AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782020984652
324 pages
Éditeur : Seuil (21/08/2008)

Note moyenne : 2.45/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Le Marché des amants est un roman sur les frontières de l'amour. Cela se passe à Paris, de nos jours, dans une société qui se transforme. Des mondes se croisent, s'affrontent, se mélangent. Les vieux territoires s'aboliront peut-être, mais il y a encore des murs. Une femme blanche rencontre un homme métis, Bruno. Ils n'ont a priori rien à faire ensemble. Mais leur histoire d'amour déjoue les prévisions. Il y a aussi Marc avec qui tout serait sans doute plus simple, ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  11 février 2016
Bon, je sais que Christine Angot n'est pas populaire, mais ne nous laissons pas intimider.
Je poursuis mon cheminement dans son oeuvre, elle m'intéresse.
Au début de cet opus, je me suis dit : non mais c'est quoi ce style horrible, elle écrit si bien dans "Inceste", "Un amour impossible", et là, c'est quoi ces imparfaits au lieu des passés simples ? On aimerait au moins des passés composés : "il me raccompagnait à ma place...j apercevais un type...le lendemain un type ...venait à mon stand..." J 'avais envie de tout barrer au crayon rouge et de mettre "temps ! " dans la marge. Et aussi de sanctionner tous les "on". Ca m'a gênée longtemps, je ne m'y suis jamais totalement habituée, mais les qualités du reste ont pris le dessus, et j'ai fini par me dire, après tout, ce sont les écrivains qui font la langue. le Gaffiot, c'est Cicéron, le latin, c'est Cicéron. Admettons cet emploi de l'imparfait comme temps de l'action ponctuelle et bornée. Pourquoi pas. Christine n'est pas en première, et elle a fait ses preuves.
Et puis le reste, c'est quand même très bien.
Une femme, deux hommes, puis un troisième qui se profile, mais rien de classique, là encore.
Pas de vaudeville, pas de tragédie, pas de romanesque. La vie. Mais restructurée.
Christine rencontre un homme, la cinquantaine, bon bourgeois assis dans un fauteuil de directeur de journal, intellectuel, intelligent, fin, faillible. Il lui dit qu'il est tombée amoureux d'elle, alors elle se met à douter de la relation qu'elle vit, à cette époque, avec Bruno, dont elle est déjà en train de se détacher.
Ensuite, grand flash back : l'histoire de sa relation avec Bruno. Bruno Beausir, alias Doc Gyneco, rappeur français, à l'époque sarkoziste (et qui va le payer cher). Bruno, c'est le contraire du journaliste, c'est le XVIIIème arrondissement (pas la banlieue, le XVIIIème, ce n'est pas pareil), le titi, les copains drogués, délinquants, la galère, la musique, le rap. le portrait de Bruno est extrêmement réussi, fin, tendre, profond, et je crois que le rappeur a l'intelligence d'en être satisfait (voir interviews), ce qui confirme l'analyse d'Angot sur leur proximité, leurs liens, leurs affinités. Bruno est le risque, l'authenticité, la vie réelle contre la vie en cocon du journaliste bourgeois de la rive gauche. Cliché ? Non, réalité. Angot y réfléchit. Elle combat le cliché.
Elle même, on l'assimile, et Bruno le premier, à cette "gauche caviar". Or, si on a lu "Un amour impossible", on sait qu'il n'en est rien. Christine Angot n'est pas une bobo de la rive gauche. Qu'est-elle ? Que veut-elle ? Et nous, lecteurs, qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Sommes-nous en train de nous mentir, de "jouer" (grande frayeur de Bruno et Christine, les gens qui jouent, avec les autres, qui jouent à se faire peur...) Les interrogations de la narratrice deviennent les nôtres. Christine et Bruno sont rejetés de tous les côtés, doucement mais sûrement, par des gens qui se croient ouverts mais demeurent étonnamment étriqués. Bruno s'exclut lui-même du "milieu" de Christine, mais c'est qu'ils sont soumis à des forces sociales qui les dépassent. On retrouve là un avant-goût de ce qui sera "Un amour impossible", avec Christine dans le rôle de son père, et Bruno dans celui de sa mère et, quoiqu'ils soient tous les deux des personnes de bonne volonté (à la différence du père de Christine) ils échoueront de même.
Echec dû aussi à la personnalité de chacun. Christine n'est donc pas condamnée à se ranger auprès d'un directeur de journal pusillanime.
Le texte vaut par la complexité des lignes qu'il dessine entre les humains, par son absence d'illusions romanesques et pourtant l'omniprésence du désir et de l'amour qui cherchent à briser toutes les barrières, par la représentation d'une quête humble de la liberté libre dans le quartier de la Madeleine, par le dévoilement sur un rythme moderne des hypocrisies sociales ancestrales, par la parole vivante d'une femme qui, doucement mais sûrement, ne renonce jamais.
Tant pis pour les imparfaits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          191
Croquignolle
  14 avril 2018
J'ai décidé de lire ce livre d'abord pour son titre qui laisse s'épanouir l'imaginaire et pressentir de belles aventures et de lumineux voyages.
Ce roman était en ma possession avant même d'avoir entendu parler de Christine Angot pour ses prises de position et ses interventions dans l'émission de Ruquier.
Cette femme, qu'à priori j'aurais tendance à rejeter pour sa franchise dérangeante, m'a ouvert un univers sensible, riche et précaire à travers ce récit. Je me suis attachée à l'héroïne-auteure au fil des pages qui m'a fait quitter son image facile de prédatrice féroce pour découvrir celle touchante d'oisillon fragile qu'on a envie de protéger.
Ce livre parle avant tout d'amour, avec un grand A. Celui qui rend libre, qui donne des ailes, qui épanouit et fait vivre. Mais aussi celui qui rend vulnérable, qui révèle notre côté sensible, pointe les manques qu'on aime si bien cacher et révèle nos comportements parfois grotesques, maladroits, malhabiles ou malheureux.
Christine et Bruno... Une femme blanche, un homme noir. Deux mondes, deux univers, deux pays aux frontières difficilement perméables qui se cherchent, se rencontrent, s'apprivoisent, se perdent, se retrouvent, s'encouragent, se complètent, s'oublient, se blessent, se bonifient, s'ouvrent devant les autres qui n'y comprennent rien, ou pas grand chose.
Et ça touche... juste là où ça fait du bien, juste là où ça fait mal.
Ce livre est un voyage déstabilisant et émouvant au coeur de la vie. C'est un voile qu'on lève sur une tranche d'humanité attachante.
Je ne percevrai plus jamais Christine Angot de la même manière. Et j'en suis heureuse.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
milgoul
  18 décembre 2010
Dans ce récit autobiographique, Christine Angot évoque un pan de sa vie sentimentale et tout particulièrement -mais pas uniquement- sa relation avec Bruno Beausir plus connu sous le pseudonyme de "Doc Gynéco".
L'ouvrage n'a aucun intérêt ni sur le plan psychologique ni sur le plan sociologique. Par exemple, Angot ne fait que de trop rares remarques sur le fossé existant entre l'univers de Bruno Beausir (la banlieue, le rap, etc.) et le sien (la gauche parisienne très bobo) alors que cela aurait été, à mon sens, très intéressant de creuser cet aspect.
L'ouvrage n'a également aucun intérêt littéraire. le style est d'une platitude ! Et Angot - à grand renfort de narcissisme, de nombrilisme - accable le lecteur de détails totalement inutiles (comment elle était habillée tel et tel jour, ce qu'elle a mangé, etc.).
Enfin, l'ouvrage est extrêmement impudique. Il y a des passages sur la vie sexuelle entre Angot et le rappeur et surtout Angot ne cache rien de ses sentiments et de ses actes (qui révèlent, qui plus est, une grande immaturité couplée à une profonde vulnérabilité mais Angot n'en est pas pour autant attachante...).
En somme, voici un ouvrage insignifiant, ennuyeux et même parfois exaspérant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          111
ChezVolodia
  15 septembre 2018
Décidemment, Angot n'est pas ma tasse de thé. Cela fait le troisième livre que je m'efforce d'ingurgiter en essayant d'occulter toutes les critiques bonnes et/ou mauvaises lues sur ceux-ci et, ça ne passe pas.
Les livres d'Angot tourne en boucle sur l'inceste, ses histoires de culs, son égocentrisme et son hystérie qui vous ferait l'inviter à prendre un lexomil histoire qu'elle se détende un peu, et évite de nous abrutir les yeux avec ses écrits mal ficelés, énonçant des platitudes et surtout faisant étalage de ses préférences ? et/ou pratiques sexuelles qu'elle nous assène à longueur de livres. Après chacun ses goûts fussent-ils mauvais. Un homme décrirait les pratiques intimes de son couple on le traiterait de goujat ! Bien qu'elle soit une femme, je la qualifie, moi, de "non gentleman" !
Dans ce livre Christine Angot nous conte par le menu, sa relation avec Bruno Beausir Alias Doc Gynéco, mais également son attirance pour un certain marc, quarantenaire en couple qui malgré une déclaration enflammée au sortir d'un dîner, ne franchit toujours pas le cap de laisser sa compagne pour se mettre en couple avec elle. S'ensuivent des conversations téléphoniques surréalistes ou elle l'assomme de reproches puérils sortis de son esprit torturé, et lui se confond en excuses pour son inconsistance.
Son histoire avec le sieur Beausir n'est guère plus heureuse, celui-ci parallèlement à l'aventure qu'il vit avec elle, continu d'entretenir des relations avec son ex-compagne, mère de ses trois enfants et ne semble guère disposer, lui non plus, à tout laisser tomber pour elle sachant qu'il peut la "trousser" entre deux portes et/ou débarquer chez elle selon son bon vouloir.
Le moins que l'on puisse dire est qu'en plus d'avoir la cuisse légère, la modestie n'étouffe pas, dame Angot, qui tient à nous signaler le fossé, que dis-je le Grand Canyon qui sépare le "milieu littéraire" qu'elle fréquente, avec celui de son amant métis antillais, sortant lui, d'une HLM de la Porte de la Chapelle. Chacune des deux parties se demandant comment cela va finir, ce qui les attire l'un envers l'autre. En bref, elle s'ébaubie elle-même pseudo intellectuelle de gauche, de ce qui les rapproche et les lie l'un à l'autre, tout en s'interrogeant sur le qu'en-dira-t-on de ses relations d'écrivallonne blanche amoureuse d'un rappeur de couleur....!
Dans son livre, Angot fait passer Mr Beausir pour un inculte, alors qu'elle... Mais qui est-elle au juste : une fille illégitime élevée dans une HLM de province, violée (ou plutôt sodomisée) par son père, et qui se donne des airs d'intellectuelle effarouchée lorsqu'on la sort de sa zone de confort, entendez le quartier St Augustin ou elle réside et/ou le St Germain des Prés des m'as-tu-vu.
Bref, c'est le dernier livre que je lis de cette dame si on peut encore la considérer comme telle !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
florene1408
  09 mars 2021
Une histoire d'amour avec un grand A même si celle ci est loin d'être conventionnelle.
J'ai été envieuse de savoir comment se comportait doc gyneco alias Bruno avec les femmes et plus particulièrement Christine.
Car il a la réputation d'être un homme à femmes..
Mais dans tout ceci on peut dire que il y a de l'amour entre un homme et une femme dont tout les oppose.
Malgré les critiques j'ai osé passer le pas de lire ce livre.
Et j'ai aimé.
Commenter  J’apprécie          140

Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   02 octobre 2011
[ Incipit ]

Marc était chaleureux et sympathique, il avait envie de rapports intimes, tout en étant réservé il aimait parler. C’était un intellectuel de la rive gauche, décontracté, rieur, pas très grand, petites lunettes pour lire qu’il posait sur le bout du nez au lieu de les mettre et de les enlever, il lisait la carte au restaurant puis levait les yeux par-dessus pour vous parler. Il avait une voiture pour les longues distances, un scooter pour aller d’un rendez-vous à un autre en évitant les encombrements, un vélo parce qu’il aimait ça : sa pensée restait active, pendant qu’il se déplaçait à un rythme tranquille, en silence, il réfléchissait. Il aimait faire le marché, la cuisine aussi. Les cèpes. De temps en temps un très bon restaurant. Il aimait bien. Il s’occupait de ses enfants, même s’il les voyait peu, il était séparé de leur mère depuis trois ans. Il travaillait beaucoup. Il avait toujours beaucoup travaillé. Il faisait une belle carrière, il avait un bon salaire. Il habitait dans le quartier de Paris qui correspondait à ses centres d’intérêt, et lui permettait en même temps d’avoir une vie de famille. Le quatorzième.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
CroquignolleCroquignolle   26 mars 2018
Sur Internet, il y avait une photo de Bruno, où il avait les yeux hagards, et un sourire ébloui, qui me bouleversaient. Ses yeux étaient des soleils trop brillants pour ce monde, trop fous, trop beaux, trop à part.
Commenter  J’apprécie          100
CroquignolleCroquignolle   19 mars 2018
- T'as vu Dogville ?
- Oui.
- Ben alors !
- T'as vu Breaking the waves ?
- Oui.
- Ben alors !
- T'as vu Roméo et Juliette ?
- Oui.
- Ben alors ! On est au-dessus de ça ou pas ?
- ...
- La réponse est dans la question. Oui, parce qu'on est vivants.
Commenter  J’apprécie          52
florene1408florene1408   09 mars 2021
P212
Je présentais Jean à mon père, pour qu'il lui dise d'arrêter, moi j'avais échoué. Quelques jours plus tard, sur le ton des choses qu'il fallait que je sache, mon père me disait que "sur le marché des amants un Noir vaut moins qu'un Blanc. Que c'était une évidence, c'était presque son rôle de père, éducatif, de me prévenir. Je le racontais à Bruno. Il me disait : ah bon que sur le marché des amants ? Je savais pas que il y avait que sur le marché des amants, ça va bien alors.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Lea25Lea25   08 mai 2013
Vous vous êtes rencontrés parce que les contraires s'attirent, mais vous êtes trop différents, vous ne resterez pas ensemble. Les différences ça s'attire mais ce n'est pas durable.
Commenter  J’apprécie          70

Videos de Christine Angot (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christine Angot
Christine Angot fait polémique après ses propos sur l'esclavage
autres livres classés : roman autobiographiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
4027 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre

.. ..