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Christine Auché (Traducteur)Françoise Adelstain (Traducteur)
EAN : 9782848768281
Éditeur : Philippe Rey (20/08/2020)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Libraire à Acapulco, au Mexique, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur famille, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu’au jour où Sebastián, s’apprêtant à révéler dans la presse l’identité du chef du principal cartel, apprend à Lydia que celui-ci n’est autre que Javier, un client érudit avec qui elle s’est liée dans sa librairie... La parution de son article, quelques jours plus tard, bo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
  11 février 2020
+++++++ SALETÉ AMÉRICAINE +++++++
J'ai rarement lu des louanges aussi dithyrambiques que celles à propos du dernier roman de Jeanine Cummins. Pour Don Winslow c'est "Les raisins de la colère" de notre temps, John Grisham affirme qu'il y a très longtemps qu'il n'a pas tourné si vite les pages d'un livre, et pour Stephen King c'est simplement "marvellous" (merveilleux).
De l'auteure, qui est née de parents américains en Espagne, à Rota en Andalousie, mais à une date gardée secrète, "American Dirt" est son 4e ouvrage. Son tout premier ouvrage, paru en 2004, qu'elle a qualifié de mémoire, est en fait un témoignage d'un crime violent où des membres de sa famille ont été impliqués et qui pour un des responsables s'est terminé sur la chaise électrique (en octobre 2005). "A Rip in Heaven" (une déchirure dans le ciel) n'a pas été traduit en Français, ni ses 2 romans qui ont suivi : "The Outside Boy" en 2010 et "The Crooked Branch" (la branche tordue) en 2013.
Vu les noms et commentaires au 1er paragraphe, peut-être qu'un traducteur français est déjà fébrilement en train de traduire le livre, qui est sorti seulement le 21 janvier 2020.
Jeanine Cummins est une dame "spéciale". Licenciée en lettres et communications de l'université Towson dans le Maryland aux États-Unis, elle a travaillé pendant 2 ans comme barmaid à Belfast (Irlande du Nord), puis pendant 10 ans dans l'édition à New York. Elle donne fréquemment des conférences sur les droits des victimes de crimes et s'est prononcée catégoriquement contre l'application de la peine de mort dans son pays.
Elle a épousé, en Amérique, un Irlandais sans-papiers avec qui elle a eu 2 filles.
Dans la grande ville balnéaire mexicaine d'Acapulco a lieu, ce 7 avril, un cas de folie meurtrière dont les cartels de la drogue du Mexique semblent avoir la spécialité : 16 morts par rafales de mitraillettes. Toute la famille du journaliste Sebastián Pérez Delgado, sauf son épouse Lydia et son fils Luca de 8 ans, qui s'étaient cachés dans la douche et que les 3 "sicarios" (tueurs à gages) n'ont pas trouvé.
Lydia sait que ce n'est que partie remise et que le cartel de "Los Jardineros", qui règne à Acapulco en seigneur et maître, fera tout pour les éliminer, elle et son gamin. Compter sur la police ne sert à rien, au contraire, plein de détectives et policiers sont à la solde du cartel et reçoivent mensuellement une somme égale à 3 fois leur salaire.
La seule issue qui lui reste après ce carnage est la fuite tout de suite, sans plan ou trajet bien défini, en pensant vaguement à Denver dans le Colorado aux États-Unis où vit son oncle. Très vite elle prépare des sacs de voyage avec tout ce dont le duo pourrait avoir besoin pendant leur périple. Habillés de façon à ne pas se faire remarques et en changeant d'autobus tous les 15-20 minutes, Lydia, sous le pseudo de Fermina Daza, et son petit, qui est devenu en peu de temps un jeune adulte, prennent le large,
Notre héroïne pense que s'il y a un seul avantage à la terreur c'est que la terreur est plus immédiate que le chagrin.
Le comble c'est que tout le monde sait parfaitement bien qui a donné l'ordre de ce massacre : Javier Crespo Fuentes, surnommé "Lechuza" ou chouette à cause de son physique et ses énormes lunettes, qui est le chef de "Los Jardineros".
Ce "jefe" Lydia le connaît bien, car il était le meilleur client de sa librairie et elle avait sympathisé avec ce quinquagénaire à cause de ses excellents goûts en littérature : Leah Hager Cohen, Sebastian Barry, Gabriel Garcia Márquez ....
De son mari, qui a écrit des articles sur ce joyeux cartel, elle a appris que Crespo est peut-être un homme cultivé, mais aussi un homme sans la moindre pitié.
Sa mission est d'autant plus périlleuse que le cartel a des yeux partout, ce qu'au Mexique on appelle des "halcones", de simples citoyens tels des chauffeurs de bus, réceptionnistes d'hôtel ... qui agissent comme des vigies volontaires pour le cartel.
Pour défendre son môme et elle-même, elle s'achète une machette qu'elle attache à sa jambe, bien cachée sous son jeans.
Comme je ne tiens pas à recevoir des remarques que j'en dis trop, comme cela fût le cas avec le dernier thriller de Jussi Adler-Olsen que j'ai critiqué récemment, j'arrête, avec le départ de mère et fils de leur maison, transformée en champ de bataille, mon billet.
Dans une interview à la télévision anglaise, l'auteure a expliqué le long et solide travail de préparation que ce livre lui a demandé, notamment en ce qui concerne les problèmes à la frontière entre le Mexique et les États-Unis de Donald Trump. Un élément important dans ce roman et qui va, bien entendu, beaucoup plus loin que la bête idée présidentielle d'un très long mur entre les 2 nations.
Après lecture, je dois dire que je comprends les commentaires de Winslow, Grisham, King et quelques autres grands noms, telles Ann Patchett et Tracy Chevalier : cet ouvrage de Jeanine Cummins constitue une réussite rare à de nombreux points de vue. Ce sont aussi 465 pages de réel suspense.
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JIEMDE
  12 septembre 2020
Quand les touristes occidentaux s'extasient devant la carte postale de rêve qu'offre Acapulco, la plupart d'entre eux passent à côté de la face cachée de ce paradis artificiel : une ville et un comté qui se vident peu à peu, sous la coupe de Los Jardineros, cartel de la drogue dirigé par El Jefe Javier. Et pendant que les uns trempent et s'extasient, les autres rançonnent, corrompent, menacent, violent, mutilent et assassinent.
Il reste bien la presse… Mais pour avoir commis l'article de trop, Sebastian et 15 autres membres de sa famille sont sauvagement mitraillés par les sicarios du gang, ne laissant vivants que Lydia, la femme de Sebastian et Luca, leur fils de 8 ans. Malgré la douleur et l'horreur du massacre, la fuite s'impose comme une évidence. Car Javier ne les lâchera plus désormais, sauf à s'enfuir loin, très loin. Aux USA. D'un car de nuit aux sauts sur les toits de la Bestia, des montagnes au désert, des barrages des Jardineros au mur de Donald, commence alors une fuite épique, dantesque, inhumaine.
Autrefois privilégiés, Lydia et Luca sont devenus de simples migrants comme des milliers d'autres, mexicains ou honduriens, salvadoriens, guatémaltèques… le courage, l'argent, la foi, la résistance, sont des atouts nécessaires mais pas suffisants ; les rencontres ajoutent parfois à la peur quand elles sont marquées du tatouage du gang, ou à l'humanité quand les désespoirs se rejoignent et Soledad, Rebeca, Beto ou El Chacal vont tour à tour changer le cours de la fuite de Lydia et Luca.
Encensé par Winslow, Grisham ou King, American Dirt de Jeanine Cummins – traduit par Françoise Adelstain et Christine Auché – est assurément un grand livre, porté par une écriture brute et sans concession, où souffle cependant un vent de bienveillance sur ces abandonnés de tous. Quand Winslow décortique ces cartels de l'intérieur dans son exceptionnelle trilogie, Cummins choisit de nous montrer le côté face de ceux qui les subissent et tentent d'y échapper.
D'aucuns remirent en cause la légitimité de cette blanche new-yorkaise à écrire sur ces migrants hispaniques, comme s'il fallait disposer des mêmes origines ou de la même couleur de peau pour entrer en humanité avec l'autre. Dans quelle époque étrange vivons-nous… Cummins a tenu bon, permettant à son livre d'arriver jusqu'à nous. Alors précipitez-vous !
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alexb27
  28 août 2020
Quel roman ! Impossible à lâcher. Je suis d'accord avec Stephen King. le commencer, c'est l'adopter. J'ai lu avec enthousiasme et beaucoup de passion cette course poursuite dans le Mexique des cartels et de la violence ; Cette fuite en avant de Lydia et son fils pour échapper à la mafia qui vient de décimer leur famille ; Cette plongée terrible dans le monde des migrants.
Lydia, libraire tranquille, a en effet choisi de tout quitter en une poignée de secondes. Pour une vie meilleure. Pour échapper à la mort, aux viols, à la misère. Et ce, malgré le danger et le terrible périple qui l'attend pour accéder au possible eldorado que sont les Etats-Unis.
Sa route va être parsemée de rencontres, de jeunes filles perdues, d'hommes violents, d'enfants en quête de sécurité et d'avenir meilleur. de tragédies aussi.
Un roman qu'on lit comme on regarde un film d'action. En apnée. Sans temps mort, sous tension et avec horreur. Un texte passionnant et nécessaire. le récit d'une amitié improbable. Un roman qu'on oublie pas.
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missmolko1
  17 mars 2020
Découvert dans les pages du magazine O d'Oprah Winfrey de février et surtout très curieuse de me faire une opinion sur ce très controversé roman, j'ai lu ce livre avec beaucoup d'attention. Et je dois dire que de mon côté, j'ai adoré, et en refermant les dernières pages j'ai beaucoup aimé regarder le débat et les discussions très animées du book club d'Oprah sur Apple TV.
On suit Lydia et son fils de huit ans à travers le Mexique qu'il fuit pour entrer clandestinement aux États-Unis. Ils partent du jour au lendemain après que Javier, chef de cartel, est assassiné 16 membres de leur famille lors d'une fête d'anniversaire. Ils doivent sauver leur peau et n'ont d'autres choix que de partir au péril de leur vie.
J'ai rarement lu un livre qui éveillé tant d'émotions en moi : il m'a touché, j'ai eu la chair de poule, des pics d'adrénaline et parfois peur pour tous les personnages que j'ai croisé. Et il s'agit bien là, d'un roman purement fictif, pendant que chaque jour, toutes ses péripéties sont le sort de migrants a la recherche d'une vie meilleure. Et pour ça, je tire mon chapeau à l'auteure qui grâce à ce livre permet de nous ouvrir les yeux sur toute cette misère.
Lydia est terriblement touchante, son combat est incroyable, sa force indestructible pour sauver son fils. Luca est mignon et courageux. du haut de ses huit ans, il est tellement mature et vit des choses qu'un enfant ne devrait jamais vivre. Les autres migrants sont tous aussi attachants notamment Soledad et Rebecca entre autres. On aperçoit Javier, et même s'il est attachant lors des visites a la librairie de Lydia, on ne peut que condamner ses actes et sa violence.
Le suspense est omniprésent, le récit souffre à la manière d'un thriller et le lecteur est absorbé immédiatement dans l'histoire. L'alternance entre passé et présent permet de comprendre cette monté de violence et comment Lydia a perdu tous les membres de sa famille.
Enfin le Mexique que nous fait découvrir l'auteure est incroyable. Pays magnifique, ses plages, sa nourriture qui fait saliver, son histoire, mais d'un autre côté, elle ne nous épargne rien la violence, de la drogue, de la corruption….
Je comprends aussi beaucoup mieux la polémique suite à l'émission et au débat :
- Très peu d'auteurs latino-américains sont publiés surtout lorsqu'il s'agit de parler d'émigration et pourtant Jeanine Cummins a touché une avance à 7 chiffres pour ce livre. J'espère que les consciences changeront autour de cela : l'envie d'élargir son horizon littéraire en lisant d'avantage d'auteurs latino-américain, forcer les éditeurs à revoir leur publication et les personnalités influentes comme Oprah de choisir plus de livres des communautés minoritaires.
- On l'accuse d'imprécisions, de stéréotype et de maladresses, certes c'est fort probable mais pourtant je trouve courageux sa démarche d'écrire sur un tel sujet, d'avoir fait des recherches pendant plus de 5 ans. Et puis comment résumé la vie mexicaine, l'émigration, la clandestinité et tous ce qui tourne autour en seulement 400 pages. Je pense que le sujet dépasse bien plus qu'un simple livre.
- On sort de son contexte une phrase d'une interview qu'elle a donné en revendiquant qu'elle était blanche et on l'accuse aujourd'hui de revendiquer que sa grand-mère était porto-ricaine. Je pense qu'ici encore c'est une grosse maladresse, mais je me pose toujours la question : un auteur doit-il se restreindre à son univers et ne parler que de ce qu'il connait ? Un blanc n'aurait donc pas le droit d'écrire sur les noirs et le racisme ou encore un homme ne pourrait pas se mettre dans la peau d'une femme ? Je suis totalement en désaccord avec cette idée et je pense que chaque écrivain doit pouvoir être libre d'écrire sur un sujet qui lui tient à coeur.
- Enfin on lui reproche le manque de contexte politique et sur ce point je dois dire que je suis assez d'accord. Cummins dénonce sans jamais le dire la politique de Trump : les reconduites à la frontière, la séparation des mères et des enfants… Pourtant il manque un peu de contexte : on ne voit absolument rien de la bureaucratie américaine pour les demandes d'asile et leurs complexités, on ne parle pas de l'implication des américains dans la violence et le trafic de drogue au Mexique. Ce point aurait pu être approfondi mais encore une fois le sujet est si vaste qu'il dépasse le livre.
Lien : https://missmolko1.blogspot...
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Floyd2408
  24 août 2020
Une épopée moderne dans une société de clivage et de domination de l'argent. le Mexique trône en pays harcelé par le cartel, par cette carte postale de vacances et ses habitants tiraillé par l'intégrité et la facilité de l'argent, celui de la drogue et ce cartel qui de sa toile d'araignée corrompt tout le monde dans toutes les couches sociales. Jeanine Cummins avec ce roman de plus de 500 pages, nous entraine dans les profondeurs perverses de l'être humain à travers cette chevauchée tumultueuse de ces deux héros malgré eux, une mexicaine Libraire de 38 ans et son enfant de huit ans, happés par la férocité de leur pays gangréné par les gangs, appelés cartels, Lydia et Luca s'échappent de cet enfer, laissant derrière eux 16 morts tués par le Cartel, ancre le roman dès les premières pages dans celui de la vérité de la mort qui rode , présente, et celle que nous sommes insignifiant face à cette société où l'homme est un loup pour l'homme!
American Dirt ce titre « saleté américaine » dans sa traduction est un isthme vers une Amérique eldorado qui derrière son drapeau trône une façade d'illusion que Jeanine Cummins démasque avec beaucoup d'émotions, avec cette traversé dramatique de ces migrants, qui au fil du roman s'agrandit tel un fleuve avec ces rivières comme affluent, d'Acapulco à « al norte », 4260 kilomètres de fuite pour vivre une vie de liberté. L'écho de ce titre résonne à la page 424, une manière de se le rappeler, dans la bouche d'une migrante Soledad, son regard se perd au loin vers cette terre promise puis elle crache pour y laisser une trace, une métaphore de dégout !
La narration est attractive, il y a du suspens, tel un thriller, de l'aventure, de l'émotion, Jeanine Cummins entremêle avec beaucoup de facilité les émotions diverses qui assaillent notre lecture. D'ailleurs outre-Atlantique, American Dirt est plébiscité par de grands noms littéraires comme Don Winslow écrivant « les raisins de la colère de notre temps », puis aussi Stephen King ou Oprah Winfrey, mais une polémique c'est installée sur ce roman par de nombreux auteurs, lancée par l'autrice mexicano-américaine Myriam Gurba, voulant une légitimité plus importante des auteurs latinos, considérant Jeanine Cummins comme une voleuse de culture…
La trame est magnétique par cette écriture électrique, à travers ces personnages traversant ce Mexique à l'aide involontaire de la Bestia, nom du train de marchandise, ce sésame transportant les migrants vers al norte, tous jonchés sur le toit harnachés pour ne pas tomber. Les scènes décrites sont très réalistes, cette course pour attraper au vol ce train, ou sauter d'un pont pour atterrir sur le toit sans tomber, car beaucoup chutent et meurent ou deviennent estropiés.
Cette fuite débute dès les premières pages, Lydia et Lucas viennent de perdre leurs proches, 16 personnes, dont le Papi de Lucas son père Sébastien, journaliste, mais aussi sa grand-mère, sa cousine et les autres invités de la petite fête organisée, cette tuerie est le fruit d'un cartel en représailles de l'article de Sébastien sur le jefe, le patron de ce cartel. Mais ce cache derrière ce massacre des phases souterraines où Lydia est la seule responsable sans l'être.
On découvre un Mexique torturé, les routes sont continuellement menacées de barrages payant, contrôlées par les cartels, qui aussi à la main mise sur le flux des migrants, avec « les coyotes » , les passeurs, c'est comme la traite des êtres humains, un peu d'argent pour se rendre vers cette Amérique, mais beaucoup de ces migrants meurent, à travers ce roman, des personnages comme les deux soeurs adolescentes hondurienne fuyant l'horreur de leur pays et la progression de la criminalité, comme leur village natale perdu dans la montagne, laissant aux mains des narcotrafiquants, kidnappant les jeunes filles, puis en ville, ces filles sont souvent soumises à des viols, comme sur leur trajet avec des policiers mexicains corrompus, ces deux gamines violées par cinq hommes en uniformes, traumatisant la plus jeune, Rebecca ; 14 ans, encore dans l'innocence de l'âge, son autre soeur Soledad 15 ans, déjà violée en Honduras par un jeune merdeux, lui faisant du chantage, la mettant enceinte, le perdant avec une fausse couche lors de leur fuite sur les terres mexicaines, American Dirt est un roman sur la misère humaine de notre époque, sur le flux humain de pays en pays, cette immigration entre le Mexique et les États-Unis, celle condamnée par Trump, émergent des fils barbelés le long de la ligne de chemin de fer où circule la Bestia, ce train libérateur, ce train de la mort, Jeanine Cummins donne vit à des personnages secondaires attachants comme le jeune gamin Beto asthmatique, Marisol, une veuve , mére de deux filles, expulsée des États-Unis, malgré son intégration depuis des années et sa bonne conduite, El Chacal, le coyote, ce passeur intransigeant, et tous ces autres que rencontrent Lydia et Luca…
Jeanine Cummins de son expérience, de ces racines et de son enquête, place ce roman comme le cri moderne d'un Émile Zola avec son Germinal, dénonçant l'horreur de ces migrants du monde entiers, avec cette femme de 38 ans, qui du jour au lendemain perd tout, ses repères, sa vie, son statut sociale, pour devenir une bête traquée par la folie humaine qui existe dans ce monde moderne, il faut sentir la détresse de ces êtres humains arrachés de leur terre, comme ces deux soeurs, le pourrissement de certains comme le jeune Lorenzo , broyé par la vie, El Chacal , vivant de la misère des autres et tous les autres que notre auteurs n'a pas pu parler.
Ce petit rayon de soleil reste le petit garçon de huit ans, Luca, surprenant tout le long du roman, attirant à lui toute la bonté humaine, il cristallise à lui tout seul, l'espoir. D'autres personnages sont aussi la bonté, venez-vous perdre dans ces 500 pages qui se dévorent facilement, entre fluidité et haletant ce roman plaira à beaucoup.
C'est souvent des lectures difficiles, le contexte est peut-être porteur, l'immigration entre le Mexique et les États-Unis, et le cartel, la drogue, mais nous en débordant de ces romans; je me lasse car même si la recherche pour écrire ce livre est profonde, il manque cette identité d'authenticité, les personnages principaux sont touchants mais il y a au fond une forme de caricature induite...Cela n'enlève à rien au plaisir que j'ai eu à lire ce roman, qui en deux jours fut dévoré, c'est un roman à lire une fois dans sa vie pour vivre cette migration forcée, car l'homme restera un loup pour l'homme.
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critiques presse (1)
LeMonde   17 septembre 2020
Histoire d’un livre. Une Mexicaine et son fils fuient la mort qui leur est promise par les cartels. Ecrit par une Américaine, ce roman n’est pas passé inaperçu en plein débat sur l’appropriation culturelle.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
robertkonigrobertkonig   22 septembre 2020
Elle ignore ce que ces dispositifs peuvent bien être, mais quels qu'ils soient - caméras, détecteurs, projecteurs - elle devine qu'ils sont conscients de sa présence. Elle plonge la main dans la clôture et agite les doigts de l'autre côté. Ses doigts sont al norte. Elle crache à travers la clôture, juste pour laisser une parcelle d'elle-même dans la terre américaine - American dirt.
P. 426
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robertkonigrobertkonig   20 septembre 2020
En écoutant Rebeca lui révéler ces quelques bribes d'histoires qu'elle connaît, Luca commence à comprendre que, si tous les migrants partagent une chose, c'est la solidarité qui existe entre eux, bien qu'ils viennent de pays différents, que leurs situations sociales soient différentes, qu'ils soient urbains ou ruraux, pauvres ou bourgeois, cultivés ou illettrés. Hondurien, Salvadorien, Guatémaltèque, Mexicain, Indien, chacun apporte ses histoires de souffrance sur le toit du train et jusqu'à el norte.
P. 235
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robertkonigrobertkonig   21 septembre 2020
Depuis que Luca lui a appris à quel point ils sont proches de la frontière, elle s'imagine sentir el norte là-bas à l'horizon, un eldorado de McNuggets et de Nike neuves.
P. 368
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robertkonigrobertkonig   17 septembre 2020
Elle prie pour qu'il n'y ait pas de barrage entre ici et Mexico, mais elle sait que c'est impossible. Avant même la chute d'Acapulco, les barrages routiers dans le Guerrero, comme dans la majeure partie du pays, étaient devenus une menace. Montés par des gangs, des narcotraficantes ou des policiers (qui peuvent aussi être des narcos) ou des soldats (également peut être des narcos), ou, récemment, par des autodefensas, qui sont des milices organisées par les habitants de certaines villes pour se protéger des cartels. Lesquelles autodefensas peuvent être aussi, bien entendu, des narcos.
P. 85
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kielosakielosa   09 février 2020
Il y avait la soif et la faim, et tu étais le fruit.
Il y avait le deuil et les ruines, et tu étais le miracle.

Era la sed y el hambre, y tú fuiste la fruta.
Era el duelo y las ruinas, y tú fuiste el milagro.

Pablo Neruda, de "Chanson désespérée"

(page vii).
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Video de Jeanine Cummins (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jeanine Cummins
La rentrée littéraire 2020, action !
Zoom sur la littérature étrangère : voici 4 romans que nous avons dévorés et qui sont devenus pour nous des incontournables. Nous sommes ravis de vous les présenter ici !
- American Dirt, de Jeanine Cummins, éd. Philippe Rey https://www.librairiedialogues.fr/livre/17001771-american-dirt-jeanine-cummins-philippe-rey - Marilou est partout, de Sarah Elaine Smith, éd. Sonatine https://www.librairiedialogues.fr/livre/16828289-marilou-est-partout-sarah-elaine-smith-sonatine-editions - Impossible, d'Erri de Luca, éd. Gallimard https://www.librairiedialogues.fr/livre/17049265-impossible-erri-de-luca-gallimard - Betty de Tiffany McDaniel, éd. Gallmeister https://www.librairiedialogues.fr/livre/16897804-betty-tiffany-mcdaniel-editions-gallmeister . À bientôt pour de nouvelles découvertes !
+ Lire la suite
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