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ISBN : 2743637552
Éditeur : Payot et Rivages (24/08/2016)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 249 notes)
Résumé :
Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (98) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
21 septembre 2016
Oeuvre de science fiction pour ceux qui n'aiment pas la science fiction (et les autres). Et c'est tellement vraisemblable que c'en est flippant.
Les pandémies constituent un thème récurrent des romans post apocalyptique et ça nous parle : les scénarios imaginés par nos ministères de la santé lors de la menace de grippe aviaire qui nous avait fait regarder d'un oeil suspicieux tout cygne sauvage pris à survoler nos poulaillers, faisaient froid dans le dos. Tant qu'il y aura du kérosène , il y aura des migrations intercontinentales qui favoriseront ce risque potentiel de contamination et il suffit d'un virus un peu plus hargneux que la moyenne pour que le drame potentiel devienne réalité .
Nous sommes conviés à une dramatique interprétation du roi Lear (l'acteur qui incarne le roi meurt sur scène) lorsque les premiers cas de grippe foudroyante commencent à faire parler d'eux dans les médias. Tout va alors très vite et l'humanité se réduit rapidement à une poignée d'individus naturellement protégés ou ayant eu la chance de ne pas être exposés.
Les instants de survie les plus primaires régissent les comportements et si l'on attaque pas il faut se défendre. C'est l'occasion de prendre conscience de la fragilité de ce qui fait notre confort : l'éclairage, le chauffage, la conservation de la nourriture disponible en quantité (en ce qui concerne notre monde occidentale) sans parler des innombrables gadgets qu'on nous a vendu comme incontournables.
La Symphonie Itinérante parcourt les décombres de la civilisation décimée en déclamant Shakespeare parce que l'art constitue l'espoir et l'espoir est nécessaire quand on a tout perdu. Rien à voir avec des super héros :
« Et tous ces gens, avec leur collection de petites jalousies, de névroses, de syndromes post-traumatiques non diagnostiqués et de rancoeurs brûlantes, vivaient ensemble voyageaient ensemble, répétaient ensemble, jouaient ensemble trois cent soixante-cinq jours par an, compagnie permanente, en tournée permanente »
Le fil rouge du roman, le lien avec le temps d'avant la pandémie dans cette histoire où les prophètes surgissent du terreau de la détresse humaine, tourne autour du manuscrit d'un roman graphique né de l'imagination de la compagne du célèbre acteur disparu à la veille de l'épidémie.
C'est encore un fois très angoissant parce que terriblement plausible. Et Bruce Willis n'est pas là pour empêcher quoi que ce soit. La terrible réalité est là, du jour au lendemain, l'humanité fait une bond en arrière de quelques dizaine de milliers d'année, et le désarroi des survivants est à la mesure d'un paradis perdu dont ils n'avaient pas conscience.
C'est très bien écrit et mon seul regret tient à ce que je m'attendais à y trouver beaucoup plus de Shakespeare, qui n'est là que virtuellement. A peine quelques tirades viennent ponctuer le récit.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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palamede
11 août 2016
Kirsten, une très jeune figurante, assiste, lors d'une représentation du roi Lear, à la mort de l'acteur Arthur Leander sur la scène d'un théâtre de Toronto. Peu après, une pandémie extermine une grande partie de l'humanité. On retrouve la jeune femme, vingt ans plus tard, avec des comédiens et des musiciens qui circulent autour du lac Michigan. Les plus âgés se souviennent du monde perdu qu'ils tentent d'expliquer aux plus jeunes. Mais le nouveau monde est hostile, la troupe privée de tout confort doit aussi se protéger des agressions et « parce que survivre ne suffit pas » : elle joue des œuvres de Shakespeare et Beethoven.
Dans ce récit post-apocalyptique, où l'on fait de nombreux allers retours entre le passé et le présent, Emily St. John Mandel a choisi l'acteur disparu comme fil conducteur qui relie tous ses personnages. Avec eux, elle nous entraîne dans un monde dévasté et violent, mais qui n'est pas sans espoir, car il en existe encore quelques-uns pour croire en l'immortelle beauté de l'art.
Merci à Babelio et aux Editions Rivages pour ce roman ingénieux et pénétrant.
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tynn
28 octobre 2016
Avant, il y avait l'électricité, l'aviation, Internet, la musique et Shakespeare...
Après le Chaos, il reste les souvenirs, la musique et Shakespeare...
Voici de la science-fiction mélancolique comme j'ai eu peu souvent le plaisir d'en lire, débarrassée de tout artifice de thriller post apocalypse.
Une pandémie de grippe fulgurante anéantit 99% de la population mondiale: en quelques jours, la société telle que nous la connaissons disparaît, laissant des individus perdus sans le tout-technologique.
Peu à peu, l'image d'un nouveau monde plausible se dessine en miroir de la civilisation disparue: des rescapés en petites communautés, capables du pire en violences et faux prophètes, mais aussi du meilleur par l'entraide, l'empathie, le désir de transmettre. Au-delà du sens pratique pour résister, c'est une réflexion sur le deuil, la capacité de résilience et le refus d'abdiquer sa part d'humanité pour la barbarie.
Avec une belle profondeur émotionnelle, des images fortes* et une construction narrative intelligente qui brouille les pièces du puzzle, Emily St John Mandel nous fait mourir, renaître et survivre avec ses personnages, établissant des liens entre eux, entre l'avant et l'après.
Et s'il reste un message fort, c'est de nous faire ouvrir les yeux sur notre société de privilégiés, sur la beauté de la nature (qui reprend ses droits), le confort fragile de notre civilisation qui paraît si évident, et l'importance de l'art, de l'amitié et de l'amour.
"Parce que survivre est insuffisant"
* ... qui resteront comme une carcasse d'avion, vigie mausolée au bout d'un tarmac.
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babel95
21 août 2016
Je remercie Babelio et les éditions Payot-Rivages de m'avoir donné la possibilité de lire Station Eleven d'Emily St. John Mandel, et d'en faire la critique.
Ce soir-là, à l'Elgin Theater de Toronto, Arthur Leander qui interprète le Roi Lear s'effondre sur scène victime d'une crise cardiaque. Malgré tous les efforts d'un secouriste présent dans la salle, Jeevan, il ne sera pas possible de le ranimer. Jeevan prend le temps de réconforter une fillette, qui fait partie de la troupe d'acteurs et a assisté à la mort d'Arthur. En rentrant chez lui, apprend par un ami médecin qu'une mystérieuse épidémie de grippe de Géorgie a éclaté et se développe à Toronto. C'est le début de la pandémie, qui entraîne dans son sillage l'effondrement progressif de la civilisation.
Vingt ans plus tard, Kirsten Raymonde, la petite fille de l'Elgin Theater de Toronto, fait partie d'une troupe d'acteurs et de musiciens appelée la « Symphonie itinérante», qui se produit dans la région des Grands Lacs, interprétant des pièces de Shakespeare et jouant du Beethoven.
Station Eleven nous dépeint l'histoire d'une poignée de survivants, hommes et femmes qui ont tous connu Arthur Leander. Kirsten, la petite fille du théâtre, Clark Thompson, un britannique qui vit à New-York, ami de Leander qui prend un vol pour Toronto pour assister aux obsèques de l'acteur et qui va se retrouver bloqué avec d'autres passagers dans un aéroport du Michigan, à Severn City avec lesquels il va devoir réapprendre à vivre.
J'ai beaucoup aimé ce roman de science-fiction, la manière originale avec la quelle Emily St. John Mandel a construit une histoire complexe, dans laquelle elle mêle les destins de personnages au demeurant ordinaires, qui font preuve d'un courage et d'une humanité exceptionnels. Dans un environnement totalement dégradé, ils gardent espoir et veillent à préserver l'art et la culture ; Clark invente un "Musée de la Civilisation, dans lequel il garde tous les objets du passé devenus inutiles : Iphones, tablettes, cartes de crédit, chaussures à talon haut et prend plaisir à expliquer à tous ceux qui ne les ont pas connus le fonctionnement de ces objets dépassés.... Kirsten et la troupe de la Symphonie itinérante, parviennent à distraire et instruire les survivants.... Leur tâche est immense et d'une grande importance pour la survie "mentale" des hommes et des femmes "post-apocalypse". Cette approche humaniste et fraternelle s'oppose à celle de personnages sombres comme le Prophète qui s'érigent en maîtres et font régner la terreur.
J'ai beaucoup apprécié l'écriture simple, très poétique de ce roman, et les images fortes de fin du monde que l'auteur a su évoquer. L'idée de faire relier les héros de l'histoire par la connaissance d'un homme, l'acteur, et par une bande dessinée, Station Eleven, m'a paru originale - comme si cette bande dessinée d'anticipation reflétait à sa manière le destin de tous ces hommes brusquement plongés dans un futur qui les dépasse.
Un roman original porté par une écriture travaillée... des thèmes qui ne nous laissent pas indifférents. Station Eleven et ses héros n'ont pas fini de nous interpeller.

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nadiouchka
13 décembre 2016
Emily St. John Mandel, écrivaine canadienne, a fait paraître en France, en 2016, son quatrième roman STATION ELEVEN.
S'il y a eu de nombreux autres livres (ou films) traitant de pandémies, d'apocalypse, de fin du monde, celui-ci tire son originalité du fait que le fil conducteur est le théâtre, avec la dernière représentation de Arthur Leander, du Roi Lear de Shakespeare, à l'Elgin Theatre à Toronto : il s'écroule sur scène, terrassé par une crise cardiaque.
Cela se passe juste avant la catastrophe : l'épidémie de grippe de Géorgie qui va décimer de façon foudroyante la plupart des habitants de la Terre. Seuls quelques uns survivront. Parmi ceux-ci, un groupe, surnommé La Symphonie Itinérante, qui parcourt le monde (où plus rien n'existe - c'est la chaos), pour continuer à jouer principalement du Shakespeare.
On aurait pu penser que ce serait un livre de science fiction de plus mais le fait de traiter cette histoire au moyen du théâtre, en nous faisant suivre les quelques personnages qui n'ont plus que des souvenirs lointains, concernant tout ce qui faisait partie de leur quotidien et de leur confort : électricité, internet, moyens de transport, alimentation facile à trouver…, et qui n'existe plus, est particulier.
Ces quelques rares survivants vont devoir apprendre à se débrouiller avec ce qui leur tombe sous la main – c'est une question de survie et ils devront se méfier de certains individus conduits par le Prophète….
On a beaucoup parlé de ce roman à sa sortie et on ne peut que se laisser entraîner à la suite de la Symphonie qui espère toujours rencontrer d'autres survivants. Cet espoir les motive et les pousse à toujours aller de l'avant.
Leur but, également, est d'arriver au Musée de la Civilisation, situé dans un aéroport, Severn City, et constitué d'objets aussi multiples que variés : Iphone, ordinateur, carte bleue, témoignages du monde disparu.
C'est un roman palpitant et l'imagination d'Emily St. John Mandel est époustouflante.
De plus, on y apprend qu'à l'origine, le nom de Station Eleven était celui d'une bande dessinée parlant d'une planète (mais ce n'est pas tout).
L'écrivaine mêle présent et passé, et le fait de voir cette petite troupe d'acteurs ainsi que de musiciens, avec cette volonté farouche de s'en sortir est très forte. On partage leur détresse mais aussi leurs petites joies. Il se dégage également une sorte de mélancolie dans les dialogues.
On ne peut pas, évidemment, raconter tout ce qui se passe dans ces 475 pages car il faut laisser le futur lecteur découvrir les nombreux événements qui jalonnent l'histoire.
C'est vraiment un livre catastrophe où l'émotion est toujours présente.
De plus, cet ouvrage post-apocalyptique a imposé l'écrivaine comme l'une des plus importantes romancières d'Amérique du Nord.
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Les critiques presse (8)
LeFigaro22 septembre 2016
L'auteure canadienne a imaginé un monde fantôme, cauchemardesque, peuplé de silhouettes vacillantes et de prédateurs illuminés.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama07 septembre 2016
Dans ce roman post-apocalyptique, la chute de l'humanité se fait tout en douceur. L'occasion d'un bel hymne à l'art, qui nous sauvera tous.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaPresse06 septembre 2016
Station Eleven nous déroute, nous happe, puis laisse sa trace bien après la quatrième de couverture refermée
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec29 août 2016
Station Eleven est un excellent roman.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse24 août 2016
Une oeuvre littéraire qui, vaste et ambitieuse, parvient à ne jamais perdre le coeur de vue. Et qui, puisant à plusieurs sources, étonne et rafraîchit.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir23 août 2016
L’art comme mécanisme de survie. C’est peut-être ce qui subsiste de plus fort dans Station Eleven.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeJournaldeQuebec22 août 2016
L’un des romans les plus terrifiants et bouleversants de la rentrée.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Chatelaine04 août 2016
En dépit de la dévastation et de la violence, la douceur émerge au moindre signe de renouveau. Le climat est envoûtant.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Citations & extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
babel95babel9520 août 2016
Liste non exhaustive :
Plus de plongeons dans des piscines d'eau chlorée éclairées en vert par en dessous. Plus de matchs de base-ball disputés à la lumière des projecteurs. Plus de luminaires extérieurs, sur les vérandas, attirant les papillons de nuit les soirs d'été. Plus de trains filant à toute allure sous la surface des métropoles, mus par la puissance impressionnante du troisième rail. Plus de villes. Plus de films, sauf rarement, sauf avec un générateur noyant la moitié des dialogues - et encore, seulement les tout premiers temps, jusqu'à ce que le fuel pour les générateurs s'épuise, parce que l'essence pour voitures s'évente au bout de deux ou trois ans. Le carburant d'aviation dure plus longtemps, mais c'était difficile de s'en procurer.
Plus d'écrans qui brillent dans la semi-obscurité lorsque des spectateurs lèvent leurs portables au-dessus de la foule pour photographier des groupes en concert. Plus de scènes éclairées par des halogènes couleur bonbon, plus d'électro, de punk, de guitares électriques.
Plus de produits pharmaceutiques. Plus aucune garantie de survivre à une égratignure à la main, à une morsure de chien, à une coupure qu'on s'est faite au doigt en éminçant des légumes pour le dîner.
Plus de transports aériens. Plus de villes entrevues du ciel à travers les hublots, scintillement de lumières ; plus moyen d'imaginer, neuf mille mètres plus bas, les vies éclairées en cet instant par lesdites lumières. Plus d'avions....
Plus de pays, les frontières n'étant pas gardées....
Plus d'internet. Plus de réseaux sociaux, plus moyen de faire défiler sur l'écran les litanies de rêves, d'espoirs fiévreux, des photos de déjeuners, des appels à l'aide, des expressions de satisfaction, des mises à jour sur le statut des relations amoureuses grâce à des icônes en forme de cœur - brisé ou intact -, des projets de rendez-vous, des supplications, des plaintes, des désirs, des photos de bébés déguisés en ours ou en poivrons pour Halloween. Plus moyen de lire ni de commenter les récits de la vie d'autrui et de se sentir ainsi un peu moins seul chez soi. Plus d'avatars.
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AllantversAllantvers14 septembre 2016
- Je parle de ces gens qui se sont retrouvés dans une vie au lieu d'une autre et qui en sont infiniment déçus. Vous voyez ce que je veux dire? Ils ont fait ce qu'on attendait d'eux. ils voudraient faire autre chose, mais c'est devenu impossible avec les gosses, les hypothèques et tout le reste, ils sont pris au piège. C'est le cas de Dan.
- Donc, selon vous, il n'aime pas son job.
- Exact, mais à mon avis, il ne s'en rend même pas compte. J'imagine que vous rencontrez tout le temps des gens comme lui. Des somnambules de haut niveau, essentiellement.

Qu'est ce qui, dans cette affirmation, donna à Clark envie de pleurer?
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AllantversAllantvers11 septembre 2016
La civilisation, en l'An vingt, était un archipel de petites localités. Ces colonies avaient combattu les bêtes sauvages, enterré leurs voisins, vécu, péri et souffert ensemble pendant les années sanglantes qui avaient suivi le cataclysme, avaient survécu dans des conditions épouvantables, et ce seulement en se serrant les coudes dans les périodes d'accalmie : autant dire qu'elles ne se mettaient pas en quatre pour accueillir les étrangers.
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Charybde2Charybde206 septembre 2016
– Bon, j’adore mon job, et je ne dis pas ça parce que mon patron va lire mes commentaires – soit dit en passant, je suis persuadée qu’il n’aura aucun mal à identifier qui a dit quoi, anonymat ou pas. Mais bref, en regardant autour de moi, par moments, j’ai l’impression – ça va peut-être vous sembler bizarre -que le monde de l’entreprise est peuplé de fantômes. En fait, non, laissez-moi rectifier : mes parents sont dans le milieu universitaire, de sorte que j’ai été aux premières loges pour assister à ce spectacle d’horreur-là, et je sais que le milieu universitaire n’est pas une exception ; il serait donc peut-être plus juste de dire que l’âge adulte est peuplé de fantômes.
– Excusez-moi, mais je ne suis pas sûr de…
– Je parle de ces gens qui se sont retrouvés dans une vie au lieu d’une autre et qui en sont infiniment déçus. Vous voyez ce que je veux dire ? Ils ont fait ce qu’on attendait d’eux. Ils voudraient faire autre chose, mais c’est devenu impossible avec les gosses, les hypothèques et tout le reste, ils sont pris au piège. C’est le cas de Dan.
– Donc, selon vous, il n’aime pas son job.
– Exact, mais à mon avis, il ne s’en rend même pas compte. J’imagine que vous rencontrez tout le temps des gens comme lui. Des somnambules de haut niveau, essentiellement.
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cathulucathulu24 août 2016
Un acteur s'effondre sur scène en pleine représentation du Roi Lear, à Toronto. Le point de bascule vers un monde qui ne sera peut être plus jamais le même. En effet, une pandémie ravage le globe et, en très peu de temps, la civilisation s'effondre.
Récit post-apocalyptique, Station Eleven se concentre surtout sur la volonté d'une poignée d'hommes et de femmes de faire perdurer l'art et la culture, en jouant du Shakespeare ou du Beethoven. Cette compagnie itinérante, qui se déplace dans la région des Grands Lacs ,est ainsi à même de constater les changements qui s'opèrent au fil du temps. Si la violence est présente, elle n'est jamais centrale, l'auteure préférant souvent la suggérer et se pencher plutôt sur la manière dont certains s'autoproclament prophète , pour mieux abuser de la crédulité des autres.
C'est un sacré défi que s'est lancé Emily St John Mandel, choisissant d'entrelacer- de main de maître- les destins de différents personnages, sur des décennies ,sans jamais nous perdre en route. Le souvenir est en effet un thème qui court tout au long de ce roman, l'humanité se scindant en deux groupes: ceux qui se souviennent des objets et de la société d'avant et les autres. Faisant le lien entre les deux, comme un fil rouge tout au long du texte, cette BD qui donne son titre au roman et un musée,fabuleux ou réel.
Je n'attendais pas Emily St John Mandel dans ce type de texte et c'est sur la seule foi de son nom que j'ai lu ce roman qui m'a emballée. Étant une petite nature- je n'ai toujours pas ouvert La route- j'avançais avec précautions, les récits post-apocalyptiques faisant en général la part belle à la violence. Tel n'est pas le cas ici où se donnent surtout à lire des émotions, par le biais de personnages qui nous deviennent vite familiers, dont les préoccupations pourraient être les nôtres. Un grand coup de coeur !
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