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Didier Pemerle (Traducteur)Gérard Klein (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253071803
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 279 notes)
Résumé :
New York au XXIe siècle, mais ce pourrait être Londres, Paris, Montréal…

Une ville tout entière protégée par un dôme, mais parcourue de saboteurs qui détruisent et tuent pour le plaisir ; une ville régie par la technologie la plus raffinée, mais où l'émeute peut éclater à chaque détour de rue ; où la loi vous interdit de procréer si vous présentez la moindre tare, mais qu'est-ce qu'une tare ? Pour le savoir, pour tout savoir, soyez à l'écoute de Shal... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  05 août 2016
Une construction fascinante et atypique …
Tous à Zanzibar est un grand classique de la science-fiction ... La construction du roman est absolument unique ( bien qu'elle ne sorte pas de nul part ) .
C'est entre autre , un enchainement de dépêches dont chacune est une perle .. le fil conducteur du roman est le personnage principal . Il est seulement un des nombreux aspects de la trame du recit . C'est ce qui donne un coté très désordonné au roman .
Fondamentalement nous avons-là un texte prospectif dont la pertinence rétroactive est envoutante ...
Il a été écrit en 1968 et ce roman sociologique proposait alors de la prospective sociale et géopolitique .
Les vues de l'auteur ne sont pas tombées très loin de la situation que nous connaissons .
Tous à Zanzibar nous proposes donc une sorte de présent alternatif et c'est aussi troublant que c'est plaisant .
J'insiste sur cet aspect présent alternatif savoureux , parce que c'est rare en fait , et c'est une saveur très originale qui est peut-être spécifique à la SF finalement .
Le texte est bien écrit et cette lecture est une véritable expérience .
L'auteur est une pointure , je tiens à le souligner pour toute personne qui ne connaitrais pas le genre .
Cependant cette lecture peut-être éprouvante .
C'est une expérience qui exige de la constance assidue à cause de cette structure narrative tout à fait singulière , qui peut apparaitre comme décousue pour un lecteur pas assez attentif .
Le charme de l'oeuvre vient du ricochet de notices terrifiantes ... amères .. lénifiantes ... brutales ... douces et amères , spectaculaires , dramatiques ou désespérantes ...
Il a dans ce récit un fond pétri d'une sorte de douce ironie pince-sans-rire récurrente , qui est drôle , sans être désopilant.
Le personnage principal navigue dans ces eaux tourmentées ( entre chasse d'eau et catastrophes géopolitiques ) .
Le lecteur finira par saisir sa signification dans ce contexte apparemment confus chapeauté par le supercalculateur ( sourires ) ...
Un roman difficile mais qui est une vraie expérience de lecture ..
Un texte qui déborde d'humour mais un humour pince-sans-rire très britannique , livré avec une tension limite désagréable .
Par ailleurs les thèses du roman , qui sont extrêmement incisives , ont aussi le charme de la pertinence malgré le temps qui passe ...
Je cite Spinrad :
C'est une construction littéraire comprenant un roman , plusieurs nouvelles , une série d'essais et tout un tas de trucs , le tout constituant une sorte de film .
Si Tous à Zanzibar prouve une chose , c'est que le tout peut être plus grand que la somme des parties ."
PS : l'intro de Gérard Klein est loin d'être inintéressante .
Un plaisir à poursuivre avec : , le troupeau aveugle , du même auteur .
C'est un autre texte de la même veine . Un livre que personnellement , je trouve encore meilleur que Tous à Zanzibar . . .
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Osmanthe
  27 décembre 2014
Voici une oeuvre choc de la SF ! Sorti en 1968, ce gros roman relu de nos jours s'avère visionnaire, la réalité ayant largement rejoint cette formidable fiction sous bien des aspects.
Jugeons plutôt, la revue de détail est éloquente, et même sidérante !
vers 2010, les villes sur Terre sont surpeuplées, des gens dorment dans la rue, où des "amocheurs" font régulièrement des raids mortels.
L'espionnage industriel et le sabotage font rage.
La science a fait des progrès importants, on peut désormais vivre avec des organes artificiels. On se bourre de drogues et médicaments. La législation eugénique interdit de procréer à ceux qui présentent la moindre anomalie génétique, et on tolère très mal les couples ayant plus de 2 enfants.
La publicité TV aliène l'individu.
Les baleines ont disparu, l'eau est rare et chère.
Certes, les automobiles et leur lot d'embouteillages monstres ont disparu aussi (mince, la seule bonne nouvelle n'a même pas eu lieu !)
Les inégalités de richesse entre pays sont très fortes, dans un monde bipolaire dominé par l'affrontement capitalisme/maoïsme chinois...tandis que le Yatakang, nouvelle puissance économique d'Asie du Sud-est décolle !
Economie nationalisée, aux mains de quelques Etats et multinationales comme la General Technics, gardienne du fantastique ordinateur Shalmaneser qui filtre l'information, et, qui sait, a peut-être une conscience ?
Pour le sociologue Chad Mulligan, il y a urgence : ce monde chaotique et dangereux est "délinquescent"...mais est-il encore temps d'agir dans ce tourbillon ? Peut-on encore vivre comme les hommes du continent africain ? L'énorme retard technologique et la misère de ses habitants sont peut-être le double prix à payer pour rester libre et maître de son destin, donc finalement heureux, face à un monde artificiel et cybernétique ?
Personnellement, une des plus belles oeuvres de SF jamais lues, la vraie SF traditionnelle comme elle n'existe pratiquement plus, emportée par les cycles fantasystes qui ont suivi, et peut-être par ce qu'on appelle le "progrès" qui a dépassé la fiction.
Et c'est aussi un choc stylistique, le procédé d'écriture est déroutant, percutant, au départ la présentation fait figure d'OVNI, et finalement elle illustre et traduit à la perfection le propos !
Relisons donc les 4 romans de la Tétralogie noire de John Brunner, dont celui-ci marque le point de départ, et qui se poursuivront par l'Orbite déchiquetée, le Troupeau aveugle, et Sur l'onde de choc, autant de merveilles d'anticipation nées de la montée des inquiétudes et tensions politiques, économiques et sociales des années 70.
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Luniver
  13 septembre 2012
Tous à Zanzibar a été écrit en 1968 et décrit notre monde actuel (2010), qui se caractérise par une surpopulation généralisée sur toute la planète. Des mesures eugénistes se mettent en place dans les pays développés. Avant d'avoir la permission d'avoir un enfant, les couples doivent faire analyser leur génome : à la moindre suspicion de maladie génétique (schizophrénie, hémophilie, et même daltonisme), la personne a l'interdiction d'avoir une descendance. Les foetus à risque sont avortés. Avoir des enfants est devenu un privilège, mais en avoir plus de deux est très mal perçu. Les couples sans enfant se rassemblent en association pour s'occuper d'un enfant d'une autre famille un jour par semaine.
À cause de la surpopulation, des amocheurs (dérivé du terme « Amok », qui désigne une personne folle qui détruit tout sur son passage) sèment régulièrement la panique dans les grandes villes.
L'histoire se focalise sur deux grands évènements : la société General Technic Corporation s'apprête à acheter un pays africain entier, et planifie son opération grâce à son super-ordinateur Shalmaneser, qui prend toutes les décisions ; à l'autre bout du globe, le Yatakang annonce qu'il est sur le point de créer une génération de surhommes et de pouvoir créer des génies sur commande pour toute sa population, déclaration qui secoue tout le reste de la planète.
La structure du roman est assez particulière. Les chapitres sont regroupés en quatre catégories : le « monde en marche », qui regroupe des courtes phrases saisies au vol dans des conversations ou des émissions de radio, parfois inachevées ; « Jalons et portraits », qui présente des personnages qui n'interviennent pas vraiment dans l'intrigue, mais qui nous permettent de mieux comprendre les évènements ; « Contexte », qui comme son nom l'indique, nous explique ce qui passe au moment du récit ; et « Continuité », l'intrigue proprement dite.
Je suis resté un peu sur ma faim avec ce livre : les deux évènements sur lesquels on se focalise ne m'ont pas semblé pertinents : on se focalise plus sur les pressions politiques et économiques qu'ils entraînent plutôt que sur les problématiques de la surpopulation et de l'eugénisme qui me paraissaient plus riches et intéressants à traiter. Je regrette qu'il n'y ait pas eu plus de place pour le sociologue Chad Mulligan et son « Lexique de la délinquescence », qui est très mordant et très critique sur ces phénomènes de surpopulation.
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Philemont
  17 décembre 2012
Tous à Zanzibar est une dystopie. Ecrite en 1966, et publiée en 1968, elle nous projette dans un futur que l'on connaît bien aujourd'hui : l'année 2010. Et dans l'esprit de John BRUNNER ce futur c'est celui de la surpopulation, laquelle est illustrée par le fait que si l'on plaçait l'ensemble des êtres humains au coude à coude sur l'île de Zanzibar, ils la recouvriraient en entier. de manière plus pragmatique, cela implique la disparition de toute sphère privée, un contrôle génétique draconien et une anarchie urbaine généralisée.
À New York, Norman, un jeune Afro-Américain, travaille pour la toute-puissante General Technic (GT) dont le superordinateur Shalmaneser organise l'achat pur et simple d'un pays africain. Son compagnon d'appartement, Donald, apparemment un simple étudiant, est en fait recruté par les services secrets qui l'envoient s'emparer de la découverte d'un généticien d'un pays du tiers monde qui ferait de tous les bébés des génies prédéterminés.
Qualifié de non-roman par son auteur, Tous à Zanzibar est une oeuvre dont l'originalité est avant tout à rechercher dans sa technique narrative. le récit est en effet totalement déconstruit, courant sur quatre pistes différentes, imbriquées les unes dans les autres, mais strictement délimitées afin que le lecteur désireux de ne pas lire telle ou telle partie puisse le faire sans inconvénient. En cela, la source d'inspiration revendiquée par John BRUNNER est John DOS PASSOS et sa trilogie U.S.A.
Il y a d'abord le Contexte qui, comme le mot l'indique, permet de se faire une idée globale de ce monde de 2010. Il y a ensuite le monde en marche, composé de rapides vignettes, d'instantanés aux phrases parfois inachevées, sur l'époque et les humains qui la vivent. Et puis viennent les Jalons et portraits qui permettent à l'auteur de dresser le portrait détaillé d'êtres vivants divers et variés. Vient enfin la Continuité, laquelle est dédiée à l'intrigue du roman proprement dite, une histoire d'espionnage scientifique.
Cette structure est en outre dotée d'une prose très rythmée et très moderne, John BRUNNER montrant même une forte propension à l'inventivité en matière de vocabulaire. A ce niveau on peut d'ailleurs saluer la qualité de la traduction française.
Pour toutes ces raisons, Tous à Zanzibar est une oeuvre qui continue de faire date dans la Science Fiction. Néanmoins, il faut reconnaître qu'en tant que roman elle n'est pas particulièrement facile à lire, et que l'intrigue elle-même, si le lecteur ne recherche qu'elle, ne présente que peu d'intérêt, de même que les personnages principaux. C'est donc avec une impression mitigée que l'on referme l'ouvrage.
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Charybde2
  17 mars 2013
Une mosaïque romanesque exceptionnelle, dès 1968, sur un monde qui explose de ses contradictions
Publié en 1968, construit très explicitement à la manière de la mosaïque conçue par John Dos Passos pour sa trilogie U.S.A., ce roman imposant et totalement précurseur brasse, dans un véritable torrent de récits entremêlés, les réalités sociales, politiques, économiques et technologiques d'un monde surpeuplé, quadrillé de clivages de toute nature, et livré progressivement à la folie rationnelle.
John Brunner détaillera par la suite certains des aspects de cette course à l'abîme dans des romans également imposants, mais davantage « spécialisés » : psychopathologies du quotidien et crises raciales dans "L'orbite déchiquetée"(1969), catastrophes écologiques dans "Le troupeau aveugle" (1972), chocs sociétaux liés à l'informatisation massive dans "Sur l'onde de choc"(1975).
Considéré à juste titre comme l'un des véritables monuments du genre, servi par son écriture audacieuse et néanmoins très travaillée (luxe que Brunner, débordé par les soucis de production "alimentaire", put trop rarement se payer, hélas), ce roman a aussi inscrit au panthéon des grands personnages de la SF, et du roman en général, l'ordinateur Shalmaneser, le penseur fictif Chad C. Mulligan, auteur du "Lexique de la déliquescence", Norman Niblock House, le responsable du personnel de la General Technics, ou encore Donald Hogan, l'agent spécial spécialiste de l'infiltration...
À noter dans l'édition Livre de Poche une remarquable préface de Gérard Klein, sans doute l'une des meilleures qu'il ait écrites dans ses différentes collections.
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critiques presse (1)
Telerama   11 février 2019
Pendant longtemps, le roman, qui reçut le Prix Hugo en 1969, fut même pour les profanes le symbole de ce que peut être une SF intelligente.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   21 août 2012
Les gens de vingt et un ans ont du mal à croire qu’il y a seulement trente ans, les routes et les villes étaient saturées jusqu’à l’asphyxie de masses de métal dites mobiles mais qui s’empêtraient à un tel point les unes dans les autres qu’à la fin la raison a eu raison. Pourquoi se compliquer la vie avec deux tonnes d’astuces mécaniques quand on ne peut même pas s’en servir pour être à temps là où on va, et qui, bien pire, abrègent la vie à coups de cancer et de bronchite chronique grâce aux miasmes qu’elles dégagent ! Comme une espèce vivante, les automobiles s’éteignirent lorsque leur environnement fut saturé de leurs déjections.
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KittiwakeKittiwake   20 août 2011
Un être humain peut s'adapter à des faits patents, tels que le jour, la nuit, les saisons, la sécheresse tet le vide lunaire, à une épidémie qui décime les élevages de gibier, ou à une fusée de ravitaillement qui s'écrase contre la pente d'un cratère.Par contre ce qui est impossible, c'est de s'adapter aux sept milliards de rivaux de notre espèce. Ce fourmillement incalculable de variables rend impossible la recherche de solutions rationnelles aux états de crise
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LuniverLuniver   10 septembre 2012
SHALMANESER Seul élément de fraîcheur du building de la GT. Ils le disent capable d'évoluer vers une véritable conscience de soi. Ils disent aussi que son intelligence égale les intelligences additionnées de mille humains. Il n'y a pas de quoi se vanter, parce qu'il suffit de mettre mille d'entre nous ensemble pour qu'ils se comportent comme des idiots.
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dbaudeletdbaudelet   05 avril 2012
Quand Elihu comparait Obomi à un chef de famille, je pensais que ce n'était qu'une méthaphore. Mais c'est bien là la façon dont une famille accueille des amis qui ont une proposition à faire, on mange, on boit, on parle de choses personnelles, et après seulement on passe aux choses ennuyeuses, aux affaires. Ils ne nous regardent pas comme des émissaires étrangers, comme les représentants d'une société gigantesque. C'est plutôt comme si...

Réflexion sur le Président du Béninia, M. Obomi.
Continuité 25: NOTRE PERE A TOUS, page 486.
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LuniverLuniver   21 août 2012
Une confiance totale ? Dans ce domaine, où demain l’homme, par exemple, ou l’amie, n’importe, peut décider d’y regarder de plus près ? Plus l’apprêt cosmétique est élaboré, et fragile, et attirant, meilleur est l’effet, mais plus amère sa débâcle après les baisers, les caresses et les étreintes.
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Panorama international de la science fiction
Emission consacrée à la place de la littérature de science fiction au niveau international avec une pièce radiophonique de Frédéric CHRISTIAN "L'ambassadeur de Xonoï (avec une voix synthétique dans le rôle de l'extraterrestre) (48'00) - René BARJAVEL, Pierre STRINATI, John BRUNNER, Eremei PARNOV (en russe, traduction simultanée), Forrest J. ACKERMAN, James BLISH, Paul ANDERSON (en...
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