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Francesco M. Cataluccio (Préfacier, etc.)
EAN : 9782869309869
160 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/11/1995)
3.6/5   46 notes
Résumé :
Un itinéraire désacralisant à travers les interprétations de l'homme et du monde qui ont fondé l'Occident moderne. De Kant à Hegel, de Schopenhauer à Kierkegard, de Sartre à Heidegger, l'excentrique leçon de philosophie du plus grand écrivain polonais de ce siècle. En six heures un quart, Gombrowicz (1904-1969) réduit à sa plus simple expression l'histoire de la pensée, laissant au marxisme le quart d'heure final.
Un texte plein d'humour, de brillantes intuit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sachenka
  15 octobre 2021
Ceux qui espéraient avoir un aperçu de l'histoire de la philosophie, eh bien, continuez votre chemin. Ce bouquin de Witold Gombrowicz, qui devait m'en apprendre en six heures et un quart, eh bien, il s'est avéré une perte de temps. Je l'ai trouvé confus, désordonné et surtout indigeste. Ça ne m'a pas aidé à mieux comprendre cette discipline. Pourtant, j'ai suivi quelques cours, je m'y intéresse sérieusement, je connais les grandes lignes de l'oeuvre de plusieurs penseurs. Bref, je ne suis pas un néophyte. Si c'est votre cas, fuyez rapidement!
D'abord, Gombrowicz ne se concentre que sur une poignée de philosophes, ceux avec qui il a une affinité ou qui ont un lien avec son écriture. Il passe rapidement sur Descartes pour s'attarder surtout à Kant, Hegel, Schopenhauer, Marx et Sartre. Ses « cours » commencent souvent par quelques lignes, qui lancent par-ci par-là une des informations générales sans fil conducteur apparent.
Ensuite, Gombrowicz m'agace. Il s'attribue la naissance de l'existentialisme. Bon, d'autres aussi ont émis cette idée. Néanmoins, je trouve cela audacieux. Il semble que son roman Ferdyduke introduise certaines des idées de ce courant philosophique, et cela avant que Sartre n'écrive son oeuvre. Toutefois, ces idées « nouvelles » circulaient sous une forme ou une autre auprès de toute cette génération d'auteurs. Peut-être a-t-il raison mais son bouquin n'est pas la place pour ça.
Par la suite, Gombrowicz n'hésite pas à critiquer mais pas de la manière constructive. C'est très virulent pas moment. « idée stupide », (p. 142), en parlant d'une idée de Nietszche dans son traité Zaraoustra. Je trouvais cela agressant. Et de toutes façons, en philosophie, quelqu'un peut-il vraiment avoir tort?
Enfin, ce bouquin de Gombrowicz me semble mal construit. Ses idées semblent incomplètes, les phrases et les paragraphes sont drôlement agencées. Certains pans me font plutôt penser à un plan qu'à un livre. Un article de WIkipedia est cent fois mieux construit. D'ailleurs, je suis allé sur ce site et j'ai trouvé une explication : Gombrowicz est mort l'année de la parution de ce livre. Sans doute n'a-t-il pas eu le temps de le terminer, de le polir un peu.
Quoiqu'il en soit, ce Cours de philosophie en six heures un quart est une grande déception. Tout comme l'ensemble de l'oeuvre de Gombrowicz, avec laquelle je ne semble pas avoir d'affinités du tout. Je ne sais pas pourquoi je persiste à la lire.
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deuxquatredeux
  10 août 2017
Dans Perles de vie, René de Obaldia cite Roger Nimier : « La philosophie est comme la Russie : pleine de marécages, et souvent envahie par les Allemands. » La lecture du Cours de philosophie en six heures un quart constitue d'une certaine façon une démonstration de cet aphorisme dans la mesure où Gombrowicz traite essentiellement de philosophes allemands : Kant, Hegel, Schopenhauer pour lequel on sent que Gombrowicz a une espèce de penchant, Nietzsche, Feuerbach (un peu), Marx (puisque Feuerbach et Hegel), Husserl, Heidegger - un ou deux philosophes grecs sont cités, Kierkegaard et Sartre pour l'existentialisme, et puis c'est tout. Pour trois d'entre eux : Kant, Nietzsche et Schopenhauer, Gombrowicz, polonais, fait une prise de guerre en les faisant polonais comme lui : « Nietzsche, comme Kant et Schopenhauer, était polonais ! » - le premier se croyait polonais - voir « Je suis gentilhomme polonais pur sang » dans Ecce Homo - et les deux autres sont nés dans des villes, Königsberg (désormais en Russie) et Danzig, revendiquées par la Pologne. Au final, cela ne change pas grand chose, les Allemands ont envahis la philosophie, la Russie et la Pologne.
Le Cours de philosophie en six heures un quart est la retranscription* des cours donnés par Gombrowicz en avril et en mai 1969 à sa femme Marie Rita Labrosse, son ami Dominique de Roux et des amis de passage. Dans cette période, Gombrowicz souffre fortement d'une maladie des poumons contracté dans sa jeunesse et songe tout aussi fortement au suicide : les cours qu'ils donnent à son entourage le détourne du suicide et lui permette de mieux supporter les derniers instants de sa vie - il décède le 24 juillet 1969.
Amoureux de la philosophie - le texte est introduit par une préface de Francesco Cataluccio, connaisseur de l'histoire de la Pologne et éditeur en italien de l'oeuvre de Gombrowicz, sur « La philosophie de Gombrowicz » dans laquelle les éléments de la philosophie que l'auteur a disséminé dans son oeuvre sont présentés -, Gombrowicz livre un court essai de philosophie - il ne prétend pas embrasser la totalité de la philosophie -, ne s'adressant pas aux néophytes - ceux-là liront plutôt le Monde de Sophie de Jostein Gaarder ou La philosophie expliquée à ma fille de Roger Pol-Droit - et dans lequel il se montre érudit, plein d'humour - il prend ses élèves et son chien comme exemple de ces démonstrations, se moque de la nationalité (canadienne) de son épouse, … - et très peu didactique - à titre d'exemple, lorsqu'il aborde Schopenhauer, il écrit :
« Après Kant, il y a une ligne de pensée qui pourrait se dessiner ainsi :
Fichte
Schelling Idéalisme allemand
Hegel
« Idéalisme » pourquoi ? Parce que c'est la philosophie subjective qui s'occupe des idées.
Kant a eu deux successeurs (chose curieuse) de deux genres différents :
Schopenhauer
Nietszche ».
Il faut donc s'accrocher au risque de sombrer dans les marécages de la philosophie germano-polonaise.
Et pour ceux qui s'étonneraient de la durée du cours et notamment de ce quart d'heure, Gombrowicz précise : «  le quart d'heure, je le consacre au marxisme ». Cela fait court un quart d'heure pour le Grand Soir.
* Des phrases restent parfois incomplètes.
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JimmyCz
  04 mai 2019
Il est des accidents que l'on regarde avec un sourire gêné. Un petit peu comme un ami qui tient des propos fort dommageables pour sa crédibilité. On voudrait lui dire de se taire pour préserver ce qui reste de cohérence mais devant l'assemblée c'est impossible.
Alors peut être que cet ouvrage pour des personnes qui n'y connaissent pas grand chose en philosophie est agréable, peut être que pour les personnes qui souhaitent être autodidactes c'est un bon début mais il y a tellement de faussetés par simplification, tellement d'opinion personnelle sur ce que tel ou tel philosophe aurait voulu dire qu'on en vient à lire des contre sens. le contresens en philosophie étant ce qu'il y a de pire, on se retrouve avec un ouvrage mal écrit, mal présenté, décousu, et parsemé de petites erreurs qui tuent le sens de la pensée des certains philosophes.
Je préfère retenir le Gombrowicz romancier ou nouvelliste.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   28 juillet 2011
Et pourtant, après une profonde analyse du problème, posé dans l'oeuvre de Descartes, Kant, de Husserl, Sartre se voit obligé d'admettre que pour un raisonnement strictement philosophique l'existence de l'autre est formellement inacceptable. Pourquoi? Parce que, dans mon essence absolue, je suis, comme on l'a vu, une conscience pure, un sujet... Et si j'admettais qu'un autre homme est également une conscience, alors pour cette conscience-là, étrangère, je deviens à l'instant même un objet, donc une chose. Or, pour un raisonnement strict, il ne saurait y avoir deux sujets, un sujet excluant forcément l'autre.
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SachenkaSachenka   11 octobre 2021
Celui qui contemple le monde et qui s'émerveille, c'est l'artiste. Or, en ce sens, l'artiste ressemble à un enfant, puisque l'enfant aussi s'émerveille du monde d'une façon désintéressée. C'est pour cela, dit Schopenhauer, que l'enfant est génial, tout simplement parce qu'il est enfant. Dans les premières années d'une vie, on fait plus de progrès que pendant tout le reste de la vie.
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brigetounbrigetoun   01 mai 2010
La praxis, c'est l'action pratique consciente. Selon Marx, la pensée doit se matérialiser dans l'action. L'idée doit se transformer en une force historique.
La contemplation va au diable.
Le marxisme déclare l'impossibilité de toute théorie non matérialisée.
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hupomnematahupomnemata   28 juillet 2011
L'art nous montre le jeu de la nature et de ses forces, c'est-à-dire la volonté de vivre. Shopenhauer est concret dans cette matière. Il demande: pourquoi la façade d'une cathédrale nous enchante, tandis qu'un mur tout simple ne nous intéresse pas? C'est parce que la volonté de vivre de la matière s'exprime dans la pesanteur et dans la résistance. Or, un mur ne met pas en évidence le jeu de ses forces, puisque chaque particule du mur résiste et pèse à la fois. Tandis que la façade de la cathédrale montre ces forces-là en action, puisque les colonnes résistent et les chapiteaux pèsent. On voit la lutte entre la pesanteur et la résistance. Il nous explique aussi pourquoi une colonne tordue (courbe) ne nous satisfait pas assez. De même, une colonne ronde est meilleure qu'une colonne carrée.
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hupomnematahupomnemata   28 juillet 2011
Voulez-vous retrouver ces deux-là, subjectivisme et objectivisme, dans le domaine des arts? Voyez! La Renaissance n'est-elle pas objectivisme, l'art baroque subjectivisme? En musique, Beethoven est subjectif, Bach objectif. Et de grand esprits, des artistes, des penseurs tels qu'un Montaigne ou un Nietzsche, ne se sont-ils pas réclamés du subjectivisme? Voulez-vous vous rendre compte à quel point cette déchirure dualiste continue à saigner? Veuillez lire les pages dramatiques que, dans LÊtre et le Néant, Sartre consacre à une bien étrange question: existe-t-il, à part moi, d'autre hommes?
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