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ISBN : 2021340899
Éditeur : Seuil (03/10/2016)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 30 notes)
Résumé :
"Je suis, depuis des mois, travaillé par une question lancinante, qui revient cogner en moi comme une migraine, récurrente, familière. Pourquoi de jeunes hommes et jeunes femmes, nés dans mon pays, issus de ma culture, dont les appartenances semblent recouvrir les miennes, décident-ils de partir dans un pays en guerre et de tuer au nom d'un Dieu qui est aussi le mien ? Cette question violente a pris une dimension nouvelle le soir du 13 novembre 2015, quand cette évi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Roggy
  23 février 2018
C'est un échange épistolaire imaginé par Rachid Benzine qui ouvre le dialogue sur la réalité de quelques jeunes musulmans qui du jour au lendemain partent mener une guerre contre les occidentaux.
L'islamologue retranscrit la réalité insupportable d'un père qui a toujours tenté de transmettre à sa fille Nour les bases d'une philosophie libératrice calquée sur la connaissance des religions et de l'Islam et par conséquent sur la tolérance; et qui se retrouvera face au pire cauchemar imaginable.
Nour a grandi, a changé, manipulée et aveuglée par l'illusion d'un combat visant à libérer le peuple musulman des ennemis de l'Islam, elle part mener le djihad, pensant ainsi retrouver les vraies valeurs islamiques qu'elle reproche à son père d'avoir perdues.
On suivra le combat émouvant d'un père prêt à tout pour retrouver et ramener sa fille à la raison et à la maison.
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frconstant
  26 janvier 2018
Rachid BENZINE est un islamologue français qui, depuis longtemps déjà, défend une posture digne et intéressante à mes yeux. Selon lui, le CORAN, pour être respecté dans son esprit a besoin d'un travail d'exégèse. Remettre sa forme dans un contexte historique pour en comprendre le fond, la portée, l'invitation de Foi faite aux musulmans. Cette position est courageuse face au radicalisme islamique de certains et elle n'a pas valu que des applaudissements à R. BENZINE, loin de là !
Pour rappel, n'oublions pas, avant toute critique de cette volonté d'exégèse apparaissant tardive aux yeux de certains, que l'Islam est né au sixième siècle, soit 600 ans après le christianisme et qu'il a été nécessaire d'attendre des siècles et des siècles pour que l'idée même d'une étude exégétique des textes bibliques soit admise par les religieux chrétiens se réclamant de la révélation du Livre.
Ceci étant dit, le contenu du livre « Nour, pourquoi n'ai-je rien vu venir ? », signé Rachid BENZINE, prend tout son sens et revêt une importance capitale dans le dialogue nécessaire à mettre en place entre les tenants d'un islamisme passé à la critique historique et les djihadistes de Daesch.
Rachid BENZINE a imaginé l'échange de lettres entre un père pratiquant l'Islam, lui-même islamologue féru d'analyses, de questionnements et de travaux historiques et sa fille, jeune adulte partie rejoindre Daesch pour s'y marier et soutenir la cause de l'état islamique. Ce qui est intéressant, c'est que le dialogue père-fille, en conflit permanent sur les valeurs, est un dialogue réfléchi, argumenté, violent parfois mais qui reste possible parce que l'amour de l'un pour l'autre et vice-versa reste plus fort que ce qui les sépare. S'en suit une remise en question des certitudes, des attitudes à adopter, des choix de vie à poser. Choc des idées, des générations, des croyances et de la manière de les vivre !
Le texte est d'une force incommensurable, d'une densité à couper le souffle … ou plutôt à le rendre, ce souffle, à la vie, à l'espoir, à l'avenir. Ce texte, écrit à la suite des attentats de Paris, pose un vrai jalon dans la compréhension du phénomène terroriste et dans la nécessaire confrontation des idées n'acceptant pas de lâcher les principes de vie qui rendent possible et la vie en commun, et l'altérité !
Sous l'impulsion de Rachid BENZINE lui-même, ce livre est devenu une pièce de théâtre (Lettres à Nour), mise en scène par l'auteur lui-même, dans une sobriété qui laisse entièrement la place à la prise de distance, à la réflexion et aux échanges que suscitent les débats entre les acteurs, le public (débat le plus souvent vécu en présence d'un islamologue capable d'éclairer les spectateurs sur les notions de base qui ont présidé à l'écriture de ce livre-spectacle).
« Lettres à Nour », une expérience à vivre, que ce soit en lecture ou en partage théâtral. Une occasion à ne pas manquer si elle vous est donnée…
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bdelhausse
  06 septembre 2018
Je comprends l'urgence de Rachid Benzine. Face aux événements, au Bataclan, aux attentats en Europe, en Syrie, en Irak, face au délitement des valeurs et à la polarisation des opinions sur les communautés, sur les religions..., il se place dans une position sans équivoque: Je dois réagir, se dit-il.
Mais comment? De multiple manière, clairement, car Rachid Benzine est un homme engagé.
Notamment par un livre (qui a donné une pièce de théâtre aussi). Un dialogue entre un père et sa fille. Elle est partie rejoindre Daesh. Lui, c'est un intellectuel. Il réagit par la rationnalité. Elle explique son besoin d'engagement, son ras-le-bol. Il lui répond par des arguments étayés dans lesquels il mélange des sentiments paternels. La fin (que je ne dévoile pas) est inscrite dès le début de l'échange, finalement.
Je le répète, je compends le trouble et le besoin d'action de Rachid Benzine. Il est assez clair qu'il partage avec ce père bien des caractéristiques. Qu'il se place dans la peau de cet homme qui perd tout le jour où sa fille s'en va. Car il sait que ce départ est sans espoir de retour.
C'est peut-être là le point le plus problématique de ce court roman épistolaire. La confusion entre Rachid Benzine et le père éploré. Dès lors, l'auteur s'enferme dans une logique assez exiguë, et on tourne assez rapidement en rond. Je ne suis pas fan des romans épistolaires pour cela. Qui plus est dans un contexte terroriste, avec ses méfiances, son double discours, ses mensonges, ses secrets, etc.
Tout ce que Rachid Benzine raconte, tout cela est connu. Arch-connu pour peur que l'on s'intéresse à la question. Rien de neuf. Ou si peu, notamment sur le sort réservé aux intellectuels non conformistes dans les pays musulmans. Dommage.
Mais je salue l'effort et l'engagement d'un homme pour faire avancer la paix et la compréhension mutuelle des gens. C'est poignant, dur, et concret. L'échange de lettres est bien rendu, crédible. Et si je n'ai pas été pleinement convaincu, c'est qu'il m'a manqué du contenu, de la longueur, quelque chose qui m'aurait réellement déstabilisé et submergé.
La question-titre est posée par le père. Et cela me gêne légèrement aux entournures. Pourquoi avons-nous l'obligation de "voir venir"... voilà une question qu'aurait aussi pu aborder Rachid Benzine. Cela m'aurait intéressé.
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andras
  02 août 2017
J'ai eu la chance d'assister à la représentation de la pièce tirée du roman de Rachid Benzine et interprétée par l'auteur lui-même et une jeune comédienne belge étonnante (dont je ne parviens pas à retrouver le nom). C'était un moment très poignant, ce texte est vraiment très fort et peut aider à comprendre à la fois la radicalisation de certains jeunes musulmans (ici une jeune fille) et la difficulté des proches (ici un père, intellectuel musulman) à s'y opposer. Superbe texte.
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Nathv
  23 janvier 2019
Coup de coeur à l'époque pour la pièce de théâtre (Charlie Dupont et Tania Garbarski se donnaient la réplique) et re-coup de coeur pour le livre!
Il s'agit donc d'un court roman épistolaire entre un père et sa fille.
Nour est partie, à l'insu de son père, pour l'Irak et s'y est mariée avec l'un des lieutenants de Daesch.
La première lettre est donc cette annonce faite au père, la fille étant convaincue par son combat même si elle n'ignore pas que son père ne partagera pas son point de vue.
La seconde lettre est donc la réponse du père, professeur en philosophie à l'université, qui exprime ses doutes et ses craintes face à la vie et la cause choisies par sa fille. Il tente de lui ouvrir les yeux sur le mirage promis, les arguments trompeurs de Daesch, etc.
S'en suivront de longues, mais espacées dans le temps, lettres de l'un et l'autre, empreintes d'amour et sujettes à une multitude de questionnements et de réflexions: au sujet de la religion, des extrémistes, de la malheureuse construction de murs plutôt que des ponts (Monsieur Trump pourrait peut-être s'en inspirer) et sur l'avenir que chacun peut envisager sans l'autre.
Le texte est extrêmement bien écrit, intelligent et bouleverse le lecteur dans les derniers chapitres.
Un vrai coup de coeur!
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Farinet7Farinet7   21 janvier 2017
Si nous voulons dépasser tout cela, il nous faut créer des ponts et pas des murs. On ne se sécurise pas dans une forteresse : on y meurt assiégé. Qu'il s'agisse des murs que la Hongrie est en train de bâtir pour interdire l'entrée de l'Europe aux réfugiés ou de ceux qu'Israël construit depuis longtemps pour refouler les Palestiniens, ils ne dureront pas éternellement. Le seul destin d'un mur, c'est l'effondrement. De lui-même et de tout ce qu'il était censé préserver.
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Farinet7Farinet7   21 janvier 2017
Tu me reproches sans cesse d'être sous une influence occidentale. Vous, les islamistes - mais je pourrais dire la même chose des extrémistes islamophobes -, ce que vous ne supportez pas, ce sont les mélanges. Vous rêvez d'un islam coupé du reste du monde, comme les Occidentaux islamophobes prétendent que leur culture n'aurait rien de commun avec l'islam. La guerre des civilisations n'est qu'une guerre des ignorances organisées. Le métissage culturel est votre hantise tout comme le métissage physique était le péché suprême pour les tenants de l'inégalité des races.
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Farinet7Farinet7   21 janvier 2017
La culture est un pont. Elle permet, par le partage d'émotions, de franchir les frontières symboliques et physiques, de dire combien nous sommes profondément les "mêmes" dans notre humanité.
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nuwand-anuwand-a   02 décembre 2017
Toute sacralisation mène au désastre totalitaire. Toute référence à des identités individuelles ou collectives est un leurre. Il n'y a qu'une seule identité, c'est l'identité humaine. Cette pauvre identité faite de lâcheté et de courage, d'égoïsme et de générosité, et de toutes ces choses dont je t'ai déjà parlé si souvent. Toute globalisation engendre des contre-globalisations. Fuis comme la peste ces idées toutes faites et les images stéréotypées des êtres humains! Il n'y a qu'une grande famille humaine composée d'individus tous différents.
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RoggyRoggy   24 février 2018
La haine est la colère des lâches.
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Video de Rachid Benzine (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rachid Benzine
Rachid Benzine à propos de son livre "Le Coran expliqué aux jeunes". Interview par Saïd Branine dans "L'Esprit d'Actu" (Oumma TV).
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