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ISBN : 9791028107093
Éditeur : Bragelonne (14/03/2018)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 107 notes)
Résumé :
« Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront
le dos à cet amour dingue, car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres, cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires. »

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (72) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  17 avril 2018

Lire peut nuire gravement à votre santé.
Du moins, à en croire de nombreuses accroches en quatrième de couverture, vous devez vraiment modérer votre consommation de romans à suspense.
"Impossible à lâcher !", par exemple, est un leitmotiv récurrent.
C'est quand même hyper embêtant quand un livre vous colle aux doigts à ce point-là. Tellement adhésif que vous devez l'emmener partout avec vous. Et une fois la dernière page tournée, vous devez tellement tirer dessus pour vous en défaire que vous sentez la peau de vos mains écorchées partir en lambeaux.
"Le livre de vos nuits blanches !"
Enchaîner les insomnies n'est pas non plus conseillé.
Vous ne dormirez plus, vous allez entamer votre roman à 21h00 et à 06h00 du matin vous y serez toujours. Vous lutterez chaque nuit contre la fatigue à grand renfort de guronsan et de red bull. Jusqu'à ressembler à un zombie en permanence. Toujours à lutter contre vos yeux qui se ferment pour pouvoir lire un chapitre supplémentaire.
"A vous couper le souffle !"
C'est sans doute le pire. Etre tellement absorbé par une histoire que vous en oubliez de respirer. Il n'y a plus qu'à espérer qu'un tiers préviendra les urgences à temps pour permettre à votre cerveau de se réoxygéner avant que les dégâts ne soient irréparables.
Sinon c'est la mort assurée.
Décidément, les lecteurs de thriller vivent dangereusement.
Si j'admets volontiers m'être parfois couché plus tard qu'à mon habitude pour lire un dernier chapitre ou terminer un roman passionnant, je n'en peux plus par contre de ces encarts publicitaires qui rivalisent de non-imagination éditoriale.
Pour une fois, ça n'est pas le cas ici. Et c'est tellement rare que je me devais de le signaler.
"Un roman d'une noirceur folle, traversé de moments de grâce."
Ces mots de Michaël Mathieu ( je rends à César ce qui est à César ) illustrent à merveille le roman de Solène Bakowski.
Je n'aurais pas pu mieux dire mieux avec mes propres mots, alors je me permets l'emprunt de cette formule particulièrement appropriée, qui résume ce que j'ai moi-même ressenti à cette lecture.
Une bonne intention est un roman suffocant, mais qui vous laisse parfois reprendre votre respiration, sans que ça nécessite une intervention du Samu.
Vos jours ne seront donc exceptionnellement pas en danger.
En revanche, on ne peut pas en dire autant pour ceux de la famille Martin.
Tout commence avec l'enterrement de Karine, une femme qui a mis un terme à sa pénible existence. Atteinte d'une sévère dépression, elle abandonne derrière elle un époux ( Nicolas ) et leur petite fille ( Mathilde ).
Après son décès, Nicolas, inconsolable, perdra pied avec la réalité.
"Je ne savais pas que les papas ça pleurait. Mais c'est bête, j'aurais du m'en douter, ils sont pareils que nous en fait, ils ont le droit d'avoir de la peine."
Littéralement fou de douleur, il parle à la défunte ( "Sans toi, je ressemble à rien, tu me manques tellement." ). Il se comporte bizarrement avec sa fille qui, à neuf ans, ressemble de plus en plus à sa mère, à la femme qui lui manque chaque jour davantage.
Un an environ après le suicide de Karine, un nouveau drame vient frapper les Martin. La petite Mati n'est pas rentrée de l'école.
Le même jour, son père aura un grave accident de voiture, qui le laissera dans le coma. S'il se réveille un jour, les dommages seront irréversibles.
La police mène l'enquête.
"Dans la majorité des cas, les disparitions d'enfant sont le fait de l'entourage."
Tout accuse le père : le vélo de la fillette retrouvé dans le coffre de la voiture, le sang retrouvé dans la maison, le mot énigmatique que Mati a rédigé à l'attention de sa mère la veille : "Maman, tu sais, Papa ne va pas bien ce soir."
Même Eliane, la mère de Nicolas, se persuade de la culpabilité de son fils, incapable d'avouer quoi que ce soit dans son état.
"Qu'est-ce que tu lui as fait, bon Dieu, hein, à ta propre fille ?"
"Tout désigne le fils, le père, rien ne l'épargne."
La première des trois parties a donc l'allure d'un thriller : Disparition d'enfant mystérieuse, mensonges et secrets familiaux qui se dévoileront progressivement et qui sont détenus par Mamie Eliane.
"Le mensonge était un matelas bien confortable."
Feu ma grand-mère se prénommait elle aussi Eliane, je n'ai donc eu aucun mal à me représenter le personnage. J'espère cependant qu'elle ne détenait pas autant de secrets que la mère de Nicolas parce que sinon ma famille est beaucoup plus bancale que ce que je croyais ...
Et pourtant, après cette atmosphère pesante de morts, d'accidents, de disparitions, de terribles mensonges peu à peu révélés, le roman va se poursuivre sur un ton différent.
On quitte le polar étouffant et on arrive aux instants de grâce.
Dans la seconde partie, il sera davantage question de gentillesse et d'innocence. D'humanité. de tolérance.
On quitte l'enquête et on retourne provisoirement dans le passé afin de nous livrer un nouveau pan nécessaire à la compréhension de toute l'histoire.
On découvre alors que l'enchaînement de drames partait pourtant d'une bonne intention.
A nouveau, on est à la croisée des genres avec ce roman. Roman noir assurément, thriller psychologique partiellement, drame familial également, le tout à la sauce Bakowski.
Difficilement classable.
L'écriture demeure le gros point fort. L'auteure s'amuse avec les mots, maîtrise parfaitement la langue et a son propre style très reconnaissable, très élégant, avec quelques métaphores uniques et expressives.
Je pense par exemple à l'institutrice rayonnante de Mati ( "parce que quand elle sourit, Magali, elle attrape tout le soleil." ), je pense aussi à cette faculté de l'auteure de se mettre dans la peau de personnages différents.
Dans celle d'une fillette meurtrie : Les lettres de Mati à sa mère emportée au "pays blanc" sont particulièrement sincères, émouvantes.
"Tu sais, j'ai l'impression parfois que Papa sait pas que t'es plus là, ou qu'il oublie."
Sans oublier un autre personnage exceptionnellement décrit, Rémi, dont il serait maladroit de trop parler ici étant donné son intervention tardive au sein du roman.
J'ai préféré ce roman à "Un sac", le précédent ouvrage de l'auteur, tellement sombre et atroce que je n'y ai jamais tout à fait cru.
Ici c'est plus feutré, plus sensible, plus sincère. Quoi que dur, il y a une forme d'espoir qui subsiste et j'ai accompagné les personnages plus volontiers.
Je l'ai également préféré à "Avec elle" : Je n'ai ressenti aucune longueur. En revanche je comprends peut-être pourquoi, dans ce projet avec Amélie Antoine, Solène Bakowski n'a pas hérité de l'histoire où disparaissait Jessica : Elle venait elle-même d'écrire un roman qui évoquait la disparition d'une fillette à peine plus âgée.
Une bonne intention est un roman empli de culpabilité, où chaque personnage se persuade que c'est à lui d'endosser la responsabilité de cette succession de malheurs.
Mais qui est réellement responsable de la destruction de la famille Martin ? Qui accuser légitimement ?
Un roman intense et rempli d'émotions, qui transpire tantôt de haine et tantôt d'amour.
Qui s'interroge aussi brillamment sur l'innocence d'un enfant.
Peut-elle être préservée en de telles circonstances et avec un tel entourage ?
Il n'y a vraiment aucune contre-indication médicale à cette lecture.
Alors n'hésitez pas à accorder sa chance à ce beau roman, aussi attendrissant qu'éprouvant.
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canel
  05 avril 2018
Quand les enfants sont en difficulté, les adultes sont là pour les aider. Dans un monde idéal, en tout cas, et à condition qu'ils ne soient pas responsables de ces souffrances.
Depuis la mort de sa maman, la petite Mathilde va mal. En silence, parce que son père est occupé à dégringoler copieusement, et ses autres proches sont trop lâches ou égoïstes pour venir au secours de la fillette. Seule son institutrice compatit de loin en loin, mais ça ne suffit pas.
Tiens, ces thématiques rappellent le dernier roman de Delphine de Vigan, 'Les Loyautés'.
On pense aussi à la façon dont Barbara Abel met en scène des enfants indirectement victimes d'adultes maladroits, égoïstes ou malveillants.
Cette 'Bonne intention' est également proche des deux ouvrages écrits en parallèle par Solène Bakowski et Amélie Antoine : 'Avec elle' et 'Sans elle'. On y retrouve des enfants malheureux, on y voit l'importance d'expliquer les drames qui les touchent de près - sous peine de les voir culpabiliser et crouler sous le poids de telles responsabilités.
Courbe en cloche pour cet ouvrage lu juste avant Pâques : début bordélique (donc bof), intérêt croissant notamment grâce à l'angoisse, à l'émotion et au suspense, et déception grandissante avec une fin dont le développement est de plus en plus rocambolesque et inutilement chargé.
Trois étoiles : pour le plaisir de lecture, pour la finesse et la beauté de certains passages, et pour cette couverture toute mignonne - parfaite pour exprimer le chagrin d'un enfant.
• Merci à Apikrus qui, peu inspiré par l'opération Babelio 'Mauvais genre', m'a pour une fois laissée choisir sa MC. 😉
Et merci à SD49 pour la lecture commune !
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llamy89
  16 juin 2017
Je remercie l'auteure de m'avoir permis de découvrir son roman en avant-première.
J'ai été happée par l'atmosphère angoissante qu'elle a créée autour d'une famille somme toute ordinaire. Ses secrets, ses lâchetés, ses non-dits pour la bonne cause bien sûr : "L'enfer est pavé de bonnes intentions"
Un couple, un enfant, des grands-parents : le bonheur. L'amour si puissant, d'une femme pour son mari, qu'il va engendrer un vide sidéral dans le coeur de Nicolas, lorsque Karine les quitte pour le Pays Blanc...
"Il n'est pas de hasard
Il est des rendez-vous
Pas de coïncidence
(Extrait de Ouverture chantée par Etienne Daho)"
Mathilde, neuf ans, doit faire face à l'absence de sa Maman, comprendre le chagrin et la colère de son Papa, laisser Éliane, sa grand-mère, s'occuper d'elle. Mais personne ne lui prête réellement d'attention, sauf Magali, la Maîtresse si gentille.
Magali lui "raconte qu'écrire, ça fait fuir la douleur. Que la douleur, elle n'aime pas trop les mots, qu'ils lui font peur à cause du pouvoir qu'ils ont sur les gens et sur les sentiments. Magali, ma maîtresse, elle ajoute que la peine est moins lourde à porter, qu'elle est même toute rabougrie quand on la raconte. C'est comme de la magie."
Alors Mati se dit que quitte à écrire, elle va confier son chagrin, ses peurs à sa Maman, partie au Pays Blanc. Elle trouvera sur son chemin, ce drôle d'ange, capable de lui apporter les réponses à ses lettres. Tout irrémédiablement en sera changé.
Chaque pièce du puzzle prend place dans ce thriller psychologique où l'on découvre les secrets connus du plus grand nombre, cachés à ceux qui pourraient en souffrir.
Solène Bakowski vous prendra en otage, vous ballotera au gré des événements et ne vous laissera pas indemne... impuissants que vous serez devant tant d'injustices et d'amours gâchés.
Belle découverte que ce roman intense, à l'intrigue angoissante, bien menée mais CHUT... l'issue est émouvante. LE livre à mettre dans votre liseuse cet été !
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kuroineko
  16 juin 2018
Elle en a sous la plume, cette Solène! Une bonne intention attaque très fort: un enterrement. le ton est donné et on sent qu'on ne va pas rigoler à chaque page.
On enchaîne avec la disparition de Mathilde dite Matti, neuf ans, à qui sa mère morte manque tant et qui se fait beaucoup de souci pour son papa qui semble emprunter un chemin dangereux suite à son veuvage. Il y a aussi la grand-mère paternelle qui s'occupe de la petite en attendant que le père revienne du travail. Assez bizarre d'emblée cette grand-mère, difficile de comprendre ses réactions. Bref, on s'engage dans la veine thriller et avec une petiote de neuf ans, je m'imagine le pire.
C'est là où l'auteure nous manipule et pas qu'un peu. Elle prend des détours pour revenir sur les faits et nous perdre un peu plus. Jusqu'a un certain point en tout cas. Intervient en sus de cette famille déjà bien fracassée, Rémy, jeune homme autiste et souffrant depuis l'enfance de l'attitude des " normaux".
Avec Mathilde et Rémy, ces deux cabossés de la vie, Solène Bakowski dresse deux très beaux portraits. Leur parcours respectif est douloureux à suivre. L'auteure n'épargne ni ses personnages ni ses lecteurs. Elle maintient tout au long une atmosphère malsaine où mensonges, non-dits, secrets familiaux tissent une toile mortifère qui menace l'innocence.
Si certains éléments du dénouement m'ont paru un peu trop gros, ce roman n'en reste pas moins une réussite. L'intrigue est d'une redoutable efficacité mêlant suspense et densité psychologique. Bravo Madame Bakowski!
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frconstant
  15 mars 2018
Un coup de coeur ! Merci à NetGalley, aux éditions Bragelonne et à l'auteure Solène BAKOWSKI de m'avoir permis de découvrir ce roman. Un coup de coeur mais aussi, indubitablement un coup au coeur ! Car ce roman frappe fort, juste et se révèle douloureusement plus que plausible, dramatique.
Solène BRAKOWSKI excelle dans la mise en place de personnages qui, pétris de bonnes intentions, se laissent mener par leurs vies, réelles ou fantasmées, jusqu'aux points de rupture qui les entraînent, eux et leur entourage, dans des bascules terrifiantes, abyssales et sans retour ! Car, quand le quotidien semble vouloir durer l'éternité, chargé du poids de tous les choix ratés qu'accumulent une vie, peut-on un jour se remettre à vivre debout ?
C'est avec une écriture fluide mais ciselée, que Solène BAKOSWKI nous livre un petit bijou de récit, diamant aux reflets multiples marqués du sceau des routines, des abandons et des désespérances de petites vies médiocres alimentées de lâchetés, de mensonges et de compromis nauséeux. Et pourtant, toujours l'amour est là, fondement des choix, pilotis des bonnes intentions qui poussent la vie au dérapage, à la haine, à l'envie de meurtre !
Experte en traduction des psychologies complexes qui fondent l'individu, Solène BAKOWSKI expose, dans son roman, des personnages aux ressorts complexes, hauts en couleur, profonds de justesse mais, le plus souvent, estropiés d'une possible communication salvatrice. Outre Mati, le personnage central, Rémi étonne mais tient ses promesses. Très vite, il devient un des pivots de ce récit.
En un dosage parfaitement équilibré, l'auteure nous conte la vie et ses personnages bourrés de convictions, de bassesses, de jugements à l'emporte-pièce et de volontés désespérées d'aider Mati à rester la tête hors de l'eau alors que sa vie la submerge, l'engloutit et l'enfonce vers le néant.
Une lecture à recommander sans réserve !
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   28 mars 2018
L'hôpital Saint-Vincent est immense. Réputé pour son service de pointe en cardiologie, l'établissement fait la fierté de la Communauté de communes qui voit dans les visiteurs une manne de clients potentiels pour les hôtels et les brasseries alentour. Les patients venant souvent de très loin, leurs proches sont dorlotés, invités à rester le week-end entier. Certains ont suggéré qu'on ouvre un Office du tourisme dans les locaux de l'hôpital. Finalement, on n'a pas osé, arguant que la proximité des quatre boutiques de pompes funèbres était déjà bien assez cynique, inutile d'en rajouter.
(p. 72)
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canelcanel   29 mars 2018
Coincé entre les deux, posé dans la ligne de mire tel un cheveu sur une soupe immangeable, [il] détourne la tête et monte dans sa chambre. Il n'aura pas eu un geste, lâcheté ordinaire de celui qui préfère s'en remettre aux circonstances, au hasard et aux coïncidences. Partisan de la langue tournée sept fois dans la bouche, adepte du silence d'or et fervent militant de l'indifférence comme plus grand des mépris, il s'interdit de réagir au quart de tour - ni même au demi. Lui qui voulait des réponses, [sa femme] l'a mis face à sa propre démission, il aurait dû réagir avant, c'est certain. Il est bien avancé. Mais comment se rattraper ? Il monte les escaliers en maudissant sa haine des conflits, lui qui vient encore de se dérober.
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canelcanel   02 avril 2018
C'est bien simple, depuis la mort de Karine, la chambre conjugale n'a pas bougé d'un iota, tout y est resté en l'état, jusqu'aux draps. Nicolas n'y dort plus, il ne touche à rien, il respecte la tombe. Où trouver les mots pour le ramener à la raison ? Ces paroles qui sauront apaiser sans condamner, inviter sans sommer, convaincre sans accuser ? Mathilde, cette chère enfant, est en danger, en danger de rater son enfance, elle doit apprendre à vivre sans sa mère. Il y a un temps pour la douleur, mais là c'est trop long, elle suinte par tous les pores de cette foutue baraque, ça devient intenable. Les vivants doivent survivre à l'absence.
(p. 23-24)
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canelcanel   07 avril 2018
Il parle lentement, choisit chaque mot qu'il prononce. Il sait, sa longue expérience le lui a appris, à quel point la diction a son importance dans l'acceptation des tragédies par les proches. Toutefois, l'exercice est toujours difficile, il ne se blindera jamais vraiment contre la douleur qui transpire de ces hommes et de ces femmes lorsque la sentence tombe.
(p. 83-84)
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canelcanel   01 avril 2018
[Elle] parle de sa mère, du temps béni où elle était là pour la border le soir, où elle la couvait d'une tendresse gigantesque, où rien ni personne ne pouvait altérer l'amour, la protection et la fierté d'une maman pour son enfant. Puis, le changement soudain de paradigme, la complicité qui s'effrite, les silences interminables, le temps qui ne file plus, la façon qu'avait sa mère de refuser la nourriture qu'elle préparait sans entrain, la distance qui se mue en fossé, en abîme, avec les choses, avec les gens.
(p. 237-238)
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