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Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)
ISBN : 2070364194
Éditeur : Gallimard (12/07/1973)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 156 notes)
Résumé :
Sur la première marche de la véranda, Buck était assis, la tète penchée sur la poitrine.
Le fusil était toujours par terre, là ou il l'avait laissé tomber.
Ty Ty fit un tour complet pour éviter de le voir.
— Du sang sur ma terre ! murmurait-il.
Devant lui, la ferme s'étendait, désolée.
Les tas de sable jaune et d'argile rouge, séparés par les grands cratères rouges, le sol rouge, inculte la terre semblait désolée.
Ty Ty,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
encoredunoir
  14 juillet 2015
Toujours à la pointe de l'actualité littéraire, je découvre tranquillement Erskine Caldwell avec ce roman de 1933 (mais traduit en français en 1936 seulement, tu parles d'une excuse).
Nous sommes donc au début des années 1930 dans un patelin du fin fond de la Georgie. Là, tenaillé par la fièvre de l'or, Ty Ty Walden, avec l'aide de ses fils Buck et Shaw et de ses nègres, creuse méthodiquement sa propriété à la recherche d'un improbable filon. Mais dans ce Vieux Sud bigot, on garde un arpent pour le Bon Dieu : tout ce qui y est produit ou récolté va à l'Église. Et Ty Ty, au fur et à mesure qu'il troue sa terre, déplace régulièrement ce petit arpent sur lequel, de fait, il ne produit plus rien. Et puis s'il y a les fils de Ty Ty, il y a aussi les filles, Rosamond et Darling Jill et, plus séduisante encore, Griselda la belle-fille. Et Will, le gendre ouvrier d'une filature prête à fermer si les ouvriers n'acceptent pas la baisse de leur salaire, meneur d'hommes et séducteur. Autant dire qu'il n'y a pas que la fièvre de l'or qui touche la famille Walden.
Le petit arpent du Bon Dieu commence comme une farce. Alors que Ty Ty et ses fils creusent au milieu de cette propriété transformée en immense champ de trous et de bosses, débarque Pluto Swint, personnage falot épris de la fantasque Darling Jill et candidat au poste de shérif du comté. Pluto, soucieux de séduire celui qui pourrait devenir son beau-père si ses rêves se réalisaient, vante les mérites des noirs albinos et plus particulièrement leurs capacités magiques à trouver les filons d'or. Ça tombe bien, Pluto en a justement vu un dans les marais. Et Ty Ty de décider de partir en quête de ce drôle de nègre pour le capturer et le mettre au travail sur sa propriété.
Mais la comédie verse peu à peu dans le roman noir à mesure que se révèlent les tensions entre les personnages, les dissensions et les points de rupture. Minée par une concupiscence qui s'affirme autant dans la recherche obsessionnelle de l'or que dans le désir sexuel et les relations consommées ou pas entre les différents personnages, la famille Walden s'achemine lentement mais sûrement vers le drame. Un drame à plusieurs facettes par ailleurs puisque la crise vient aussi s'immiscer dans le récit au travers de la fermeture annoncée de la filature contre laquelle combat Will.
Ce qui séduit chez Caldwell, c'est cette capacité à passer de loufoquerie au noir le plus profond – sans doute parce que la vie est un peu comme ça – et à décrire ces paysans incultes, ces rednecks superstitieux en se gardant bien de les juger. Les Ty Ty, Griselda, Pluto, Will ou Darling Jill sont comme ça, un point c'est tout et ce qu'ils sont dicte leurs comportements qui, pour ne pas être forcément en accord avec ce que la société juge admissible ne sont ni pire ni meilleurs que ce que ladite société a à proposer en retour à ces ploucs que vient heurter la Grande Dépression.
Dans le genre strict du roman noir ont porte légitimement aux nues un Jim Thompson ou, un peu plus récent, un Harry Crews qui eux aussi décrivent ces moins-que-rien du trou du cul de l'Amérique, leurs pulsions, leur rapport au sacré. Nul doute qu'ils doivent beaucoup à Caldwell qui, alors que l'on encense Faulkner, un de ses contemporains, mérite d'être redécouvert.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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LLebrown
  22 mai 2018
J'entre chez un des bouquinistes du quartier. Trois hommes boivent des bières dans des canettes métalliques de 50 cl. Ils arrêtent de parler. Je dis "je viens pas pour l'entretien d'embauche." Un des gars dit "on est déjà complet". Je dis "vous êtes même en sureffectif apparemment" et l'un d'eux ri mais pas les deux autres. Finalement, ils se décalent et ils disent " c'est bon, tu peux regarder les livres. " Je fouille dans tout ce bordel sans rien trouver et au moment où je m'apprête à partir le mec qui avait rigolé me demande si je connais Erskine Caldwell. Il fait tomber sa canette, de la mousse commence à inonder la seule petite table qui prend tout l'espace au milieu de la librairie, il la laisse couler et il me sort une histoire du sud des états Unis, une histoire ou des blancs pauvres creusent la terre pour trouver de l'or et décident finalement d'aller capturer un albinos pour lui faire trouver le filon. Le quatrième de couv dit que le bouquin est de 1933 (une grande année : Demande à la poussière, Mein Kampf) et qu'une cinquantaine de trous de balles d'écrivains ont signé une pétition pour interdire le livre à sa sortie. Il y a une photo de l'écrivain. Erskine Caldwell est superbe : tout bouffi, rasé de prêt, le nez un peu rouge et le regard à mi chemin entre la poète romantique et le gin tonic de trop. La couverture est illustrée, l'image est lubrique. Un vieux avec une combinaison trouée et une bouteille à la main reluque une jeune femme qui prend son bain.
- Combien il coûte ?
- Je peux pas t'en demander plus de 2 euros vu l'état.
La couverture est déchirée. J'achète le bouquin en vidant toute ma caillasse sur la table où la bière a été renversée.
Le lendemain, je passe devant la librairie vers 23h. Elle est ouverte. le mec de la canette est là. Je rentre et dit "Erskine Caldwell !". Il sourie. "Je savais que ça te plairait." J'ai bu. On rigole. Je ressors. Je rebois une bière dans un bar où il y a du monde et une photo d'Eddy Mitchell en costard blanc accrochée au mur. Je rentre. Je me couche. Je me relève. Je vomis dans le lavabo. Je me recouche et passe le reste de la semaine à lire ce bouquin sympathique comme une bonne cuite, tenace et efficace comme une 8,6 bien fraîche.
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chris0675
  28 septembre 2014
litterature des années 1950 sur la condition paysanne
un classique
dialogues crus et histoire simple
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Walden-88
  22 octobre 2012
Années 1930. Ty Ty Walden vit dans sa ferme en Géorgie, avec deux de ses fils, Buck et Shaw, sa fille cadette, Darling Jill, une dévergondée au caractère bien trempé, et sa belle-fille Griselda. La ravissante Griselda, dont Ty Ty dit: "elle avait la plus belle paire de nichons qu'un homme puisse voir et, une fois qu'on les avait vus, on ne pensait qu'à tomber à quatre pattes et à lécher quelque chose". Les Walden creusent depuis quinze ans des trous dans leur terre au lieu de la cultiver, persuadés qu'ils sont de trouver bientôt un filon d'or. Bien que d'immenses trous éventrent la terre, un seul arpent est néanmoins toujours préservé, dont les fruits sont réservés à l'église du coin. Cependant, cette terre est sans arrêt déplacée, selon les envies de Ty Ty de creuser à tel ou tel endroit. Ne pensant qu'à son or, il pousse le ridicule jusqu'à capturer au lasso un albinos qui vit dans les marais. Car d'après ce qu'on lui a dit, les albinos seraient capables de trouver instinctivement des filons d'or.
Du grotesque du début , on sourira de toutes ces facéties, de la simplicité animale des Walden, de leur sagesse proverbiale contestable; on passe à la cruauté et à la misère sociale. Les descriptions de certains sentiments, très forts, très crus expriment l'animalité de l'homme, le désir sexuel, la haine et la jalousie.
Totalement amoral, ce livre dépeint avec cynisme la misère sociale et intellectuelle de ces "redneck". Dommage qu' Erskine Caldwell soit de moins en moins lu, car c'est un auteur très talentueux.
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babycomeback44
  30 mai 2017
On plonge dans le grand bain de l'art.
Ou plutôt on creuse.
De plus en plus profond.
Jusqu'à toucher le fond.
Jusqu'à ce que ça explose.
La tension monte.
Et l'on tourne les pages de plus en plus vite.
La fin, cependant sans surprise, est superbement écrite.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Walden-88Walden-88   22 octobre 2012
Mais quand on a Dieu dans son cœur, on se rend compte que la vie, ça vaut bien une lutte pour elle, nuit et jour. J'parle pas du Dieu dont on vous parle dans les églises, je parle du Dieu qu'on a dans le corps. J'ai la plus grande considération pour Lui parce qu'Il m'aide à vivre. C'est pour ça que j'ai placé le petit arpent du Bon Dieu, ici sur ma terre, dès que j'y suis arrivé, tout jeune homme. J'aime avoir quelque chose près de moi, quelque chose où je peux aller, où je peux rester, où je peux sentir Dieu.
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MaphilMaphil   18 janvier 2016
Dieu nous a mis dans le corps d'animaux et Il prétend que nous agissons comme des hommes. C'est pour cela que ça ne va pas. S'Il nous avait faits comme nous sommes, et ne nous avait pas appelés des hommes, le plus bête d'entre nous ne saurait comment vivre... Dieu a fait les jolies filles et Il a fait les hommes. Il n'en fallait pas plus. Quand on se met à prendre une femme ou un homme pour soi seul, on est sûr de n'avoir plus que des ennuis jusqu'à la fin de ses jours.
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Walden-88Walden-88   22 octobre 2012
Le Bon Dieu m'a béni en me donnant les trois plus jolies filles qu'un homme puisse jamais avoir dans sa maison. Il m'a montré ainsi toute Sa bonté car je sais que je ne mérite pas tant que cela.[...] Ainsi le Bon Dieu m'a béni, mais, d'un autre côté, Il me l'a fait payer en me mettant le chagrin dans le cœur. Il me semble que le bon et le mauvais doivent toujours aller ensemble. L'un ne vient point sans l'autre.
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SBysSBys   31 juillet 2014
La pensée de lui mettre la main sur les genoux, et peut être de lui glisser deux doigts entre les cuisses, lui enflammait le visage et le cou. De ses doigts, il tambourinait les marches sur le rythme sept-huit, et il sifflait en sourdine, terrifié à l’idée que quelqu’un pourrait lire ses pensées.
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lecassinlecassin   04 décembre 2011
Le défaut des gens, c'est qu'ils cherchent toujours à se tromper eux mêmes, à se figurer qu'ils sont différents de ce que Dieu les a faits.
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Video de Erskine Caldwell (1) Voir plusAjouter une vidéo

Erskine Caldwell à propos de "Les braves gens du tennessee"
Erskine CALDWELL, interviewé par Pierre DUMAYET, parle, en anglais, de son livre "Les braves gens du tennessee" et à travers ce roman, du racisme dans le Sud des Etats-Unis, de la haine des blancs envers les noirs, de la violence. Malentendu entre DUMAYET et CALDWELL à propos d'un cabriolet rouge. Présence d'un traducteur.
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