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EAN : 9782818019245
320 pages
Éditeur : P.O.L. (30/11/-1)

Note moyenne : 2.89/5 (sur 341 notes)
Résumé :
Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. Il se trouve que l'homme est noir. "C'est quoi, un noir ? Et d'abord, c'est de quelle couleur ? " la question que pose Jean Genet dans "Les nègres," cette femme va y être confrontée comme par surprise.

Et c'est quoi, l'Afrique ? Elle essaie de se renseigner. Elle lit, elle pose des questions. C'est la Solange du dernier roman de Marie Darrieussecq, "Clèves," elle a fait du chemin depuis son village natal, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (106) Voir plus Ajouter une critique
Magenta
  19 septembre 2013
J'ai entamé ce livre sans rien en savoir, ni même avoir lu le résumé. Bien m'en a pris, je serais peut-être passée à côté de ce petit bijou.
Une belle histoire d'amour, très sensuelle, un coup de foudre, une attente...tellement bien résumée par le titre inspiré par Marguerite Duras qui écrivait :
"Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter."
Ce qui est tellement vrai...
Je n'en dirai pas plus, certaines critiques en font plus qu'un résumé...
Lisez-le, laissez-vous emporter par cette petite lueur que Marie Darrieussecq vous mettra dans les yeux...
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nathalia1307
  31 août 2013
J'ai débuté la rentrée littéraire, par ce roman de Marie Darrieusecq, conseillé par ma libraire. Sceptique j'étais, je craignais à un plaidoyer littéraire sur le racisme. Ce roman m'a étonné par sa forme.

Solange, actrice française fait carrière aux States, lorsque le lecteur fait connaissance, elle tourne avec Matt Damon. C'est la sucess story à LA, elle enchaîne les tournages, pas de grands rôles encore, cependant son agent la presse d'accepter un rôle dans la série Urgences. Elle vit à Bel Air, résidence avec piscine et ses voisins sont Steven, le réalisateur, Georges (et oui l'unique), Favour et Fred.

Lors d'une soirée cocktail entre collègues acteurs, Solange va rencontrer le superbe Kouhouesso, acteur canadien d'origine camerounaise, personnage mystérieux, qui restera insaisissable durant tout le roman.

Pour Solange, les carottes sont cuites, elles tombe sous le charme irrésistible de ce mâle, une force attractive et quasi animale. Elle débute une relation, quasi unilatérale, Kouhouesso faisant irruption dans sa vie, quand cela lui chante, ou à travers des SMS au contenu bien évasif, que Solange interprète comme des marques d'affection. Aussi s'interroge-t-elle souvent sur cette relation et comme une évidence, la couleur de peau va entrer au coeur de ses interrogations???

Kouhouesso est plus captivé par son projet cinématographique : adapter le roman de Conrad Coeur des ténèbres, qui avait inspiré à Francis Ford Coppola le film Apocalypse Now.
Le film sera. financé par Oprah et George, qui sera à l'affiche du film avec Vincent Cassel.
Kouhouessso constitue son équipe et part tourner aux sources, en Afrique, au Congo, dans ce pays originel. Solange, à qui il a donné le rôle de "La promise", se joint à l'équipe et ira jusqu'au bout pour l'amour de son bel et ténébreux amant.

Ce roman m'a beaucoup étonné par sa fantaisie : l'intrigue débute à Hollywood, et plonge le lecteur dans l'univers cinématographique. L'ambiance reste superficielle, cependant le ton n'est jamais cynique : belles villas avec piscine, luxe, grands couturiers sans déballage excessif (ambiance rappelant celle des deux derniers films de Sofia Coppola The Bling Ring et Somewhere), Solange n'est pas toujours très à l'aise dans cet univers.
Beaucoup de références cinématographiques, qui m'ont parlé en tant que cinéphile (Steven Sodebergh et Terrence Malick). Certains acteurs sont nommés, d'autres non mais il est aisé de deviner, qui ils sont.
L'intrigue se veut dans un premier temps amoureuse, puis elle bascule face aux interrogations de Solange, et à ce grand projet de tourner en Afrique et d'embarquer tout cette équipe d'acteurs là bas.

Marie Darrieusecq, lie très bien les deux thèmes le monde des apparences et le racisme grâce à cette réflexion sur l'altérité et la relation à l'autre, que voit-on au delà du physique?
Elle insiste plus sur les comportements, les petites réactions anodines au quotidien, le personnage de Solange, lui même semble éblouie par la plastique de Kouhouesso, avant tout. Marie Darrieusecq ne dénonce rien, elle se contente de décrire, et strates après strates, elle déploie l'éventail avec limpidité. Bien sur, c'est le point de vue de Solange, qui reste le plus détaillé.

De fil en aiguille, elle tisse l'histoire, les premières passages ou elle décrit l'attente de Solange sont agréables, le côté fleur bleu de Solange ...Puis, elle conduit ce couple improbable, de LA, à Paris, puis à Clèves, le lieu refuge de Solange et jusqu'en Afrique, dans un scénario catastrophe, souvent annoncé.

A chaque étape, des contraintes, les proches qui découvrent Kouhouesso et l'immersion en Afrique pour Solange est fatal, elle découvre un continent, un mode de vie, les fameux sachets whisky, des croyances, des coutumes, et souvent des hommes incapables de confronter leurs différences culturelles, lorsque l'équipe de tournage doit travailler avec les gens du crû.
"De lui, de cet homme qu'elle aimait, de lui dont elle apprenait les goûts, l'histoire, le plaisir, la force , le talent et le manque d'humour, de lui dont elle commençait à redouter les humeurs, de lui elle ne savait rien. ...
Ce phénomène non magique la faisait attendre un homme dont ses ancêtres à elle avaient asservi et massacré les ancêtres. L'exploitation et le massacre se poursuivaient, apparemment, se poursuivaient, oui, avec l'assentiment de certains des siens, mais sans jamais que les siens ne lâchent leur position de dominant."

Si le roman démarre dans la fantaisie, il ne reste pas toujours sur le même registre, quelques approches politiques, sur le discours de Dakar, un avis partagé.

Et, l'intrigue bascule, un dénouement un peu sévère pour Solange, heureusement le chapitre bonus m'a rassuré sur la suite de sa carrière. le personnage de Kouhouesso reste pour moi une métaphore de l'Afrique, beaucoup de charme, et tout aussi insaisissable.

J'ai apprécié ce roman, à la touche féminine, aux idées engagées et je me suis laissée guidé dans ce voyage proposé par l'auteure. Une auteure, qui semble intervenir en voix off, indispensable pour gommer la candeur de Solange.
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anlixelle
  01 février 2019
Ce roman a eu le même effet sur mon esprit qu'une tisane (très concentrée !!!) de camomille, tilleul, verveine, mélisse… je pourrais poursuivre la liste longtemps encore tant les réactions sur mon cerveau ont été fortes : ennui, lassitude, fatigue, désintérêt… ont été significatifs au bout de quelques paragraphes.
C'est dommage, car j'ai toujours beaucoup de plaisir à écouter parler cette auteure de ses livres dans les émissions littéraires.
La lire se révèle plus compliqué, pour cet ouvrage du moins.
Style, fond… j'ai trouvé le tout tortueux et sans intérêt.
Essai à réitérer avec un deuxième livre.
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zabeth55
  02 octobre 2018
Solange est une actrice française qui vit à Hollywood.
Elle est éperdument amoureuse de Kouhouesso, un acteur noir à la carrière prometteuse.
Des périodes intenses, des périodes d'attente, plus ou moins longues, des périodes de désespoir.
Elle part le rejoindre en Afrique sur le tournage d'un film, mais Kouhouesso lui échappe
.Certaines scènes de cinéma et de tournages m'ont paru un peu longues et fastidieuses, mais le fond de l'histoire est intéressant.
C'est une belle histoire d'amour, une belle réflexion sur le racisme
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LiliGalipette
  12 avril 2014
Solange est une actrice française qui a choisi Hollywood pour faire carrière et elle réussit plutôt bien. Kouhouessou est un acteur camerounais naturalisé canadien et il crève l'écran. Une blanche, un noir : la mélodie d'amour pourra-t-elle sonner juste ? Pour Solange, tout est différent maintenant que Kouhouessou existe. « Avant la rencontre, elle se passait de lui. » (p. 100) Dans cette lapalissade, il y a tout le vide que laisse l'homme quand il part ou quand, obsédé par un grand projet cinématographique au Congo, il n'est pas vraiment là. « Et pour elle la grande idée était comme une autre femme, et elle ne voulait pas qu'il la suive. » (p. 11) Alors Solange attend son bel homme noir, même quand il est prêt d'elle. Par fulgurance, il est parfois absolument présent, mais le plus souvent, il est irrémédiablement absent et il décuple la soif de lui qui tourmente la femme blanche.
Avec son titre emprunté à Marguerite Duras, le roman de Marie Darrieussecq est un élégant clair-obscur des sentiments. Amour et tolérance fondent une relation trouble dans laquelle chacun cherche les raisons de son attachement. « Ce que tu réclames, c'est un certificat. Un certificat de non-racisme. Aussi bien tu ne couches avec moi que pour l'obtenir. » (p. 172) Mais qu'importe la couleur de peau : l'histoire est celle d'une femme qui aime un homme qui échappe à ses sentiments. La vieille histoire classique en somme. En arrière-plan de ce jeu de dominos amoureux, il y a le continent noir, impossible à réduire à une nuance ou à une identité. « L'Afrique est une fiction d'ethnologues. Il y a des Afriques. Idem pour la couleur noire : une invention. Les Africains ne sont pas noirs, ils sont bantous et bakas, nilotes et mandingues, khoïkhoïs et swahilis. » (p. 93) Oui, il faut beaucoup aimer les hommes pour les aimer, Duras l'avait compris. Et Darrieussecq, avec une classe incroyable et un talent certain, écrit un nouvel Out of Africa : il faut fuir cette terre trop chaude qui ne laisse aucune chance au sentiment amoureux.
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critiques presse (7)
LeDevoir   30 décembre 2013
Cette plume équivoque, audacieuse et savante aligne les clichés en maniant les intensités : le prix Médicis a consacré ses jeux d’observation et d’écoute.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaPresse   08 novembre 2013
Cela ressemble à une confession, mais c'est aussi un redoutable suspense psychologique, les vérités se dévoilent une à une, de façon crue parfois, la narratrice ne s'épargnant pas dans cet exercice d'aller au fond des choses.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   08 novembre 2013
Solange attend les textos, la présence. Elle attend maladivement, comme l'héroïne de Passion simple d'Annie Ernaux, et reçoit peu. Cette fièvre, Darrieussecq nous la fait vivre, exaspérante, disproportionnée et fascinante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lhumanite   23 septembre 2013
On dirait que cette histoire d’amour impossible dans une nature digne du Douanier Rousseau offre un scénario tout près pour inscrire le cinéma dans le cinéma.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LeFigaro   13 septembre 2013
De bout en bout, l'histoire d'amour de Solange et Kouhouesso est âpre et prenante. C'est dépaysant, tout public, snob mais pas trop. Le Goncourt, on vous dit.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   22 août 2013
C'est son plus beau roman, le plus brûlant, le plus poignant. Avec des accents raciniens, proustiens, durassiens à la fois.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   22 juillet 2013
Marie Darrieussecq, ici, décrit moins le désir qu'elle n'en fait la matière même d'un roman qui interroge, le temps de l'enfantement d'un film, l'exotisme terrible des amours qui débutent. Une bête histoire d'amour au plus noble sens du terme, et du meilleur calibre.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   21 mai 2020
Elle reçut un texto, en plein repas : Commencez sans moi. Il avait signé K, lui qui ne signait jamais. Comme si l’ambiguïté avait été possible. K, comme si elle avait pu attendre un autre homme.
Elle buvait du matango jaune et mousseux, mangeait du tapé-tapé ; et ce caillou qu’elle avait dans la gorge, ce stupide nœud dans le ventre qui datait des jours d’attente à Los Angeles, se dissolvait un peu. Le soleil jetait des confettis à travers le toit de feuilles, et elle se voyait d’en haut, du ciel, des satellites, tout petit point parmi les autres points, ivre et un peu nauséeuse, dans ce bout de lagune avant le fleuve Noem, au bord de la grande forêt, au fond du golfe de Guinée. Exactement dans le creux de l’Afrique. Très loin du creux où elle était née, le golfe de Gascogne, l’angle droit familier, plus petit, plus cantou, qu’elle avait laissé dans son Sud-ouest à elle.
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Olivia-AOlivia-A   29 août 2013
Et il porte sur la mer un regard infini. D'un flic qui s'ennuie, d'un acteur qui pense. Hors de la là, hors du film. Un regard sur la mer et elle voudrait être la mer. Un regard sur les vagues et elle voudrait être les vagues. Elle voudrait être le vide, elle être l'ailleurs, elle voudrait être la chanson qu'il a dans la tête, et elle voudrait qu'il la chante, elle, qu'il dérive, oui, mais vers elle; elle voudrait être cette pensée évasive et déserteuse, cet en dehors du film.
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EnmargedesmotsEnmargedesmots   16 septembre 2013
L'attente recommençait, l'attente comme une maladie chronique. Une fièvre engluante, une torpeur. Et entre deux rencontres, deux réinfections, elle s'imprégnait lentement de ce paradoxe: elle attendait un homme qu'elle perdait de vue, un homme comme inventé. L'attente était la réalité; son attente à elle la preuve de sa vie à lui, comme si le corps de cet homme, quand elle le tenait dans ses bras, était de la texture du temps, et fatalement fugitif.
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fbalestasfbalestas   21 mai 2020
« Elle avait des visions de Kouhouesso ; des apparitions, des éclats. Il travaillait. Il réalisait. Moteur. Ça tourne. Coupez. Elle avait du mal à y croire, du mal à adhérer ; elle était sur un tournage sans jouer. Ne sachant que faire, de ses mains, de ses yeux, de son corps, de ses pensées. Quelque chose flottait, transpiration du monde. Ici à l’Équateur, à la ceinture de la Terre, c’était comme un zona qui faisait lentement comme de l’air qui fige. Tout vibrait dans les blocs de chaleur. Tout gouttait, une grande le tour, en passant par elle, Solange, sur sa chaise. Une maladie qui au terme de la boucle la détruirait. L’Insect Ecran n’y faisait rien : elle se grattait. Des cloques. Kouhouesso semblait insensible aux contingences, il était passé ailleurs, dans la fiction. De temps en temps elle croisait son regard, elle aurait aimé se lever, l’embrasser devant tout le monde, mais à la fin de la journée les pieds de la chaise avaient laissé, dans l’humus permanent, des trous fins et profonds comme ceux des crabe-araignées. »
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fbalestasfbalestas   21 mai 2020
On repartait. On escaladait des troncs tombés. On se donnait la main dans des rochers. M’Bali et Tumelo ressortaient les machettes pour des branches sur le sentier. C’était long. Il avait eu* des orages, on n’avait pas prévu de tronçonneuses. Free boy boudait en milieu de cortège. Plus tard, plus rien au-dessus de la tête qu’un ciel laiteux éblouissant. Le sol s’asséchait, on marchait mieux. On avait le sentiment d’avoir enfin le dessus. La forêt étalée, dominée. Quasi cultivée, la forêt. On voyait les arbres de haut, la fameuse canopée, ce moutonnement de brocoli géant percé de tiges, sommets d’artichauts et crêtes de persil. On retrouvait, dans le vide de sa tête, un bout de moi à réenfiler comme un vieux chapeau.
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Videos de Marie Darrieussecq (78) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Darrieussecq
De quelques gorilles - Parc national des Volcans - Rwanda - Marie Darrieussecq avec les gorilles des montagnes de l'Isabukuru group, à 3200 mètres d'altitude sur les pentes du volcan Visoke en 7 mai 2016 - montagnes du Virunga Rwanda : Karisimbi, Visoke, Muhabura, Gahinga et Sabyinyo.
Isabukuru - SIlverbvack - en compagnie de Moïse.
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