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ISBN : 2803672456
Éditeur : Le Lombard (04/05/2018)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Ces dernières années, la diffusion et la multiplication des théories du complot ont accompagné les progrès de la communication. Jamais, depuis la démocratisation d'Internet, on a connu autant de mythes : nous vivons désormais sous la tyrannie des « fake news ».

Sous forme de bande dessinée, l'auteur nous explique comment ne pas nous laisser tromper par nos propres sens et intuitions et nous donne des conseils pour trier et vérifier les sources d'info... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Harioutz
  02 avril 2019
Cette petite BD (66 pages, petit format) comporte un avant-propos vraiment bien construit ! Basé sur les fake-news les plus tenaces de notre histoire (récente ou pas), il déroule les procédés simplissimes par lesquels la rumeur amplifiée devient "vraie", selon la logique "il n'y a pas de fumée sans feu", à laquelle s'ajoute la volonté de croire, face à laquelle aucun argument ni aucune démonstration ne tient.
Le niveau de langage s'adresse davantage à des lycéens qu'à des collégiens, et le parti pris de la BD pourra peut-être mieux "atteindre sa cible".
Mais ...oui, il y a un mais ..... c'est par la démonstration et la déconstruction quotidiennes, par une information variée et de qualité, mais également par la libération de la parole en classe que l'on parviendra, je le crois profondément, à combattre les fake-news qui se répandent comme une traînée de poudre, sur les réseaux dont sont friands nos jeunes.
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Presence
  21 novembre 2018
Il s'agit d'une bande dessinée de 72 pages, en couleurs. Elle est initialement parue en 2018, écrite par Gérald Bronner, dessinée et mise en couleurs par Jean-Paul Krassinsky. Elle fait partie de la collection intitulée La petite bédéthèque des savoirs, éditée par Le Lombard. Cette collection s'est fixé comme but d'explorer le champ des sciences humaines et de la non-fiction. Elle regroupe donc des bandes dessinées didactiques, associant un spécialiste à un dessinateur professionnel, en proscrivant la forme du récit de fiction. Il s'agit donc d'une entreprise de vulgarisation sous une forme qui se veut ludique.
Cette bande dessinée se présente sous une forme assez petite, 13,9cm*19,6cm. Elle s'ouvre avec un avant-propos de David Vandermeulen de 6 pages, plus une page de notes. Il commence par un titre pince-sans-rire : le chemin de Daumas, en référence à Maurice Daumas (1910-1984), chimiste, historien et promoteur de la vulgarisation scientifique. Il évoque ensuite les théories du complot relatives aux attentats du 11 septembre 2001, au bas mot au nombre de 110 au moment d'écrire son introduction. Il prend ensuite un cas d'école, celui des Protocoles des Sages de Sion, une théorie du complot inventée de toute pièce, parue en 1901, écrite par Mathieu Golovinski, décrivant une conspiration pour un plan de domination du monde, sur la base d'une vingtaine de compte-rendu de prétendues réunions secrètes. Il en retrace la propagation et l'usage ignoble qui en a été fait et qui en est encore fait malgré toutes les preuves de forgerie. Il conclut en reprenant la fable d'Ésope le loup et l'agneau, pour montrer que la preuve du faux reste inefficace contre la conviction des individus.
La bande dessinée met en scène un adolescent prénommé Achille qui discute à plusieurs reprises avec son meilleur ami Jean. Un soir, à table, Achille s'emporte contre ses parents qui lui indiquent qu'il est temps pour lui d'envisager de se vacciner contre l'hépatite B. Exaspéré par la crédulité de ses parents, Achille sort dehors en claquant la porte et trouve Jean qui l'attend sur le trottoir. Il lui parle de leur attitude de moutons, et Jean lui emboîte le pas sur les théories du complot. Dans le même temps, il sort son téléphone et montre une illusion d'optique à Achille, à base de nuances de gris sur un échiquier. Devant la mine déconfite d'Achille, il lui explique que le cerveau humain est limité de trois façons : sa capacité à percevoir l'espace et le temps, son cadre de références culturelles, et ses limites cognitives. Pour aider à se faire comprendre, il prend des exemples imagés, avec le long cou des girafes, une publicité pour un opticien, une promotion sur les cartouches d'encre pour imprimante. Il revient ensuite à l'une des théories du complot relatives aux attentats du 11 janvier 2015, se basant sur les incohérences de couleur des rétroviseurs de la voiture des assassins des journalistes de Charlie Hebdo.
Le lecteur habitué à cette collection se demande bien sur quel exemple David Vandermeulen va s'appuyer pour développer son introduction, et quel axe il va choisir. Il part d'un principe qui a fait ses preuves : la méthode scientifique. Il cite ensuite un nombre qui donne le vertige : celui des théories différentes sur les attentats du 11 septembre 2001. le lecteur comprend donc que toutes les manières de raisonner ne se valent pas, et que la tentation d'interpréter les faits d'une manière différente de la version officielle est partagée par beaucoup de personnes de par le monde. Vandermeulen se focalise ensuite sur un cas d'école : un faux dont l'imposture a été démontré et prouvé très rapidement, mais qui continue d'être utilisé comme la preuve d'un complot, en dépit de toutes les démystifications opérées par des autorités reconnues. Il établit ainsi, avec un exemple facilement vérifiable par le lecteur, que chaque individu est plus enclin à croire le sensationnel que de se plier à l'effort d'un raisonnement prosaïque et rationnel. L'exemple des Protocoles des sages de Sion est confondant dans sa simplicité, car il met à nu le mécanisme de crédulité, y compris dans son paradoxe ultime. Finalement si autant de personnes s'attachent à discréditer ce livre, c'est bien qu'il doit y avoir quelque chose, sur l'air de Il n'y a pas de fumée sans feu. Will Eisner y avait consacré une bande dessinée qui retrace à la fois le processus de rédaction des Protocoles, l'instrumentalisation de l'ouvrage et les différentes entreprises de rétablissement de la vérité : le complot: Histoire secrète des protocoles des sages de Sion (2005).
Chaque tome de la petite bédéthèque des savoirs étant différent, le lecteur ne sait pas trop ce qui l'attend. Gérard Bronner est un professeur universitaire de sociologie, auteur entre autres de la démocratie des crédules (2013) ; sa légitimité à écrire un tel ouvrage est fondée. Il a choisi de donner du rythme à son exposé, sous la forme narrative d'un adolescent dialoguant avec un pote, ce qui le rend plus vivant. Dès la première page, le lecteur constate que la collaboration entre auteur et artiste a dû être assez interactive car il découvre une forme de bande dessinée traditionnelle, plutôt qu'un cours magistral auquel le dessinateur aurait tenté de donner une forme illustrée. Krassinsky est l'auteur, entre autres, de Coeurs boudinés - Une poignée d'amour et de le crépuscule des idiots (2016). Il dessine dans un registre descriptif, avec un bon niveau de détails. Il détoure les personnages avec un trait fin assez souple, et il caricature un peu leur visage pour leur donner plus de vie. le lecteur ressent une forte empathie pour Achille au regard blasé de circonstance, exprimant une forme de suffisance pour la bêtise de son entourage, en adolescent à qui on ne la fait pas et qui sait voir plus loin que le bout de son nez et mieux que les adultes. Jean a une coiffure en pétard, avec un visage un peu moins expressif, mais souvent souriant.
Krassinsky met en oeuvre ses talents de metteur en scène, variant les plans de prise de vue d'une séquence à l'autre évitant les enfilades de cases avec uniquement des têtes en train de parler. La coordination entre scénariste et artiste apparaît à chaque page, car toutes les séquences ont été pensées sur le plan visuel pour que les images ne soient pas cantonnées à juste montrer ce que dit déjà le texte. Il y a donc les exemples évoqués par Achille et Jean qui sont montrés, ainsi que les interactions des personnages avec leur environnement immédiat et entre eux. L'artiste a choisi l'aquarelle pour la mise en couleurs de ses planches, ce qui apporte de la consistance aux décors, des variations d'ambiance lumineuse et de la texture aux différentes matières. La combinaison des traits encrés avec l'aquarelle confère de la substance aux différents environnements montrés et fait ressortir les personnages car ils apparaissent plus vivants et plus précisément détourés sur un fond plus prosaïque. Tout du long de cet ouvrage, le lecteur lit une vraie bande dessinée réalisé par un artiste maîtrisant les techniques spécifiques de ce média.
Gérard Bronner a donc choisi de mettre en scène un adolescent certain de ses convictions, face à un autre plus posé. Il ne se moque pas d'Achille et fait de sa volonté de connaître la vérité, la dynamique de la conversation, mettant à profit son honnêteté intellectuelle, sa capacité à se remettre en question. le lecteur imagine bien que le choix d'un personnage adolescent correspond à l'étude de marché de l'éditeur, mais cela ne constitue pas un frein de lecture pour un adulte qui peut s'identifier sans difficulté à la volonté d'Achille d'aller au fond des choses, de confronter ses certitudes à une autre façon de penser. Jean assume donc le rôle de sachant exposant progressivement les obstacles à la pensée rationnelle. L'auteur fait oeuvre de vulgarisation, donc il ne s'agit pas d'un exposé académique ou d'une présentation exhaustive de tous les domaines de la zététique. L'auteur introduit progressivement différentes notions, en commençant par les constats les plus basiques sur les limitations cognitives que sont la perception de l'espace par nos sens, et du temps par notre entendement. Puis il évoque les limites découlant de notre cadre culturel, et enfin les limites cognitives, à savoir la capacité de raisonnement et d'abstraction. Il établit donc de manière patente que l'individu ne peut pas se fier à son cerveau, que tout est question d'interprétation. le lecteur apprécie la pertinence des mises en situation pour établir chacun de ces points, très concrètes que ce soit une illusion d'optique sur les niveaux de gris sur un échiquier, ou la couleur des rétroviseurs de la voiture des assassins de Charlie Hebdo.
Progressivement, Gérard Bronner évoque d'autres biais cognitifs comme le ratio disproportionné coût/bénéfice pour le cerveau, la négligence de régression vers la moyenne, les prophéties auto-réalisatrices, la confusion entre corrélation et causalité, la négligence de la taille de l'échantillon, le rôle de la croyance comme béquille cognitive, et l'incidence de la certitude de la mort sur le mode de fonctionnement du cerveau. Son exposé n'est pas exhaustif et il le précise lorsque Jean indique qu'il existe plus de 150 biais cognitifs. Ce même personnage indique également qu'il n'est pas toujours possible d'appliquer un raisonnement critique à toutes les situations de la vie, en particulier quand il faut prendre une décision rapide, et que le volume d'information est impossible à gérer ce qui provoque une explosion combinatoires de possibilité.
Ce vingt-quatrième tome de la bédéthèque des savoirs est une grande réussite de vulgarisation, Kassinsky réussissant à réaliser une vraie bande dessinée utilisant les spécificités narratives de ce média, et Gérard Bronner emmenant son lecteur sur le chemin de la zététique, de manière claire et simple avec des exemples parlants, sans tenter de lui faire croire que la simple lecture de ce tome lui aura tout appris.
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Under_the_Moon
  02 novembre 2018
Repéré lors d'une Masse Critique, j'ai vite cherché à satisfaire ma curiosité sur ce sujet qui animait les débats - notamment lors de l'élection de Donald Trump.
Le contenu n'est pas exactement celui que j'attendais mais reste de qualité.
L'introduction présente le sujet, remettant dans son contexte historique les premières "fake news", rumeurs ou autres théories du complot (comme le protocole des sages de Sion, l'un des plus tristement célèbre). L'auteur insiste ensuite sur le rôle d'Internet dans la propagation endémique de ce phénomène. Grâce à ce nouveau média qui permet une plus grande instantanéité, qui est plus démocratique aussi (n'importe qui peut s'exprimer) et touche un nombre de gens plus important que les médias traditionnels : toutes les idées se valent et ont leur place sur ce nouveau marché de l'information.
Ce qui devient paradoxal lorsqu'on pense qu'il y a 200 ans, seule une certaine oligarchie avait accès à la connaissance, à l'éducation et l'information. Au 21ème siècle, si on a fait des progrès sur le taux d'alphabétisation, l'échec du siècle reste qu'à force de tout laisser faire, comme disait Umberto Eco : chaque personne qui s'exprime sur Internet se croit l'égal d'un Prix Nobel.... C'est la revanche de ceux qui ont fait peu d'études : ils peuvent se contenter de regarder quelques vidéos qui balancent des faits sans rien prouver et se réclamer savoir autant voir plus que des experts - qui sont de connivence avec les Illuminati, Sionistes, Francs-maçons, gouvernement corrompu et je ne sais qui d'autre.
C'est ce que met en scène la bande dessinée dans la seconde partie, avec deux ados, un ado "lambda" et un ado style petit génie.
Les grands mérites de cet ouvrage, en plus de ne pas être manichéen (avec gentil gouvernement d'un côté et méchants complotistes de l'autre) c'est qu'il expose :
- les stratégies des complotistes pour faire passer des infos "vraisemblables" et crédibles ,
- les systèmes limitants (cognitifs, psychologiques, culturels) qui nous rendent crédules.
Des notions complexes expliquées avec clarté.
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RosenDero
  24 avril 2018
Dernier né de la Petite Bédéthèque des Savoirs, ce tome consacré à la rumeur et la manipulation se dévore facilement.
Avec Krassinsky aux manettes (voir le très bon Crépuscule des Idiots) je ne suis pas étonné.
L'ouvrage parlera à tous car il n'est pas là pour démonter les complots ou les rumeurs une à une, mais pour éclairer le fonctionnement de l'esprit humain et les divers biais cognitifs (150 recensés tout de même) qui font que l'on peut être tenté de les croire.
Et même si le bilan est pessimiste (il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, ou plus borné que celui qui veut croire) ce petit ouvrage pourrait bien mettre du plomb dans la tête de ceux qui l'auraient entre les mains.
À lire accompagné d'un adulte pour les plus jeunes, mais dès le lycée on trouvera des références bibliographiques et des idées d'oibrages pour approfondir cet intéressant sujet de la manipulation de l'esprit humain...
Petit bémol pour la mise en BD avec une histoire qui ne rime pas à grand chose et une fin obscure (et il manque un mot par ci par là).
Merci à Babelio et aux éditions Le Lombard pour cet ouvrage reçu dans le cadre d'une Masse Critique.
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Orphea
  08 mai 2018
Opération Masse Critique
Merci aux éditions du Lombard et à Babelio bien sûr.
Pour commencer, je dirais que j'adore vraiment le concept de la collection de la Petite Bédéthèque des savoirs. Quelque pages de bandes dessinées pour vulgariser des thématiques parfois très complexes c'est attractif et efficace.
Bon déjà, ce thème-là me tient particulièrement à coeur : la crédulité, les rumeurs, les théories du complots et autres partisans de la terre plate. Parce que je suis bien convaincue qu'il faudrait enseigner l'esprit critique, les méthodes de recherches, la zététique, le "savoir apprendre" plutôt qu'une accumulation de connaissances sans liens et sans contextes.
Ce sujet est en passe de devenir une nouvelle passion pour moi maintenant que je suis maman.
J'étais donc déjà toute acquise à l'ouvrage avant de l'avoir commencer.
Bien sûr c'est une porte d'entrée, rien n'y est vraiment approfondi mais c'est suffisant pour se rendre à l'évidence : notre paresse intellectuelle naturelle nous fait prendre des vessies pour des lanternes, tous autant que nous sommes. Sans effort, sans recul, nous sommes tous à la merci d'une théorie fumeuse et d'arguments fallacieux. Allumer le téléviseur ou Internet et l'on vous bombarde de fausses informations, de statistiques sorties de leurs contextes, des fanatiques de tout poils s'en donnent à coeur joie pour vous embrigader dans leurs délires.
Dans ce très court ouvrage on aborde la question des biais cognitifs et du "mille-feuilles argumentatif" par exemple, vastes sujets mais qui sont plutôt bien amenés. J'ai plutôt bien aimé les dialogues, je les ai trouvées habiles. C'est simple, pas besoin d'avoir fait des études poussées de psycho ou de socio.
Mais j'ai un gros reproche à faire : les personnages adolescents. Premièrement, c'est terriblement cliché de prendre des ados. Public ciblé ? J'espère que non ! Les adultes sûrs d'eux, revenus de tout, dont les désillusions ont donné naissance à des illusions encore plus tenaces, sont parfois tout aussi crédules et avides de rumeurs et de complots. En aucun cas, la crédulité n'est l'apanage de l'adolescence. J'imagine que ce n'est pas ce qu'on voulu les auteurs mais c'est l'impression que cela donne. Le personnage principal est un ado type, un cliché ambulant, ce que je trouve dommage et ironique considérant le thème.
Et là j'aborde le deuxième point qui en découle : l'histoire est à peine crédible. Le pote de notre héros est un puits de science, un vrai philosophe. Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de dire qu'un ado est incapable d'ouverture et d'esprit critique. Seulement, ce n'est pas crédible selon mon champ d'expérience personnel. Je suis peut-être enfermée dans mon "cadre culturel" mais ma lecture en a un peu pâti. Je pense que l'histoire aurait été plus intéressante avec des personnages jeunes adultes, voire même des étudiants diplômés, histoire de montrer que les études ne suffisent pas à se préserver de l'idiotie.
Ce fut tout de même une bonne lecture, qui me donne envie de creuser la question. J'ai maintenant très envie de me pencher sur d'autres titres de la collection comme (entre autres) : "L'intelligence artificielle", "Les zombies" et "Le libéralisme".
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critiques presse (1)
ActuaBD   25 avril 2018
Cette fois, ce sont les notions de crédulité et de rumeurs qui sont examinées par Gérald Bronner. Un petit album salutaire alors que pullulent tweets et Fake News.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   02 avril 2019
Comme le racontaient déjà les proverbes sumériens aux premiers temps de l'écrit il y a plus de cinq mille ans, et comme l'a rapporté Ésope au VIe siècle avant J.-C. avec sa fable Le loup et l'agneau, les défenses argumentaires les plus justes ne peuvent rien contre les gens décidés à faire le mal.
L'histoire du loup accusant un agneau de l'empêcher de boire à la rivière car il trouble son eau date de la nui des temps et nous rappelle à quel point celui qui a une idée fixe ne changera pas d'avis, quand bien même on lui assénerait les plus éclatantes démonstrations lui prouvant sa méprise.
Dans la fable d’Ésope - comme dans celle reprise par La Fontaine - l'agneau aura beau démontrer avec logique au loup qu'il ne pourrait lui nuire, prouver qu'il n'aurait pu être celui qui a insulté son père un an auparavant car il n'était à cette époque pas encore né, tout ce discours logique et rationnel ne lui sera en définitive d'aucune utilité.
La fable, cruelle et sans morale, se termine invariablement de la même façon, c'est-à-dire par la décision du loup de dévorer l'agneau.
Ainsi, depuis les temps les plus reculés, l'homme sait que face aux gens décidés à avoir foi en quelque chose, la plus juste des défenses peut rester sans effet.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2018
[...] si tu maîtrise mieux les limites qui pèsent sur ton jugement, tu auras beaucoup moins à craindre des manipulations extérieures, qu'elles viennent d'Internet, des médias conventionnels ou de ta vie de tous les jours.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2018
- Mais moi j'aimais bien imaginer ces histoires de complots, me dire que j'en savais un peu plus que les autres, que les autres, que le monde ressemblait à un roman d'espionnage, qu'il y avait clairement des méchants et des bons, nous, les résistants...
- [...] Avec elles le monde est plus ordonné qu'il ne l'est en réalité, bien manichéen, le hasard n'y a pas de droit de cité...
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2018
On peut prouver que quelque chose existe, mais on ne peut pas prouver que quelque chose n'existe pas.
[...] L'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence. C'est pour ça que les complotistes ou ceux qui veulent nous inquiéter avec tel ou tel danger ne perdront jamais tout à fait la partie.
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PresencePresence   22 novembre 2018
Entre 2005 et 2010, l'information disponible à la surface e la Terre a été multipliée par 8. Du coup, plus il y a d'informations disponibles, plus il y a de chances que tu trouves l'information qui convient à tes croyances.
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Vidéo de Gérald Bronner
Gérald Bronner pour son livre « Déchéance de rationalité » paru aux éditions Grasset
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