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Henry Gidel (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253048770
216 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1989)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Pontagnac, le " dragueur " malheureux, sera finalement le dindon de la farce. C'est d'ailleurs un brave garçon, qui ne trompe jamais sa femme sans la plaindre. Et qui ne perd jamais la tête : il suit les dames dans la rue, mais s'il pénètre derrière elles dans les pâtisseries, il les attend sagement à la porte des bijouteries. Quant à Vatelin, le mari de Lucienne, il risque de payer fort cher une vieille entorse à la fidélité conjugale, laquelle entorse refait brusq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  20 mars 2013
Quiproquos à gogo, jeux de mots ou de sonorités, situations rocambolesques, absurdités, grivoiseries... Il faut bien avouer qu'il a pas mal de munitions dans sa cartouchière ce Georges Feydeau.
Et il faut bien avouer également que j'imagine difficilement un lecteur qui ne serait pas pris d'un seul rire (un seul sourire si l'on souhaite rester modeste) à la lecture de ce succulent Dindon.
C'est vraiment drôle, sans se prendre au sérieux, pas de haute philosophie, un théâtre qui se veut volontairement divertissant et sans grand-chose en plus, mais qui, dans ce registre, est vraiment bien fait.
D'un point de vue scénique, c'est presque comparable à une BD de Goscinny, notamment quant aux différents types de comique employés, avec une mise en position privilégiée du spectateur, en sorte de voyeur indiscret, qui en sait toujours un peu plus que chacun des personnages et qui de ce fait, avec un coup d'avance, sent tout le décalage qui existe entre ce que croit le protagoniste et ce qui est effectivement.
Imaginez une écriture qui rappellerait parfois les gauloiseries d'un Maupassant mais qui, prise d'un élan comique inaccoutumé, voudrait se mettre à faire du Molière à la Belle Époque du XIXème finissant. le Dindon est cela.
Les maris adultères du Paris huppé pullulent et sont prêts à sauter sur tout ce qui bouge en étant vaguement féminin, toutes les aventures possibles ou impossibles, tandis que les épouses, courtisées, soudoyées, s'évertuent à rester fidèles, sauf, attention ! SAUF ! si on leur apporte la preuve de l'inconséquence de leur époux, auquel cas, elles se montrent capables d'une frénésie sexuelle réparatrice digne de faire pâlir n'importe quelle érotomane accomplie.
Prudence, donc, avis aux arroseurs, de faire bien attention à ne point se faire arroser, car dans tout cela, qui sera le dindon de la farce ?
C'est ce que je me permets de ne point vous révéler.
Une pièce qui gagne (comme toutes les pièces, me direz-vous, mais ce n'est pas toujours clair) à être vue sur scène plutôt que lue quoiqu'elle constitue un fort agréable moment de lecture que je vous recommande bien volontiers.
Néanmoins, vous avez appris à connaître ma petite ritournelle, qui vous enjoint à ne considérer cet avis que pour ce qu'il est, à savoir, pas grand-chose.
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BazaR
  20 octobre 2017
Critique du Dindon (pièce courte en un acte)
Personnages : Relax, Madame
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(Relax est assis dans le fauteuil du salon, en train de lire. Madame entre discrètement dans son dos et jette un oeil au livre)
Madame (fort) : J'en étais sûre !
Relax (tellement surpris qu'il en tombe du fauteuil) : Qu'est-ce qui te prend ? Tu m'as fait peur.
M : Oh, inutile de faire l'innocent, hein !
R (se relevant) : Mais de quoi diable parles-tu ?
M : Tu te prépares à me tromper !
R : Pardon ?
M (passant à droite de la scène, lui tournant le dos) : Je vois bien ton manège !
R : Mais… mais… tu as bu ou bien ? Je suis là tranquillement en train de lire et tu débarques come une sorcière qui croit que je lui ai volé son balais.
M (se rapprochant de R.) : Suffit ! Tu lisais oui, mais quoi ? Hein ?... Aha ! Tu n'oses pas le dire n'est-ce pas ?
R : Mais pas du tout, c'est « le Dindon » de Feydeau. Tu sais, la pièce de théâtre…
M : Oui, oui… je sais. J'ai regardé « Au théâtre ce soir » moi aussi figure-toi ! Et de quoi est-ce que ça parle, hein ?
R : Eh bien c'est du vaudeville. Une femme de notable se fait poursuivre par un homme qui n'a que l'envie de l'entreprendre plus avant. Il la suit jusque chez elle et…
M : Ah !
R : Quoi « ah ! »
M : Tu vois, ça parles d'adultère ! D'un homme qui souhaite avoir une maîtresse.
R : Eh bien oui, même plusieurs hommes dans ce cas en fait. Cela entraîne des imbroglios et…
M : de mieux en mieux ! (elle se retourne et jette un coussin à la tête de R.)
R : Mais ça va vraiment pas !
M : J'ai tout compris ! Tu es en train de t'inspirer de ce Feydeau pour faire pareil : pour me tromper ! Avoue !
R : (à part) Là je crois que Kafka s'est égaré dans la Quatrième Dimension. (à M.) Mais tu élucubres !
M : Pas du tout ! Feydeau est un expert. (elle agite ses bras en tous sens) Comment faire sa cour élégamment. Comment réserver la chambre dans le bon hôtel. Comment préparer un baratin pour le mari ou pour moi en cas de rencontre fortuite…
R : Alors d'abord, les « amants » potentiel du Dindon sont plutôt de gros maladroits et en plus ils ne sont pas aidés par le destin qui les met dans des situations inextricables.
M :Mff ! Dans ce cas tu apprends tout ce qu'il ne faut pas faire ; ça revient au même.
R : Mais tu es terrible ! Ceci dit c'est vrai qu'ils sont très forts en improvisation.
M : Quand je pense à ce que les pauvres personnages féminins sont obligés de subir.
R : Oh, mais elles savent se défendre. Il y a deux épouses qui n'hésitent pas à appliquer la loi du Talion.
M (se rapprochant) : Quoi ?
R : Eh bien oui ! Dès qu'elles ont la certitude que leurs maris les trompent, elles se donnent à leurs amants (à art) Bon, à un amant potentiel qui se trouve face aux deux en même temps et est bien embarrassé pour choisir.
(Madame s'est encore doucement rapprochée et essaie de s'emparer du livre)
R : Mais qu'est-ce que tu fais maintenant ?
M : Donne-moi ça !
R : Pourquoi ?
M : Donne ! Ça m'intéresse de savoir comment on trompe son mari. (elle lui court après).
R : Tiens donc ! Non, tu ne l'auras pas !
M : Je le veux !
R : Non, je te dis. de toute façon tu serais déçue car Feydeau ne va pas jusqu'au bout. Tout s'arrange bien pour tout le monde et personne ne souffre
M : Bon, et bien dans ce cas tu n'as pas à t'inquiéter. Donne !
R : Non ! Je ne veux pas que ces idées te donnent des idées.
M : Ah ! C'est moins rigolo quand on est le dindon soi-même hein ?
R : Oh et puis zut ! Tiens, prend-le. Tout ce que tu vas attraper, c'est une crise de rire.
M : Merci… (elle se rapproche) Bon. Je me suis peut-être emportée.
R : (à part) Peut-être ? (à M) J'ai peut-être été un peu jaloux aussi.
M : Et si on faisait semblant d'être des amants hein, histoire de mettre un peu de piment. Tu réserves une chambre d'hôtel et…
R : Bonne idée… La même que d'habitude ?
M : Oui, l'aventure d'accord, mais en hôtel trois étoiles pas moins.
R (s'éloignant vers le fond) : J'y vais. Au fait, tu savais que Feydeau et Raimu s'étaient connus ? Marrant, en lisant ça j'ai eu l'impression qu'on avait trouvé assez de terre pour combler un abîme de temps et… (il sort)
M : Bla bla bla ! Je vous jure ! Ce qu'il ne faut pas faire pour le sortir de ses bouquins à celui-là. (elle sort)
Challenge Théâtre 2017-2018
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Musardise
  27 décembre 2018
C'est la première fois que je suis carrément déçue par un Feydeau. Même si on imagine bien que c'est toujours moins drôle de lire les pièces de Feydeau que de les voir mises en scène, on ne s'attend tout de même pas à s'ennuyer, d'autant que le dindon est un des grands succès de l'auteur. Or, l'ennui a bel et bien accompagné la totalité de ma lecture. J'ai ramé pour aller jusqu'au bout. Passer de L'hôtel du libre échange au Dindon, bonjour la douche écossaise !
Je préfère ne pas m'étendre dessus : j'ai trouvé ça poussif, pas très drôle, et - très bizarrement - mal fichu. Les personnages ne sont pas plus intéressants que la structure de la pièce ou les dialogues, sans parler des situations bien trop convenues, qui s'articulent mal. Alors, comme c'est Feydeau, c'est pas complètement raté, mais il me semble qu'on peut attendre beaucoup plus de lui. Je préfère oublier ça très vite. Peut-être tenterai-je un jour de regarder une mise en scène en DVD, mais bon... Je n'y crois guère.

Challenge Théâtre 2018-2019
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PiertyM
  26 mai 2014
Le dindon, aussi simple comme le dindon, ça se lit en dindon, ça se rit en l'image de dindon, ça court ça tourne ça retourne ça contourne comme du dindon...à force de rire, on se croirait vraiment dindon...
Des histoires d'adultère à gauche, de déséquilibre des couples à droite, les plans malicieux d'un dindon d'un coté, la vengeance des femmes trompées de l'autre, plusieurs situations s'enchevêtrent de minute en minute, les personnages s'entrecroisent bizarrement... comme si les choses menaient une course acharnée avec la montre...
Dans tout cet imbroglio, l'auteur fait brandir le triomphe de la fidélité, de l'honnêteté, de la loyauté et de l'amour à travers le couple Vatelin-Lucienne. Un couple qui a résisté à tous les mauvais vents, et bien sûr c'est toujours sur un plateau du rire que cela nous est sevi...
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5Arabella
  16 mai 2020
Pièce en cinq actes créée en 1896, le Dindon est un pur vaudeville, qui reprend un certain nombre de mécaniques habituelles de Feydeau avec une grande efficacité.
Lucienne Vatelin est suivie depuis plusieurs jours par un inconnu, qui finit par s'introduire chez elle. Elle espère le faire chasser par son mari, mais l'inconnu, Pontagnac, se révèle être un vieil ami de Vatelin, ravi de le revoir. Lucienne est scrupuleusement fidèle à son mari, mais annonce qu'elle le trompera immédiatement au cas où lui serait infidèle. Or voilà qu'une maîtresse très passagère de Vatelin, Maggy, débarque à Paris, décidée à prendre du bon temps avec lui. Vatelin cèdant à ses menaces, finit par lui promettre de la retrouver. Il confie la situation à Pontagnac, qui pense profiter des confidences de son ami, en mettant Lucienne face à l'infidélité de Vatelin. La situation est encore compliquée par la femme de Pontagnac, qui se doute de ses infidélités et qui promet aussi de se venger si elle en a la preuve, et de celle de Redillon, l'amoureux transi de Lucienne. Tout ce petit monde se retrouve à l'hôtel Ultimus, Entre quiproquos, portes qui claquent, changements de chambres et autres procédés comiques imparables, Pontagnac est pincé avec Maggy par le mari de cette dernière accompagné d'un inspecteur de police, et Lucienne Vatelin et Clotilde Pontagnac se précipitent chez Redilllon, convaincues de l'inconstance de leurs époux respectifs, pour se venger dans ses bras.
De nouvelles variations autour de thématiques familières, avec les procédés habituels de Feydeau. Ce qui est particulièrement savoureux à mon sens ici, c'est la façon dont d'une certaine façon, les femmes prennent le pouvoir. le pauvre Vatelin est forcé par Maggy, suite à un moment d'égarement lors d'un séjour prolongé à l'étranger, Lucienne et Clotilde instrumentalisent complètement Redillon, qui n'est qu'un objet qu'elle comptent utiliser. Et le dindon de la farce est au final Pontagnac, le séducteur quasi professionnel, qui s'imagine irrésistible, et qui, ici, n'est que ridicule. le passage du premier acte dans lequel Lucienne le persifle d'une manière spirituelle et impitoyable est assez jouissif.
Une grande réussite dans son genre.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   16 mai 2020
PONTAGNAC.
Tiens! vous avez un mari ?
LUCIENNE.
Parfaitement, Monsieur!
PONTAGNAC.
Cʼest bien! Laissons cet imbécile de côté !
LUCIENNE.
Imbécile ! mon mari !
PONTAGNAC.
Les maris des femmes qui nous plaisent sont toujours des imbéciles.
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Nastasia-BNastasia-B   26 mars 2013
RÉDILLON : Une femme qui trompe son mari n'a pas l'habitude de lui envoyer des cartes d'invitation. (...) Si elle le fait, c'est qu'elle a une raison ! celle d'exaspérer la jalousie de son mari. (...) Ne voyez-vous pas là la comédie d'une femme outragée qui se venge ! (...)
VATELIN : Oui !
RÉDILLON : Enfin, j'en sais quelque chose, puisque c'est à moi qu'elle est venue proposer le rôle... que j'ai refusé (À part) et pour cause !...
VATELIN : Ah ! mon ami ! mon ami !
RÉDILLON : Et vous avez donné dans le panneau... Ah ! vous n'êtes guère tacticien !
VATELIN : Je suis avoué.
RÉDILLON : Voilà !
VATELIN : Ah ! que je suis content !... (Sanglotant) que je suis con... on... tent ! Ah ! là ! là !... Ah ! là ! là !
RÉDILLON : La joie fait peur !
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Nastasia-BNastasia-B   12 mars 2013
LUCIENNE : Vous regarderiez comme une indélicatesse d'écorner moindrement la fortune de votre femme, et quand il s'agit de cet autre bien qui lui appartient, qui lui est dû, qui fait partie du fonds social, la fidélité conjugale, ah ! vous en faites bon marché ! " Qui est-ce qui veut en détourner un morceau, allons là, la première venue ? Avancez ! il en restera toujours assez ! " Et vous gaspillez ! vous gaspillez ! Qu'est-ce que ça vous fait ! C'est votre femme qui paye ! Et vous trouvez ça honnête ? (...) Vous n'avez pas le droit de disposer d'un capital que vous avez aliéné.
PONTAGNAC : Mais permettez, le capital, je n'y touche pas ! le voilà ! il est intact ! Vous me permettrez bien de toucher un peu aux rentes. Notez que, par contrat, j'ai la gestion des biens ! Eh bien ! pourvu que j'aie la plus grande partie en fonds d’État, vous ne pouvez pas trouver mauvais que je fasse quelques placements en valeurs étrangères.
LUCIENNE : Quand on est marié, on ne doit faire que des placements de père de famille !
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BazaRBazaR   18 octobre 2017
LUCIENNE: Allez, vous êtes tous les mêmes, vous autres célibataires.
VATELIN: Célibataire, lui! mais il est marié.
LUCIENNE: Non!
VATELIN: Si!
LUCIENNE: Marié! vous êtes marié!...
PONTAGNAC (embarrassé): Oui... un peu!..
LUCIENNE: Mais c'est affreux!
VATELIN: Vous trouvez?
LUCIENNE: Mais c'est épouvantable!... Comment se fait-il...
PONTAGNAC: Oh! bien! vous savez ce que c'est!... un beau jour, on se rencontre chez le Maire... on ne sait comment, par la force des choses... Il vous fait des questions... on répond "oui" comme ça, parce qu'il y a du monde, puis quand tout le monde est parti, on s'aperçoit qu'on est marié. C'est pour la vie.
(Acte I, scène 2)
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BazaRBazaR   19 octobre 2017
PINCHARD: Alors, comme ça, t'as des clous, toi!
VICTOR: Oui, monsieur le Major. Oh! c'est pas grand-chose!
PINCHARD: C'est bien, je connais ça! Médecin-major dans la cavalerie, j'en vois plus souvent qu'à mon tour!... Fais voir!
VICTOR: Oui, monsieur! j'ai attrapé ça!...
PINCHARD: Je ne te demande pas de boniments! Déculotte-toi.
VICTOR: Monsieur le Major?
PINCHARD: Tu ne comprends pas le français? Je te dis: déculotte-toi!
VICTOR (interloqué): Mais monsieur le Major...
PINCHARD: Quoi! C'est ma femme qui te gêne? Fais pas attention, elle est sourde!
VICTOR: Ah! bon!
(Acte II, scène 5)
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