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ISBN : 2374481263
Éditeur : Xo Editions (07/03/2019)

Note moyenne : 4.86/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Deux familles ordinaires à l’heure de la rentrée scolaire. Deux familles où chacun masque et tait les problèmes pour ne pas inquiéter les autres. Chez les Kessler, la mère a retrouvé son premier amour. Chez les Mariani, le père est mis à l’écart dans son entreprise.

Deux familles où règnent les secrets. (....)

Deux familles où, en apparence, tout va bien. Jusqu’à ce que tout déraille… Pour des raisons obscures.

Un roman s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Ladybird123
  19 février 2019
Si pour des raisons obscures, vous décidez d'ouvrir ce roman, soyez certains que vous n'en sortirez pas indemnes...
Amélie Antoine signe son sixième roman, un roman bouleversant, dérangeant et à vif. Ce roman est un brasier qui s'enflamme crescendo, vous voilà prévenus...
D'un côté, la famille Mariani, à la tête de cette famille de deux enfants, on retrouve Claire et Frédéric. Claire est confinée chez elle ou elle s'essaie à la couture tandis que son mari peine à trouver un sens à sa vie enlisé dans un travail en tant que directeur d'entreprise qui ne l'épanouit pas. Il frôle les murs tel un fantôme afin que personne dans ses collègue ne s'aperçoive de l'ennui qui le submerge. Il est proche du bore-out. Leurs enfants, Sarah et Clément. Sarah a 14 ans et se retrouve coincée dans des soucis de diabète. Complexée par son cathéter et ses injections, elle vit très mal ce souci de santé.
De l'autre côté, il y a la famille Kessler et à son bord, Laeticia et Yanis les parents, Marjorie, Orlane et Ezio les enfants. Laeticia est infirmière indépendante, Yanis responsable des transports en commun. La famille déménage dans le même quartier que la famille Mariani.
Tout ce petit monde aurait pu trouver son bonheur si pour des raisons obscures, l'un ou l'autre n'avait pas décidé de bifurquer sur une route dangereuse.
La première partie de ce brûlant roman s'attarde sur la psychologie des parents, tous enfoncés dans des non-dits, des choix indélicats, des mensonges. le silence et le manque de communication se montrent palpables dans cette première partie. On ressent tout le travail d'Amélie Antoine à donner corps à ces deux familles, on s'exaspère de leurs faiblesses, on les comprend, on les juge un peu aussi mais on les touche parce qu'ils nous touchent chacun à leurs façons. Ils pourraient être vous ou moi.
La seconde partie est d'une abomination qui me laisse bouche bée, consacrée au harcèlement scolaire. C'est insoutenable, écoeurant, parfaitement maîtrisé ici encore de la part de l'auteure. J'en reste sans voix tant ce roman m'a fait monter les larmes, serré le coeur aussi. Car ce n'est pas juste un roman, c'est l'histoire de bon nombre d'enfants piétinés car dans les griffes d'un tortionnaire en mal de reconnaissance, tiraillé par le besoin d'être le centre de l'attention.
Un roman qui m'a glacé le sang et qui trouve une parfaite maîtrise suite aux souffrances de l'auteure qui se dévoile à la fin de ce roman.
Le bonheur, la haine, la vie, la mort, tout cela tient finalement à peu de choses... « pour des raisons obscures restant à déterminer ».
Merci à NetGalley et aux éditions Xo pour la lecture de ce roman magistral. Merci à Amélie Antoine d'avoir si bien cerné la nature humaine et de nous proposer un roman à ne pas rater!
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Antyryia
  11 mars 2019

Chère Amélie,

Avec cette critique, vous rejoignez les trois auteurs que j'ai le plus souvent chroniqués depuis mon inscription sur Babelio : Christophe Siébert, Sandrine Collette et Thomas H. Cook.
Et de sept donc avec Raisons obscures, votre meilleur roman à ce jour à mon avis. Et pourtant qu'est-ce que j'avais aimé les précédents, en particulier Sans Elle et Au nom de quoi !
Des livres qui bouleversent, le quotidien qui vire au cauchemar, le tout analysé, disséqué avec une finesse et une intelligence uniques.
Mais la boule que j'avais dans le ventre à la lecture de ces deux romans en particulier a pris davantage de volume encore avec Raisons obscures. Que j'ai dévoré, mais que j'ai eu besoin de reposer plusieurs fois. Et plus j'avançais vers la conclusion, plus je devais reprendre ma respiration et m'accorder quelques minutes pour réfléchir, pour calmer ma colère, mon angoisse, tout en me demandant comment j'avais pu être aussi aveugle.
Je m'en suis voulu.
De n'avoir rien vu.

Je n'accorde quasiment jamais cinq étoiles à un roman.
C'est une note que je réserve uniquement aux rares livres qui m'ébranlent. Qui me marquent au fer rouge.
J'ai peur que n'importe quel livre me paraisse fade après celui-ci.
Parce qu'on frôle la perfection.
Il y a tout ce que je recherche en tant que lecteur dans Raisons obscures. Une histoire passionnante de laquelle on a du mal à décrocher ( et ça n'était pas gagné en racontant d'abord le quotidien de deux familles aux soucis ordinaires ), une construction virtuose, un style d'une rare finesse, une émotion à son comble tant on s'attache aux différents personnages et tant l'empathie fonctionne, et puis tout simplement un livre inoubliable avec lequel je me suis pris un sacré uppercut.
Un réel bonheur de retrouver toutes ces qualités dans un même livre pour le lecteur exigeant que je suis.

Même si nous ne sommes pas dans un thriller mais davantage dans un suspense psychologique, en vous lisant je n'ai pas pu m'empêcher de penser à deux autres plumes féminines francophones. Et venant de moi, cette comparaison est davantage qu'un compliment, c'est la confirmation que vous faîtes partie des auteurs contemporains incontournables.
J'ai en particulier pensé à Karine Giébel. C'est elle en effet la dernière ( avant vous ) à m'avoir fait endurer un tel hurlement de douleur. Toutes blessent, la dernière tue m'avait glacé le sang, m'avait laissé pantelant, assommé, mal à l'aise. Et c'est la première fois depuis cette lecture que je ressens de nouveau cette impression, ce paroxysme de la violence psychologique.
Chacune à votre façon, vous dénoncez avec force et conviction des faits de société auxquels je ne prêtais jusqu'alors pas assez d'attention.
Et puis j'ai aussi pensé à Barbara Abel. En mieux.
Avec un style propre à chacune, vous décrivez des familles plus vraies que nature, l'histoire de gens ordinaires au quotidien relativement banal. Avec tellement de justesse et de sincérité qu'on se reconnaît forcément quelque part, qu'on s'identifie aux personnages. Et puis là où Barbara Abel jette un grain de sable pour faire complétement dérailler l'engrenage, vous êtes encore plus subtile. La famille est pour vous un composant de la tragédie et non un prétexte à celle-ci.
Et puis comment ne pas se rappeler de Je sais pas quand l'un de vos personnages est atteint de diabète ?
Mais avant tout, vous m'avez fait penser à Amélie Antoine.
Parce qu'il n'y a que vous pour donner autant d'authenticité, autant de souffle à vos personnages et à leurs journées en apparence ordinaires.
Il n'y a que vous pour construire de façon aussi machiavélique vos romans. En commençant par la fin ( juin 2017 ) et puis en nous racontant, mois par mois, le temps d'une année scolaire, l'histoire de ces deux familles qui ne présentent quasiment aucune similitude. Deux parcours totalement différents même si, comme dans Les secrets, les personnages sont parfois amenés à se croiser. On comprend simplement qu'ils habitent la même ville, quelque part en France ( ça pourrait être n'importe où ). On apprend que leurs fils fréquentent la même école primaire, ou encore que les pères sont inscrits à la même chorale au sein de cet établissement scolaire.
Les Mariani et les Kessler nous racontent cette difficile année scolaire 2016 - 2017 de leur point de vue d'adulte. Les bons comme les mauvais moments. Entre les problèmes de couple des uns, les soucis professionnels, les tensions avec le voisinage et bien sûr les enfants chaque famille a beaucoup à gérer, à penser. Est-il normal que le petit Clément soit aussi solitaire, aussi réservé ?
"Elle aurait presque préféré un gamin capricieux et bagarreur à cet enfant sage et toujours calme."
Mais même les crises de colère des adolescentes rebelles, qui vivent leurs premiers chagrins d'amour, sont aussi ponctuées de moments de tendresse et de complicité.
"-Tu piges rien, papa. Je suis désolé de te dire ça, mais t'es trop vieux, t'es dans le système, maintenant."
Oui, deux familles pour lesquelles tout n'est pas toujours rose, tout n'est pas toujours avoué, mais rien ne paraît pour autant insurmontable.
Sauf que derrière ces petits et plus gros tracas du quotidien ...
Vous ne nous dites pas tout Amélie.
Juste la version du vécu et du ressenti des parents. Et si certains détails revêtaient une importance cruciale ? Et si parmi les ellipses et les sujets trop rapidement évoqués se cachait quelque chose de plus sombre ?
A l'instar du magnifique film L'effet papillon, ce qu'on ne voit pas est encore plus primordial que tout le reste. Des sujets en apparence survolés seront amenés à prendre une toute autre dimension.
Il n'y a que vous pour rendre le lecteur acteur et non pas uniquement spectateur.
Vous savez que je m'en suis voulu de n'avoir rien vu une fois la seconde partie entamée ? Que j'ai culpabilisé d'avoir été aussi aveugle moi aussi ? Que je me suis retrouvé aussi stupide que ces parents qui n'ont pas su comprendre ce qui était sous leur nez depuis le début ?
Et j'en profite bien évidemment pour pousser un coup de gueule envers XO, votre nouvel éditeur, qui à mon sens n'a pas le moindre respect ni pour le lecteur, ni pour votre travail. le bandeau signalant "Deux familles où, en apparence, tout va bien" était amplement suffisant sans qu'il ne soit la peine de tout gâcher avec une quatrième de couverture qui en dévoile dix fois trop. Même sans l'avoir lue je suis tombé sans le vouloir sur le mot en "H" et j'aurais tellement voulu que ma surprise soit totale. C'est tout le sens de votre roman, ne pas nous dire où vous nous emmenez, ne nous laisser que de vagues indices parce que nous pourrions être les parents de ces deux familles.
Nous prendre par surprise, c'était bien l'objectif que vous vous étiez fixé, non ? Nous montrer ce qu'il pouvait y avoir derrière des apparences presque anodines ?
Et puis un responsable marketing a du passer par là, vous savez, ceux qui savent tellement mieux faire vendre que l'auteure elle-même, fusse-t-elle lauréate du prix amazon de l'auto-édition en 2015.
- Dites patron, j'ai un problème avec la présentation du nouveau Amélie Antoine, il se passe rien de suffisamment racoleur dans la première partie pour attirer les clients.
- C'est pas grave, t'as qu'à raconter la fin, le tout c'est que ça fasse vendre ! Le reste on s'en fout.
Oui, en lisant à la fin du livre la présentation, c'est vraiment du dédain que j'ai ressenti. Du mépris tant pour vous et la façon si subtile que vous aviez choisie pour vous exprimer et donner du relief à votre message que pour le lecteur qui est trahi et qui attend pendant presque deux-cent pages qu'on en vienne enfin aux faits, alors qu'il était de toute façon censé les ignorer.
Bref, vous comprendrez j'espère que j'encourage tous vos futurs lecteurs à déchirer cette quatrième de couverture, de la barbouiller au marqueur indélébile ou tout au moins de la cacher avec un protège-cahier de couleur. Il faut absolument partir le plus vierge possible de toute information pour que le livre produise son effet.
Plus il impactera et plus les consciences se réveilleront.
Un autre mot en "H" qui est très important, et qui est même au centre de Raisons Obscures, c'est la Honte.
"Lui se sent tellement honteux d'être à ce point oisif qu'il n'ose pas en parler à qui que ce soit."
"Personne ne pourra la faire se sentir plus honteuse qu'elle ne l'est déjà, de toute façon."
"Comme il lui paraît avoir été un type méprisable, soudain."
La honte, la culpabilité, le malaise que l'on ressent sont autant de raisons de ne rien dire, de ne pas s'exposer, de tenter de régler ses problèmes seuls sans intervenant extérieur. Quand on est blessé, quand on est victime des circonstances, quand on se sent coupable ... on se tait.
Et c'est là que commencent les secrets, les silences.
C'est là aussi que l'on se focalise sur soi au détriment du reste.
"Lentement mais sûrement, il s'enfonce un peu plus dans les sables mouvants des non dits."
De l'embarras à l'humiliation, ces émotions seront ressenties par tous les membres des deux familles, tôt ou tard :
Etre devenu inutile au travail, devoir cacher sa maladie à ses amies, avoir envie de supplier sa femme de rester quand elle préfère se lover dans les bras de son premier amour, rater un spectacle de magie diffusé à la télévision, ne pas parvenir à trouver seule de compromis avec un voisin de mauvaise foi.
Alors chacun tente de faire au mieux, de donner le change en société ou même en famille. Ou tente de se faire oublier, de disparaître.
Parce que c'est dans notre éducation de vouloir cacher ces fissures, de vouloir paraître plus fort qu'on ne l'est réellement.
"Il aurait suffi de si peu pour que tout soit différent."
Quand je vois à quel point ma lecture a été difficile, je n'ose même pas imaginer comme son écriture a du être douloureuse pour vous. A l'inverse d'un trop grand nombre de romans, ce sont de véritables personnages qui surgissent de votre imagination, vous leur donnez un corps et une âme. Ils existent je pense pour vous comme pour moi davantage que certaines victimes bien réelles qui ont simplement droit à un encart dans les faits divers d'un journal.
En leur donnant un nom, une histoire, vous avez du fortement vous attacher à eux. Ils ont plus de substance tout comme les dix personnages inventés se rendant au Bataclan le 13 novembre 2015 dans Au nom de quoi étaient finalement plus réels à mes yeux que les véritables victimes, ou du moins ils ont contribué à donner à celles-ci un visage, un nom, une identité … comme un vibrant hommage.
Et même s'il faut le faire afin que votre message conserve tout son impact, n'est-ce pas difficile de leur faire du mal alors qu'on sent à quel point vous les aimez ?
Si je souhaite un immense succès à Raisons obscures, afin que l'attention de tous soit décuplée et que vos lecteurs puissent cette fois parfois réagir avant qu'il ne soit trop tard, je pense que sa place est avant tout dans les lycées. Je ne travaille pas pour l'Education Nationale mais je suis convaincu que si un tel roman était au programme de seconde ou de première, non seulement les élèves seraient moins dégoûtés de la lecture qu'avec les classiques qu'on leur impose encore aujourd'hui mais en plus, les mentalités auraient alors une réelle chance d'évoluer de l'intérieur.
Et j'achèverais simplement en vous remerciant chaleureusement pour ce roman magistral, qui a appuyé sur quelques cordes sensibles et fait remonter quelques souvenirs douloureux à la surface.
Vous avez vraiment un talent extraordinaire.

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Valmyvoyou_lit
  08 mars 2019
Exceptionnellement, je ne ferai aucun résumé. Je pense qu'il faut lire ce roman sans savoir où l'auteure nous emmène. La claque en sera d'autant plus magistrale.

Dès le premier chapitre, nous savons qu'un drame s'est produit. La police appelle une femme. Mais nous ne savons pas son nom, ni quelle est la nature de la tragédie.

Dans ce livre, nous suivons, en alternance la famille Mariani et la famille Kessler. Dans la première partie, c'est la perception de la vie quotidienne par les parents et dans la deuxième, celle de certains enfants. Un intermède, au centre, rappelle qu'il s'est passé quelque chose.

Amélie Antoine montre les ravages que les silences et les non-dits peuvent déclencher. Elle montre surtout qu'il est très facile d'être aveuglé lorsqu'un proche cache sa souffrance et fait comme si tout allait bien. le thème, ô combien d'actualité ne peut que bouleverser et inviter à ouvrir les yeux.

La tension montre crescendo, et Amélie Antoine donne envie de s'attacher aux détails, de comprendre qui est concerné par l'appel. Elle montre que cela pourrait être n'importe quelle famille, et qu'il est si facile de ne pas voir les prémices d'une situation. Mais, qu'avec le recul, on comprend que certains signes étaient des alertes.

Qu'il est difficile de parler de Raisons obscures sans en révéler la teneur. Ma seule envie est d'en parler et de transmettre les messages de cette histoire. J'ai déjà, un peu, commencé à le faire avec des personnes qui ne le liront pas, soit parce qu'ils sont trop jeunes, soit parce qu'ils sont non lecteurs.

C'est le troisième livre que je lis d'Amélie Antoine. Pour moi, elle fait partie des auteurs qui comptent et qui donnent une photographie de notre époque.

J'ai dévoré ce livre en deux jours et il s'est imprégné en moi. En écrivant ma chronique, j'ai encore les tripes serrées et j'ai envie de hurler : « plus jamais ». La dimension psychologique, avec ce que les apparences ont de trompeur, est développée de telle façon que l'on se laisse prendre par la main par Amélie Antoine et on la laisse dérouler le fil. La chute est d'autant plus vertigineuse.

Ce livre devrait être étudié à l'école, être lu par les professionnels et les familles. Il montre les dangers de ne pas être à l'écoute, de voir une situation avec ses yeux et pas avec ceux de celui qui la vit. Trop souvent, des faits sont minimisés. Amélie Antoine montre que cela peut nous arriver à tous. En effet, ce roman, qui est un cri du coeur, n'est ni moralisateur, ni culpabilisant, il est juste nécessaire. Pendant une grande partie de l'histoire, je n'ai pas su décoder les signes de souffrance, alors que j'étais plongée dans l'intimité des familles. Ce qui est la meilleure façon de montrer que certains faits sont difficiles à détecter. En utilisant...

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Leslecturesdemamannature
  09 mars 2019
Le ton est donné dès les premières pages où le drame final nous est partiellement dévoilé sans que nous sachions qui est concerné. Nous voilà embarqué pour dix mois, une année scolaire, où la vie de deux familles va basculer sans que nous comprenions ce qui ce joue réellement jusqu'à la deuxième partie.
Dans la première partie nous suivons les Kessler qui sont venus s'installer dans la ville d'enfance de Laetitia qui frôlait le burn-out, mais son chemin va croiser celui de son premier amour et elle ne supportera plus la routine de sa vie et ne voudra qu'une chose retrouver les frissons de sa jeunesse. En délaissant sa famille… Pourtant Yanis ne pourra faire qu'une chose, attendre. Mais cela les a empêché d'ouvrir les yeux sur l'essentiel. Les Mariani doivent eux composer avec le diabète de Sarah leur fille ainée diagnostiquée l'été précédent. Quelques non-dits aussi mais le couple solide va finir par s'ouvrir. Exigeant avec leur fille, ils ne se rendent plus compte qu'ils ne la comprennent pas. Des vies classiques en apparence et pourtant en juin le drame…
Puis nous rejouons la même partie avec de nouveaux joueurs, Sarah et Orlane, toutes deux dans la même classe en troisième. Toutes deux pas si opposées que cela et pourtant en ce jour de rentrée, Sarah qui n'accepte pas son diabète et souhaite le garder secret est en colère et cette colère va se retourner contre Orlane. Sarah étant une meneuse, très populaire l'engrenage est lancé. Orlane va devenir le bouc-émissaire. Certains évènements de la première partie prennent alors un autre sens, une nouvelle interprétation des évènements nous est contée. La tension monte, sachant qu'un drame va se jouer nous savons quand, nous devinons qui mais le mystère reste entier. Que va-t-il se passer? Une lecture dévastatrice, à bout de souffle j'ai tourné les pages tout en espérant. Indignée par la cécité des adultes (surtout l'encadrement scolaire) me demandant si le cours des choses ne pouvait pas être inversé. Les parents sont pris dans leur quotidien, leurs inquiétudes, mais n'en sont pas moins aimants et affectueux mais passent malheureusement à côté de l'essentiel lié aussi par le silence et les actes des ces enfants qui n'ont pas été interprétés correctement. Cette lecture me renvoie à mon rôle de maman et à la crainte de passer à côté du principal.
Finalement oui il y avait un espoir mais il est arrivé trop tard. Il est intéressant aussi d'avoir le point de vue de Sarah qui au final n'est pas un monstre juste une jeune fille en colère qui se sert de son pouvoir pour évacuer, sans penser aux conséquences. D'ailleurs pour elle, il n'y en a aucunes, Orlane l'a laissé faire, les adultes ne réagissent pas, alors où est le mal. Surtout que les rôles pourraient être inversés, elle doit déménager, elle se retrouvera en plus avec les plus jeunes passant du collège au lycée avec sa maladie ne pourrait-elle pas être à son tour prise en grippe? En effet un harceleur peut devenir harcelé, il ne faut pas l'oublier. Faire comprendre à nos enfants qu'il ne faut pas ce taire, qu'aucun acte n'est anodin est vraiment important pour que s'arrête ces horreurs.
Vous l'aurez compris il faut avoir le coeur accroché en lisant ces mots. le mien était au bord de l'explosion sur la fin et je n'ai pu retenir mes larmes. Comment endiguer ce phénomène accentué par les réseaux sociaux et leur anonymat, comment protéger nos enfants. Une lecture nécessaire que je ne peux que vous conseiller, porté par une plume juste et implacable. Un coup de coeur pour une histoire coup de poing.
Merci 0NetGalley et XO éditions pour cet envoi.
#RaisonsObscures #NetGalleyFrance
Lien : https://leslecturesdemamanna..
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StefEleane
  16 mars 2019
Méfiez-vous, car sous ses airs gentils Amélie Antoine arrive à vous retourner le coeur sournoisement. Une lecture qui vous laisse des cicatrices ! Attention soyez prévenus !
Comment vous dire que je me suis plongée dans cette lecture en totale confiance, sans lire la moindre ligne de la quatrième de couverture,sans lire le moindre mot de l'auteur. Et il n'y avait aucune chronique pour pousser ma curiosité. Avec le recul, je dois dire que je n'aurai surement pas choisi cette lecture en sachant le sujet, car j'ai tendance à avoir des thèmes que je rejette systématiquement (les sujets d'actualité, lorsque les faits sont trop récents, les sujets d'incestes, les violences sur les enfants …) à tort ou à raison, bref ce n'est pas le sujet 😉 J'ai lu Raisons Obscures, j'ai été bouleversé, mais je suis heureuse que ce roman soit passé entre mes mains.
Nous sommes plongés dans l'histoire de deux familles.
Construis en deux parties, la première est la partie lumineuse vue par deux femmes, deux mères. L'une a deux enfants, travaille chez elle et malgré quelques aléas de voisinage est plutôt heureuse. L'autre à trois enfants, retrouve son amour de jeunesse et essaie de trouver ce quel a sous le nez. La seconde partie est la partie noire, étouffante vue par deux adolescentes. C'est une descente en enfer que je vous laisse découvrir.
Il paraît que quand on se noie, il faut se laisser couler jusqu'à atteindre le fond et pouvoir donner un bon coup de pied pour remonter à la surface. Mais il faut faire quoi, quand on a le sentiment qu'on n'aura jamais fini de descendre dans les profondeurs et qu'il y aura toujours plus, toujours pire ?
Amélie Antoine a une connexion entre le coeur de ses lecteurs et ses doigts. Elle arrive à chaque lecture à me faire pleurer, me donner la nausée, m'émouvoir. Ses lectures me scarifient, s'imprègnent dans mon âme de lectrice. Que cela soit pour les silences ou Sans elle .
Je n'ai rien vu venir, tout comme ces parents face au drame avant de sombrer dans la douleur.
Lien : https://lesciblesdunelectric..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
0drey620drey62   18 mars 2019
J'en avais marre que tout le monde me lâche, que personne ne se soucie de moi, ni m’aime suffisamment fort pour se rendre compte que je n’allais pas si bien que ça.
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Yoshi34Yoshi34   11 mars 2019
Comme nous étions heureux en ce temps-là ! Comme j’étais heureux… D’aucuns diront que les bribes du passé que nous renvoie notre mémoire se voient toujours embellies. Mais je sais que si je m’en souviens aussi clairement, c’est sans doute parce que je devais connaître le bonheur pour la dernière fois avant bien longtemps…

Alexis Harend, Josh
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lettres_et_caractereslettres_et_caracteres   11 mars 2019
Un peut-être, c'est un oui. Un peut-être, c'est toujours le début d'un oui.
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AntyryiaAntyryia   08 mars 2019
Le temps passe si vite. Et ne se rattrape pas.
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Entre2LivresEntre2Livres   07 mars 2019
Il a prononcé ces quatre mots et ils étaient aussi légers qu’une plume, aussi doux que le duvet d’un oisillon. C’est comme s’il venait d’ouvrir la porte de la cellule dans laquelle je m’étais enfermée moi-même ; comme si, enfin, je pouvais me redresser et en sortir sans crainte que la lumière du jour ne m’éblouisse à force d’être restée dans le noir le plus complet.
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Videos de Amélie Antoine (4) Voir plusAjouter une vidéo
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