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André Gabastou (Traducteur)
EAN : 9791022611435
156 pages
Éditeur : Editions Métailié (06/05/2021)
3.68/5   25 notes
Résumé :
Un jour, à San Salvador, Olga Maria Trabanino est assassinée devant ses enfants. Le tueur, un ancien militaire, est arrêté, mais il tait l'identité du commanditaire. L'enquête s'enlise et Laura Rivera, amie de la victime, s'immisce dans le mystère et découvre un dédale d'intrigues où d'énormes intérêts sont en jeu. Dans ce roman, Horacio Castellanos Moya porte un témoignage impitoyable sur la difficulté d'établir la vérité dans une société corrompue. Le talent de l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  24 juin 2020
Voici mon septième Moya, mon auteur fétiche salvadorien.
Le pep des livres de Moya décolle déjà avec une prose intrépide et incandescente.
Si ajoute le traitement thématique et formel de la violence, un des traits majeurs de l'oeuvre moyane, qu'ici dés la première page, nous y sommes en plein dedans. Comme l'indique son titre, il s'agit ici du meurtre “sans raison apparente” d'Olga Maria, une jeune femme de trente ans, mariée et mère de deux enfants. C'est sa meilleure amie, Laura, reine des pipelettes, qui suite à son assassinat, dégoise à des tiers sa relation avec elle et ce qui en découle . « Une tragédie pareille ce n'est pas possible, ma belle... », " ma belle" , indirectement nous, allons connaître Olga, son histoire, ses nombreux amants et l'enquête de son meurtre à travers le prisme de la personnalité de cette furie dont son usage fréquent de "ma belle" et ce qu'elle débite, laissent très vite soupçonner une femme à double fond. L'enquête se corse , car l'arbre cache la forêt, corruptions, magouilles financières, narcotrafiquants et politique chaotique du pays qui alterne communistes et dictatures couplées de la guérilla. le tout, une lecture copieuse dans cette forme exquise de monologue au rythme trépidant qui monte en crescendo .
Je me répète à chaque billet de ses livres.....si vous n'avez pas encore lu un seul Moya, vous ne savez pas ce que vous perdez !
Et un grand merci à mon amie Ambages pour le cadeau !
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Commenter  J’apprécie          9823
ODP31
  26 mai 2021
Impossible de la faire taire ! Personne n'a trouvé la prise.
Laura, lapin Duracell de la parlotte, thésarde en ragots, éoliennes à paroles, raconte l'assassinat de sa meilleure amie, Olga Maria au début des années 90 à San Salvador.
Le meurtrier, un certain Robocop, que les lecteurs d'Horacio Castellanos Moya ont déjà rencontré et qu'il ne faut pas confondre avec la boîte à conserve de Paul Verhoeven des années 80, a été arrêté et refuse de dénoncer le commanditaire.
La commère échafaude et partage les théories les plus folles de cette exécution au fil de son quotidien. Comme la copine trépassée avait un peu le feu à la culotte, la liste des suspects défile et la narratrice ne se prive pas de suspecter et d'interroger amants et maris, y compris son propre ex-époux. Jalouse de la défunte, au fil des pages, la belle Olga Maria passe de l'icône à la dépravée, de la mère de famille dévouée à la voleuse de maris frivoles. A ce stade, dire autant de mal devient un art. Elle raconte cette histoire avec la mesure et la modération d'un commentateur de football sud-américain. Ses digressions finissent toujours en agression.
Personne ne trouve grâce aux yeux de la mégère et comme l'hypothèse du crime passionnel ne suffisait pas, ses accusations vont s'orienter vers un règlement de compte politique. Il faut dire que le Robocop faisait parti des escadrons de la mort et qu'un des amants de la donzelle avait des ambitions présidentielles.
Première incursion pour moi dans ce pays et dans la Comédie Inhumaine d'Horacio Castellanos Moya. A défaut d'être ébloui par les paysages et une guerre civile qui fit près de 100000 morts, j'ai été subjugué par l'inventivité et l'originalité du récit.
Faire porter la totalité de la narration de cette histoire par une telle vipère permet à l'auteur de déverser tout ce qu'il a sur le coeur concernant la société bourgeoise de l'époque, corrompue et complice de la dictature. le vernis de la respectabilité craquelle.
Les mesquineries et allusions de Laura sont jubilatoires. Son langage sans filtre relève de l'exorcisme pour l'écrivain et de l'hypnose pour le lecteur. Les phrases sont courtes, rythmées comme un monologue d'ivrogne au bistrot qui refait le monde en ayant oublié son nuancier. Oui, Laura, c'est un peu la mamie qui parle pendant des heures à la boulangère et qui se moque éperdument des quinze personnes qui font la queue à sa suite, c'est le sapin de Noël qui fait profiter tout le salon de coiffure de ses maladies et de ses dernières vacances, c'est le touriste qui croit toujours en savoir plus que le guide dans un voyage organisé.
Vous allez adorer la détester et comme la diablesse ne supporte pas qu'on l'interrompe, vous n'oserez pas corner la moindre page du livre. Il se lit d'un trait.
Je tiens aussi à saluer la beauté des couvertures des éditions Métaillié. Je suis bien parti pour les collectionner. Et comme les personnages de cet auteur se croisent dans plusieurs romans, je ne vais pas me priver de suivre le Balzac salvadorien.


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viou1108
  19 mai 2021
Ceci n'est pas un nouveau livre de Horacio Castellanos Moya, mais une nouvelle traduction de "La diabla en el espejo", connu jusqu'ici en français sous le titre de "La mort d'Olga María".
Comme toujours avec Moya, il est question du Salvador et de sa violence perpétuelle. Ici, c'est Olga María qui en a fait les frais : cette jeune femme d'environ 30 ans a été froidement abattue d'une balle dans la tête, chez elle, devant ses enfants, sans motif apparent.
C'est par l'intermédiaire de Laura, sa meilleure amie, que nous ne tarderons pas à découvrir les rebondissements de l'enquête en même temps que la vie sentimentale mouvementée d'Olga María. Car Laura est une amie fidèle, mais une incorrigible bavarde et colporteuse de ragots, naïve et hystérique tendance paranoïaque, et elle ne se prive pas d'étaler les confidences d'Olga María dans un long monologue, ou plutôt dans un dialogue à une seule voix, dans lequel elle s'adresse à une interlocutrice anonyme.
D'abord incrédule et convaincue de la pureté de son amie ("Une tragédie pareille, ce n'est pas possible, ma belle"), cette adorable cruche de Laura découvre, en même temps que le lecteur, les secrets plus ou moins honteux d'Olga María, et en arrive à soupçonner tour à tour les amants de celle-ci, son mari, son beau-père, etc..., et à échafauder les théories les plus alambiquées, du mobile passionnel à la vengeance politico-économico-financière en passant par la corruption et le narcotrafic. Et comme entretemps l'assassin a été arrêté mais s'est échappé de prison sans avoir révélé l'identité du commanditaire, Laura se sent en danger, parce qu'elle se dit qu'avec toute sa sagacité elle pourrait bien avoir mis le doigt sur une vérité nauséabonde...
Comme toujours avec Moya, ce roman est en lien avec d'autres titres de cette "comédie inhumaine" de la famille Aragón, mais il peut parfaitement se lire indépendamment des autres. On y retrouve fugacement le Robocop de "L'homme en arme", et surtout le même type de monologue emporté et virulent du "Dégoût – Thomas Bernhard à San Salvador".
Comme souvent avec cet auteur, la lecture est jouissive, le texte est corrosif et dézingue cette fois particulièrement la bourgeoisie salvadorienne des années 90, foncièrement hypocrite et infréquentable sous son apparence de respectabilité. C'est terriblement triste pour le Salvador et cette pauvre Laura (et je n'en finis pas de me demander qui est la diablesse du titre), mais c'est un pur régal pour les inconditionnels de Moya.
En partenariat avec les Editions Métailié.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Ambages
  02 janvier 2019
Ah et puis pourquoi je vous raconte tout cela ! Oui je parle, je parle, mais vous que me dites vous ? Rien ! Rien du tout ! Quelle tâche celle-ci ! Il faut pourtant que je vous raconte, que je vous en apprenne une bonne. Enfin, une triste. Mon amie Olga Maria vient d'être tuée. Oui, comme je vous le dis. Devant les yeux de ses enfants. Les policier sont déjà là. Je n'ai pas beaucoup de temps, mais je vais les protéger ces petites innocentes contre ces policiers zélés. La tête de son assassin ? Un genre de Robocop d'après les petites. Ca y est, voilà que ces flics commencent à fouiller le passer d'Olga Maria. Les hommes, oui elle les aimait. Moi aussi, remarquez bien. Dire que nous étions amies depuis l'école américaine. Un bail. On ne se quittent jamais. Oui évidemment que je connais ses petits secrets. Qui n'en a pas ? Vous peut-être ? Merci, je veux bien un autre verre, je me dessèche à vous raconter tout ça. Merci. Plaisir de l'eau fraîche. Je te disais que son mari et ses enfants vont être si tristes quand ils vont apprendre… mais la nouvelle ! Tu me suis, oui ou non ? C'est quand même pas compliqué. Quoi que…
Je n'ai pas pu en placer une de toute cette matinée. Laura n'a pas arrêté de parler. Et je l'ai écoutée. Elle parlait tant et tant qu'à la fin, j'ai eu une multitudes d'idées quant au mobile de ce crime affreux. Est-ce qu'on connait si bien ses amies ? Est-ce même qu'on se connait bien soi-même ? je me le demande encore…
"Ma belle, je te raconte toutes ces choses, mais ne répète rien ; c'est très, très délicat."
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Norlane
  23 mai 2020
Une femme de la haute société salvadorienne soliloque en interpellant une amie "ma belle" : elle lui apprend le meurtre de sa meilleure amie et par là, nous la raconte, se raconte, et décrit en filigrane un petit monde pas très propre. Rien de très original dans le sujet mais j'ai dévoré ces 9 chapitres d'une vingtaine de pages de monologue qui font un roman très vivant, souriant mais touchant à la fissure des âmes, que j'ai imaginé joué sur une scène de théâtre.
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critiques presse (1)
LaCroix   18 juin 2021
Après qu’une femme élégante est assassinée se découvre la face sombre de la défunte… Horacio Castellanos Moya fait son miel des faux-semblants de la bourgeoisie salvadorienne.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
NorlaneNorlane   22 mai 2020
Il y a des villes où ça n'est pas comme ça : on vit dans un endroit et les malfaiteurs dans un autre, à plusieurs milles de distance, comme il se doit. Mais dans ce pays, tout se touche.
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Videos de Horacio Castellanos Moya (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Horacio Castellanos Moya
EN LIGNES avec Jacques Aubergy, éditeur et traducteur.
Aujourdhui "Severina" de Rodrigo Ray Rosa
Avoir comme conseiller Pablo Ignacio II, c'est gage d'exigence et d'engagement. Se former au droit, “faire” cadre dans la restauration collective, s'essayer à la traduction et devenir par rupture éditeur d'une littérature latino américaine qui explore le continent, c'est marque d'un désir accompli. Ainsi est née “L'atinoir”, néologisme, maison d'édition, librairie et belle adresse marseillaise
"L'atinoir – édition" Conçu au Mexique sous l'impulsion de l'écrivain Paco Ignacio Taibo II et créé à Marseille en 2006, L'atinoir publie de la littérature, des essais et de la poésie écrits pour l'essentiel dans des pays d'Amérique latine. Depuis 2014, les choix éditoriaux privilégient les formes brèves de la fiction. La plupart de ces textes sont publiés en version bilingue. http://www.latinoir.fr/
Plus loin... Jacques et son "métier" https://desmotsdeminuit.francetvinfo.fr/tripalium/la-serie-documentaire-dmdm-jacques-aubergy-editeur-de-passion-latino/ Jacques Aubergy est notamment traducteur de l'écrivain salvadorien Horacio Castellanos Moya. https://desmotsdeminuit.francetvinfo.fr/mot-a-mot/horacio-castellanos-moya-la-litterature-contre-les-escadrons-de-la-mort/
+ Lire la suite
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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