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Constantin Jelenski (Éditeur scientifique)Geneviève Serreau (Traducteur)
EAN : 9782070382972
224 pages
Éditeur : Gallimard (22/11/1990)
3.83/5   32 notes
Résumé :
" Dans une prose archaïque, parlée plus qu'écrite, je raconte comment, à la veille de la guerre, j'atterris en Argentine, comment l'explosion de la guerre m'y surprit.
Moi, Gombrowicz, je fais la connaissance d'un " puto " (pédé) amoureux d'un jeune Polonais, et les circonstances me font l'arbitre de la situation : je peux précipiter le jeune homme dans les bras du pédéraste, ou faire en sorte qu'il reste auprès de son père, un commandant polonais vieux jeu, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sachenka
  19 juin 2017
Witold Gombrowicz est considéré comme un des plus grands auteurs du XXe siècle, j'ai lu quelques uns de ses ouvrages les plus connus et encensés, comme Ferdyduke, Pornographie et bakakaï, et je viens de terminer ce roman, Trans-Atlantique. Hélas, l'ensemble de son oeuvre m'échappe, me déroute un peu. Il en va de même pour ce dernier roman à saveur autobiographique. Je suis capable d'en apprécier certaines qualités littéraires mais ce n'est pas le genre d'oeuvre qui m'intéresse particulière. L'histoire ? En septembre 1939, après quelques semaines en mer, Gombrowicz débarque à Buenos Aires. Presque aussitôt, il apprend que son pays natal, la Pologne, doit se défendre contre l'agresseur allemand. On ne le sait pas encore, mais il s'agit de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs Polonais expatriés se demandent s'ils ne devraient pas porter secours à leurs compatriotes. Gombrowicz se moque d'eux. À quoi bon ! le temps de rebrousser chemin, ils seront pris derrière les lignes ennemis à l'effort de guerre des Français ou des Anglais. Et l'histoire lui donnera raison, malheureusement !
Pendant le mois qui suit, Gombrowicz et plusieurs expatriés se la coulent douce à Buenos Aires, dans cette Argentine qui leur propose tous les divertissements possibles, et l'ennui aussi. Dîners, rencontres dans les salons, dans les bars, échanges oisifs, disputes entre amis, etc. Les péripéties de Gonzalo, entre autres, sont assez drôles. L'auteur raconte quelques unes de leurs mésaventures, mais aussi ses échanges avec d'autres personnages, des vieux, qui lui reprochent son inaction, sa débauche, sa moralité discutable son abandon de la patrie. En même temps il veut profiter de sa jeunesse. Sans doute Gombrowicz était lui-même tiraillé par ces choses.
La petite communauté polonaise forme une société de bien-nantis sclérosée, refermée sur elle-même, dont le regard (ou du moins les pensées) sont constamment tournées vers la Pologne même s'ils n'osent pas l'admettre. D'où la signification du titre : Trans-Atlantique. Tout a un lien avec ce qui se passe à travers l'Atlantique. Les personnages (et peut-être l'auteur lui-même) ne ressent que de l'indifférence à l'endroit de sa patrie mais, en même temps, ce vide devient difficile à combler selon moi.
Je dois au moins reconnaître que l'auteur a su dépeindre des personnages uniques, faciles à comprendre, ridicules à leur manière mais en même temps attendrissants. Pareillement pour l'atmosphère, à la fois lourde (ils refusent la guerre, tournent le dos à la patrie, certains se retrouvent sans moyens) et légère, du fait des nombreuses péripéties risibles que les exilés subissent et font subir. Il est clair que, du fait que je n'aie pas embarqué totalement dans le délire de Gombrowicz, je sois passé à côté de plusieurs éléments fort intéressants. Un critique plus objectif pourra sans doute décrire beaucoup mieux le style de l'auteur.
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stcyr04
  23 mai 2019
Gombrowicz se met en scène à plaisir dans Trans-Atlantique. Cela débute alors que l'auteur est surpris en Argentine par le déclenchement des hostilités du second conflit mondial et le récit qui couvre un mois à peine s'achève pas une fiesta de tous les diables alors que la Pologne capitule sous les coups de butoirs des troupes du pacte germano-soviétique.
Les aventures et mésaventures de l'écrivain en exil tentant de subvenir à ses besoins sont contées sur un ton épique et drolatique. Gombrowicz fait la rencontre d'un rastaquouère pédéraste qui poursuit de ses assiduités le fils d'un ex-commandant à la retraite, ne manquant pas d'offenser ce dernier qui, en bon polonais chatouilleux de son honneur le provoque en duel. La rencontre sur le pré ne va pas totalement de dérouler comme prévu.
Satire antichauviniste , divertissement iconoclaste, Trans-Atlantique s'attira les foudres de l'intelligentsia polonaise qui y voyait une trahison, un intolérable blasphème envers la chère patrie martyre. La prose baroque, hautement sympathique, fait feu de tout bois. le roman n'évite malgré tout pas l'écueil de verser dans le grandiloquent et la farce, pour s'achever en onomatopée.
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PascalMalosse
  26 juillet 2019
La forme, toujours la tyrannie de la forme ! Même dans un petit groupe d'expatriés risibles alors que la guerre éclate au pays. Un récit rythmé, un humouu toujours mordant, lu rapidement et avec plaisir
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   07 décembre 2009
dérisoires sont les projets, vains les arrangements, futiles les résolutions quand l'homme est acculé par les hommes, perdu au milieu des hommes comme en une sombre forêt. Alors, tu marches mais en réalité tu erres; tu prends des décisions et batis des plans mais tu erres; tu crois agencer les choses selon ta volonté propre mais tu erres; tu parles, tu agis mais, au coeur de la forêt, dans la nuit, tu erres, tu erres...
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lilianelafondlilianelafond   19 février 2017
Ciumkala, plus mort que vif, cramoisi, tire de sa poche non seulement la grosse main, mais un bouchon de Bouteille, des bouts de papier froissés, une petite cuillère, des lacets, enfin deux ou trois petits poissons fumés. À leur vue les deux autres demeurent cois. C’est comme si ces Poissons soulevaient entre eux un nuage de rogne.
Me reviennent alors en mémoire les propos de Ciecisz relatifs à ces vieilles Rancunes, Biles, Aigreurs qui fermenteraient entre les Trois - comme il arrive entre associés - et dont la cause censément résiderait en quelque Moulin, quelque Écluse. Ce pourquoi Pyckal, d’abord pantois à la vue de ces Poissons, se met tout à coup à hurler :
― Mes goujons ! Les goujons ! Tu me le payeras ! Je te ferai faire la culbute !
Le Baron, quant à lui, imprime un va-et-vient ondulatoire à sa pomme d’Adam, déglutit, desserre le col de sa chemise, et finit par articuler :
― Le Registre.
― Si la grange a brûlé c’est à cause de ce sarrasin, réplique Ciumkala.
Pyckal le considère d’un œil torve et bougonne :
― Il y avait de l’eau.
Et les voici plantés debout tous trois, immobiles, jusqu’au moment où Ciumkala se met à se gratter l’oreille, et le Baron à se gratter la cheville, et Pyckal à se gratter la cuisse droite.
― Ne te gratte pas, dit le Baron.
― Je ne me gratte pas, répond Pyckal.
― C’est moi qui me grattais, remarque Ciumkala. Et Pyckal :
― Je vais te faire voir, moi, comment on se gratte !
― Gratte. gratte donc, dit le Baron, tu es là pour ça.
― Je ne te gratterai pas, réplique Pyckal, fais-toi gratter par le Secrétaire.
― Mon Secrétaire, dit le Baron, me grattera quand je lui en aurai donné l’ordre.
― Je l’engagerai pour moi, ton Secrétaire, dit Pyckal, je te me le prendrai et il me grattera quand ça me plaira. Tout Vrai Seigneur que tu sois, tout Vrai Manant que je sois, il te me grattera suivant mon humeur, là.
― Il Grattera, dis-je.
― Qui est le Vrai Manant, qui le Vrai Seigneur, dit le Baron, là n’est pas la question, mais ce secrétaire, tu ne l’engageras pas, toi, c’est moi qui te me l’engagerai, et c’est moi et pas toi qu’il Grattera.
Alors Ciumkala éclate en sanglots geignards, tumultueux :
― Au secours ! clame-t-il, à moi ! C’est pour votre avantage, profit et bénéfice que vous voulez Gratter tout ça, et pour ma Damnation, Perdition et Désolation. Eh bien, dans ces conditions, c’est moi qui me vous l’engagerai, oui je l’Engagerai !

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SachenkaSachenka   24 juin 2017
La louange me revient de droit, c'est mon hermine et ma couronne!
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stekasteka   20 novembre 2014
Du milieu de ce cortège se dégagea un homme tout de Noir habillé, haut personnage sans nul doute car dès son apparition on n'entendit bruire que : "Gran escritor, maestro ...Maestro, maestro ..." et tous pour un peu seraient tombés à genoux, n'était leur faible pour les petits fours.
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dahudahu   23 septembre 2012
Sans doute l'être le plus bizarre que j'aie jamais rencontré: Maigre, débilité, tout chétif d'une Anémie d'enfance qui l'enchétive encore, affable et de bon ton, et pareil au Lièvre traqué qui se motte sous un buisson, l'oreille dressée hume le vent, et tout soudain part à Crier et puis se tient tout clos et Coi.
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