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ISBN : 2757814591
Éditeur : Points (20/08/2009)

Note moyenne : 2.28/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Le Marché des amants est un roman sur les frontières de l'amour. Cela se passe à Paris, de nos jours, dans une société qui se transforme. Des mondes se croisent, s'affrontent, se mélangent. Les vieux territoires s'aboliront peut-être, mais il y a encore des murs. Une femme blanche rencontre un homme métis, Bruno. Ils n'ont a priori rien à faire ensemble. Mais leur histoire d'amour déjoue les prévisions. Il y a aussi Marc avec qui tout serait sans doute plus simple, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  11 février 2016
Bon, je sais que Christine Angot n'est pas populaire, mais ne nous laissons pas intimider.
Je poursuis mon cheminement dans son oeuvre, elle m'intéresse.
Au début de cet opus, je me suis dit : non mais c'est quoi ce style horrible, elle écrit si bien dans "Inceste", "Un amour impossible", et là, c'est quoi ces imparfaits au lieu des passés simples ? On aimerait au moins des passés composés : "il me raccompagnait à ma place...j apercevais un type...le lendemain un type ...venait à mon stand..." J 'avais envie de tout barrer au crayon rouge et de mettre "temps ! " dans la marge. Et aussi de sanctionner tous les "on". Ca m'a gênée longtemps, je ne m'y suis jamais totalement habituée, mais les qualités du reste ont pris le dessus, et j'ai fini par me dire, après tout, ce sont les écrivains qui font la langue. le Gaffiot, c'est Cicéron, le latin, c'est Cicéron. Admettons cet emploi de l'imparfait comme temps de l'action ponctuelle et bornée. Pourquoi pas. Christine n'est pas en première, et elle a fait ses preuves.
Et puis le reste, c'est quand même très bien.
Une femme, deux hommes, puis un troisième qui se profile, mais rien de classique, là encore.
Pas de vaudeville, pas de tragédie, pas de romanesque. La vie. Mais restructurée.
Christine rencontre un homme, la cinquantaine, bon bourgeois assis dans un fauteuil de directeur de journal, intellectuel, intelligent, fin, faillible. Il lui dit qu'il est tombée amoureux d'elle, alors elle se met à douter de la relation qu'elle vit, à cette époque, avec Bruno, dont elle est déjà en train de se détacher.
Ensuite, grand flash back : l'histoire de sa relation avec Bruno. Bruno Beausir, alias Doc Gyneco, rappeur français, à l'époque sarkoziste (et qui va le payer cher). Bruno, c'est le contraire du journaliste, c'est le XVIIIème arrondissement (pas la banlieue, le XVIIIème, ce n'est pas pareil), le titi, les copains drogués, délinquants, la galère, la musique, le rap. le portrait de Bruno est extrêmement réussi, fin, tendre, profond, et je crois que le rappeur a l'intelligence d'en être satisfait (voir interviews), ce qui confirme l'analyse d'Angot sur leur proximité, leurs liens, leurs affinités. Bruno est le risque, l'authenticité, la vie réelle contre la vie en cocon du journaliste bourgeois de la rive gauche. Cliché ? Non, réalité. Angot y réfléchit. Elle combat le cliché.
Elle même, on l'assimile, et Bruno le premier, à cette "gauche caviar". Or, si on a lu "Un amour impossible", on sait qu'il n'en est rien. Christine Angot n'est pas une bobo de la rive gauche. Qu'est-elle ? Que veut-elle ? Et nous, lecteurs, qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Sommes-nous en train de nous mentir, de "jouer" (grande frayeur de Bruno et Christine, les gens qui jouent, avec les autres, qui jouent à se faire peur...) Les interrogations de la narratrice deviennent les nôtres. Christine et Bruno sont rejetés de tous les côtés, doucement mais sûrement, par des gens qui se croient ouverts mais demeurent étonnamment étriqués. Bruno s'exclut lui-même du "milieu" de Christine, mais c'est qu'ils sont soumis à des forces sociales qui les dépassent. On retrouve là un avant-goût de ce qui sera "Un amour impossible", avec Christine dans le rôle de son père, et Bruno dans celui de sa mère et, quoiqu'ils soient tous les deux des personnes de bonne volonté (à la différence du père de Christine) ils échoueront de même.
Echec dû aussi à la personnalité de chacun. Christine n'est donc pas condamnée à se ranger auprès d'un directeur de journal pusillanime.
Le texte vaut par la complexité des lignes qu'il dessine entre les humains, par son absence d'illusions romanesques et pourtant l'omniprésence du désir et de l'amour qui cherchent à briser toutes les barrières, par la représentation d'une quête humble de la liberté libre dans le quartier de la Madeleine, par le dévoilement sur un rythme moderne des hypocrisies sociales ancestrales, par la parole vivante d'une femme qui, doucement mais sûrement, ne renonce jamais.
Tant pis pour les imparfaits.
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milgoul
  18 décembre 2010
Dans ce récit autobiographique, Christine Angot évoque un pan de sa vie sentimentale et tout particulièrement -mais pas uniquement- sa relation avec Bruno Beausir plus connu sous le pseudonyme de "Doc Gynéco".
L'ouvrage n'a aucun intérêt ni sur le plan psychologique ni sur le plan sociologique. Par exemple, Angot ne fait que de trop rares remarques sur le fossé existant entre l'univers de Bruno Beausir (la banlieue, le rap, etc.) et le sien (la gauche parisienne très bobo) alors que cela aurait été, à mon sens, très intéressant de creuser cet aspect.
L'ouvrage n'a également aucun intérêt littéraire. le style est d'une platitude ! Et Angot - à grand renfort de narcissisme, de nombrilisme - accable le lecteur de détails totalement inutiles (comment elle était habillée tel et tel jour, ce qu'elle a mangé, etc.).
Enfin, l'ouvrage est extrêmement impudique. Il y a des passages sur la vie sexuelle entre Angot et le rappeur et surtout Angot ne cache rien de ses sentiments et de ses actes (qui révèlent, qui plus est, une grande immaturité couplée à une profonde vulnérabilité mais Angot n'en est pas pour autant attachante...).
En somme, voici un ouvrage insignifiant, ennuyeux et même parfois exaspérant.
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Diegocuesta
  21 septembre 2015
Premier Angot que je lis, j'avoue que j'avais envie d'essayer et la jolie pochette (des seins, une main noire, une main blanche) m'a poussé à l'acheter. J'avais pas compris au début que ça parlait de Doc Gyneco... Bon, c'est pas si indispensable mais ça peut clairement être un argument marketing intéressant pour faire un carton.
Je n'ai pas été particulièrement enchanté par l'écriture d'Angot, je l'ai pas trouvée nulle pour autant. Il se passe pas grand chose, vraiment pas grand chose, c'est simplement des faits, juste des faits, les faits simples d'une histoire d'amour, des faits qui nous rappellent les nôtres avec nos hésitations, nos pulsions, nos passions, nos déceptions... A ce niveau-là, on ne peut rien reprocher à Angot qui décrit fidèlement son couple dans les moindres détails. C'est par ces détails que l'on comprend la psychologie de Bruno alias Doc Gyneco. C'est une des grandes forces de ce livre : le super travail de décryptage de personnalité qui m'ont vraiment fait apprécier le rappeur français.
Pour le reste, on lit ce livre comme on lit un journal intime. Ca nous touche un peu, parce qu'on a connu ça aussi, mais quand on l'a fermé on l'a déjà un peu oublié.
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sophiebib
  31 octobre 2008
Cela ne valait pas le déchainement de la critique dans un sens comme dans l'autre, Christine Angot reste elle-même : une femme malheureuse qui doute de tout surtout de l'amour des hommes et qui n'a aucune pudeur à le raconter, on peut douter de sa crédulité mais arrivée à ce point elle ne peut qu'être réelle...
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zelig
  10 avril 2011
Il y a les Pour. Il y a les Contre. Les un peu Pour. Et les farouchement Contre. J'avoue, je suis dans le camp des Pour. Depuis longtemps. Sur le tard. Depuis ce lendemain de prestation télévisée que j'avais trouvée fascinante, gênante. Pour. Depuis cette impression étrange d'une proximité alors que je suis à des années lumières. Pour. Parce qu'en deux mois, à cette époque, j'avais tout ingurgité de son oeuvre. Oui. Son Oeuvre. Majuscule. Je me sentais mal. Mais Pour. Il y avait cette fragilité, cette mauvaise foi, cette hystérie… Cette élocution, tête baissée, à débattre avec le sol. Monologue. Pour. Mais ses livres. Désordonnés. Fiévreux. Insupportables. Attirants. Je me faisais voyeur. Puis il y a le marché des amants. Aujourd'hui. Déchiré. Détruit. Brûlé. Trop people. Trop truc. Trop machin. Con comme la lune. Insipide. Angot cul-cul…

Lien : http://lirevoirentendre.blog..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   02 octobre 2011
[ Incipit ]

Marc était chaleureux et sympathique, il avait envie de rapports intimes, tout en étant réservé il aimait parler. C’était un intellectuel de la rive gauche, décontracté, rieur, pas très grand, petites lunettes pour lire qu’il posait sur le bout du nez au lieu de les mettre et de les enlever, il lisait la carte au restaurant puis levait les yeux par-dessus pour vous parler. Il avait une voiture pour les longues distances, un scooter pour aller d’un rendez-vous à un autre en évitant les encombrements, un vélo parce qu’il aimait ça : sa pensée restait active, pendant qu’il se déplaçait à un rythme tranquille, en silence, il réfléchissait. Il aimait faire le marché, la cuisine aussi. Les cèpes. De temps en temps un très bon restaurant. Il aimait bien. Il s’occupait de ses enfants, même s’il les voyait peu, il était séparé de leur mère depuis trois ans. Il travaillait beaucoup. Il avait toujours beaucoup travaillé. Il faisait une belle carrière, il avait un bon salaire. Il habitait dans le quartier de Paris qui correspondait à ses centres d’intérêt, et lui permettait en même temps d’avoir une vie de famille. Le quatorzième.
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Lea25Lea25   08 mai 2013
Vous vous êtes rencontrés parce que les contraires s'attirent, mais vous êtes trop différents, vous ne resterez pas ensemble. Les différences ça s'attire mais ce n'est pas durable.
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Lea25Lea25   08 mai 2013
Quand ils entendent le mot amour il sortent leur dictionnaire.
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Lea25Lea25   08 mai 2013
Ils disent qu'on est un couple improbable
Pour nous pas de cristallisation à la Stendhal
Si on s'aime vraiment ils n'atteindront pas notre cœur.
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Videos de Christine Angot (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christine Angot
Christine Angot sur le plateau de Thierry Ardisson. Archive INA.
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