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ISBN : 2070364593
Éditeur : Gallimard (05/10/1973)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 103 notes)
Résumé :
Je ne puis plus aimer une femme. Je vais partir. Torrents de larmes, sanglots, spasmes, râles, agonie, mort, autre veillée funèbre. Femmes mortes. Dora, au loin, qu'étaient ses jours et ses nuits ? Assez. Femmes mortes. Il était mort aux femmes. Il attendit une heure. Le sanglot de Berthe ne finissait pas. Il se raidissait pour ne rien dire. Pas un mot. Il regardait autour de lui ce charmant décor, mort comme celui de sa chambre avec Pauline.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
MicheleP
  22 janvier 2014
Gilles
Rebatet, Brasillach, Drieu la Rochelle… On m'avait dit : « Lis les écrivains maudits, tu ne peux pas faire ainsi l'impasse. » J'ai commencé par Drieu, « Gilles ». Et je n'ai pas pu finir. Et il ne s'agit pas de ses choix, peu visibles, d'ailleurs dans les 150 pages que j'ai lues. Mais qu'avaient-ils ces mecs des années trente, qu'avaient ils, pour entretenir cette vision si méprisante, si pitoyable de la femme et de l'amour. Drieu, Cohen, Montherlant, même misogynie, même combat : des personnages masculins insignifiants (car, ne me dites pas, Solal, c'est quoi ? Un vague diplomate incrusté dans le système…) mais pétris de leur importance, et qui ne peuvent la percevoir, cette importances, qu'en manipulant des femmes jusqu'à ce qu'elles soient éperdues d'amour pour leurs petites personnes et qu'ils puissent les sentir souffrir. Gilles est de ceux là, et le plus prétentiard, le plus insignifiant peut-être. Moi, j'ai vite eu envie de le laisser à ses petits jeux. Mais, me dit-on, c'est une peinture lucide et franche. Peut-être, mais sans recul, sans la moindre note d'humour. Ajouter à cela une évocation des salons et du monde où le malheureux Drieu se prend pour Proust, - se prend, mais n'est malheureusement pas : quelle platitude ! Chez Cohen, au moins, la caricature sociale est fulgurante. « Ah, mais c'est bien écrit. » Oui, au début, j'avais bien souligné quelques phrases, mais franchement, ça ne tient pas la distance. Alors, si vous aimez voir souffrir de femmes, allez plutôt à l'opéra, comme dirait Catherine Clément.
Et pardon, l'écrivain maudit. J'aurais bien voulu ne pas t'enfoncer, mais il aurait fallu y mettre un peu du tien.
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ThierryA
  01 mai 2017
Un pavé de presque 700 pages formidable. C'est l'histoire d'un jeune soldat, réformé en 1917 suite à une blessure, qui se retrouve à Paris sans le sou. Il se met à fréquenter une jeune fille « juive », Myriam, qui est séduite par le charme du jeune homme, mais lui ne l'aime pas et ne la trouve pas jolie. Néanmoins il décide de l'utiliser pour servir son avenir car elle est riche. Gilles, cynique et salaud, fréquente plusieurs femmes et des fille, comme il dit, mais s'engage avec Myriam, qu'il méprise, car grâce à elle il peut vivre comme un dandy. Il essaye de lui avouer son aversion pour elle mais il a du mal à y parvenir et il souhaite même retourner à la guerre y être tué car il trouve cela plus convenable. Il finit par s'éprendre d'une infirmière, Alice, qu'il laissera tomber également, son égoïsme l'étouffant « Il voulait bien que les femmes lui enseignassent la vie, mais non pas qu'elles décidassent sa vie ».
Dans la deuxième partie du roman, Gilles rencontre son « grand amour », Dora une Américaine mariée, avec laquelle il entretient une relation un peu compliquée due à ses sentiments mitigés ;
D'abords « Quand Gilles avait rencontré Dora, il avait eu une première sensation très nette. Ils s'étaient trouvés nez à nez à Biarritz, dans un ascenseur, et il s'était dit : Voilà une femme qui a envie des hommes, une envie bien directe. Il s'était dit encore : Quelles putains, ces américaines ».
Puis « C'est alors que dans le lit Gilles avait été soudain envahi par un immense émoi […] C'était soudain la beauté de ce corps qu'il découvrait […] Et cette beauté s'offrait dans la nudité terrible que lui donnait ce véritable aveu de femme qui échappait à Dora dans tout son silence : je suis seule, vide, j'ai besoin de toi, remplis-moi. Alors, sa solitude a lui avait aussi crié et il avait vu qu'un espoir veillait toujours dans son coeur. »
Finalement Dora semble lui jouer le même tour qu'il a joué à Myriam. On le voit souffrir et se poser de multiples questions sur sa condition et son existence ; « Dora n'avait pas voulu de lui parce qu'il était infiniment peu aimable. Comme elle avait raison de rejeter une âme si petite et si grelottante au milieu des espaces vides que faisait son absence de force. Comme elle avait raison de fouler aux pieds un coeur si chétif ».
Dans cette partie du roman on vit aussi un mini thriller, car les « amis » de Gilles fomentent un complot contre l'Élysée !
Dans la troisième partie, Gilles fonde une revue politico-littéraire, l'Apocalypse, dans laquelle il continue de faire un procès au système politique de l'époque où il mène ces critiques contre les Radicaux et les Communistes et, d'une manière plus générale, à ce qu'on appelle aujourd'hui, la gauche caviar « La réunion se tenait dans le charmant appartement de Clérences et ce n'était pas déjà peu comique de voir, dans ce décor d'une austérité raffinée, réunis tant de malotrus du prolétariat et de la gauche […] Il y avait là des intellectuels qui étaient entrés niaisement avec leur libéralisme dans le communisme et se retrouvaient, l'ayant fui, dans un anarchisme difficile à avouer tans de lustres après la mort de l'anarchie ». Il prêche aussi une vraie révolution face aux radicaux, il veut faire de la politique par les actes et par le combat, qui soit au-delà des clivages droite-gauche et des partis.
Il s'interroge également sur le fascisme « le fascisme n'avait-il pas été fait dans une pareille inconscience par des gens de gauche qui réinventaient ingénument les valeurs d'autorité, de discipline et de force ? », face à une France que Gilles juge lâche, inerte, sans ambition.
Dans le même temps il rencontre une femme avec laquelle il parvient enfin à trouver un certain équilibre, Pauline, qu'il épouse et qui tombe enceinte, mais là encore le malheur va frapper « L'opération avait réussi. On avait retiré, avec l'enfant, cette pleine promesse de vie, un énorme germe de mort. Mais la mort n'avait pas été déracinée ». La situation évolue encore quand il rencontre une autre femme, Berthe « Quand il avait rencontré Berthe Santon, il avait eu la brusque et amère certitude qu'il n'aimait plus Pauline. La magie du sacrement avait dépéri. » Berthe est une catin asservie à l'argent et qui perturbe Gilles car cela n'est pas sans lui remémorer le passé avec Dora : désir du corps et lien d'argent ; il parle même de punition alors qu'il pensait avoir dépassé ce stade. Pendant qu'il fréquente Berthe, sa femme Pauline, qu'il dit encore aimé, se meurt dans la souffrance. Pour Gilles « La France mourait pendant que Pauline mourait » et Gilles quitte Berthe.
L'épilogue, lui aussi, est décrit sous forme de mini thriller qui se passe en Espagne pendant la guerre d'Espagne. Gilles est aux côtés des fascistes et prône la conciliation entre L'Église et le fascisme pour faire l'unité en Europe et créer un patriotisme contre l'invasion de l'Europe par les Russes. Dans la séquence finale, qui se passe sur le front lors d'une attaque des « rouges » contre les franquistes, Gilles, qui est là en tant que journaliste Français, est coincé sous les obus et les mortiers. Il se sent revivre car il n'a pas peur de mourir et prend une arme pour défendre sa position, car « Rien ne se fait que dans le sang. Il faut sans cesse mourir pour sans cesse renaitre. le Christ des cathédrales, le grand dieu blanc et viril. Un roi, fils de roi ».
En résumé ce roman est un monument ! Roman à plusieurs tiroirs, foisonnant et puissant, à l'écriture érudite, comportant plusieurs niveaux de lecture qui démontre la capacité intellectuelle de l'auteur. On n'écrit plus comme ça aujourd'hui et la lecture demande un petit effort pour apprécier la quintessence de ce roman.
Mon « résumé » n'étant certainement pas à la hauteur de ce chef d'oeuvre, je vous conseillerais donc de le lire ! (désolé pour la longueur)
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Herve-Lionel
  03 avril 2014

N°556 – Mars 2012
GILLESPierre Drieu La Rochelle* (1939) – Gallimard.
Gilles Gambier, le personnage principal de ce roman, a combattu pendant la Première Guerre mondiale et a été blessé. Désargenté, il tombe amoureux de Myriam Falkenberg, femme riche qu'il séduit, épouse mais qu'il quitte dès que la mort de son père fait d'elle une héritière plus riche encore. le héros rejoint l'armée, vit une passade avec une infirmière qu'il quitte également, devient, à la fin des hostilités, une sorte de dandy profiteur, entraîné un peu malgré lui dans un complot politique. Il se retrouve en Algérie après une brève aventure avec Dora, une américaine qu'il aimait sincèrement mais qui le quitte, s'amourache de Pauline, une jeune fille simple. Plus ou moins écoeuré par la vie, il rentre à Paris, fonde un journal fasciste et part s'engager en Espagne au côté des franquistes.
Voilà résumé en peu de mots ce roman dont l'auteur, auparavant tenu pour une sorte de dandy, voulait se faire reconnaître comme un authentique écrivain. C'est que ce Gilles Gambier ressemble beaucoup à Drieu, élégant, cynique, séducteur, tenté par l'écriture aussi . Il ne s'arrête cependant pas à l'autocritique puisque ce roman, dont le titre original devait être « Pamphlet contre moi et mes amis », égratigne également Aragon, André Breton et le groupe des Surréalistes auquel il a été un moment lié mais avec lequel il se brouillera. Ce récit se veut le dénonciateur de la décadence de la France de l'entre-deux guerres, de la politique du moment, mais pas seulement.
Alors, chantre du fascisme ? Peut-être et même sûrement mais ce qui a fait de lui un écrivain rejeté par ses contemporains à cause de ses choix politiques tient sans doute au fait qu'il a été le reflet de son époque. C'est souvent le destin des écrivains talentueux sur le plan littéraire, que d'être le miroir de leur temps et à ce titre d'en incarner les lâchetés et les compromissions. L'image peu flatteuse qu'ils en donnent font d'eux des boucs émissaires tout désignés.
Drieu était par ailleurs un personnage complexe, hanté par sa propre mort (il se suicidera probablement pour éviter d'être fusillé mais n'en était cependant pas à sa première tentative. le père de Myriam Falkenberg se suicide au début du roman et Paul Morel, un autre personnage de ce roman, fait de même) parce que sa désespérance était trop forte. C'est une sorte d'antidote au mal de vivre de celui qui ne trouve pas sa place dans la société. Dans ce roman, l'ambiance même du récit trahit une sorte de mal-être d'un homme égaré, perdu [« Vivre c'est d'abord se compromettre » dit-il.] Il était certes un idéaliste, dénonçant le déclin de la bourgeoisie et de la société, mais il était assurément un homme que la Première Guerre mondiale avait définitivement déstabilisé et que les événements qu'il traversait avaient du mal à satisfaire. Il variera beaucoup dans le choix de ses modèles. Séducteur, il est bien sûr attiré par les femmes à qui il plaît mais elles ne semblent pas à la hauteur des aspirations amoureuses de ce dandy libertin qui sait qu'elles ne l'aiment pas pour lui-même. Il représente pour elles la jouissance mais lui regarde parfois la femme comme l'objet de la conquête mais aussi un remède contre la solitude [« Vous, vous souhaitez la femme des autres, mais si elle était à vous ... » fait-il dire à un de se personnages s'adressant à Gilles]. Elles sont aussi liées à l'argent qui est un symbole de pouvoir, d'indépendance, comme Myriam dans ce roman. Les femmes et l'argent sont un thème central de son oeuvre comme dans sa vie.
Avant la deuxième guerre il est ouvertement en faveur des juifs. Sa première femme, Colette Jéramec, est juive mais, après un voyage en Allemagne, dans les années 30, il revient convaincu par le régime nazi, à ses yeux, remède contre la décadence de la société moderne. C'est à cette époque qu'il écrit « Gilles » qui est probablement le roman le plus représentatif de son oeuvre. Sous l'occupation, il soutient la collaboration avec l'Allemagne et prône la haine des juifs ce qui fit de lui un écrivain maudit. Pourtant il parvint, après son divorce, à libérer sa première femme du camp de Drancy où elle était incarcérée avec son frère et son enfant d'un précédent mariage. Cela ne l'empêche pas, revenu apparemment de ses illusions, de faire l'éloge en privé du stalinisme, de se lier à André Malraux mais de refuser l'aide de ce dernier à la Libération, préférant la mort.
Drieu était un être tourmenté, tiraillé par ses propres contradictions et ses aspirations idéalistes et politiques. Je n'adhère guère à l'idéologie politique de Drieu et je distingue l'homme de plume et ses choix idéologiques, mais son style me semble être tout à fait intéressant. Je choisis de voir en lui un serviteur de notre belle langue française et de déplorer qu'il fut si longtemps oublié. Il est peut-être bizarrement actuel pour nous qui sommes également perdus dans une société qui a abandonné ses repères traditionnels, dans une démocratie empêtrée dans ses contradictions qui prend davantage en compte l'aspect financier que la réalité humaine et tient en permanence un double langage. Au moment où il nous est fait l'éloge de la réussite, il est l'image de l'homme avec ses fêlures, ses interrogations, son attirance vers la mort, sa fascination du suicide face à l'échec ...
Si mes informations sont exactes, il semble que La Pléiade répare cet oubli par la publication, en avril 2012, de l'ensemble de son oeuvre. Ainsi Drieu reprendra-t-il sa place dans la littérature française, celle d'un grand écrivain malencontreusement et injustement délaissé.
*Pierre Drieu La Rochelle [1893-1945]


© Hervé GAUTIER - Mars 2012.
http://hervegautier.e-monsite.com 
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stcyr04
  10 décembre 2014
Paris, Hiver 1917. Un soldat du front, sans famille, laissé en permission anticipée, à cause de l'hécatombe humaine, plonge, sans transition, de l'ascétisme raisonné et accepté du front, dans la vie de Paris, la vie des femmes, des planqués, la vie hystérique et artificielle de l'arrière. Gilles est plutôt nigaud et ingénu, un peu falot, aimant se faire dorloter, tout en étant cynique et conformiste par certains côtés; c'est un être taraudé par le désir et la convoitise.
Le ton, froid, cassant, sans concession, aggravé par les épisodes de monologue intérieur du parvenu qu'est Gilles, permette à Drieu la Rochelle d'illustrer la décadence absolue et irréversible d'une société entretenue par le cynisme d'une vie sans perspective, ni rêve, où l'amour est un jeu de dupe et où la recherche du plaisir effrénée tâche de maquiller l'absurde et l'horrible de la guerre. C'est une mise à nu des bassesses humaines, de la stupide vanité des êtres... Gilles est un personnage complexe, terriblement humain dans ses contradictions et ses inconséquences. Ses tentatives de franchise pure sont contrecarrées par l'aptitude qu'ont ses interlocuteurs à préférer vivre dans les illusions qui les bercent et les rassurent; son attitude semble lui être dictée comme s'imposant à lui du dehors. Roman de formation et roman à clef, Gilles est d'un abord plutôt difficile par son style et son contenu. le personnage évolue; l'on suit ses atermoiements incessants en terme de relation féminine et de formation politique. Dans une sorte de solde de tout compte avec des amitiés périmées, Drieu charge les Surréalistes (le groupe Révolte du livre), présentés comme un ramassis de destructeurs par désespoir, de révolutionnaires aux petits pieds, épateurs de bourgeois, démagogues incurables, véritables ferments de décadence. Breton (Caël) en gourou de secte maniaque et fumeux, et surtout Aragon (Galant) en être arrogant, envieux, cynique, mesquin, lâche, manipulateur à la solde de la police, ont dû apprécier... le gouvernement radical, sa politique tiède et permissive font aussi les frais de la prose pamphlétaire de l'auteur. le livre s'achève dans les troubles politiques du 6 février 1934 et sur la guerre civile espagnole, annonciateurs des bouleversements planétaires à venir, et sur une dernière pensée, nietzchéenne, de l'éternel retour. Paru en 1939, ce roman prend une dimension singulière au vue des événements qui allaient déferler; il est intéressant pour la compréhension du climat de la France d'après guerre, et des forces et idéologies en présences avant la seconde déflagration mondiale. A lire comme le pendant d'Aurélien d'Aragon.
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EricP
  12 juillet 2014
Il est écrit sur la 4e de couverture "un des romans importants du siècle".
J'ai tenu 230 pages, tentant vainement d'attraper un fil conducteur qui pourrait susciter mon intérêt. En vain...
Ce roman qui, je le conçois, a pu être un best seller à son époque, a horriblement mal vieilli.
J'apprécie la littérature française des années 1930, mais là je capitule, c'est imbuvable.
Non pas parce que l'auteur est Drieu la Rochelle, et cela suffirait, non.
Pas de souffle, ou plutôt de suite, une nonchalance voire un mépris qui suinte envers l'époque, les femmes aussi.
Malgré tous mes efforts il m'a sauté des mains.
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
montesquioumontesquiou   20 septembre 2014
Vous me faites rire avec vos critiques portant soit sur le style ancien ou lourd des écrivains d' antan , soit sur le côté macho facho irrrespectueux etc... mon message sera très court : Qe cherchez-vous en litterature ? Qu' avez-vous à proposer dans le cloaque littéraire indigent et prétentieux des écrivaillons d' aujourd' hui ? Franchement dans cette première moitié du xxè siecle , les gens savaient écrire . C' était parfois un peu long , certes , mais tout de même , ça voulait dire quelque chose !la lecture demande un minimum d' efforts . Passer au-delà même de ce qu' on aime .. Une oeuvre d' art ne plait pas forcement à tout le monde ! Vous n' avez tien compris au personnage de Gilles . C' est un dandy , un décadent , un disciple de Baudelaire , Montesquiou ou Barbey d' Aurevilly ... Donc , pas forcement sympathique . Si vous n' avez pas su voir celà vous êtes passés à coté ! alors les grandes phrases bien pensantes , les mots "dans l' air du temps " , tout celà n' a rien à voir avec la litterature . Ou alors lisez des romans de gare ! Marc Levy ou Mussot , tiens ... au hasard !
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stcyr04stcyr04   04 décembre 2014
Il se secoua. Dans son for intérieur, il était en train de jouer la comédie que d’autres étalent dans les enterrements avec des gants noirs, en disant : “ Je l’ai beaucoup connu. C’était un homme qui…” Comédie somme toute sincère, car les vivants, en regrettant les morts, en regrettant de n’avoir pas aidé les ex-vivants à vivre, regrettent ainsi de n’avoir pas vécu eux-mêmes davantage, en se donnant plus. Ah! il faut mettre de la profondeur dans chaque minute, chaque seconde; sans quoi, tout est raté pour l’éternité.
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enkidu_enkidu_   19 octobre 2017
Il se demandait si les fins de l’homme sont des fins sociales. Ou plutôt il rêvait d’une société qui laisserait beaucoup de liberté à l’homme ; non pas de cette liberté dont on parle tant dans les villes et qui est un attrape-nigaud, la liberté de faire du bruit ; non, une autre liberté, celle dont il jouissait en ce moment et qui était la liberté de se taire et de contempler. Il rêvait d’une société où la production et la jouissance des biens matériels seraient limitées à un prolétariat gras, cossu, bourgeois ; et pour une classe d’exception, pour une sorte de noblesse, la générosité de l’homme serait reportée dans la contemplation. Il ne s’agissait point là de l’inertie des « intellectuels » du siècle dernier affalés dans leur bibliothèque, dominés par leur faiblesse corporelle, livrés par leur incapacité politique à la dictature de la foule ivre de besoins et de satisfactions médiocres, noyés dans le flot montant de la laideur des objets, des vêtements, des maisons, et alors se confinant dans une rêvasserie subjective de plus en plus mal nourrie et maigre.

Il pensait, après le Platon des Lois, que la contemplation ne peut être pleine et créative qu’appuyée sur des gestes et sur des actes qui engagent toute la société. Il n’est de pensée que dans la beauté et il n’est de beauté que par le concours de toute la société ramenée à la sainte loi de la mesure et de l’équilibre. Restriction des besoins pour l’élite, équilibre des forces matérielles d’une part, corporelles et spirituelles de l’autre. Ascétisme du religieux, mais aussi de l’athlète et du guerrier.

Telles avaient été la Grèce, l’Europe du Moyen-Âge.

L’Islam autour de lui, même avarié par la colonisation, lui rappelait l’éternelle règle d’or, en bonne partie restituée par Maurras en ces temps-ci.

Presque nu, mangeant peu, buvant moins, silencieux, marchant au soleil ou assis dans une ombre chaste et il était d’accord avec ces officiers sahariens qui croyaient plus dans la maigre maxime des vaincus du désert que dans le gras propos triomphant à Paris. Il rêvait que la civilisation d’Europe enfin s’arrêtât comme s’était autrefois arrêtées les civilisations d’Asie et que dans le silence enfin recouvré on n’entendît plus que le son d’une note de musique ou le heurt de deux sabres dans quelque duel absurde ou le bruit très discret du paraphe du poète. Assez de progrès. Il n’attendait rien que la paresse. (pp. 502-504)
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stcyr04stcyr04   03 décembre 2014
C’était la première fois que Gilles se trouvait devant une femme, à l’un de ces moments où elle n’est jamais si sincère qu’en mentant. Cette sincérité féminine qui nie les faits passés est incompréhensible à l’homme qui en bénéficie. La femme est une grande, une puissante réaliste; elle croit aux faits, elle est entièrement dans les faits, les faits actuels. Le passé pour elle peut être fort, impérieux, écrasant, mais jusqu’au moment où le présent requiert un plus grand amour; alors le passé est soudain aboli.
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stcyr04stcyr04   07 décembre 2014
Il fallait accepter la solitude, c’était la réalité même de sa souffrance; la solitude prenait des proportions fantastiques, c’était décidément sa destiné. “ C’est un don inestimable qui m’est fait, prononçait-il avec une gravité dérisoire, que de connaître le sort humain dans toute sa nudité. Les solitaires sont riches de tout l’aveu de la véritable situation humaine”.
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Videos de Pierre Drieu La Rochelle (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Drieu La Rochelle
Oslo, 31 août est un film (2011) dramatique norvégien co-écrit et réalisé par Joachim Trier d'après Le Feu follet de Pierre Drieu La Rochelle.
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