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Francesco M. Cataluccio (Préfacier, etc.)
EAN : 9782869309869
160 pages
Payot et Rivages (01/11/1995)
3.65/5   55 notes
Résumé :
Un itinéraire désacralisant à travers les interprétations de l'homme et du monde qui ont fondé l'Occident moderne. De Kant à Hegel, de Schopenhauer à Kierkegard, de Sartre à Heidegger, l'excentrique leçon de philosophie du plus grand écrivain polonais de ce siècle. En six heures un quart, Gombrowicz (1904-1969) réduit à sa plus simple expression l'histoire de la pensée, laissant au marxisme le quart d'heure final.
Un texte plein d'humour, de brillantes intuit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Gombrowicz est un auteur que j'ai découvert il y a bien des années grâce à ma lecture d'un des essais de Milan Kundera, L'art du roman, je crois.

Depuis, j'ai pu apprécier la façon dont il décrit avec ironie, mais aussi sans pitié, l'être humain.
Ainsi son immaturité voire son infantilisme dans Ferdydurke, immaturité qui faisait sens à l'époque avec toutes ces foules embrigadées par les régimes fascistes, ..ou staliniens. Et qui est toujours d'actualité.
Et puis, dans Cosmos, la volonté absurde et obsessionnelle de l'être humain à tout vouloir expliquer, sa rationalité dénuée d'empathie.
Bref, un auteur sans illusion sur l'humanité, un auteur qui dérange, un peu comme Kafka, mais avec plus de sarcasme, de dérision.

Aussi, quand j'ai découvert ce Cours de Philosophie en Six heures et quart, grâce à la critique courte mais affûtée de mon ami Black Radis, je me suis demandé comment cet ouvrage d'un écrivain hors normes pourrait m'éclairer, moi dont les connaissances en ce domaine se limitent à quelques auteurs qui me parlent d'attitude face à la vie..et à la mort, Spinoza, Montaigne, Schopenhauer, Nietzsche et Camus, entre autres, plutôt que de maniements de concepts.

Eh bien, peut-être parce que je ne suis pas philosophe, et donc mauvais juge, je dois dire que j'ai beaucoup apprécié cet ouvrage.
Certes, je me doute que c'est simpliste et iconoclaste pour un vrai philosophe certifié pur jus.
Certes, ça se limite à beaucoup de philosophes allemands: Kant, Hegel, Schopenhauer, Nietzsche, Marx et Heidegger, auxquels il faut ajouter Husserl, Kierkegaard, Sartre.
Mais, en dépit des formules à l'emporte-pièce, et des affirmations vachardes, c'est d'une clarté extraordinaire, et surtout j'ai compris ce qui anime les réflexions de tous ces philosophes; et c'est passionnant car j'y ai découvert que, sans le savoir, cela rejoignait beaucoup de mes préoccupations.
Ainsi de Kant, et ses questions de l'à priori et de l'à postériori, de la relation entre science et métaphysique, de l'impossibilité de démontrer l'existence de Dieu, ainsi de Hegel et de l'importance de l'avancée de l'Histoire et du rôle de la dialectique dans ce mouvement, de Schopenhauer et de la volonté de vivre, aussi de la contemplation dans l'art. Passionnantes aussi les analyses de Sartre et son concept de la liberté, Kierkegaard, Heidegger, Nietzsche.
Et enfin, il y a une analyse absolument claire et sans concession de l'oeuvre de Marx et de ses conséquences: matérialisme athée, dimension sociologique de l'homme, domination de la nature...

En conclusion, mes remerciements à Witold Gombrowicz, et d'autant plus que j'ai lu qu'il a écrit ces lignes à la demande de ses proches pour s'occuper l'esprit alors qu'il était en fin de vie.
Peut-être qu'un agrégé de philosophie a trouvé nul cet ouvrage, mais tant pis.
En ce qui me concerne, il m'a permis de comprendre enfin les questionnements de tous ces philosophes, et d'alimenter mes réflexions sur la vie, je n'en demandais pas plus.



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Ceux qui espéraient avoir un aperçu de l'histoire de la philosophie, eh bien, continuez votre chemin. Ce bouquin de Witold Gombrowicz, qui devait m'en apprendre en six heures et un quart, eh bien, il s'est avéré une perte de temps. Je l'ai trouvé confus, désordonné et surtout indigeste. Ça ne m'a pas aidé à mieux comprendre cette discipline. Pourtant, j'ai suivi quelques cours, je m'y intéresse sérieusement, je connais les grandes lignes de l'oeuvre de plusieurs penseurs. Bref, je ne suis pas un néophyte. Si c'est votre cas, fuyez rapidement!

D'abord, Gombrowicz ne se concentre que sur une poignée de philosophes, ceux avec qui il a une affinité ou qui ont un lien avec son écriture. Il passe rapidement sur Descartes pour s'attarder surtout à Kant, Hegel, Schopenhauer, Marx et Sartre. Ses « cours » commencent souvent par quelques lignes, qui lancent par-ci par-là une des informations générales sans fil conducteur apparent.

Ensuite, Gombrowicz m'agace. Il s'attribue la naissance de l'existentialisme. Bon, d'autres aussi ont émis cette idée. Néanmoins, je trouve cela audacieux. Il semble que son roman Ferdyduke introduise certaines des idées de ce courant philosophique, et cela avant que Sartre n'écrive son oeuvre. Toutefois, ces idées « nouvelles » circulaient sous une forme ou une autre auprès de toute cette génération d'auteurs. Peut-être a-t-il raison mais son bouquin n'est pas la place pour ça.

Par la suite, Gombrowicz n'hésite pas à critiquer mais pas de la manière constructive. C'est très virulent pas moment. « idée stupide », (p. 142), en parlant d'une idée de Nietszche dans son traité Zaraoustra. Je trouvais cela agressant. Et de toutes façons, en philosophie, quelqu'un peut-il vraiment avoir tort?

Enfin, ce bouquin de Gombrowicz me semble mal construit. Ses idées semblent incomplètes, les phrases et les paragraphes sont drôlement agencées. Certains pans me font plutôt penser à un plan qu'à un livre. Un article de WIkipedia est cent fois mieux construit. D'ailleurs, je suis allé sur ce site et j'ai trouvé une explication : Gombrowicz est mort l'année de la parution de ce livre. Sans doute n'a-t-il pas eu le temps de le terminer, de le polir un peu.

Quoiqu'il en soit, ce Cours de philosophie en six heures un quart est une grande déception. Tout comme l'ensemble de l'oeuvre de Gombrowicz, avec laquelle je ne semble pas avoir d'affinités du tout. Je ne sais pas pourquoi je persiste à la lire.
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Dans Perles de vie, René de Obaldia cite Roger Nimier : « La philosophie est comme la Russie : pleine de marécages, et souvent envahie par les Allemands. » La lecture du Cours de philosophie en six heures un quart constitue d'une certaine façon une démonstration de cet aphorisme dans la mesure où Gombrowicz traite essentiellement de philosophes allemands : Kant, Hegel, Schopenhauer pour lequel on sent que Gombrowicz a une espèce de penchant, Nietzsche, Feuerbach (un peu), Marx (puisque Feuerbach et Hegel), Husserl, Heidegger - un ou deux philosophes grecs sont cités, Kierkegaard et Sartre pour l'existentialisme, et puis c'est tout. Pour trois d'entre eux : Kant, Nietzsche et Schopenhauer, Gombrowicz, polonais, fait une prise de guerre en les faisant polonais comme lui : « Nietzsche, comme Kant et Schopenhauer, était polonais ! » - le premier se croyait polonais - voir « Je suis gentilhomme polonais pur sang » dans Ecce Homo - et les deux autres sont nés dans des villes, Königsberg (désormais en Russie) et Danzig, revendiquées par la Pologne. Au final, cela ne change pas grand chose, les Allemands ont envahis la philosophie, la Russie et la Pologne.

Le Cours de philosophie en six heures un quart est la retranscription* des cours donnés par Gombrowicz en avril et en mai 1969 à sa femme Marie Rita Labrosse, son ami Dominique de Roux et des amis de passage. Dans cette période, Gombrowicz souffre fortement d'une maladie des poumons contracté dans sa jeunesse et songe tout aussi fortement au suicide : les cours qu'ils donnent à son entourage le détourne du suicide et lui permette de mieux supporter les derniers instants de sa vie - il décède le 24 juillet 1969.

Amoureux de la philosophie - le texte est introduit par une préface de Francesco Cataluccio, connaisseur de l'histoire de la Pologne et éditeur en italien de l'oeuvre de Gombrowicz, sur « La philosophie de Gombrowicz » dans laquelle les éléments de la philosophie que l'auteur a disséminé dans son oeuvre sont présentés -, Gombrowicz livre un court essai de philosophie - il ne prétend pas embrasser la totalité de la philosophie -, ne s'adressant pas aux néophytes - ceux-là liront plutôt le Monde de Sophie de Jostein Gaarder ou La philosophie expliquée à ma fille de Roger Pol-Droit - et dans lequel il se montre érudit, plein d'humour - il prend ses élèves et son chien comme exemple de ces démonstrations, se moque de la nationalité (canadienne) de son épouse, … - et très peu didactique - à titre d'exemple, lorsqu'il aborde Schopenhauer, il écrit :

« Après Kant, il y a une ligne de pensée qui pourrait se dessiner ainsi :
Fichte
Schelling Idéalisme allemand
Hegel
« Idéalisme » pourquoi ? Parce que c'est la philosophie subjective qui s'occupe des idées.
Kant a eu deux successeurs (chose curieuse) de deux genres différents :
Schopenhauer
Nietszche ».

Il faut donc s'accrocher au risque de sombrer dans les marécages de la philosophie germano-polonaise.

Et pour ceux qui s'étonneraient de la durée du cours et notamment de ce quart d'heure, Gombrowicz précise : «  le quart d'heure, je le consacre au marxisme ». Cela fait court un quart d'heure pour le Grand Soir.

* Des phrases restent parfois incomplètes.
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Il est des accidents que l'on regarde avec un sourire gêné. Un petit peu comme un ami qui tient des propos fort dommageables pour sa crédibilité. On voudrait lui dire de se taire pour préserver ce qui reste de cohérence mais devant l'assemblée c'est impossible.
Alors peut être que cet ouvrage pour des personnes qui n'y connaissent pas grand chose en philosophie est agréable, peut être que pour les personnes qui souhaitent être autodidactes c'est un bon début mais il y a tellement de faussetés par simplification, tellement d'opinion personnelle sur ce que tel ou tel philosophe aurait voulu dire qu'on en vient à lire des contre sens. le contresens en philosophie étant ce qu'il y a de pire, on se retrouve avec un ouvrage mal écrit, mal présenté, décousu, et parsemé de petites erreurs qui tuent le sens de la pensée des certains philosophes.
Je préfère retenir le Gombrowicz romancier ou nouvelliste.
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J'ai bien aimé.
L'auteur nous offre sa lecture de Kant (jugement s par lesquels je peux connaître le monde), d'Hegel (pour qui notre compréhension du monde ressemble à la visite d'une cathédrale : on y entre et c'est progressivement en voyant chaque détail que l'on finit par comprendre l'ensemble), de Kierkegaard (l'anti-Hegel), Sartre (qu'il trouve trop cérébral), Heidegger dont le même Sartre s'est beaucoup inspiré...
Ça donne envie d'être intelligent...
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Nietzsche

Sans Dieu, il n’y a pas de lois extérieures.
La seule loi pour Nietzsche est l’affirmation de la vie.
C’est une philosophie antichrétienne et athée.
Ce n’est pas facile d’être athée.

Chez Nietzsche, la vie n’est pas bonne, mais nous sommes condamnés à la vie.

L’espèce humaine est comme toutes les autres, elle s’améliore par une lutte et une sélection naturelle qui est faite par la vie même.
Ici on voit l’aspect le plus sensationnel et le plus provocant de cette philosophe: c’est l’opposition au christianisme qui, selon Nietzsche, était une morale des faibles imposée aux forts, nuisible pour l’espèce humaine, et donc, immorale.
Évidemment, cette attitude était révolutionnaire et elle mettait à l’envers tous les systèmes de valeurs.
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Nietzsche

Chez Nietzsche, nous trouvons trois pensées dominantes……
1. Dieu est mort. Ça signifie que l’humanité est arrivée à sa maturité. La foi en Dieu est déjà anachronique. L’homme se retrouve seul dans le cosmos. Rien que la vie.
2. (Idée stupide.) L’idéal du surhomme. L’homme est un phénomène passager qui doit être dépassé. L’homme est donc problématique. Il est un pont et non une fin en soi……
3. L'Éternel Retour. C’est une idée scientifique qui naît d’une part de la notion de temps infini et d’autre part, de l’idée de causalité…Nietzsche part d’une cause originelle qui produit toutes les autres causes, effets-causes, etc…cela sera dépassé par d’autres causes-effets et finalement s’anéantir, et de nouveau la première cause reviendra, etc…, et nous arriverons de nouveau à la même situation. Comme le temps est infini, cela se répétera éternellement
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Et pourtant, après une profonde analyse du problème, posé dans l'oeuvre de Descartes, Kant, de Husserl, Sartre se voit obligé d'admettre que pour un raisonnement strictement philosophique l'existence de l'autre est formellement inacceptable. Pourquoi? Parce que, dans mon essence absolue, je suis, comme on l'a vu, une conscience pure, un sujet... Et si j'admettais qu'un autre homme est également une conscience, alors pour cette conscience-là, étrangère, je deviens à l'instant même un objet, donc une chose. Or, pour un raisonnement strict, il ne saurait y avoir deux sujets, un sujet excluant forcément l'autre.
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Celui qui contemple le monde et qui s'émerveille, c'est l'artiste. Or, en ce sens, l'artiste ressemble à un enfant, puisque l'enfant aussi s'émerveille du monde d'une façon désintéressée. C'est pour cela, dit Schopenhauer, que l'enfant est génial, tout simplement parce qu'il est enfant. Dans les premières années d'une vie, on fait plus de progrès que pendant tout le reste de la vie.
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La praxis, c'est l'action pratique consciente. Selon Marx, la pensée doit se matérialiser dans l'action. L'idée doit se transformer en une force historique.
La contemplation va au diable.
Le marxisme déclare l'impossibilité de toute théorie non matérialisée.
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Videos de Witold Gombrowicz (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Witold Gombrowicz
Witold Gombrowicz : Entretiens avec Gilbert Maurice Duprez (1967 / France Culture). Diffusion sur France Culture du 14 au 20 janvier 1970. Photographie : L'écrivain polonais Witold Gombrowicz (1904-1969), portrait daté de 1967. - Sophie Bassouls/Sygma/Sygma via Getty Images. Ces entretiens avec le grand écrivain polonais, disparu en 1969, ont été enregistrés en 1967 et diffusés pour la première fois du 14 au 20 janvier 1970. Witold Gombrowicz a enregistré cette série d'entretiens avec Gilbert Maurice Duprez en juin 1967 alors qu'il venait de se voir décerner le prix international de littérature "Formentor". Plutôt que d'y voir une tentative d'exégèse de son œuvre par lui-même, il faut plutôt considérer ces entretiens comme une suite d'esquisses en vue d'un autoportrait que l'on pourrait intituler : Witold Gombrowicz par Witold Gombrowicz. L'écrivain polonais est mort en 1969 des suites d'une grave affection cardiaque. Gombrowicz n’a jamais pu jouir pleinement du succès de son œuvre, notamment à l’étranger. C’est en France, grâce notamment au vif succès des représentations du "Mariage" au théâtre Récamier en 1964 et de "Yvonne Princesse de Bourgogne" au théâtre de France en 1965, que son œuvre trouve l’un des retentissements les plus rapides. Polonais mais antipatriote visant une forme d’universalité humaine, il était important pour Gombrowicz que son œuvre dépasse les frontières de son pays. Witold Gombrowicz : « Mon histoire est celle-ci : j'ai quitté la Pologne en 1939, après j'ai passé vingt-trois ans en Argentine, puis après une année à Berlin je me suis établi ici, à Vence, à cause de ma santé qui n'est pas très bonne. Exilé ? Oui, premièrement je suis un exilé politique à cause du régime communiste en Pologne, mais aussi dans un sens spirituel. C'est-à-dire que je veux être un écrivain universel et dépasser ma situation particulière de Polonais, même je ne voudrais pas être un écrivain européen. Ma philosophie est de dépasser la nation. Je suis dans un certain sens un antipatriote. » Grâce à ces entretiens, enregistrés en juin 1967, soit un an et demi avant sa mort, on découvre un Gombrowicz certes fatigué, à la voix enrouée, mais toujours plein de la vivacité intellectuelle et de cette lucidité presque déconcertante qui irrigue son œuvre. Posant un regard critique sur la société et notre façon d’être au monde, on y découvre un Gombrowicz qui exècre beaucoup de ses contemporains et la littérature moderne en général, déclarant la guerre à Joyce ou au nouveau roman, dont la forme trop complexe brouille toute possibilité d’une vraie expérience de lecture. Ces enregistrements sont des ressources rares et précieuses qui permettent aux auditeurs et auditrices d’entrevoir les mouvements intimes de l’un des esprits les plus excentriques et fascinants de la littérature européenne du XXe siècle.
Source : France Culture
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