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EAN : 9782360810048
50 pages
Éditeur : Editions Cornélius (30/11/-1)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 97 notes)
Résumé :

Auteur phare de la bande dessinée américaine contemporaine, Charles Burns revient avec un album déroutant qui oscille sans cesse entre rêve et réalité, truffé de références à l’univers d’Hergé.

L’histoire démarre par une case noire. Puis, dans la suivante, un trait bleu dessine une forme qui pourrait être celle de la houppe de Tintin. Le lecteur découvre ensuite un personnage qui se réveille sans savoir où il se trouve. Rêve ou cauchemar, nul... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  04 juillet 2017
Soit Charles Burns prend des trucs soit il est dingue (soit les deux). Parce que pour pondre une oeuvre comme "Toxic", il faut avoir la tête un peu à l'envers.
Si la couverture et certains autres éléments visuels font directement référence à l'univers de Tintin, ne vous attendez pas à une aventure ludique et amusante.
"Toxic" s'intéresse à Doug, un jeune homme, un peu artiste. Chez Burns, les jeunes gens ne débordent pas de joie de vivre, ils transpirent le mal-être. Doug est mal dans sa peau, mal dans sa tête. Déprimé, accro aux médocs, son esprit est empli de pensées morbides et glauques.
La narration fragmentée multiplie les ellipses, les allers-retours entre présent et passé, entre monde réel (même si je me demande s'il y a bien une réalité dans "Toxic") et monde onirique. Comme dans une sorte de décalque d'"Alice au pays des merveilles", Doug suit un chat noir (et pas un lapin blanc) qui l'entraîne dans un univers absurde et cauchemardesque (pas merveilleux du tout).
C'est peu de dire que "Toxic" ne respire pas la joie de vivre. Avec ses images qui m'ont fait penser aux univers sombres et torturés de Lynch et Cronenberg, Burns instille un sentiment de malaise chez le lecteur. Malaise qui n'empêche pas "Toxic" d'être addictif. J'ai été happée, hypnotisée par cette oeuvre alors même que je suis incapable de dire si j'ai adoré ou si j'ai détesté. Ce qui est sûr, c'est que "Toxic" m'a remuée, m'a troublée, m'a fascinée. Si c'était le but recherché par Burns, il est totalement atteint. Il y a même du génie là-dedans.
Je vais prendre une dose supplémentaire de cauchemars hallucinés en lisant "la ruche", la suite de "Toxic".
Challenge B.D 2017
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jyrille
  05 décembre 2016
Parue entre 2010 et 2014, la trilogie X'ed Out en VO (à lire Crossed Out, ce qui signifie biffé, rayé, barré, effectué…), Toxic en VF, est l'avant-dernière oeuvre de Charles Burns. A l'heure où j'écris ces lignes, Vortex, un nouvel album compilant des inédits de la série, devrait être parue, ainsi qu'un nouveau roman graphique, Love Nest.
Charles Burns, auteur américain né en 1955, n'a pas une pléthore d'albums à son actif. Il illustre pour la publicité ou des tirages limités et fait partie des auteurs plus aimés en Europe que chez lui, comme l'attestent ses pages Wikipédia françaises et anglaises. Son oeuvre la plus connue et reconnue reste Black Hole, réalisée entre 1993 et 2004, qui a reçu plusieurs prix Harvey (meilleur encreur, meilleure couverture et meilleur album), un prix Eisner du meilleur recueil, et fait partie des Essentiels d'Angoulême de 2007.
Les bandes dessinées de Burns sont des histoires plutôt courtes, souvent compilées par personnages ou thèmes, publiées en France par un éditeur qui fournit un vrai travail d'artisan du livre, Cornélius. Les livres de Cornélius sont reliés, souvent en grand format, en noir et blanc mais aux couvertures en couleurs, souples, le tout finalisé avec un grand soin. C'est la maison d'édition qui publie Robert Crumb, Blutch, Blanquet, Daniel Clowes, Nicolas de Crécy, Mazzucchelli : des auteurs souvent exigeants ou décalés, dans des collections dédiées portant chacune un prénom (Solange, Pierre, Paul…).
Les trois tomes de la série Toxic n'appartiennent à aucune collection, présentent des couvertures rigides et des cahiers collés et surtout, sont en couleur. C'est la première bd totalement en couleur de son auteur, et la première faite en trois parties assez longues, entre cinquante-deux et soixante planches chacune.
Burns a un style unique et un univers propre qu'il creuse et peaufine depuis ses débuts. Il décortique la vie américaine banlieusarde et la jeunesse désoeuvrée, en les propulsant dans des mondes effrayants remplis de monstres issus de divers pans de la culture populaire, inspiré notamment par les films de Roger Corman (que je ne connais pas du tout). Cependant, les Contes de la crypte et les E.C. Comics, semblent des références plutôt évidentes, que ce soit dans ses histoires de Big Baby, mais aussi dans El Borbah, où dans une ambiance de roman noir, les femmes fatales, les hommes jaloux et lâches se confrontent à un détective privé catcheur de Lucha Libre et où chaque case dévoile des passants difformes. Derrière un certain humour d'un monde fantasmatique semblant se passer pendant les années 50 et 60 (et les années 70 pour Black Hole), Burns décortique les déviances et la violence de l'Amérique.
Mon premier contact avec Iggy Pop fut aussi celui avec Burns : c'est ce dernier qui a dessiné la pochette de l'album Brick By Brick, un album mineur mais plutôt réussi de la fin des années 80, qui colle bien à son époque. On y voit des monstres en tout genre, massés dans une ville la nuit, en gros plans ou plans moyens, cohabitant sans esclandre, affichant simplement leurs différences et leur nature à la vue de tous. Tout Burns est déjà là, sous un trait presque ligne claire rehaussé d'ombres propres et ciselées, rappelant le style détaillé et trash de RanXerox, le robot obsédé de Liberatore. La perspective exagérée nous fait entrer dans un cauchemar, celui que l'on pourrait voir au travers des lunettes de They Live ! (Invasion Los Angeles) de John Carpenter : la normalité cache l'anormalité de toutes et tous.
Avec la trilogie Toxic, il passe à un niveau supérieur, tant au niveau du dessin qu'au niveau de la sophistication. Même si les monstres sont là, la première et constante référence que Burns va essaimer tout au long de cette trilogie est le Tintin de Hergé. Il l'avait déjà fait dans les pages intérieures des couvertures d'El Borbah, représentant un papier peint bleu rayé aux portraits encadrés pompeusement. Mais ici, c'est dès la couverture de Toxic que la référence à L'étoile mystérieuse est évidente, le champignon blanc et rouge étant désormais un énorme oeuf.
ToXic (X'ed Out)
La première planche de Toxic nous dépose dans un rêve, celui du héros, Doug. Depuis son canapé-lit, la houppette clairement dressée, Doug est intrigué par un trou dans le mur, d'où s'échappe un bruit mécanique lointain. Faisant office du miroir d'Alice, cette ouverture l'emmènera à la poursuite de son chat mort, dans un monde abrutissant et étranger, où l'on parle une langue inconnue, où l'on y mange des sushis dérangeants, et où les clés délivrées par les habitants n'éclairent en rien notre compréhension.
La réalité est toute autre. Doug est dépressif, incapable de sortir de chez lui. Il se remémore son passé, se demandant à quel moment tout cela a mal tourné. Dans les concerts de punks amateurs, sous le nom de Johnny 23 et un masque de Nitnit, son personnage de bd, il récitait des poèmes macabres de sa composition avec des bruitages violents et urbains en fond sonore, tout en voulant sortir avec Sarah, une fille un peu perturbée et à l'ex-petit copain inquiétant.
De cette histoire banale d'une jeunesse sans repères, Burns pointe les détails, les polaroïds, les regards, met en scène les lâchetés, qui, mises bout à bout, se transmettent de père en fils et instillent une peur inextinguible.
Ces mélanges de rêves et de réalités, d'éléments étranges inhérents à l'art contemporain tel le foetus d'un porcelet dans un bocal, l'ambiance pesante et la description d'une vie banlieusarde, tout rappelle l'univers de David Lynch. C'est le nom qui revient le plus souvent pour décrire le travail de Burns, et c'est dans Toxic que cette filiation est la plus évidente.
Tiré à mille sept cent exemplaires, Burns éditera une version pirate de Toxic la même année que sa première publication, un album nommé Johnny 23 mais avec un alphabet inconnu, qu'il est possible de déchiffrer. Cet album reprend les cases de l'album dans un ordre différent, agrémentées de cases inédites. D'une lecture étrange, Burns crée une autre lecture, brouillant un peu plus les pistes. Je n'ai malheureusement pas lu cet ouvrage. Derrière le mur, Doug retrouvera Sarah, qui s'y appelle Suzy, devenue reine pondeuse en route vers la ruche.
La ruche (The Hive)
La peur que Doug expérimente s'accompagne d'une question fondamentale, qui nous accompagne toute la vie : quand cela finira-t-il ? Quand arrivera le dernier baiser, la dernière cigarette, la dernière coupe de cheveux, le dernier verre d'eau ?
Doug a pris du poids et a perdu Sarah, il s'enfonce un peu plus dans une morosité communicative, et a du mal à faire le tri de ses souvenirs. Sa confusion apparaît clairement dans le montage que Burns nous soumet. Doug nous raconte sa vie par fragments, sans ordre chronologique distinct, puis nous plonge sans prévenir dans cet autre monde étrange emplis d'êtres différents. C'est au lecteur de sans cesse recoller les morceaux. Nous le suivons tentant vainement de trier les photos de son père, de trouver des comics romantiques, de chercher un sens à ce qu'il voit. Il en va de même avec la musique : Sarah parle de l'album Before and After Science de Brian Eno comme la bande originale du film de leur vie. Sarah développe de grands problèmes affectifs, un déséquilibre profond, mais rayonne littéralement sous la plume de Burns. C'est la fille de vos rêves, douce et plus grande que la vie elle-même.
Burns en profite pour questionner l'art lui-même, dans toutes ses expressions : Doug désespère de créer des photos qui provoqueraient des réactions, tente de choquer les spectateurs avec ses poèmes trash, adore le punk de ses pairs et partage la passion de Sarah pour la photo et la sculpture. L'art contemporain semble indéchiffrable, et la puissance qui en émane incompréhensible, elle existe pourtant, douloureusement réelle. Mais Doug lit aussi des Tintin, et, bien qu'ils soient tous imaginaires, ils sont immédiatement identifiables.
Une fois dans l'autre monde, ces lectures deviennent les bases des aventures qu'il y vit. Sous les traits de Nitnit, il n'arrête pas de parcourir des cavernes inquiétantes, de grimper à des échelles, de découvrir des endroits cachés, avec un chat noir comme guide et non un petit chien blanc. Ses occupations ont beau y être dénuées de sens, l'histoire qui s'y déroule est simple et rassurante, tel un jeu d'aventure. Passer des niveaux, suivre des pistes, trouver des trésors : donner un sens à une existence qui s'échine à accumuler les déconvenues. Suzy, elle, est passionnée par des comics à l'eau de rose ressemblant à des roman-photos, dont l'histoire ressemble fortement à celle de Doug et Sarah. L'art, même mineur ou populaire, y trouve sa fonction de professeur de vie.
A la fin de la Ruche, tel un aventurier de livre dont vous êtes le héros, il achète à un vendeur de rue un petit crâne (calavera en espagnol) en sucre, sur lequel est inscrit « J'étais toi. ».
Calavera (Sugar Skull)
Doug est plus âgé, n'a pas retrouvé la ligne de ses vingt ans, mais a découvert un peu de plénitude. Il vit avec Sally, une fille à l'air bien plus sage et moins dépressive que Sarah, une fille solide qui ne se pose pas de questions. Notre anti-héros n'en a cependant pas fini avec ses traumatismes.
La conclusion de cette trilogie confirme l'influence de Lynch, la dernière planche semblant répondre à la première de Toxic, et le tout rappelant Mulholland Drive ou Blue Velvet, voire même Eraserhead : toutes les zones d'ombre disparaissent et les pièces se remettent en place.
En se dirigeant toujours plus profondément dans la fantasmagorie de Johnny, Doug retrouve les moments qui l'ont réduit à la dépression profonde, rend le lecteur complice de ses faiblesses et de ses erreurs tout en lui demandant à quoi rime tout ça. L'art est-il utile, nécessaire, ou une fuite ? L'histoire se répète-t-elle de père en fils ? A-t-on la moindre influence sur les évènements ? Que reste-t-il de nous après le dernier verre (le dernier ver) ?
Non content de fournir un univers riche et toujours différent, jouant sur les changements de perception et les représentations exagérées, Burns a marqué bon nombre d'auteurs malgré son nombre peu élevé d'ouvrages publiés. le roi des mouches, partageant les thèmes de la vie en banlieue et de sa jeunesse (droguée, rebelle, désabusée), mais aussi un trait très proche, en est un des meilleurs exemples.
Sous une forme élégante, la trilogie Toxic cache donc beaucoup de noirceur et ne laisse pas beaucoup de place à l'humour ou à la lumière. Il réussit néanmoins à dépeindre les sentiments comme Proust aurait pu le faire, tout en parlant de la relation à l'art, de l'amour, de la filiation, des thèmes qui se trouvent également dans le Sculpteur. Or Toxic exprime par chemins détournés ce que Scott McCloud a perdu de vue au long de ses cinq cent planches : l'expression artistique n'a pas besoin de mode d'emploi, seulement de perception.
Lien : http://www.brucetringale.com/
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colimasson
  09 avril 2013
Toxic porte bien son nom, qu'il s'agisse de décrire un nouvel univers ou de qualifier la frustration qu'il engendre chez son lecteur. En combien d'épisodes va tenir cette histoire ? A la fin de l'album, je ne me sens pas beaucoup plus avancée qu'au début et j'ai l'impression de n'en être restée qu'à l'introduction.

En contrepartie, heureusement, il est toujours aussi agréable de se plonger dans les univers imaginés par Charles Burns. Les couleurs lui vont bien. On reconnaît qu'il est courageux de sa part d'avoir mis de côté le noir et blanc qui avait principalement caractérisé ses dessins jusqu'alors pour les céder à des couleurs vives, qui ajoutent un surplus d'agressivité à l'histoire. Les peaux vertes des lézards, le jaune fluo du désert, les yeux transperçants du chat… ajoutent du relief au dessin et constituent un apport indéniable au style de Charles Burns.
Il faut bien avouer toutefois que l'histoire reste très opaque et ne se laisse pas comprendre très facilement. On commence par connaître Charles Burns et par savoir qu'il apprécie de passer pour un mystique du neuvième art ; on pourrait même penser qu'il s'est essayé à dresser un remake d'Alice au pays des merveilles. le début est similaire et nous présente un personnage plongé malgré lui dans un univers absurde, après avoir suivi les dédales empruntés par un animal a priori innocent (ici un chat). La Reine entr'aperçue à la fin de l'album sera-t-elle aussi cruelle que la Reine Rouge ?

La question a peu d'importance, surtout lorsque l'on sait que Charles Burns préfère souvent ne pas répondre aux interrogations qu'il fait naître chez son lecteur. Charles Burns est un véritable empoisonneur…
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Yvan_T
  14 février 2011
Dans la pénombre, une houppette bleue apparaît. Lentement et complètement déboussolé, Doug se réveille avec un pansement sur le crâne. Au loin, Inky, son chat noir – pourtant mort depuis plusieurs années – se tient devant un trou béant. Étonné, le jeune homme se lève et suit le félin de l'autre côté du mur de briques. Là, un décor étrange, fait d'inondations, de décombres et d'humanoïdes bizarres, s'offre à lui. Bienvenue dans l'univers de Charles Burns
Publié simultanément aux États-Unis sous le titre de « X'ed Out » et clairement influencé par l'oeuvre d'Hergé et de William S. Burroughs, ce premier tome de « ToXic » marque le retour de l'auteur du cultissime « Black Hole« . de cette couverture ouvertement inspirée de « L'Étoile mystérieuse » à cette première scène de l'autre côté du miroir, visiblement tirée de l'album « le Trésor de Rackham le rouge », en passant par ce personnage à la silhouette caractéristique et au nom d'artiste éloquent (Nit Nit, Tintin à l'envers), les références au petit protégé de Moulinsart sont légion.
Pour son premier livre en couleurs, l'auteur s'approprie d'ailleurs également ce style ligne clair familier des tintinophiles, mais ne manquera pas de prendre le lecteur à contre-pied par la suite. Car il devient vite évident qu'en suivant les pas de Doug, Burns a bel et bien l'intention de nous emmener dans son monde à lui, d'évoluer vers un style visuel plus sombre et d'user de la puissance évocatrice de son dessin pour livrer des protagonistes plus inquiétants et d'ainsi dégager un sentiment de malaise profond au fil des planches.
Construisant son histoire sous forme d'ellipses, multipliant les allers-retours et proposant une narration très fragmentée, l'auteur s'amuse à brouiller les pistes et accompagne brillamment les errances de ce héros à la dérive. Passant d'un personnage alité et drogué aux souvenirs embrumés d'une soirée Punk-Art en compagnie d'une fille aux goûts artistiques glauques, sans oublier les flashs psychédéliques au sein d'un monde peuplé de créatures étranges, l'album entremêle habilement le quotidien, les rêves et les hallucinations de Doug. D'abord déroutant, avant de devenir prenant, le récit se joue des repères spatio-temporels et permet à Burns d'aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que la prise de drogues, la violence et les découvertes sexuelles qui caractérisent le mal-être adolescent dans l'Amérique ultra codifiée des années soixante-dix.
Oscillant entre rêve et réalité, ce premier volet de « ToXic » abandonne le lecteur complètement étourdi et légèrement frustré d'être sorti de cet univers envoûtant avant la fin de ce nouveau trip artificiel proposé par ce génie graphiste au style souvent imité mais rarement égalé.
Lien : http://brusselsboy.wordpress..
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svecs
  01 octobre 2014
A l'occasion de la sortie du dernier tome de cette trilogie, qui éclaire enfin l'histoire de Doug, j'ai relu "ToXic", "The Hive" avant de m'attaquer dans la foulée à "Sugar Skull". Résumer cette histoire représente un exercice délicat parce que si l'histoire se révèle finalement simple, Burns choisit une approche narrative complexe qui demande d'être découverte pas à pas pour se laisser complètement porter par l'ambiance de son récit.
La référence la plus évidente est sans conteste le "Festin Nu" (je pense surtout au film de David Cronenberg, j'ai bien tenté de lire le livre mais,à lépoque, en anglais, j'ai renoncé devant la difficukté de la langue), avec des motifs très lynchien (dont l'utilisation de la sonnerie de l'interphone, qui renvoie à "Lost Highway")".
Il faut lire les 3 tomes enchaînés pour saisir tous les liens, les répétitions, les motifs récurrents qui sous-tendent la construction narrative. L'ensemble se révèle extêmement rigoureux et confère l'envie de se replonger directement dans la trilogie pour mieux l'appréhender, saisir les allusions, éclairer certains éléments qui paraissaiant obscur, s'attarder sur des détails qui n'en sont pas... En fait, l'histoire est d'une grande simplicité et s'expose clairement dans les dernières pages. Elle serait même d'une banalité affligeante sans le traitement de choc que lui fait subir l'auteur de "Black Hole".
Les détours qu'empruntent Burns ne sont jamais gratuits et, au final, il n'y a pas de chausse-trappe ou de facilité pour "faire du freak faire du freak". Sans doute un des meilleurs livres de la rentrée et une confirmation (de plus) que Burns fait partie des plus grands auteurs de la bande dessinée mondiale.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
GregorGregor   11 novembre 2011
J'avais envie de boire des litres de bière et d'être vraiment saoul. Je voulais oublier qui j'étais... tourner la page... devenir quelqu'un d'autre... (...) Je voulais dire à tous ces petits pseudo punks de rentrer dans leur pavillon chez papa et maman... Je voulais remonter sur scène et atomiser tout le monde par mon éclat et ma flamboyance. (...) Mais j'ai seulement réussi à être très très saoul.
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GregorGregor   11 novembre 2011
Je serai toujours comme ça. Je ne trouverai jamais la sortie. Emporté par la rivière. Entraîné vers le fond. Je suis sur un radeau, à la dérive, balayé par le courant. Mon radeau croule sous mon bazar. Toutes ces choses dont je ne semble pas pouvoir me défaire.
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GregorGregor   11 novembre 2011
On devrait se partager le reste de coke... comme ça ce serait fait. J'ai promis d'en garder pour Roy, mais...il s'est jamais ramené alors je l'emmerde.
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colimassoncolimasson   09 avril 2013
C'est le seul moment dont je me rappellerai. Le moment où je me réveille sans savoir où je suis.
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TristanPichardTristanPichard   27 mars 2015
C'est le seul moment dont je me rappellerai... le moment où je me réveille sans savoir où je suis...
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Videos de Charles Burns (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Burns
Dans le cadre du FIFIB, rencontre avec Charles Burns autour de son ouvrage "Dédales" aux éditions Cornélius.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2367867/charles-burns-dedales-volume-1
Notes de musique : © YouTube Audio Library
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