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EAN : 9782842610104
353 pages
Éditeur : Le Serpent à plumes (01/09/1996)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Le roman est constitué par le récit d'un narrateur rapportant quelques épisodes de la vie du frère de sa grand-mère, Benjamin Rathery, qui est donc en réalité son grand-oncle. Le lieu du récit est Clamecy, l'époque est la fin du règne de Louis XV ou le règne de Louis XVI, au moins dix ans après la bataille de Fontenoy. Le narrateur est le fils de Gaspard Machecourt, fils aîné de la sœur de Benjamin et d'un huissier de justice de Clamecy. Âgé de 28 ans, Benjamin Rath... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Perlaa
  13 janvier 2021
Dépaysement total au coeur de la Bourgogne rurale du XVIIIème siècle en compagnie de Benjamin Rathery. Une tournée en bonne compagnie avec ce médecin épicurien autour des tables et des caves généreuses.
Car cet homme de belle stature et de bonne prestance, vêtu d'un habit rouge, est un personnage flamboyant. Il mène sa vie avec philosophie. Une philosophie avec des convictions chevillées au corps proches de la nature « bien boire, bien manger, rire entre amis ». Lorsque quelque fâcheux se présente sur le chemin de Benjamin, quelque personnage affublé de la particule « de » et méprisant la peuple, le sens de la répartie de Benjamin fait merveille et retourne la situation avec brio. Un pourfendeur de la noblesse parasite, du clergé, des traditions saugrenues. Benjamin porte sur son siècle et ses contemporains un regard iconoclaste mais toujours bienveillant et désintéressé.
Rédigé sous forme de feuilleton en 1842, le texte présente une série de situations des plus communes ou plus fantasques. du baptême de son filleul, à la mascarade du Juif errant, du troussage interrompu de Manette, la jolie cabaretière, au duel avec un aristocrate, des démêlés avec des fournisseurs impayés aux convocations du bailli, la vie de Benjamin est haute en couleurs et en rebondissements.
On comprend pourquoi le roman a séduit Georges Brassens, qui relisait régulièrement les tribulations de son héros, facétieux et truculent et Jacques Brel qui l'incarna au cinéma.
Sur le plan formel on retrouve avec délectation nombre de termes disparus, de réflexions datées ou a contrario fort courageuses. L'auteur, le petit neveu, se veut pédagogue avec conviction. La pertinence d'une idée passe par l'accumulation voire une litanie de comparaisons s'enchainant les unes aux autres.
Avec Mon oncle Benjamin on lit un ouvrage classique léger et profond oublié des études littéraires traditionnelles mais qui continue à trouver ses lecteurs.
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Bouvy
  06 octobre 2014
Critiquer ce roman, ce ne serait que prétention. Donc pas de critique mais un hommage. Claude Tillier nous laisse un ouvrage culte, reflet du siècle des lumières, empli d'humanisme, généreux, une ode à la vie, par delà la misère ; par delà les privilèges des rois et des seigneurs. Si ce n'est par le style, classique, avec son vocabulaire qui peut parfois, au 21e siècle nous sembler désuet, ce roman n'a pas pris une ride. Certes les rois et les seigneurs ont depuis mutés en traders, en chefs de grandes entreprises déshumanisées, avides de profits, de pouvoir, sans scrupule quant à l'exploitation des petites gens! Si le pouvoir a changé de main et ceux qui le détiennent de titres, le monde actuelle est-il si différent du monde postrévolutionnaire et de ses privilèges?
Mais, d'après l'oncle Benjamin, qu'importe la misère pourvu qu'on aie la joie de vivre. "La gaieté est l'orgueil du pauvre" se plait à répéter Claude Tillier.
Ce livre a inspiré le film d'Edouard Molinaro, librement adapté au cinéma avec un Jacques Brel au mieux de sa forme. Film dans lequel on retrouve l'esprit de Benjamin et de Tillier, teinté de revendication de mai 68. Peut-être un Benjamin plus anarchiste que celui du roman, quoique ... ?
Bien sûr, le film est aussi "cultissime" et génial mais comme souvent, le livre lui est supérieur, plus riche, plus profond, plus émouvant.
Claude Tillier termine son roman comme s'il lui avait préparé une suite mais hélas, la mort ne lui a pas laissé le temps de l'écrire. C'est peut-être alors à nous, lecteur, de l'imaginer, sans trahir la générosité, la liberté, l'humaniste, le bon vivant qu'est "notre" Oncle Benjamin.
Et en plus, vous trouverez ce roman en version numérique, gratuit puisqu'il est libre de droit d'auteur. Alors, pourquoi s'en priver?
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gill
  13 janvier 2013
"Mes mémoires", sous-titré "Mon oncle Benjamin" est le manuscrit, envoyé en 1842 à "l'Association", journal de Nevers, qui aura sauvé Claude Tillier de l'oubli. Il sera publié, en 16 feuilletons, de mars à décembre de la même année.
Il raconte l'aventure quotidienne de l'oncle Benjamin, vieux garçon cultivé, qui se défend de ne vouloir jamais se marier, ni de ne jamais gagner trop d'argent.
Cependant Benjamin aime la vie, poursuivi par les remontrances de sa soeur, il vit à crédit au cabaret et trousse, joyeusement, le cotillon de ses belles contemporaines. Il est un rebelle qui refuse de baisser les yeux devant l'inégalité, l'injustice sociale et la brutalité.
Ce livre est l'ancêtre du roman champêtre. Il est aussi, malgré ses airs de joyeux récit sensuel un pamphlet, une attaque impitoyable contre la monarchie de juillet et les vieux principes qu'elle défend.
C'est aussi une chanson subversive, un couplet pacifiste qu'entonne Benjamin lorsqu'il déclare : " la gloire d'un général qu'est-ce que c'est ? Des cités en débris [...], des femmes livrés à la brutalité des soldats [...], des tonneaux de vin défoncés dans les caves...", un réquisitoire contre la peine de mort et la dureté de la justice de l'époque.
"Mon oncle Benjamin" est un roman souriant, optimiste et joyeux mais il est, aussi et surtout, un cri de liberté.
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ChristianAttard
  20 avril 2017
C'est exact, "Mon oncle Benjamin" était le livre culte de Georges Brassens qui le lisait presque tous les ans et le fit connaître à tous ses amis dont, bien sûr René Fallet.
Picaresque, voltairien, épicurien les qualificatifs ne manquent pas pour rendre hommage à ce livre très original et très iconoclaste.
Tellement qu'il ne connut pas la notoriété, porté sans doute vers l'enfer des livres dérangeants à cause de sa liberté de ton.
Fort heureusement, il fut merveilleusement adapté sur le petit écran dans l'émission "Le théâtre de la Jeunesse" de Claude Santelli avec Dominique Paturel et sur grand écran par Edouard Molinaro avec Jacques Brel.
Un livre donc à savourer.
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HORUSFONCK
  18 septembre 2016
Claude Tillier n'a pas eu une existence des plus heureuse et appaisée...
Mais il nous laissa, avec Mon Oncle Benjamin, une hymne à la joie de vivre que l'immense Jacques Brel amena au cinéma.
Ce médecin de campagne à l'habit rouge et ses amis éclusent tellement de bouteilles de vin, que je me suis refusé à les compter.
Quel dommage, que Claude Tillier n'ait eu le temps de nous narrer la suite des aventures de Benjamin Ratery...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
isacocciisacocci   12 janvier 2014
Qu'est-ce que vivre ? Se lever, se coucher, déjeuner, dîner, et recommencer le lendemain. Quand il y a quarante ans qu'on fait cette besogne, cela finit par devenir bien insipide.
Les hommes ressemblent à des spectateurs, les uns assis sur le velours, les autres sur la planche nue, la plupart debout, qui assistent tous les soirs au même drame, et baillent tous à se décrocher la mâchoire ; tous conviennent que cela est mortellement ennuyeux, qu'ils seraient beaucoup mieux dans leur lit, et cependant aucun ne veut quitter sa place.
Vivre, cela vaut-il la peine d'ouvrir les yeux ? Toutes nos entreprises n'ont qu'un commencement ; la maison que nous édifions est pour nos héritiers ; la robe de chambre que nous faisons ouater avec amour, pour envelopper notre vieillesse, servira à faire des langes à nos petits-enfants. Nous nous disons : Voilà la journée finie ; nous allumons notre lampe, nous attisons notre feu ; nous nous apprêtons à passer une douce et paisible soirée au coin de notre âtre : pan ! pan ! quelqu'un frappe à la porte ; qui est là ? c'est la mort : il faut partir. Quand nous avons tous les appétits de la jeunesse, que notre sang est plein de fer et d'alcool, nous n'avons pas un écu ; quand nous n'avons plus ni dents, ni estomac, nous sommes millionnaires. Nous avons à peine le temps de dire à une femme : " Je t'aime !" qu'à notre second baiser, c'est une vieille décrépite.
(extrait du début du premier chapitre)
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gillgill   15 janvier 2013
Boire et manger sont deux êtres qui se ressemblent : au premier aspect, vous les prendriez pour deux cousins germains. Mais boire est autant au dessus de manger que l'aigle qui s'abat sur la pointe des rochers est au dessus du corbeau qui perche sur la cime des arbres.
Manger est un besoin de l'estomac ; boire est un besoin de l'âme.
Manger n'est qu'un vulgaire artisan, tandis que boire est un artiste. Boire inspire de riantes idées aux poètes, de nobles pensées aux philosophes, des sons mélodieux aux musiciens ; manger ne leur donne que des indigestions.
Or, je me flatte, sergent, que je boirais bien autant que vous, je crois même que je boirais mieux ; mais pour manger, je ne suis auprès de vous qu'une mazette. Vous tiendriez tête à Arthus en personne ; je crois même que, sur un dindon, vous seriez dans le cas de lui rendre une aile...
(extrait du chapitre III du volume paru aux éditions "France-loisirs" en 1986)
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BouvyBouvy   20 août 2014
Et d'ailleurs, qu'est qui vous presse donc tant de faire baptiser votre poupon? Est-ce une terrine de foie gras ou un jambon de Mayence qui se gâterait s'il n'était salé de suite? Attendez qu'il ai vingt-cinq ans; au moins, il pourra répondre de lui-même, et alors, s'il lui faut une caution, je saurai ce que j'ai à faire. Jusqu'à dix-huit ans, votre fils ne pourra prendre un enrôlement dans l'armée; jusqu'à vingt-et-un ans, il ne pourra contracter d'engagement civil; jusqu'à vingt-cinq ans, il ne pourra se marier sans votre consentement ou celui de Machecourt, et vous voulez qu'à neuf jours, il ait assez de discernement pour choisir une religion? Allons donc, vous voyez bien vous même que cela n'est pas raisonnable.
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gloubikgloubik   24 janvier 2016
Cette terre parée de verdure et de fleurs, c’est un phthisique dont les joues sont roses, mais dont la vie est condamnée. Un temps viendra où elle ne sera plus qu’une masse inerte, morte, glacée, une grande pierre sépulcrale sur laquelle Dieu écrira : « Ci-gît le genre humain. »
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BouvyBouvy   11 août 2014
Quiconque a semé des privilèges doit recueillir des révolutions!
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