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Francesco M. Cataluccio (Préfacier, etc.)
EAN : 9782869309869
160 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/11/1995)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Un itinéraire désacralisant à travers les interprétations de l'homme et du monde qui ont fondé l'Occident moderne. De Kant à Hegel, de Schopenhauer à Kierkegard, de Sartre à Heidegger, l'excentrique leçon de philosophie du plus grand écrivain polonais de ce siècle. En six heures un quart, Gombrowicz (1904-1969) réduit à sa plus simple expression l'histoire de la pensée, laissant au marxisme le quart d'heure final.
Un texte plein d'humour, de brillantes intuit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
deuxquatredeux
  10 août 2017
Dans Perles de vie, René de Obaldia cite Roger Nimier : « La philosophie est comme la Russie : pleine de marécages, et souvent envahie par les Allemands. » La lecture du Cours de philosophie en six heures un quart constitue d'une certaine façon une démonstration de cet aphorisme dans la mesure où Gombrowicz traite essentiellement de philosophes allemands : Kant, Hegel, Schopenhauer pour lequel on sent que Gombrowicz a une espèce de penchant, Nietzsche, Feuerbach (un peu), Marx (puisque Feuerbach et Hegel), Husserl, Heidegger - un ou deux philosophes grecs sont cités, Kierkegaard et Sartre pour l'existentialisme, et puis c'est tout. Pour trois d'entre eux : Kant, Nietzsche et Schopenhauer, Gombrowicz, polonais, fait une prise de guerre en les faisant polonais comme lui : « Nietzsche, comme Kant et Schopenhauer, était polonais ! » - le premier se croyait polonais - voir « Je suis gentilhomme polonais pur sang » dans Ecce Homo - et les deux autres sont nés dans des villes, Königsberg (désormais en Russie) et Danzig, revendiquées par la Pologne. Au final, cela ne change pas grand chose, les Allemands ont envahis la philosophie, la Russie et la Pologne.
Le Cours de philosophie en six heures un quart est la retranscription* des cours donnés par Gombrowicz en avril et en mai 1969 à sa femme Marie Rita Labrosse, son ami Dominique de Roux et des amis de passage. Dans cette période, Gombrowicz souffre fortement d'une maladie des poumons contracté dans sa jeunesse et songe tout aussi fortement au suicide : les cours qu'ils donnent à son entourage le détourne du suicide et lui permette de mieux supporter les derniers instants de sa vie - il décède le 24 juillet 1969.
Amoureux de la philosophie - le texte est introduit par une préface de Francesco Cataluccio, connaisseur de l'histoire de la Pologne et éditeur en italien de l'oeuvre de Gombrowicz, sur « La philosophie de Gombrowicz » dans laquelle les éléments de la philosophie que l'auteur a disséminé dans son oeuvre sont présentés -, Gombrowicz livre un court essai de philosophie - il ne prétend pas embrasser la totalité de la philosophie -, ne s'adressant pas aux néophytes - ceux-là liront plutôt le Monde de Sophie de Jostein Gaarder ou La philosophie expliquée à ma fille de Roger Pol-Droit - et dans lequel il se montre érudit, plein d'humour - il prend ses élèves et son chien comme exemple de ces démonstrations, se moque de la nationalité (canadienne) de son épouse, … - et très peu didactique - à titre d'exemple, lorsqu'il aborde Schopenhauer, il écrit :
« Après Kant, il y a une ligne de pensée qui pourrait se dessiner ainsi :
Fichte
Schelling Idéalisme allemand
Hegel
« Idéalisme » pourquoi ? Parce que c'est la philosophie subjective qui s'occupe des idées.
Kant a eu deux successeurs (chose curieuse) de deux genres différents :
Schopenhauer
Nietszche ».
Il faut donc s'accrocher au risque de sombrer dans les marécages de la philosophie germano-polonaise.
Et pour ceux qui s'étonneraient de la durée du cours et notamment de ce quart d'heure, Gombrowicz précise : «  le quart d'heure, je le consacre au marxisme ». Cela fait court un quart d'heure pour le Grand Soir.
* Des phrases restent parfois incomplètes.
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JimmyCz
  04 mai 2019
Il est des accidents que l'on regarde avec un sourire gêné. Un petit peu comme un ami qui tient des propos fort dommageables pour sa crédibilité. On voudrait lui dire de se taire pour préserver ce qui reste de cohérence mais devant l'assemblée c'est impossible.
Alors peut être que cet ouvrage pour des personnes qui n'y connaissent pas grand chose en philosophie est agréable, peut être que pour les personnes qui souhaitent être autodidactes c'est un bon début mais il y a tellement de faussetés par simplification, tellement d'opinion personnelle sur ce que tel ou tel philosophe aurait voulu dire qu'on en vient à lire des contre sens. le contresens en philosophie étant ce qu'il y a de pire, on se retrouve avec un ouvrage mal écrit, mal présenté, décousu, et parsemé de petites erreurs qui tuent le sens de la pensée des certains philosophes.
Je préfère retenir le Gombrowicz romancier ou nouvelliste.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   28 juillet 2011
Et pourtant, après une profonde analyse du problème, posé dans l'oeuvre de Descartes, Kant, de Husserl, Sartre se voit obligé d'admettre que pour un raisonnement strictement philosophique l'existence de l'autre est formellement inacceptable. Pourquoi? Parce que, dans mon essence absolue, je suis, comme on l'a vu, une conscience pure, un sujet... Et si j'admettais qu'un autre homme est également une conscience, alors pour cette conscience-là, étrangère, je deviens à l'instant même un objet, donc une chose. Or, pour un raisonnement strict, il ne saurait y avoir deux sujets, un sujet excluant forcément l'autre.
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brigetounbrigetoun   01 mai 2010
La praxis, c'est l'action pratique consciente. Selon Marx, la pensée doit se matérialiser dans l'action. L'idée doit se transformer en une force historique.
La contemplation va au diable.
Le marxisme déclare l'impossibilité de toute théorie non matérialisée.
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hupomnematahupomnemata   28 juillet 2011
L'art nous montre le jeu de la nature et de ses forces, c'est-à-dire la volonté de vivre. Shopenhauer est concret dans cette matière. Il demande: pourquoi la façade d'une cathédrale nous enchante, tandis qu'un mur tout simple ne nous intéresse pas? C'est parce que la volonté de vivre de la matière s'exprime dans la pesanteur et dans la résistance. Or, un mur ne met pas en évidence le jeu de ses forces, puisque chaque particule du mur résiste et pèse à la fois. Tandis que la façade de la cathédrale montre ces forces-là en action, puisque les colonnes résistent et les chapiteaux pèsent. On voit la lutte entre la pesanteur et la résistance. Il nous explique aussi pourquoi une colonne tordue (courbe) ne nous satisfait pas assez. De même, une colonne ronde est meilleure qu'une colonne carrée.
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hupomnematahupomnemata   28 juillet 2011
Voulez-vous retrouver ces deux-là, subjectivisme et objectivisme, dans le domaine des arts? Voyez! La Renaissance n'est-elle pas objectivisme, l'art baroque subjectivisme? En musique, Beethoven est subjectif, Bach objectif. Et de grand esprits, des artistes, des penseurs tels qu'un Montaigne ou un Nietzsche, ne se sont-ils pas réclamés du subjectivisme? Voulez-vous vous rendre compte à quel point cette déchirure dualiste continue à saigner? Veuillez lire les pages dramatiques que, dans LÊtre et le Néant, Sartre consacre à une bien étrange question: existe-t-il, à part moi, d'autre hommes?
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hupomnematahupomnemata   28 juillet 2011
Selon le marxisme, nous nous trouvons devant une humanité déformée. C'est l'exploitation qui est la source de la force. C'est notre conscience qui est déformée, parce qu'elle s'est adaptée à un système d'exploitation qu'elle ne veut pas avouer.
Le marxisme est une tentative de démystification.
En un sens philosophique, le marxisme ne pose pas une idée précise du monde, mais seulement une libération de la conscience pour qu'elle puisse réagir d'une façon authentique et non déformée devant le monde et l'homme.
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Videos de Witold Gombrowicz (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Witold Gombrowicz
http://le-semaphore.blogspot.fr/2014/.... Émission "Une vie une oeuvre" consacrée à l'écrivain polonais Witold Gombrowicz. Diffusion sur France Culture le 20 septembre 2007. Par Christine Lecerf. Réalisation Christine Robert. "Personne ne saurait même deviner l'infini de ma désertion." Witold Gombrowicz. Witold Gombrowicz est né le 4 août 1904 dans le domaine de Maloszyce, propriété de son père. Tiraillé entre la haute aristocratie et le milieu des petits hobereaux déclassés, Gombrowicz choisira l'entre-deux, la lutte du haut avec le bas, de la forme avec l'anti-forme. Diplômé de droit, il abandonne assez vite toute idée de carrière juridique pour se consacrer exclusivement à l'écriture. En août 1939, il s'embarque pour l'Argentine avec un ami journaliste pour un voyage d'inauguration de la nouvelle ligne trans-atlantique qui relie le port de Gdynia à Buenos Aires. Quatre jours après son arrivée, Hitler envahit la Pologne. S'ensuit un exil de plus de vingt ans dans le « pays des vaches », à distance de l'histoire, de l'Europe et de la littérature. De retour en Europe en 1963, il s'établit d'abord à Berlin, puis en France. Il finit sa vie à Vence, où il meurt, en 1969, sans jamais être revenu en Pologne. « Gombrowicz revient » titrait le 20 juillet dernier un quotidien polonais. On le croyait pourtant bel et bien disparu : après des années d'exil et d'interdiction, l'homme qui avait voulu « sortir le polonais de la Pologne pour en faire un homme tout court » n'était-il pas entré au panthéon des grands écrivains nationaux ? Et bien non, voilà Gombrowicz qui revient, plus jeune que jamais, semant une joyeuse pagaille à la cour. Car la bataille fait rage depuis qu'au printemps dernier, le Ministre de l'éducation nationale, Mr. Roman Giertych, a décidé de rayer l'anti-patriotique Gombrowicz de la liste des auteurs obligatoires pour les lycéens polonais. Depuis, le Ministre a perdu son portefeuille mais les programmes scolaires sont déjà publiés. Seuls des extraits du roman "Ferdydurke" ont été réintroduits in extremis. Comme l'a déclaré un vice chef de parti, il s'agit bien là d'une grave crise gouvernementale : « la première au monde qui serait due à un différend littéraire ». Mais pourquoi interdire Gombrowicz ? De quoi avoir peur ? Contre quoi chercher à se protéger ? « Je ne suis rien, je peux tout me permettre », semble à nouveau prévenir le grand humoriste et sublime provocateur, dont l'oeuvre demeure plus que jamais un véritable « baromètre de la liberté d'expression » (Rita Gombrowicz) Car l'affaire n'est pas aussi nationale qu'elle le paraît : « A la place du mot Pologne, mettez Argentine, Canada, Roumanie, et vous verrez mes souffrances s'élargir jusqu'à une bonne partie du globe », avait confié Gombrowicz au cours de ses entretiens avec Dominique de Roux. Et si nous étions tous des Polonais ? Une occasion pour France Culture de revenir sur le destin marginal et l'oeuvre énigmatique d'un homme qui aura toujours lutté avec les seuls moyens de la littérature contre tout ce qui déforme le visage changeant de l'homme et lui impose une forme finie : une « gueule » comme il l'écrira dans "Ferdydurke". Plus particulièrement centrée sur le versant romanesque de son oeuvre, ainsi que sur les milliers de pages à la fois frivoles et profondes du "Journal", cette émission tentera également de restituer l'inépuisable drôlerie philosophique de l'écriture gombrowiczienne dont le tout premier but était « d'opposer un laisser-aller campagnard aux tensions de nos centres intellectuels ». Witold Gombrowicz a essentiellement écrit des romans "Ferdydurke" (1937), "Les Envoûtés" (1939), "Trans-Atlantique" (1953), "La Pornographie" (1960), "Cosmos" (1965) et des pièces de théâtre "Yvonne, Princesse de Bourgogne" (1935), "Le Mariage" (1953) et "Opérette" (1966) ainsi que quelques nouvelles. Il a publié un "Journal (1953-69)" sous forme de feuilleton dans Kultura, revue de l'émigration polonaise éditée en France. Il a résumé l'essentiel de sa pensée dans un Cours de philosophie en six heures et quart publié après sa mort (1969).
Invités :
Rita Gombrowicz Kristian Lupa Pierre Pachet, écrivain et essayiste Michel Polac Jean-Pierre Salgas Malgorzata Smorag-Goldberg Krystof Mrowcewicz
Thèmes : Arts & Spectacles| Littérature Etrangère| Pologne| Witold Gombrowicz
Source : France Culture
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>Philosophie occidentale moderne (755)
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