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EAN : 9782234085237
Éditeur : Stock (18/03/2020)
3.38/5   21 notes
Résumé :
Il y a un seul amour.Ou plutôt, n'y a-t-il qu'un seul amour ? Parle-t-on du même amour pour une œuvre ou pour l’être aimé ? Qu’en est-il de notre amour ? semble adresser Amigorena à celle qu’il aime et qui ne sera pas auprès de lui cette nuit. N’a-t-il pas déjà écrit tout au long de sa vie sur des musées, des expositions, des peintures ? Oui, cette promenade nocturne au musée Picasso sera donc une tentative de s’extraire de l’amour, de prendre la distance nécessaire... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Eve-Yeshe
  20 mai 2020

Renouant avec la série « Une nuit au musée » que j'ai découverte avec Lydie Salvayre et puis récemment Léonor de Recondo, j'ai eu envie de continuer l'aventure.
Santiago H. Amigorena nous invite à partager sa nuit au musée Picasso pour l'exposition Picasso-Giacometti où il va arpenter les couloirs du musée et tenter de dormir sur un lit de camp le reste de la nuit. Il choisit en fait, alors qu'il a l'habitude de parler d'art dans ses livres, un exercice de style particulier : écrire une lettre d'amour à sa compagne.
en fait, rien n'est simple car il est avant tout préoccupé par son histoire d'amour, l'angoisse de la séparation et le fait de passer une nuit loin d'elle est quasiment une torture. Il a emporté avec lui un livre de Bataille, « L'expérience intérieure », qu'il a lu il y a déjà longtemps mais qu'elle est en train de lire, comme une continuité entre leurs sentiments et pensées réciproques.
En fait, il va nous parler très peu de Picasso et Giacometti, contrairement à ce que l'on pouvait attendre mais surtout de son amour, des affres de cet amour, de la difficulté de l'exprimer, de ses doutes, de ses maladresses.
L'auteur évoque les peintres qu'il aime, son amour pour Vermeer depuis l'enfance : « la jeune fille à la perle », ou « La laitière » avec le lait qui coule à l'infini, hors du temps…Ou encore « La vue de Delft », on croise aussi Balthus, qui l'inspire, il aimerait se fondre dans un de ses tableaux.
Santiago H. Amigorena alterne les citations de Bataille et la lettre qu'il voudrait envoyer à son amour, parfois, il alterne tellement qu'il faut vérifier si c'est lui ou si c'est Bataille qui parle, et on se rend bien compte que son esprit est torturé.
A un moment, quand même, il lâche un peu prise, après s'être battu contre l'insomnie, et Picasso vient le chercher pour visiter l'exposition et jeter un regard critique sur ses propres toiles, et on a un dialogue qui se poursuit avec l'intervention de Giacometti qui surnomme Picasso « le Genou-qui-peint ». Ceci est assez savoureux mais il faut avoir parcouru plus de la moitié du livre pour arriver à cette rencontre.
Certes j'ai aimé les oppositions entre « Les Baigneurs » de Picasso et « Les soldats » de Giacometti, mais j'ai été un peu déçue, je m'attendais à voyager davantage dans l'oeuvre des deux artistes que dans les tourments de l'auteur. Par contre, il peut devenir lyrique lorsqu'il évoque Vermeer que j'aime énormément ou Edward Hopper qui me fascine également.
Plus loin à l'étage, j'ai retrouvé ces Baigneurs que Picasso, tels des soldats chinois, a bâtis plus que sculptés, immense armée de bronze aussi solide que les Soldats, la forêt de fantassins de Giacometti qui lui faisait face pendant l'exposition, est fragile. J'ai regardé les Baigneurs. J'ai regardé les Soldats. Les guerriers de Picasso étaient aussi féroces que les fantassins de Giacometti sont à jamais timides, craintifs, effarouchés.
J'aime beaucoup la manière dont il parle, non seulement de l'art en général, mais surtout de la littérature, des mots, de la langue auxquels il rend un véritable hommage au fil des pages…
Le mot est ce qui reste, dans la langue, de cet instant qui précède le poème et qui ne demande pas à être écrit.
Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer avec « La leçon de ténèbres » de Léonor de Recondo qui m'avait permis de mieux connaître El Greco qui était omniprésent dans le livre et qu'elle avait suivi aussi bien dans le musée que dans sa maison…
J'ai encore d'autre auteurs de cette collection à découvrir, notamment Kamel Daoud avec « le peintre dévorant la femme ».
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Stock qui m'ont permis de découvrir ce livre et de connaître un peu plus son auteur.
#Ilyaunseulamour #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Bazart
  16 juin 2020
Santiago H Amigorena a fait paraître en août 2019 son dixième roman, le Ghetto intérieur, particulièrement soutenu par les libraires et présent dans la sélection de nombreux prix.
Dans sa dernière parution à ce jour, Il y a un seul amour , récit littéraire érudite et épistolaire, il détaille sa promenade nocturne au musée Picasso comme une tentative de s'extraire de l'amour, de prendre la distance nécessaire pour tenter d'y mettre des mots.
L'auteur s'est immergé dans ce musée pour qu'il s'imprègne des collections le temps d'une nuit.
L'occasion de sonder avec pudeur et profondeur le sentiment amoureux, l'écriture, les oeuvres, et ce qui inextricablement les lie.
Une ballade poétique et érudite
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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lapilealire
  01 août 2020

En acceptant de passer une nuit dans un musée célèbre à un moment déserté de la foule, l'auteur nous offre le privilège de pénétrer les secrets d'un monument abritant les oeuvres d'un peintre et d'un sculpteur mythiques tout en orchestrant un dialogue fascinant entre deux formes d'amour. Une question centrale découlera de ses réflexions : l'amour de le l'art peut-il remplacer l'amour entre un homme et une femme ?
S'agit-il pour l'écrivain d'un privilège ou d'une pénitence ? En relisant certains passages de son récit, on comprend rapidement que Santiago H. Amigorena oscille entre les deux. Privé de la présence de sa compagne, il nous dévoile le manque qui l'envahit et choisit de se livrer à un questionnement presque métaphysique sur l'amour et sa nature.
Est-il possible de le définir une fois pour toute et de dépasser les contradictions qu'il évoque? Privé de sa compagne, l'amour de l'art et la peinture lui permettront-il de trouver des réponses à ces questionnements qui semblent le hanter ?
Rapidement, l'auteur nous captive. Pourquoi donc avoir accepté de participer à cette curieuse aventure ? Quel sens donner à cette étrange séparation si ce n'est en consacrant la nuit et en défiant la solitude qu'elle entraîne par l'écriture. Se séparer pour mieux se retrouver, faire des retrouvailles un moment unique, un nouveau départ peut-être.
Avant que la nuit ne tombe, il lui faudra prendre ses marques dans cet hôtel dont les conditions de vie seront assez rudimentaires : un lit de camp et une petite table tenant lieu de bureau, un plateau-repas en guise de dîner. le temps est donc venu de savourer, de pouvoir contempler minutieusement les tableaux et les sculptures, de s'imprégner de leur histoire, de se laisser aller à la contemplation pour enfin s'évader. Mais la magie ne prend pas, une distance hermétique semble s'installer entre notre spectateur et l'univers qui l'entoure.
Il tente alors de s'immerger dans un autre récit que le sien, l'Expérience intérieure de Georges Bataille, comme pour mieux se rapprocher de sa compagne absente qui a entamé la lecture de l'ouvrage quelques semaines plus tôt. Mais après quelques passages, il souhaite donner une nouvelle chance aux oeuvres qui l'entourent. Une dernière promenade parmi les allées de l'Hôtel Salé lui permettra-t-elle de s'immerger dans l'histoire de cet endroit imposant ? Non, décidément, c'est peine perdue : aucune de ses peintures ne parviennent à combler le vide qui s'est installé en lui.
Alors qu'il tente désespérément de s'endormir pour mieux échapper à son manque, son monologue intérieur reprend de plus belle. Ses pensées continuent leur interminable va-et-vient et se changent en véritables confessions sur le rôle de l'écriture. L'intime prend la place du récit, prenant presque la forme d'une lettre où s'évacuent les peurs et les doutes et où Santiago H. Amigorena revient sur son parcours d'écrivain.
Le sommeil finira par l'emporter, la longue nuit s'interrompt enfin pour lui offrir un moment de répit.
Les barrières finissent enfin par tomber et le rêveur prend enfin possession des lieux. Accompagné de Picasso et de Giacometti, l'auteur se laisse emporter par le monde de l'art et nous offre finalement la visite guidée tant espérée. de Goya à Vermeer, en passant par Balthus, le dormeur éveillé nous partage ses impressions. Des instants uniques et étranges qui mettent habilement en valeur le pouvoir inégalé de l'imagination.
Il y a un seul amour est un récit intemporel nous partageant une expérience des plus singulière et insolite et qui parvient à nous offrir un moment d'évasion des plus original. L'ambiance qui s'en dégage est assez particulière, presque irréelle.
Grâce à une plume des plus envoûtante, nous suivons les tribulations d'un écrivain nous livrant un voyage intérieur tour à tour sombre, troublant et lumineux. Les questions soulevées quant à la nature humaine perturbent tout autant qu'elles passionnent. Un récit subtil nous ouvrant un vaste espace d'érudition, un parcours parsemé de poésie agrémentée d'une belle dose de lyrisme.
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DianeRocch
  28 novembre 2021
C'est l'auteur Amigorena que l'on (re)découvre arpentant les allées du musée Picasso pour passer une nuit seul à méditer, revenir sur le passé et explorer le présent. Exercice ou je dirai plutôt expérience qu'il a accepté de vivre et s'épancher sur l'amour. Notion vaste et si vitale, poser les bons mots, s'approcher avec des mots et des formules de ce sentiment si puissant, dévastateur et pourtant qui nous anime tous profondément : filial, charnel, passionnel, l'amour des choses, l'amour de l'art, de l'écriture, du beau…
C'est accompagné des oeuvres du génie Giacometti (exposition temporaire au musée) qu'Amigorena va se laisser aller à ses rêveries éveillées, les sculptures uniques vont l'accompagner pour réfléchir à sa relation amoureuse, la disparition, la séparation, l'amour toujours. Il fait un joli rêve où Picasso le guide, revient sur son oeuvre, discute, ce passage est très spirituel et profond.
Si on en apprend plus sur les goûts littéraires et artistiques d'Amigorena, c'est véritable à la langue, à l'emploi des mots qu'il rend hommage dans ce texte et au profit de la belle cause de l'amour. Mais parfois les notions deviennent vagues et on perd le fil, ne sachant plus qui parle et j'ai un peu perdu la force du propos.
Je connais bien la série « Une nuit au musée », qui est un concept original touchant à l'intime des auteurs à travers une expérience unique mais cette édition m'a un peu moins transcendé que précédemment.
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letilleul
  26 avril 2020
Ce récit de Santiago H. Amigorena est l'histoire d'une nuit passé seul, enfermé dans les salles vides du musée Picasso loin de son amour et du coup résonne sur la notion de confinement d'enfermement.
Cette collection propose à plusieurs auteurs de renom de travailler autour d'une oeuvre, d'un musée et ici il y a une belle introspection entre les questions d'amour et les oeuvres d'art du musée Picasso. Tenant résolument le fil de l'amour, Amigorena attend, dans le sommeil et les rêves, que les oeuvres le guident et lui apportent quelques réponses. Dans cette nuit de solitude forcée, où s'invitent Picasso, Giacometti ou encore Vermeer et Bataille, il explore avec pudeur et profondeur le sentiment amoureux, l'écriture, les oeuvres, et ce qui inextricablement les lie. Une lecture brève courte et de haut niveau.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   20 mai 2020
L’amour a-t-il une histoire ? Peut-il être étudié, annoté, disséqué ? L’amour est-il une suite d’événements qui peuvent former un récit, une chronique ? Peut-on rendre compte de l’amour ? Peut-on en faire le compte rendu ?
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letilleulletilleul   26 avril 2020
L’amour a-t-il une histoire ? Peut-il être étudié, annoté, disséqué ? L’amour est-il une suite d’événements qui peuvent former un récit, une chronique ? Peut-on rendre compte de l’amour ? Peut-on en faire le compte rendu ?
Ou est-ce plutôt inévitablement une fable, un mythe, la matière d’une nouvelle, d’un roman, d’un poème ?
Aimer se mérite-t-il, se gagne-t-il ? Aimer est-il un prix – ou a-t-il un prix ?
Et qu’en est-il d’« être aimé » ? Être aimé est-il une satisfaction, ou une sanction ?
Peut-on chercher l’amour ? Peut-on le trouver ? Peut-on aimer un être comme on aime un paysage, un goût, un parfum, une musique, un livre – un tableau ?
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille   01 octobre 2020
On continue de chercher la beauté dans le corps ou dans l'âme selon des critères, superficiels ou profonds, qui ont tous le même défaut : ils sont fondés sur nos goûts ou sur ceux de notre culture, de notre époque, ou sur le conflit des deux, et ils se prononcent sur la courbe d'une épaule, sur la couleur des iris, sur la fermeté d'une poitrine, sur le grain d'un épiderme ou bien sur la tendresse d'un sourire, sur la tonalité d'une voix, sur la fluidité de la formulation d'une pensée, mais ils tiennent rarement compte de cette donnée supérieure qui est leur rapport au vrai - au vrai dans la beauté ou la laideur, au vrai dans le plaisir ou la souffrance.
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MatatouneMatatoune   07 mai 2020
Mais plus j'observais les oeuvres, plus elles m'echappaient : visiteur cupide du musée dépeuplé. J'étais là, et j'étais absent, absolument absent. Je voulais voir et mon désir, ma volonté de voir et mon désir, ma volonté de voir aveuglaient mon regard.
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille   01 octobre 2020
Le mot n'est pas la parole. La parole lance, distribue. Le mot tait, reviens vers soi. La parole évoque le bavardage incessant des cigales ; le mot, le silence assourdissant du regard mélancolique d'une vache. La parole est multiple, finie parce qu'elle est infinie. Le mot est unique, inépuisable. La parole peut être dramatique, lyrique, épique ; elle peut produire de la prose, des vers libres, des alexandrins. Le mot se réfère à l'instant ou le monde nous parle cette langue limpide qu'on ne peut traduire, ce langage sensible que nous comprenons mais que nous ne connaissons pas.
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