacieuses similarités avec notre présent pour bien sous-entendre que nous y sommes, en dictature.

Et bien sûr en conclusion, il réitère sa détestation du socialisme (et pas uniquement les dictatures communistes, en rappelant que dans nazi, il y a socialisme), il est toujours bloqué sur Maastricht (son "état profond" à lui, ceux qui gouvernent dans l'ombre à l'échelle mondiale) et rétif au progrès

Ajouter à cela une pointe de climato scepticisme, un fond d'antivaxx et un zeste de oui-ouinisme (Dès qu'on pense différemment, nous sommes qualifiés de fachos...)

A mon avis, le seul point à retenir : Pour le petit peuple, la révolution doit être comprise au sens cosmologique du terme. Après une révolution, le petit peuple reprend sa place. Il a juste changé de dominant.

Ce qu'Orwell nous avait déjà signalé en 1945 avec "La ferme des animaux"

Livresquement vôtre
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Je tiens la pensée politique de George Orwell pour l’une des plus grandes. À égalité avec Le Prince de Machiavel ou le Discours de la servitude volontaire de La Boétie, le Léviathan de Hobbes ou le Contrat social de Rousseau. Orwell aide à penser la politique à partir d’un point de vue socialiste et libertaire. Mais, comme il a choisi le roman et la fable animalière pour porter ses idées, les penseurs institutionnels ne s’y arrêtent pas. La littérature le laisse aux philosophes, les penseurs aux littéraires, dès lors, personne ne s’en occupe vraiment. Pendant ce temps, on le lit sous le manteau dans les pays privés de libertés.
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Pour aspirer à l'Empire, il faut: formater les enfants; administrer l'opposition; gouverner avec les élites; asservir grâce au progrès; dissimuler le pouvoir
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La fête est l'une des modalités de l'intégration communautaire : elle donne à l'individu l'occasion de montrer qu'il souscrit à l'idéologie de l’État, qu'il noie sa subjectivité dans la totalité, qu'il dilue son individualité dans la communauté, qu'il n'a pas de jouissance égotiste, égocentrée ou égoïste, et qu'il trouve son plein épanouissement à se réjouir en même temps que tout le monde avec tout le monde des mêmes occasions festives. Le but est que, par la fête, la fusion des monades s'effectue dans l'unité compacte du groupe.
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Chacun sait de toute façon que les lettres sont vues et lues par le pouvoir. De toute façon, les gens écrivent de moins en moins parce qu’on leur a appris à écrire de moins en moins et qu’ils en ont perdu l’usage.
Mais il existe d’autres façons d’assurer ce pouvoir contrôleur : un télécran se trouve dans chaque appartement. Grâce à cet écran, le pouvoir peut entrer dans la vie de tout le monde et voir et entendre tout ce qui se passe et tout de ce qui se dit dans l’espace personnel et privé : un micro140 et une caméra sont intégrés dans ces machines du pouvoir.
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« La néoversion, sous prétexte de moderniser, d’actualiser, d’adapter un classique, réalise de facto la disparition de ce classique soumis à cette entreprise. Shakespeare réécrit peut sembler louable si l’on avance pour argument qu’il faut le mettre à la disposition de tous. Mais, dans la réalité, il n’est plus du tout mis à la disposition de personne puisque la nouvelle version abolit l’ancienne. Là où l’on prétend démocratiser un classique, projet honorable, on en décrète l’abolition, projet funeste. »
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Videos de Michel Onfray (159) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Onfray
*INTRODUCTION* : _« […] Je veux seulement, Monsieur, vous faire part d'une chose que j'ai lue dans Montaigne, et qui marque son bon goût. Il souhaitait devenir assez savant pour faire un recueil des morts les plus éclatantes dont l'Histoire nous parle. Vous qui êtes son partisan, vous approuverez ce dessein que j'exécute en partie. En effet, le véritable point de vue où je placerais une personne qui veut bien juger du ridicule qui règne dans le monde, est le lit de mort. C'est là qu'on se détrompe nécessairement des chimères et des sottises qui font l'occupation des hommes. Nous sommes tous fous ; la folie des uns est plus bouillante, et celle des autres plus tranquille. »_ *André-François Boureau-Deslandes* [1690-1757], _À Monsieur de la Ch…_
_« Rien ne doit plus nous frapper dans l'histoire des grands hommes, que la manière dont ils soutiennent les approches du trépas. Je crois que ces derniers moments sont les seuls, où l'on ne puisse emprunter un visage étranger. Nous nous déguisons pendant la vie, mais le masque tombe à la vue de la mort, et l'Homme se voit, pour ainsi dire, dans son déshabillé. Quelle doit être alors la surprise ! Tout l'occupe sans le toucher : tout sert à faire évanouir ce dehors pompeux qui le cachait à lui-même. Il se trouve seul et sans idées flatteuses, par ce qu'il ne peut plus se prêter aux objets extérieurs. Cette vue a cela d'utile en flattant notre curiosité, qu'elle nous instruit. Il n'est rien de quoi, disait Montaigne, je m'informe si volontiers que de la mort des hommes, quelle parole, quel visage, quelle contenance ils y ont eus ; mille endroits des histoires que je remarque si attentivement. Il y paraît, à la farcissure de mes exemples, et que j'ai en particulière affection cette matière*._ _Je suis persuadé que la dernière heure de notre vie est celle qui décide de toutes les autres. »_ *(Chapitre III : Idée générale d'une mort plaisante.)*
* _« Et il n'est rien dont je m'informe si volontiers que de la mort des hommes, de quelle parole, quel visage, quelle contenante ils y ont eus, non plus qu'il n'est d'endroit dans les histoires que je remarque avec autant d'attention. Il apparaît à la farcissure de mes exemples que j'ai cette matière en particulière affection. Si j'étais faiseur de livres, je ferais un registre commenté des morts diverses. Qui apprendrait aux hommes à mourir leur apprendrait à vivre. »_ (« Chapitre XIX : Que philosopher c'est apprendre à mourir » _in Montaigne, Les essais,_ nouvelle édition établie par Bernard Combeaud, préface de Michel Onfray, Paris, Robert Laffont|Mollat, 2019, p. 160, « Bouquins ».)
*CHAPITRES* : _Traduction d'un morceau considérable de Suétone_ : 0:02 — *Extrait*
0:24 — _Introduction_
_De quelques femmes qui sont mortes en plaisantant_ : 0:49 — *1er extrait* ; 2:08 — *2e*
_Additions à ce qui a été dit dans le IX et dans le XI chapitre_ : 3:15
_Remarque sur les dernières paroles d'Henri VIII, roi d'Angleterre, du Comte de Gramont, etc._ : 6:09 — *1er extrait* ; 6:36 — *2e*
_De la mort de Gassendi et du célèbre Hobbes_ : 7:45
_Remarques sur ceux qui ont composé des vers au lit de la mort_ : 10:47
_Examen de quelques inscriptions assez curieuses_ : 13:52
_Des grands hommes qui n'ont rien perdu de leur gaieté, lorsqu'on les menait au supplice_ : 14:33
_Extrait de quelques pensées de Montaigne_ : 15:31
_S'il y a de la bravoure à se donner la mort_ : 17:37 — *1er extrait* ; 18:57 — *2e*
_De quelques particularités qui concernent ce sujet_ : 19:14
19:28 — _Générique_
*RÉFÉ. BIBLIOGRAPHIQUE* : André-François Boureau-Deslandes, _Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant,_ nouvelle édition, Amsterdam, Westeing, 1732, 300 p.
*IMAGE D'ILLUSTRATION* : https://www.pinterest.com/pin/518547344600153627/
*BANDE SONORE* : Steven O'Brien — Piano Sonata No. 1 in F minor Piano Sonata N0. 1 in F minor is licensed under a Creative Commons CC-BY-ND 4.0 license. https://www.chosic.com/download-audio/46423/ https://www.steven-obrien.net/
*LIVRES DU VEILLEUR DES LIVRES* :
_CE MONDE SIMIEN_ : https://youtu.be/REZ802zpqow
*VERSION PAPIER* _(Broché)_ : https://www.amazon.fr/dp/B0C6NCL9YH *VERSION NUMÉRIQUE* _(.pdf)_ : https://payhip.com/b/VNA9W
_VOYAGE À PLOUTOPIE_ : https://youtu.be/uUy7rRMyrHg
*VERSION PAPIER* _(Broché)_ : https://www.amazon.fr/dp/
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