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Jacques Chabert (Traducteur)
ISBN : 2253054771
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 109 notes)
Résumé :
Admirable récit sur l'homme, sa solitude et sa condition, "Le Chant des pistes" explore les tréfonds de l'âme humaine grâce à une évocation de ses origines, chez les aborigènes australiens. Perdu dans l'immensité du bush australien, l'auteur se retrouve face à lui-même, retrouvant ce que les aborigènes appellent le "chant des pistes", dont le mystère provient des racines du monde selon leur cosmogonie. Ce "songline" est une sorte de mimétisme qui lui permet de march... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  26 avril 2018
Manger de la poussière, poussière du bush, je prends la piste. Un tour de chant, des champs déserts, je piste le kangourou comme d'autres aventuriers pistent les bouges malfamés. J'ai vite compris que dans un tel lieu où le soleil cogne si fort à travers mon chapeau australien, en digne héritier de Crocodile Dundee, il y a un point qu'il ne faut pas perdre de vue, la piste qui te mène aux bières fraîches.
Oui, bien que je traverse
La vallée de l'ombre de la mort
Je ne crains pas le mal
Car moi, Bruce, je suis
Le plus méchant con de toute la vallée.
Bruce tout puissant, il m'avait accompagné en terre patagonne il y a quelques années à travers de vieux ossements de dinosaures. Bruce Chatwin, je le retrouve en terre australe sur le chant des pistes. Il n'a pas de cartes routières, pas de route tracée. Il avance les yeux fermés, les oreilles ouvertes. Il écoute, le vent des pistes, le hurlement des chiens sauvages, le chant des âmes. Une légende, celle des aborigènes, et la fin de ce peuple qui ne connait pas de route pour tracer leurs chemins.
Cartographier ainsi le passé d'une région et d'un peuple n'est pas facile, pourtant il suffit d'être à l'écoute, de respecter le silence des lieux et des autres et de se sentir porter par ce silence, ces chants à peine audible que le vent fait vibrer à travers les dédales du bush australien. Des voix qui viennent d'ailleurs, de nulle-part ou d'outre-tombe, résonnent en moi sur la piste. Elles me guident à travers les eucalyptus et les pierres – un type chauve me crie que mon lit est en train de brûler, il est minuit ô il me fout les jetons ce grand chauve veine saillante sur les tempes, mon coeur est mort – de l'outback. Elles me transpercent de leurs mélodies, les yeux fermés, j'avance, je les suis, jusqu'au prochain bar, jusqu'à la prochaine rencontre, celle de deux hommes du bush devant leurs verres de bière. Bruce, ce soir, je bois avec toi, je regarderai le ciel, sa lune bleue et ses étoiles de poussières, j'écouterai le silence de la musique du bush.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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ericbo
  15 décembre 2017
C'est toujours un peu la même chose lorsque l'on veut sortir des sentiers battus en Australie. On a droit aux véhicules 4x4, les réserves d'eau et d'essence et les longues lignes droites sur plusieurs centaines de kilomètres ou les pistes défoncées de l'outback. Lorsqu'en plus on part à la rencontre des Aborigènes, on nous ressasse les mêmes poncifs sur "le temps du rêve" et les incompréhensions mutuelles entres eux et les australiens blancs. Ce qui me rend très méfiant envers la littérature des "voyageurs" dans ce pays.
Malheureusement, Chatwin n'échappe pas à la règle, du moins pas complètement. Car passé tout le fatras du pseudo explorateur ("Je hais les voyages et les explorateurs", disait Levi-Strauss) et les immanquables conflits dus à l'acculturation , on apprend quand même pas mal de choses sur la culture aborigène. Et ces fameux "songlines" sont assez extraordinaires pour être notés. La rencontre avec cette "géographie par les chants" mérite bien la lecture de ces quelques 400 pages. On retrouve là tout ce qui fait l'intelligence et la capacité d'adaptation de ces peuples premiers, et à mon avis, leur suprématie sur notre culture technologique et purement rationnelle et utilitaire que Chatwin ne manque pas de dénoncer.
Pendant les premières 200 pages, on suit donc quelques détenteurs de ces chants qui permettent de se repérer sur le territoire des ancêtres de la tribu. Chants que l'on passe ensuite, comme un relai à la tribu voisine et ainsi de suite jusqu'à former des lignes qui traversent le continent du nord au sud et d'est en ouest. C'est purement magnifique.
Passé cette découverte, Chatwin nous fait part pendant à peu près une centaine de pages, de ses carnets où il a noté différents extraits ou aphorismes d'oeuvres diverses, sur le fait que l'homme se caractérise avant tout comme un voyageur. Avec certaines réflexions évolutionnistes.
Enfin, le livre se termine dans l'outback où l'on revient après cette digression littéraire, en compagnie de nos Aborigènes et le narrateur se prépare à repartir vers Alice Springs.
Donc, c'est un livre qui nous fait découvrir une particularité de cette culture première et nous invite à réfléchir sur notre condition de marcheur-voyageur. A ce titre, il mérite notre curiosité.
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Flodopas78
  12 décembre 2015
Passionné par les voyages, cette forme d'itinérance qui nous conduit à la découverte de l'autre, et plus particulièrement par le nomadisme, Bruce Chatwin s'est rendu en Australie à la rencontre d'un peuple aux traditions millénaires, les aborigènes. Chassés de leur territoires par les australiens puis parqués dans des réserves, les aborigènes ont pour la plupart sombré dans l'alcoolisme, la misère et la dépendance. Néanmoins, ils ont réussi à préserver en partie leur héritage appelé le Temps du rêve. Chaque aborigène a son rêve qui peut être assimilé à un chant, transmis de génération en génération par un ancêtre lointain. Chaque ancêtre, en parcourant la terre, a laissé dans son sillage une suite de mots et de notes de musique formant un chant. Ce chant est à la fois une carte et un topo-guide. Il permet à tout aborigène de s'orienter sans jamais se perdre car chaque caractéristique du paysage, rocher, dune, rivière, est chantée, dans un pays où se déplacer était vital en raison de l'aridité de l'Australie intérieure.
A l'occasion d'un séjour prolongé dans la tribu des Pintupi, l'auteur consulte ses notes antérieures de voyage et nous présente ses réflexions sur le nomadisme et l'évolution de l'homme depuis l'aube de l'humanité. Il remarque que les monothéismes sont tous nés dans le désert et en déduit avec humour que Dieu est certainement un nomade. Il revient sur le meurtre originel perpétré par Caïn, le sédentaire, sur son frère Abel, le berger, meurtre qui symbolise les relations conflictuelles entre les cultivateurs et les éleveurs. Ses pensées le mènent en Afrique du sud, berceau de l'humanité. Selon C.K. Brain, illustre paléontologue sud-africain, l'homme fut d'abord une proie avant de devenir un chasseur. L'histoire de l'homme commence dans la violence.
Un livre passionnant pour s'initier aux traditions aborigènes et réfléchir sur le nomadisme, un mode de vie en voie de disparition.
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Corboland78
  28 mars 2012
On ne présente plus Bruce Chatwin le fameux écrivain voyageur et de grande culture trop tôt disparu. Tous ses livres sont un pur régal pour ceux qui aiment les voyages, les rencontres et l'aventure, le tout baignant dans des références culturelles nombreuses et enrichissantes.
Avec le chant des pistes nous parcourons l'Australie, non pas un pays mais un continent où la trace des premiers hommes interroge l'écrivain sur nos origines. Quant au titre du livre il fait référence à l'enquête menée sur le terrain pour comprendre la théorie des aborigènes qui veut que « lors de sa traversée du pays, chaque ancêtre avait laissé dans son sillage une suite de mots et de notes de musique et comment ces pistes de rêve formaient dans tout le pays des « voies » de communications entre les tribus les plus éloignées. Un chant était à la fois une carte et u topo-guide. Pour peu que vous connaissiez le chant, vous pouviez toujours vous repérer sur le terrain. »
Expert en arts, Bruce Chatwin ne manque pas de s'intéresser aux peintures rupestres et aux tableaux peints par les artistes locaux qui sous un abord naïf recèlent des pans de l'histoire de l'humanité. Un grand livre de voyage mais surtout une ode à l'humanité et une passerelle entre les cultures des quatre coins du monde, dont les similitudes identifiables ne peuvent que prouver nos origines communes.
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mariech
  03 avril 2016
Bruce Chatwin est ce qu'on appelle un ecrivain voyageur , il va commencer à partir explorer le monde à l'âge de 17 ans .
Le chant des pistes c'est son dernier voyage en Australie , il va à la rencontre des arborigènes et de leurs coutumes , le chant des pistes a un rapport avec la création du monde , les hommes voyagent en chantant , en nommant les choses .
L'auteur va rencontrer des personnages originaux , parfois partagé douloureusement entre modernité et traditions millénaires .
J'avoue que je me suis un peu perdue lors de certains passages , surtout lorsque l'auteur fait l'apologie du nomadisme .
Une lecture peut être un peu trop différente de mes habitudes .
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critiques presse (1)
Lexpress   04 janvier 2012
Avec le récit de son séjour en compagnie de son ami Salman Rushdie, Chatwin mêle les notes d'un essai ambitieux consacré au nomadisme.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   17 janvier 2018
Au commencement la Terre était une plaine sans fin, obscure, séparée du ciel et de la mer grise, étouffant dans une pénombre crépusculaire. Il n’y avait ni soleil ni lune ni étoiles. Cependant, bien loin, vivaient les habitants du ciel, êtres jeunes et indifférents, humains de forme, mais possédant des pattes d’émeu et une chevelure dorée étincelante comme une toile d’araignée dans le soleil couchant, sans âge et insensibles aux atteintes des ans, existant depuis toujours dans leur vert paradis bien arrosé, au-delà des nuages de l’ouest.
A la surface de la Terre, il n’y avait que des trous qui deviendraient un jour des points d’eau. Aucun animal, aucune plante, mais autour de ces sources étaient rassemblés des amas de matière pulpeuse, des restes de la soupe primordiale – silencieux, sans souffle, ni éveillés ni endormis – contenant chacun l’essence de la vie ou la possibilité de devenir humain.
Sous la croûte terrestre, cependant, les constellations luisaient, le soleil brillait, la lune croissait et décroissait et toutes les formes de vie gisaient endormies – la fleur écarlate du pois du désert, le chatoiement de l’aile du papillon, les moustaches blanches et frémissantes du Vieil Homme Kangourou – tous en sommeil comme les graines du désert qui doivent attendre l’averse vagabonde.
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le_Bisonle_Bison   27 décembre 2017
Les Pintupi étaient la dernière tribu « sauvage » à avoir été contactée dans le Grand Désert occidental et introduite à la civilisation blanche. Jusqu’à la fin des années 1950, ils avaient continué à pratiquer la chasse et la cueillette, nus dans les dunes, comme ils l’avaient fait pendant au moins dix mille ans.
C’étaient des gens insouciants et très ouverts d’esprit, qui ne connaissaient pas ces rudes rites d’initiation propres aux groupes plus sédentaires. Les hommes chassaient le kangourou et l’émeu. Les femmes cueillaient des graines, ramassaient des racines et tout ce qui pouvait se manger. En hiver ils s’abritaient derrière des pare-vent de spinifex ; et, même en pleine sécheresse, l’eau leur faisait rarement défaut. Une bonne paire de jambes était leur valeur la plus sûre et ils riaient sans cesse. Les quelques Blancs qui les visitèrent furent surpris de voir leurs nourrissons gras et en bonne santé.
Mais le gouvernement décréta que les hommes de l’âge de pierre devaient être sauvés… pour le Christ, si besoin était. En outre, on avait besoin du Grand désert occidental pour y mener à bien des opérations minières, éventuellement des essais nucléaires. Il fut donc ordonné d’embarquer les Pintupi dans des camions de l’armée et de les installer dans des lotissements du gouvernement. Nombre d’entre eux furent envoyés à Popanji, un camp situé à l’ouest d’Alice Springs, où ils moururent victimes d’épidémies, se prirent de querelle avec les hommes des autres tribus, se mirent à boire et à jouer du couteau.
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le_Bisonle_Bison   25 août 2017
Je sortis de mes bagages quelques blocs de papier et, avec cette méticulosité obsessionnelle qui accompagne tout début de projet, je répartis mes carnets "parisiens" en trois tas bien nets.
Il s'agit de carnets connus en France sous le nom de carnets moleskine, car ils sont recouverts de cette toile de coton noire enduite imitant le cuir. A chacun de mes passages à Paris, j'en achetais une nouvelle provision dans une papeterie de la rue de l'Ancienne-Comédie. Les pages étaient quadrillées et maintenues en place à leur extrémité par un ruban élastique. Je les avais tous numérotés. J'écrivais mes nom et adresse sur la première page et offrais une récompense en cas de perte à qui me le renverrait. Perdre un passeport n'était qu'un ennui mineur ; perdre un carnet était une catastrophe.
Au cours d'une vingtaine d'années de voyage, je n'en ai perdu que deux. L'un a disparu dans un car afghan. L'autre me fut subtilisé par la police secrète brésilienne qui, non sans un certain don de seconde vue, s'était imaginé que les quelques lignes que j'avais écrites - sur les blessures d'un Christ baroque - étaient une description, en code, de leur propre travail sur les prisonniers politiques.
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lanardlanard   07 décembre 2013
Toute tribu nomade est une machine militaire en puissance qui se met en branle pour piller ou menacer la ville, à moins, que ce ne soit pour combattre d'autres nomades;
Les habitants sédentaires ont donc, depuis le début des temps historiques, recruté des nomades comme mercenaires, soit pour éloigner une menace nomade, tels que les Cosaques qui luttèrent contre les Tatars pour le compte des tsars; ou, s'il n'y avait pas d'autres nomades, pour combattre contres d'autres États.

*

Dans l'ancienne Mésopotamie, ces "mercenaires" se transformèrent d'abord en une caste d'aristocrates militaires, puis en dirigeants de l’État. On peut affirmer que l’État, en tant que tel, est né d'une sorte de fusion "chimique" entre l'éleveur et le cultivateur, une fois que l'on se rendit compte qu'il était possible d'appliquer les techniques de coercition animale à une masse paysanne inerte.

En dehors de leur rôle de "maître des eaux fertilisantes", les premiers dictateurs se dénommaient eux-même "bergers du peuple". En fait, dans le monde entier, les mots qui désignent l'"esclave" et l'"animal domestique" sont les mêmes. Les masses doivent être rassemblées, exploitées, parquées (pour les protéger des "loups" humains venus de l'extérieur) et, si besoin est, conduites à l'abattoir.
La ville apparaît ainsi comme une bergerie se superposant à un jardin.

On peut poursuivre le raisonnement plus loin - ce qui n'est pas sans application dans la théorie des jeux guerriers - et considérer que l'armée, tout groupe de soldats professionnels ou ministère de la Défense, est, sans le savoir, une tribu de nomades par substitution qui s'est développée au sein même de l’État, sans laquelle l’État croulerait sur ses bases, mais dont l'instabilité foncière entraînerait, à terme, la destruction de l’État, car, comme les taons, elle ne cesserait de la pousser à agir.
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le_Bisonle_Bison   26 août 2017
Tous les grands maîtres ont enseignés que l'homme était à l'origine, un "vagabond dans le désert brûlant et désolé de ce monde" - ce sont là les mots du Grand Inquisiteur Dostoïevski - et que, pour retrouver son humanité, il devait se débarrasser de ses attaches et se mettre en route.
Mes deux derniers carnets étaient pleins de notes prises en Afrique du Sud où j'avais observé, de visu, des preuves indiscutables sur l'origine de notre espèce. Ce que j'avais appris là-bas - avec ce que je savais maintenant des itinéraires chantés des aborigènes - semblait confirmer l'hypothèse que j'avais caressé depuis si longtemps : la sélection naturelle nous a conçus tout entiers - de la structure des cellules de notre cerveau à celle de notre gros orteil - pour une existence coupées de voyages saisonniers à pied dans des terrains épineux écrasés de soleil ou dans le désert.
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