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Aline Schulman (Traducteur)Jean-Claude Chevalier (Préfacier, etc.)
ISBN : 2020222124
Éditeur : Seuil (30/09/2001)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.1/5 (sur 643 notes)
Résumé :
Parce qu'il a lu trop de romans de chevalerie, don Quichotte a perdu la raison : il est persuadé que le monde est peuplé de chevaliers errants et d'enchanteurs maléfiques. Comme dans ses livres préférés, il veut rendre la justice et combattre pour l'honneur de sa dame. Accompagné de Sancho Panza, son fidèle écuyer, il part sur les routes d'Espagne. Et voici notre héros qui affronte des moulins à vent, qui prend des auberges pour des châteaux et des paysannes pour de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
06 octobre 2012
J'ai longuement hésité avant d'écrire une critique sur le tome 1 du Quichotte.
Quoi écrire que vous ne sachiez déjà ? Quoi écrire, du haut de mon insignifiance, qui puisse vous enjoindre ou vous dissuader de lire cette oeuvre après que des très grands l'ont commentée, analysée, décortiquée, pris appui dessus ou, au contraire, lui ont volontairement tourné le dos, preuve s'il en est de son importance ?
De simples impressions de lecture, c'est tout ce que je sais faire, et encore, pas des plus fraîches, ces impressions, car je ne l'ai pas relu tout à fait récemment.
Tout d'abord, Don Quichotte, c'est l'exemple parfait de l'incarnation d'un portrait type, un personnage qui est rentré dans la culture collective de l'humanité, comme dans l'expression populaire de tout un chacun « se battre contre des moulins ».
Ils ne sont pas si nombreux les romans (ou toute autre forme d'écrit) ayant marqué d'une telle empreinte l'inconscient collectif. Il y a probablement le Gargantua de Rabelais, le Don Juan de Molière, le Faust de Goethe, le Frankenstein de Mary Shelley, le Quasimodo d'Hugo, le capitaine Nemo de Verne, le père Ubu de Jarry, lequel tient sûrement beaucoup de son grand frère espagnol. Je sais qu'on pourrait encore en citer quelques uns, voire quelques dizaines au grand maximum, dont bon nombre issus de la BD franco-belge d'après guerre, mais dans l'ensemble, ils ne sont pas très nombreux, et celui-ci, sans être nécessairement le premier (Ulysse aurait sûrement plus d'arguments pour revendiquer ce titre), marque un tournant dans l'histoire mondiale de la littérature. Un peu comme après la basilique de Saint-Denis, on ne construira plus jamais un édifice chrétien exactement de la même façon, une porte s'est ouverte, un passage s'est offert. Ce n'est pas nécessairement la plus grande réalisation de ce style, mais c'est celle sans laquelle rien ne serait arrivé.
Don Quichotte (on devrait d'ailleurs écrire Don Quichotte et Sancho Pança, car c'est le couple qui est génial, pas de Laurel sans Hardy, pas de Quichotte sans écuyer) est donc un symbole, symbole d'un monde en mutation en sa qualité autoproclamée de chevalier errant, vestige des temps révolus du moyen âge, symbole d'un renouveau de l'écriture qui ose se gausser des chansons de gestes et autres oeuvres passées de mode, symbole de l'Espagne et de ses emblématiques moulins qui tournent et qui tournent sans forcément avoir grand chose à moudre, symbole d'une Espagne elle aussi vestige, celle qui dominait le monde et qui va très bientôt entamer son déclin.
Miguel de Cervantès a donc eu, certes ce génie de la création littéraire, mais aussi, et peut-être, surtout, ce génie de trouver un étonnant baromètre pour annoncer les temps à venir. Voilà, en gros, en très gros, les impressions que m'ont laissées Don Quichotte.
J'ai souvenir également d'une lecture particulièrement drôle et efficace au début, peut-être jusqu'au premier tiers, d'un milieu de roman qui, sans être désagréable, m'a semblé un peu lassant à la longue et redondant par ses situations toujours un peu téléphonées, mais d'une fin qui retrouve un élan magistral. Mais, quelle incorrigible insatisfaite suis-je pour m'exprimer ainsi, rassurez-vous, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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peloignon
13 novembre 2012
Don Quichotte, c'est avant tout une guerre littéraire que Cervantès entreprend en faveur d'une littérature plus réaliste et originale contre les romans de chevalerie qui sont, d'une part, pleins de rêve et de magie, et d'autre part, une répétition à l'infini autour d'un même thème jusqu'à la saturation.
L'absurdité et le ridicule de l'idéal chevaleresque seront d'abord exposés par le biais du personnage de Don Quichotte, ce petit provincial à qui les romans de chevalerie ont tourné l'esprit à un tel point qu'il se croit réellement chevalier en mission dans un monde rempli de sortilèges et d'enchantements. Comme tout chevalier a besoin d'un écuyer, Cervantès lui fournit le secours de Sancho Panza, petit gros bonasse, peureux et superstitieux, mais également doté d'un gros bon sens rusé de paysan. Comme cheval, Don Quichotte devra se résoudre à une rachitique bestiole nommée Rossinante et en guise de dame à aimer, Dulcinée du Toboso, une paysanne des environs qu'il ne verra jamais deviendra l'élue de son coeur. Enfin, toute l'histoire consiste à promener son illuminé sur sa branlante monture avec son paysan d'écuyer dans les parages de leur village où ils s'émerveillent, s'effraient et s'enorgueillissent de leurs mésaventures insignifiantes pour le plus grand plaisir du lecteur.
D'autre part, Cervantès impose son propre style, déjà moderne, en intervenant personnellement afin d'introduire un constant rapport à la réalité au coeur même de son écriture. (À noter que Chrétien de Troyes intervenait aussi déjà personnellement dans ses premiers romans de chevalerie, mais que c'était plutôt pour faire de la surenchère vers le merveilleux que pour ramener son lecteur sur terre.) L'auteur s'amuse aussi à singer l'expression souvent fleurie à l'excès des mauvais romans de chevalerie pour accentuer la bouffonnerie et le ridicule des situations.
Cervantès use également de la position de « fou » qu'il a donné à Don Quichotte pour juger, en étranger d'occasion, les absurdités qui se glissent, par quelque détours de l'histoire, au sein de toutes structures sociales normales, comme le feront Montesquieu dans ses Lettres persanes ou encore Cyrano de Bergerac dans ses voyages sur la lune et le soleil.
Enfin, et c'est l'essentiel pour qu'une oeuvre intelligente et brillante devienne un classique de la littérature, le roman, dans tous ses détails, est un véritable plaisir à lire. On se laisse entraîner à survoler les excursions de Don Quichotte, Rossinante et Sancho Panza, toujours le sourire aux lèvres, parfois en riant franchement et même, comme il m'est arrivé quelques fois, en riant au point de devoir interrompre ma lecture car je riais jusqu'aux larmes. Et le plaisir quelque peu extrême qu'a provoqué chez moi ce livre ne date pas d'hier. Prosper Mérimé, dans une préface au chef-d'oeuvre de Cervantès, rapporte, en effet, que « Philippe III étant à un balcon de son palais de Madrid...aperçut un étudiant qui lisait au bord de la rivière, riait, se frappait le front et donnait les signes d'un plaisir extraordinaire. « Ce garçon est fou, dit le roi, ou bien il lit Don Quichotte. » Un courtisan s'empressa d'aller demander le titre de ce livre si amusant : c'était en effet le Don Quichotte. »
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Luniver
23 mars 2014
L'avantage d'avoir peu de grands lecteurs dans son entourage, c'est de pouvoir découvrir les grands classiques comme les sorties littéraires du mois, sans avoir la moindre idée de ce qui nous attend. de don Quichotte, je ne connaissais qu'une très vague histoire de moulins, qui a d'ailleurs le bon goût d'apparaître très tôt dans le livre, faisant des 1400 pages restantes une surprise continue.
Cervantès développe le thème, qui reviendra à chaque nouveau média, du virtuel qui contamine le réel : à force de lire des romans de chevalerie, don Quichotte se persuade que le monde est peuplé de géants vindicatifs, de princesses désespérées et d'enchanteurs malicieux. Il décide alors de ressusciter l'errante chevalerie, et se met en route, avec une vieille rosse, une armure de carton, et Sancho, son écuyer d'une naïveté sans égale, en quête de royaumes à sauver et d'orphelins à défendre.
Et ces aventures, contre toute attente, le duo les trouve ! L'imagination débordante de don Quichotte lui fait prendre les moulins pour des géants, et les troupeaux de moutons pour des armées en campagne. Devant son comportement étrange, certaines personnes s'énervent et en viennent aux mains, devenant dans l'esprit du chevalier un duel dans les règles de l'art. D'autres s'amusent à leurs dépens en les plaçant dans des situations impossibles. Même quand le pot aux roses est sur le point d'être découvert, les incohérences sont mises sur le compte d'un enchanteur particulièrement tenace.
Je m'attendais bien à tomber sous le charme désuet des livres anciens avec celui-ci, mais certainement pas à rire autant. Que ce soit dans les situations ou dans les répliques, le mélange de sagesse et de folie fait souvent mouche. J'ai aussi trouvé l'écriture étonnamment moderne (caractéristique du roman ou tour de force du traducteur?). Ce roman m'a accompagné pendant deux mois, et c'est avec regret que j'ai tourné la dernière page. Les classiques, ça fait peur, mais c'est souvent payant !
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dgwickert
14 janvier 2017
Tome 1. En Espagne, à la fin du XVIè siècle, Quichada, après avoir lu plein de romans de chevalerie, décide de faire comme les héros, comme Amadis de Gaule, défendre les faibles et les déshérités : il prend pour nom Don Quichotte de la Manche, quitte sa demeure avec son cheval Rossinante et son armure, et se fait "chevalier errant". Il prend pour écuyer un brave paysan, Sancho Panza. Celui ci semble être du même style que le compagnon de Zorro, mais Quichotte est un anti-héros. La plupart des "aventures" qu'il provoque contre les soi-disant "géants" et "oppresseurs", au nom de Dulcinée de Toboso, la plus merveilleuse des princesses, se terminent par des défaites humiliantes de Quichotte et son écuyer.
Une première remarque concerne ce que j'appelle la schizophrénie de Quisada.
Les "aventures" de Quichotte sont amusantes au début du livre : se faire jeter à terre par une aile de moulin, moulin pris pour un géant, c'est comique. Le fait est qu'il est dans son monde, et essaye de transposer la fiction du roi Arthur, de Renaud de Montauban, ou d'Ogiar le Danois au monde réel. Mais la réalité n'est pas la fiction, et quand il est en échec, c'est, dit-il, à cause des enchantements (ensorcellements), des démons, des esprits, des fantômes.
Ma belle-mère, à la fin de sa vie, se sentait aussi possédée par les démons : le psychiatre a parlé, pour elle, de démence sénile.
On est dans les chansons de geste, mais on est aussi dans le monde de Narnia, quand, pensant à plonger dans un lac bouillant, il s'imagine retrouver, de l'autre côté, une forêt délicieuse, avec de belles jeunes filles qui l'attendent.
Les amis de Quichada, le curé et le barbier de son village, essayent, sans succès, de le ramener à la raison. Cervantès a inventé le roman moderne, et on peut faire une analogie avec le présent : les schizophrènes, abrutis par les jeux vidéo de guerre, ou par la propagande islamo-terroriste, sont aussi dans leur monde.
Ma deuxième constatation concerne la bataille de Lépante. J'ai adoré le récit romanesque de Ruy, le marin espagnol capturé à Lépante par les Turcs, et dont Zourayda s'est amourachée. Les précisions historiques de ce récit m'ont conduit à lire la biographie de Miguel de Cervantes : il a servi l'Espagne à Lépante, bataille navale décisive pour l'occident, et y a perdu sa main gauche. le récit de Ruy est pratiquement une auto-biographie.
Des longueurs, trop d'histoires folles dans lesquelles Quichotte s'embourbe nuisent, à mon avis, à la dynamique du roman. Cependant, ayant toute sa lucidité lorsqu'il ne parle pas de chevalerie, Quichotte déclame de belles paroles.
Mais une des plus belles pensées vient, à mon avis, du chanoine :
"J'ai constaté que le nombre des sots excède celui des sages."

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Pirouette0001
27 septembre 2015
Que dire si ce n'est de vous encourager à courir acheter ce livre et à le lire ! Enfin, dans la traduction offerte par la collection Points Seuil, bien plus accessible que d'autres pour avoir lu les prologues dans trois éditions différentes.
L'histoire des moulins à vent, ce n'est que la première aventure, il y en a tellement d'autres. Et puis, l'auteur profite de la moindre occasion pour faire l'une ou l'autre digression sur les moeurs de son époque, avec un modernisme étonnant.
Mais surtout, Cervantes nous offre un humour indéfectible, une immense parodie de son temps et c'est fort plaisant à lire. Pour ceux de ma génération, qui ont vu les films des Monty Python, je dirai qu'ils ont dû s'inspirer de l'humour de Cervantes tant le leur est comparable.
Ne vous dites pas, c'est vieux, certes l'ouvrage date, mais pas ces aventures qui m'ont bien divertie.
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Les critiques presse (2)
Telerama09 décembre 2015
Enchantements, querelles, batailles, déclarations, amours et « extravagances impossibles » sont toujours au rendez-vous.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox23 avril 2015
Christian Lax revient avec ce livre contemporain dans lequel il réveille l'esprit aventurier et justicier de Don Quichotte.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations & extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
Marech20Marech2015 septembre 2017
La plume est la langue de l'âme.
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araucariaaraucaria26 février 2016
Don Quichotte, apercevant, loin du visage de l'écuyer, ce gros tas de poils sans un chicot ni une seule tache de sang, s'écria :
- Vive Dieu, c'est un véritable miracle! Sa barbe est partie d'un seul tenant, comme si on l'avait rasée tout exprès!
Le curé, voyant que le stratagème risquait d'être découvert, se hâta de ramasser la barbe et de la rapporter à maître Nicolas, qui était toujours par terre et continuait à se lamenter. Il lui prit la tête contre sa poitrine et lui remit la barbe, en marmonnant des paroles qui étaient, dit-il, une formule magique pour recoller les poils au menton, comme on allait le voir. Quand elle fut fixée, il s'écarta : l'écuyer apparut, tout aussi frais et barbu qu'avant sa chute. Stupéfait, don Quichotte pria le curé de lui apprendre cette formule, car il se doutait bien qu'elle n'avait pas pour seule vertu de recoller des barbes, puisqu'il était clair que, là où le poil avait été arraché, la chair devait être à vif et meurtrie; et puisque la guérison était complète, c'est que l'on pouvait lui reconnaître d'autres applications, tout aussi profitables.
Le curé en convint et promit à don Quichotte de lui apprendre la formule à la première occasion.
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araucariaaraucaria24 février 2016
- Défends-toi, misérable créature, ou cède-moi de bon gré ce qui me revient de plein droit.
Le barbier, voyant ce fantôme arriver sur lui à l'improviste, n'eut que le temps de se laisser tomber de son âne pour éviter d'être embroché; il n'avait pas plutôt touché le sol qu'il se releva, aussi leste qu'une biche, avant de filer à travers champs, plus rapide que l'éclair. Voyant qu'il avait laissé le plat à barbe par terre, don Quichotte se jugea satisfait et déclara que le païen avait agi avec autant de sagesse que le castor qui, se voyant traqué par les chasseurs, coupe et arrache de ses propres dents ces parties qu'il sait, par instinct, être l'objet de leur poursuite. Puis il ordonna à son écuyer de ramasser le heaume.
- Ma foi, déclara Sancho en le soulevant à deux mains, voilà un beau bassin, et qui vaut huit réaux bien sonnants. Il le donna à don Quichotte, qui s'en coiffa aussitôt, en le tournant dans tous les sens pour en trouver l'emboîtement, mais s'en y parvenir.
- Le païen pour qui ce heaume célèbre fut forgé sur mesure devait avoir la tête bien grosse, dit don Quichotte. Et le pire, c'est qu'il en manque la moitié.
Quand Sancho l'entendit appeler heaume le plat à barbe, il ne put retenir un éclat de rire, qu'il interrompit au souvenir de la récente colère de son maître.
- Pourquoi ris-tu, Sancho? demanda don Quichotte.
- Je ris en imaginant la grosse tête que devait avoir le païen pour qui on a fait ce heaume, qui ressemble bel et bien à un plat à barbe.
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araucariaaraucaria29 février 2016
Lorsque Don Quichotte se vit encagé et hissé sur le chariot, il dit à Sancho :
- J'ai pourtant lu bien des histoires de chevaliers errants, parmi les plus célèbres; mais jamais je n'ai lu, vu ou entendu dire que les chevaliers enchantés fussent ainsi emmenés, au pas lent et traînant d'une paire de boeufs. C'est toujours par les airs qu'on les emporte, à une rapidité prodigieuse, enveloppés dans un épais et sombre nuage, ou dans un char de feu, ou bien sur un hippogriffe ou quelque autre animal du même genre. Me voir, moi, emmené dans une charrette, vive Dieu! voilà qui m'emplit de confusion! Mais peut-être, à l'époque où nous vivons, la chevalerie et les enchantements suivent-ils une autre voie que celle des temps passés. De même que je suis nouveau dans le monde de la chevalerie, et le premier à ressusciter l'ordre oublié des chercheurs d'aventures, on aura inventé des enchantements nouveaux et de nouveaux moyens de transporter les enchantés. Qu'en penses-tu, Sancho?
- Moi, je n'en pense rien du tout, parce que je ne suis pas versé comme vous dans ces écritures-là. Pourtant, j'irais jusqu'à affirmer, et même jurer, que ces fantômes qui nous entourent ne sont pas très catholiques.
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araucariaaraucaria05 mars 2016
Quand le gardien des lions, voyant don Quichotte en position de combat, comprit qu'il lui fallait obéir sous peine d'encourir les foudres de ce chevalier téméraire, il ouvrit grand la première cage où se trouvait, comme on l'a dit, le mâle. C'était un animal d'une taille extraordinaire et d'un aspect effrayant. Il commença par se retourner dans sa cage, sortit ses griffes et s'étira de tout son long. Puis il ouvrit une gueule énorme, bâilla longuement et, tirant une langue d'au moins deux empans, il se frotta les yeux et se débarbouilla; après quoi, il sortit la tête et regarda autour de lui avec un regard de braise, de quoi épouvanter le plus téméraire. Don Quichotte l'observait sans ciller, attendant que le lion bondît hors de sa cage pour se mesurer avec lui. Si grande était sa folie qu'il ne doutait pas de pouvoir le mettre en pièces.
Mais le noble animal était de surcroît fort bien élevé et n'avait pas une once d'arrogance; aussi refusa-t-il de faire cas de ces enfantillages. Après avoir regardé d'un côté et de l'autre, comme nous l'avons dit, il tourna le dos et montra son postérieur à don Quichotte, avant de se recoucher bien tranquillement dans sa cage. Ce que voyant, notre chevalier ordonna au gardien d'agacer la bête avec son bâton pour l'obliger à sortir.
- Pas question, répondit l'homme. Si je l'irrite, je serai le premier à être mis en pièces.
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