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EAN : 9782283026946
288 pages
Buchet-Chastel (31/12/2014)
3.87/5   341 notes
Résumé :
Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il va découvrir une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable. Un jour, un élève moins résistant que lui craque en plein cours, sort en insultant le prof et enjambe la balustrade.
On retrouve dans "Un hiver à Paris" tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel : la complexité des relations ; un effondrement, suivi d'une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (121) Voir plus Ajouter une critique
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Eve-Yeshe
  02 mars 2015
A son retour de vacances, Victor tombe sur une lettre dans son courrier et
il reconnaît l'écriture. Il s'installe tranquillement pour la lire, alors que l'anxiété, l'émotion s'emparent de lui. La lettre a été envoyée par Patrick Lestaing. Il vient de lire un ouvrage de l'auteur et cela lui a fait penser à son fils Matthieu et au drame qui s'est produit.
Nous sommes au début du XXIe siècle et voilà que Victor bascule trente ans en arrière. C'est le début de l'été, il a réussi son bac brillamment. Il vient d'être admis en hypokhâgne, à Paris, dans le prestigieux lycée D. il quitte alors sa province, ses parents pour se retrouver seul dans la capitale, dans son petit studio.
Les conditions de vie sont dures, il n'a pas beaucoup d'argent, donc mène une vie d'ascète ou presque. Après une année de travail intensif, sans aucune vie sociale, il finit par être reçu douzième, ce qu'il considère comme un coup de chance car il est moins brillant que certains, mais son originalité a séduit quelques professeurs.
La rentrée suivante, il est devenu fréquentable puisqu'il à été reçu, donc les autres le regardent différemment, tel Paul Rialto lui parle, lui accorde un peu d'intérêt et parmi les étudiants de première année, se trouve Matthieu. Il vient lui-aussi de Province et il est victime de la même ségrégation que Victor, on peut même parler d'ostracisme
Ils se croisent, s'abordent timidement, chacun étant aussi réservé que l'autre, partagent leurs cigarettes, les JPS et discutent un peu. Victor décide de l'inviter au restaurant pour son anniversaire, mais il n'aura pas le temps de le lui demander quand survient le drame. Harcelé par un professeur qui le dénigre sans cesse, il quitte le cours en criant « connard », et enjambe la balustrade pour s'écraser aux pieds des escaliers.

Ce que j'en pense :
C'est le premier roman de Jean-Philippe Blondel que je lis, je le connaissais de nom, mais je n'avais pas été tentée jusque là par un de ses livres. Je me suis sentie très proche de Victor (derrière lequel se cache sûrement Jean-Philippe).
Il raconte très bien la dureté des classes préparatoires, le travail acharné, les professeurs exigeants, notamment Mr Clauzet, qui est maltraitant, insultant les élèves, les dévalorisant sans cesse, méprisant leur travail, mais aussi, les notes sévères, la montagne de travail à abattre, la compétition car, en fin de l'année d'hypokhâgne, seuls les douze premiers au concours seront retenus pour passer en deuxième années.
L'amitié n'est pas de règle quand il y a une telle compétition. La solitude occupe une place importante. C'est déjà difficile de quitter sa ville de province pour se retrouver seul dans la capitale, mais quand on côtoie des étudiants brillants certes, mais issus de milieu plus favorisés, ayant pignon sur rue, connaissant les personnes qu'il faut, la lutte est inégale. La différence de niveau social se fait sentir : d'un côté l'élite de la nation, de l'autre le petit provincial.
Il y a des privilégiés, tel Paul Rialto, brillant, bosseur, sélectif en amitié, chacun travaille dans son coin, des castes… En gros, des purs-sangs face à un cheval de labour, ces beaux percherons massifs, qui abattent un travail considérable mais courent moins vite, sont moins affutés.
C'est plus facile quand on vient d'un milieu aisé, la culture générale est présente, on l'absorbe dès le biberon alors qu'un fils d'ouvrier ou de paysan part avec un handicap, il a tout appris tout seul ou presque. Et parfois, cela entraîne de la frustration, voire de la honte.
Donc, j'ai beaucoup aimé ce livre, car l'écriture est plaisante, les phrases sont courtes, parfois presque chirurgicales, les chapitres, courts, aussi qui défilent car on veut en savoir plus. Jean-Philippe Blondel m'a entraînée avec lui dans son histoire, m'identifiant tour à tour avec les différents personnages et j'ai hâte de le relire et de découvrir ses autres romans.
J'ai eu du mal à faire la critique, car tout m'a plu, l'intrigue, les différentes personnalités, et j'ai l'impression de ne pas être très claire, tant les sujets soulevés sont importants. Il est difficile de ne pas révéler trop de choses. Une bonne étude psychosociologique, mais il manque quelque chose pour en faire un coup de coeur.
Note : 8/10

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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rabanne
  19 août 2017
Mon troisième livre de l'auteur.
Je remercie Sabine au passage de ce conseil avisé, que je n'avais pas oublié.
Un roman d'apprentissage (autobiographique, semblerait-il) qui m'a profondément touchée, par les thèmes universels qu'il aborde, notamment sociétaux et psychologiques : l'identité, l'estime de soi, la compétition, l'échec, le traumatisme, la culpabilité, le deuil, la relation filiale, la résilience...
Chercher sa place, à travers les mirages du succès, luttant contre ses peurs, ses préjugés, ses blessures. Trouver sa voie, dans les méandres obscurs de la fin de l'adolescence, la confusion des sentiments (comme c'est vrai !).
S'en sortir vainqueur, grandi, prêt à ne plus renoncer. Voilà le cadeau que "Victor" partage avec nous entre ces pages, entre ces lignes.
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berni_29
  05 décembre 2021
Un hiver à Paris est ma première incursion dans l'univers de Jean-Philippe Blondel. Depuis longtemps, plusieurs amis d'ici m'y encourageaient, c'est chose faite et je ne le regrette pas.
Dès les premières pages, le ton donné au récit est celui d'une autobiographie ou quelque chose qui y ressemble fortement. On est pris, happé par cette voix douce, un peu en retrait comme une confidence, un chuchotement parmi les bruits de l'existence. C'est une tranche de vie que le narrateur nous décrit comme un récit d'apprentissage.
Le narrateur, qui s'appelle Victor, partage son temps entre l'enseignement et l'écriture de romans. C'est une lettre d'un certain Patrick Lestaing qui l'amène à revenir en arrière sur les pages de sa jeunesse, lorsqu'il était encore étudiant en Lettres Modernes à Paris. C'est l'année 1984 qui resurgit brusquement des brumes du passé...
En ouvrant cette lettre, il avait déjà reconnu l'écriture tremblotante, celle du père de Mathieu. Brusquement, parmi les mots qui tremblent sur le papier, c'est une émotion souterraine et tellurique, le sol qui vient se dérober. C'est comme une trappe qui s'ouvre et le voilà plongé dans le souvenir douloureux trente ans auparavant lorsque, jeune étudiant provincial, il vient d'être admis en hypokhâgne dans ce lycée parisien prestigieux et austère. Au bout d'une année scolaire laborieuse, il parvient tant bien que mal à passer en khâgne.
Mathieu et cette amitié effleurée. Mathieu et leurs cigarettes partagées. Mathieu et ce rendez-vous manqué. Mathieu, cet élève d'hypokhâgne, réservé comme lui, qui ne trouvait pas sa place ici comme lui non plus... Mathieu et le drame ce matin-là qui l'amena à quitter le cours précipitamment, en criant « connard », et à enjamber la balustrade pour s'écraser aux pieds de l'escalier. Victor était à côté, dans une salle d'études et a attendu ce cri, le bruit de la chute, a dévalé les escaliers...
Les souvenirs ont la vie dure. Comment ne pas oublier un tel drame, ce cri longtemps qui résonne la nuit comme une déflagration... À qui était destiné ce mot de « connard » ? Au professeur qui harcelait et humiliait sans cesse Mathieu, à lui-même, à quelqu'un d'autre ? Un membre de sa famille peut-être ? Son père, sa mère... ? Qu'importe... Comment ne pas se dire alors : « je n'ai rien vu venir », « je n'ai pas fait attention », « si nous nous étions vus lui et moi la veille au soir, peut-être qu'il n'aurait pas commis ce geste ». Un jour, je me suis posé ces questions-là à propos d'un ami, où étaient les signaux faibles qui annonçait ce qui fut...? Souvent, ils sont invisibles... C'est peut-être pour cela aussi que ce récit m'a touché...
Durant les jours qui suivent et qui se vivent comme une chappe de plomb, Victor apprend à mieux connaître la personnalité de Mathieu au travers des mots du père de ce dernier
J'ai beaucoup aimé ce récit amer et nostalgique, il m'évoque une année que je n'ai pas aimée, 1984, la fin de ma vie estudiantine, scellée par la maladie et la mort de mon père. Je me souviens aussi de l'esprit de compétition et de la dureté des professeurs qui régnaient en classes préparatoires. Pas facile de trouver sa place parmi des étudiants d'un milieu social nettement plus aisé que toi, où chacun est un loup pour l'autre... Dans cette description implacable du narrateur sur l'univers des classes préparatoires, je me suis retrouvé, replongé pour ma part quarante ans en arrière... Et puis dans une jungle obscure aussi effroyable que celle-là, il y a toujours des rencontres improbables entre ceux qui se reconnaissent, des histoires qui se nouent ou qui s'effleurent, comme celle de Victor et de Mathieu.
Le temps a passé, et pourtant, après toutes ces années, c'est un hiver à Paris qui résiste encore dans les souvenirs de Victor. Les fantômes de sa jeunesse reviennent et Victor se demande encore, après toutes ces années, quelle est cette force qui l'a empêché, à son tour, de basculer par-dessus la balustrade d'un escalier ? Peut-être une lucidité, un penchant pour le monde des vivants...
C'est un texte sensible et désabusé, le récit d'un adolescent qui dit sa difficulté à chercher, à trouver sa place. Il nous livre ses atermoiements, ses doutes et ses lâchetés, sa culpabilité, il est sans concession avec lui-même. Ce sont peut-être ces doutes et cette difficulté à s'assumer dans un monde hostile où il n'a pas su trouver ses repères, c'est peut-être cette période fondatrice qui l'a amené vers le monde de l'écriture, du roman, à trouver dans les personnages qu'il imaginait le sel de la vie.
Même trente ans plus tard, quand il découvre la lettre de Patrick Lestaing, sa première attitude est de se tenir en retrait comme il l'a toujours fait.
J'ai aimé la manière dont l'auteur nous raconte cette histoire, avec ses filtres, son émotion tenue à distance comme quelque chose qui lui fait peur, étrangère à lui-même, venant parfois plus tard à fleur de peau dans le frémissement des pages.
Et puis j'ai aimé aussi la bande-son qui traverse ce roman : U2, America, Neil Young, The Police, Sweet Dreams... Pour le coup, j'ai une vraie nostalgie de ces années-là.
On the first part of the journey
I was looking at all the life
There were plants and birds and rocks and things
There was sand and hills and rings
The first thing I met was a fly with a buzz
And the sky with no clouds
The heat was hot, and the ground was dry
But the air was full of sound
I've been through the desert
On a horse with no name
It felt good to be out of the rain
In the desert, you can remember your name
'Cause there ain't no one for to give you no pain
La, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la
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marina53
  20 avril 2015
De retour de vacances à Capbreton, Victor, professeur et écrivain, trouve, parmi son courrier, une lettre de Patrick Lestaing. Avec elle, autant de souvenirs qui remontent à la surface, de cet hiver à Paris...
Au lycée de D., l'année d'hypokhâne avait été dure. Pourtant, il avait réussi ses examens et était en deuxième année. Peu habitué aux classes préparatoires, exilé de chez lui et installé pour la cause à Paris, Victor était seul la plupart du temps. Aucun ami, aucune invitation à une quelconque soirée et très peu de contact avec ses parents qu'il voyait à l'occasion. En cette mi-octobre, alors que son anniversaire est dans deux jours, il se décide à inviter à déjeuner au restaurant Mathieu, un des élèves d'hypokhâne avec qui il fumait une cigarette après le déjeuner. Arrivé en retard en cours ce matin-là, il suit celui de Mme Sauge quand tous entendent une porte claquer suivi d'un "connard !". Silence puis un hurlement qui les pétrifie tous. Victor se précipite dans le couloir et aperçoit du haut de la balustrade le corps sans vie de Mathieu...
Victor (ou Jean-Philippe Blondel) replonge dans ses souvenirs. Au cours de cet hiver 1984, restera à jamais à gravé ce geste incompréhensible de Mathieu. Ce suicide, dans l'enceinte du lycée, qui le marquera, ainsi que les autres élèves, se rappelle à lui dès qu'il parcourt la lettre de Patrick Lestaing, le papa de Mathieu. le suicide de Mathieu fera que les élèves auront un autre regard sur Victor. Son année en khâne reste mémorable, évidemment, pour l'homme qu'il est devenu de par ses rencontres et sa vision des choses. Sa rencontre, notamment, avec le papa de Mathieu et Paul Rialto, un élève bourgeois, si sûr de lui. Blondel plante le décor dans ces classes où la compétition est rude parfois et où les professeurs ne sont jamais tendres, voire tyranniques ou humiliants, avec ceux qu'ils considèrent comme les futurs politiciens ou journalistes. Porté par une écriture délicate et traité avec sensibilité et une certaine pudeur, le thème émeut tout autant qu'il laisse un goût amer en bouche.
Passez Un hiver à Paris...
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tynn
  15 avril 2015
Suicide de Mathieu dans une Prépa parisienne, criant une insulte avant une chute...
Un accident malheureux et regrettable qui n'entame en rien (ou si peu) le fonctionnement de l'institution. Ce geste dramatique crée un malentendu, induisant une popularité dans le statut du seul "ami" qu'il avait. Victor, élève provincial jusque là très isolé se retrouve "populaire" au sein d'un microcosme d'élèves parisiens dont il n'avait jusqu'à présent pas les codes. le travail de deuil s'accompagne d'une relation faux père - faux fils avec le père de Mathieu et cette dernière année à Paris va être déterminante pour Victor, dans la prise de conscience de l'avenir qu'il désire.
Sur un fait-divers glaçant de crédibilité, Jean Philippe Blondel, en auteur, narrateur, et acteur dans la fiction, entre dans le cadre, pour raconter, expliquer, créant des scènettes courtes à l'écriture fluide pour développer son propos, s'entourant de personnages denses, attachants dans leur complexité et dans la confusion des sentiments.
Comme souvent dans les livres de l'auteur, les parts d'autobiographie et de fiction se mêlent intimement et on retrouve ici encore son intérêt pour les relations humaines. Il affirme avoir porté ce livre en lui depuis de longues années et entendre encore l'insulte accompagnant le geste.
Et l'air de rien, il dénonce ou s'insurge avec élégance, par le biais de la littérature.
Certains spécimens d'enseignants détestables, l'humiliation, le travail effrayant, les notations lapidaires, la pression des études, de la compétition et de la réussite, la solitude des élèves provinciaux, l'isolement social que le rythme impose, en prévision du sacro-saint Concourt. Les élèves sont "maltraités" pour extirper leur capacité de résistance et soumis à la sélection naturelle: ça passe ou ça casse.
Un court roman percutant, réquisitoire lucide envers un système d'excellence à la française.
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Citations et extraits (113) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   21 avril 2015
C'est le propre du roman d'amener le lecteur à renoncer au sommeil. A se relever, sans faire de bruit, pour ne pas troubler celui ou celle qui dort à ses côtés. A descendre dans le salon, allumer les lumières et s'affaler dans le canapé, vaincu. La prose a gagné le combat. On ne peut plus lui résister.
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fanfanouche24fanfanouche24   07 mars 2015
(...) et puis, c'est bien, les livres, quand on a un littéraire dans la famille, non ?
-Tu as honte d'eux ?
La phrase a claqué dans l'appartement désert. J'ai détourné les yeux.
-Pas quand je rentre chez moi. Mais quand je suis ici, oui. Pendant les cours, oui. Je pense à tout ce qu'ils ignorent. A tout ce qui nous sépare, désormais. Je...je n'ai pas du tout anticipé en choisissant mes études. Je n'ai pas mesuré le fossé qui allait se creuser. Parfois, je ne sais plus où j'en suis. Je ne sais même plus ce dont j'ai envie. (p.152)
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fanfanouche24fanfanouche24   12 avril 2015
Qu'aurais-je dû ou pu demander ? Si elle (sa mère)m'aimait ? Si elle tenait à moi ? Elle n'aurait pas répondu directement. Elle aurait été gênée. Je n'étais pas né dans ce genre de famille-là. A l'autre bout de l'échelle sociale, Paul Rialto faisait face au même mur. C'est pour cette raison que nous nous retrouvions. Je commençais à penser que Mathieu n'avait pas eu cette chance-là non plus. Dans les familles où les sentiments s'expriment, les enfants doivent être moins enclins à escalader les rampes et à se jeter dans le vide. Si j'avais des enfants, un jour je me souviendrais de ça. (p.224)
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marina53marina53   20 avril 2015
Décembre. Les grands magasins du boulevard Haussmann transformaient leurs vitrines. Les passants s'arrêtaient et regardaient les vendeuses organiser les saynètes. Les trains électriques roulaient dans des décors champêtres, les ours en peluche se retrouvaient en famille autour d'un repas de Noël. Les guirlandes dans les rues s'éteignaient et s'allumaient avec une régularité désarmante. Ma vie aussi.
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fanfanouche24fanfanouche24   14 avril 2015
- J'aurais juré qu'il me prenait pour un tâcheron sans intérêt.
-Détrompez-vous. Il aimerait savoir, par exemple, ce que vous comptez faire l'an prochain.
- M'arracher.
-Pardon ?
-Quitter tout ça. Paris, l'hiver, les entredeux, les incertitudes. Marcher sur une route claire. Savoir où je vais.
-Cela viendra, Victor. Si vous ne sautez pas par dessus les rampes.
-Je n'ai pas ce talent-là, madame. Je monte et je descends les escaliers. Je suis les panneaux indicateurs. (p.253)
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