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Céline Véron Voetelink (Traducteur)
ISBN : 2352871190
Éditeur : Archipoche (06/05/2009)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 156 notes)
Résumé :
«Je serai sombre, française, à la mode et difficile ; vous serez douce, ouverte, anglaise et belle. Quelle paire nous formerons ! Quel homme pourrait nous résister ?» Tels sont les premiers mots prononcés par Anne Boleyn à l'endroit de sa soeur Marie quand elle la rejoint, en 1522, à la cour d'Angleterre.

Introduite au palais de Westminster, à l'âge de 14 ans, Marie Boleyn séduit le roi Henri VIII auquel elle donnera deux enfants. D'abord éblouie par ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Aline1102
  29 mars 2014
Mary Boleyn, à peine mariée et encore adolescente, est poussée par sa famille à devenir la maîtresse d'Henry VIII Tudor. Les Boleyn et, surtout, l'oncle Howard de Mary, souhaitent obtenir les faveurs du Roi et n'ont pas trouvé de meilleure solution que de lui offrir la jeune fille qu'Henry convoite depuis quelque temps.
Mais Anne, la soeur de Mary, est revenue à la cour anglaise après un long séjour en France. La rivalité qui a toujours opposé les deux soeurs renaît de plus belle : Anne est jalouse de Mary, sa cadette, qui a donné deux enfants à Henry VIII. L'aînée des Boleyn tente alors de capter l'attention du Roi.
Quand elle y parvient, la famille Boleyn et l'oncle Howard décide de la pousser sur le trône à la place de Catherine d'Aragon, l'épouse d'Henry, qui n'a pas pu lui donner d'héritier mâle. Mary Boleyn doit donc céder la place à Anne, cette soeur qu'elle déteste autant qu'elle l'aime...
Ceux qui me connaissent bien (ou qui suivent mes critiques depuis un petit temps) le savent : j'adore l'histoire et la culture britanniques. Et j'ai un faible pour la monarchie Tudor qui, malgré la cruauté dont elle a parfois fait preuve (Henry VIII n'hésitait pas à faire décapiter tous ceux qui le gênait) est tout de même une grande dynastie.
Ma soeur a donc et la bonne idée de m'offrir ce roman, que j'ai adoré.
Raconté du point de vue de Mary Boleyn, il apporte un regard extérieur assez effrayant sur la personnalité d'Henry VIII et d'Anne Boleyn.
Bien entendu, il s'agit d'une fiction historique. L'histoire y est donc romancé et, d'ailleurs, j'ai un peu de mal à croire qu'Anne Boleyn ait été aussi cruelle. Mais en ce qui concerne la tyrannie dont Henry VIII a souvent fait preuve, Philippa Gregory respecte assez bien l'histoire réelle...
Ce qui attire d'abord l'attention dans ce roman, c'est l'opposition qui existe entre les deux soeurs Boleyn. Mary est douce et gentille, elle a un physique typiquement anglais, avec ses cheveux blonds et son teint pâle. Anne, est plus "exotique", elle est brune et ténébreuse, dure et froide, et possède une séduction presque diabolique (ce qui lui vaudra quelques soucis à la fin de sa courte existence...). Anne elle-même perçoit cette différence entre elle et sa soeur et décide d'en jouer quand elle lui dit :
“I shall be dark and French and fashionable and difficult. And you shall be sweet and open and English and fair. What a pair we shall be! What man can resist us?”
Cette opposition se retrouve également dans leur caractère : Mary est un peu naïve, presque idiote diront certains. Elle n'a pas un grand sens de la repartie et a du mal à servir des réponses spirituelles à Henry VIII lorsque celui-ci commence à lui faire la cour. Anne, en revanche est vive et spirituelle et possède un grand sens de la repartie : elle n'a aucun mal à discuter sur un pied d'égalité avec le Roi, même sur des sujets aussi sérieux que la théologie ou la poilitique.
Au début du roman, c'est Anne qui semble la plus sensée et la plus intéressante des soeurs Boleyn. Mary, elle, est reléguée au second plan malgré son rôle de narratrice.
Mais au fil du récit, Anne s'endurcit de plus en plus ; tandis que Mary devient de plus en plus sensée. On éprouve alors plus de sympathie pour cette "autre Boleyn" (Mary) auquel le titre du roman fait référence.
Philippa Gregory s'amuse également à opposer les cours successives de Catherine d'Aragon et d'Anne Boleyn. Au début du roman, l'ambiance de la Cour est plutôt bon enfant. Les messieurs accompagnent le Roi dans les appartements de Catherine et y font une gentille cour aux dames de compagnie de la Reine. Tout se passe de façon très courtoise.
Quand Anne montera sur le trône, cette même Cour va se transformer. On ressent, grâce aux descriptions que nous en fait Mary Boleyn, une ambiance de débauche et d'orgie qui n'existait pas du temps de Catherine. La "première Reine" d'Henry VIII était pieuse et vertueuse, mais Anne ne vit que pour son plaisir et pour séduire le Roi. Ses appartements accueillent constamment des musiciens, des poètes, des hommes qui font une cour moins subtiles à ses dames...
Les conditions de vie à la Cour se durcissent. Henry VIII est de plus en plus entouré par des gens qui souhaitent obtenir ses faveurs et sont prêts à tout pour y arriver.
Les conditions de vie des femmes de l'époque sont également bien expliquées par Philippa Gregory, toujours par le biais de Mary. Cette dernière, une fois qu'elle n'est plus la favorite d'Henry, est littéralement oubliée et ignorée par sa famille. Elle ne sert plus qu'à seconder Anne, à la conseiller afin que celle-ci conserve l'affection du Roi. Mary, devenue veuve, ne peut même pas se choisir elle-même un nouvel époux. On la prive de ses enfants, qu'elle ne voit qu'une fois par an alors qu'elle souhaiterait les élever elle-même. Elle est rejetée le jour où elle se marie sans l'autorisation d'Anne et de leur oncle Howard (qui est le chef de famille).
Dure époque que celle du XVIe siècle anglais. Et pourtant, on ne peut se retenir d'éprouver une certaine admiration pour Henry VIII et ses deux premières épouses. Malgré son caractère épouvantable, Henry VIII est un grand monarque et le prouve plus d'une fois dans le roman de Philippa Gregory. Au début de son règne, il sait s'entourer d'hommes intelligents, qui dirigent le Royaume à sa place et de main de maître (le cardinal Wolsey, Thomas More, Cromwell et bien d'autres). Catherine d'Argaon, fille des Rois catholiques (Isabelle et Ferdinand) a été élevée pour régner. Elle a toutes ces qualités qui font les grandes Reines et le peuple anglais y est très attaché. Anne Boleyn, si elle ne dispose ni de l'éducation nécessaire à sa fonction, ni de l'affection du peuple, est néanmoins prête à tout pour régner. Sa pugnacité, son entêtement se révèlent payant. Et puis, surtout, on ne peut s'empêcher de la plaindre, puisqu'elle est poussée dans le lit du Roi par sa famille, qui souhaite s'élever grâce à elle.
Ce sont donc de grands personnages qui animent les 600 et quelques pages de ce roman. Evidemment, cela donne un récit fabuleux, qui nous plonge directement dans cette époque moouvementée. Une fois encore, Philippa Gregory parvient à rendre l'histoire passionnante. Effrayante aussi, étant donné la fin prématurée et cruelle infligée à certains grands personnages de l'époque.
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Ode
  08 décembre 2012
Le puissant roi d'Angleterre Henri VIII usa six épouses, dont deux périrent décapitées sur son ordre. À la couleur près - il était d'un roux flamboyant - nul doute qu'il contribua à la légende de Barbe bleue !
« Deux soeurs pour un Roi » débute en 1521 et s'intéresse à la première partie de son règne, au temps de sa splendeur, et s'achève en 1536 sur l'avènement de sa troisième épouse, Jane Seymour. Les deux soeurs en titre du livre sont Marie et Anne Boleyn. Marie, "blonde et anglaise", fut une de ses premières maîtresses, avec qui il aurait eu des enfants naturels. Anne, "brune et française", devint sa seconde épouse, après l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon. Ce qui fait l'originalité de cette histoire, c'est qu'elle nous est contée de l'intérieur par Marie, « The Other Boleyn Girl », la plus méconnue des deux soeurs Boleyn.
D'emblée, ce roman historique m'a conquise car il est très bien écrit et extrêmement réaliste. Philippa Gregory a un don pour mettre en scène et rendre proches ses personnages. Certes, elle prend délibérément des libertés avec L Histoire, mais c'est pour mieux servir l'aspect intime et féminin du récit. le résultat est passionnant et beaucoup plus subtil, je trouve, que les séries racoleuses à grand spectacle sur les Tudors. Les luttes d'influence entre les grandes familles qui cherchent à placer leurs filles dans la couche du souverain pour renforcer leur pouvoir sont très bien rendues. On découvre aussi comment la petite histoire fait la grande. Par exemple, le stratagème dont use Henri pour invalider son premier mariage le conduira à rompre avec Rome pour créer l'Eglise anglicane.
Faveurs, disgrâces, amours et trahisons, violence physique et psychologique... Ce roi à l'égo démesuré, véritable ogre du XVIe siècle, nourrit une formidable oeuvre de fiction qui appelle naturellement à lire la suite, intitulée « L'Héritage Boleyn ».
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darkmoon
  13 juin 2013
Deux soeurs pour un roi est un roman de toute beauté avec une histoire saisissante et poignante, un pur chef d'oeuvre. le livre retranscrit parfaitement bien le destin tragique des deux soeurs Boleyn. C'est bouleversant de voir comment, par l'ambition et la soif de pouvoir des hommes, deux soeurs si étroitement liées au début vont tout doucement être opposées et connaître un véritable drame.
Il y a un réel contraste entre les parties du livre ; au début, il commence avec légèreté et joie et tout doucement il devient sombre et tragique et se termine pas une tragédie sans nom. On retrouve Anne Boleyn, une femme ambitieuse et envoûtante qui à force de viser trop haut connaîtra une longue et douloureuse descente aux enfers, sa forte ambition la conduira à commettre de nombreuses folies qui la conduiront à sa perte emmenant malheureusement avec elle son frère.
Sa soeur, Marie Boleyn, est une jeune femme douce et sublime qui, par la décision des hommes de sa famille d'accéder au pouvoir, deviendra la maîtresse du roi pour ensuite être rejeté, elle sera entraîné dans un tourment dont elle n'a jamais voulu, heureusement pour elle la sympathie et confiance que le roi éprouve en elle lui permettront d'avoir une chance que sa soeur n'a pas connu.
C'est impressionnant de voir comment à cette époque une famille, et notamment l'oncle et le père des deux soeurs ici, changent par intérêt le destin de leurs enfants en les vendant comme du bétail, aussi bien pour les jeunes femmes de leur famille que pour les jeunes hommes... Même si cette pratique de donner ses enfants à des hommes de pouvoir pour avoir des titres et être dans la bonne grâce n'est plus d'actualité de nos jours, le fond de tout ça est encore bien présent à notre époque, à savoir le fait que les hommes sont prêts à tout pour avoir plus de pouvoir ou même d'argent.
À la fin du roman, on ressort révolté par le comportement des hommes, touché par le sort des personnages, autant par celui des soeurs que celui de leur frère ou même celui de la reine d'Angleterre, ému par le fait de voir que malgré les trahisons que les soeurs se sont infligées entre elles, elles restent unies et à jamais liées, essayant de protéger et de secourir l'autre... On en ressort changé tout simplement. Deux soeurs pour un roi a toutes les qualités pour être un bijou ; un des meilleurs romans historiques... Et très franchement il l'est, il est même bien plus que ça.
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LiliGalipette
  11 octobre 2017
Marie Boleyn a 13 ans et un époux quand le roi Henri VIII en fait sa maîtresse. Encouragée par son père et son oncle, la jeune fille doit se soumettre à la volonté des Boleyn. « Si elle partage la couche du roi et y conçoit un bâtard, nous aurons gros à jouer. » (p. 22) En effet, la reine Catherine d'Aragon n'a pas su donner de fils au roi et ce dernier craint que son royaume n'ait pas d'héritier. L'arrivée d'Anne, la soeur d'aînée de Marie, bouleverse les plans des Boleyn. « Je suis née pour être votre rivale […], et vous, la mienne. Nous sommes soeurs, n'est-ce pas ? » (p. 154) Désormais, c'est d'Anne dont le roi est épris et la famille Boleyn est déterminée à asseoir cette fille sur le trône d'Angleterre et obtenir avantages et richesses de cette union. « Ma propre famille avait décidé que je serais la putain quand elle serait l'épouse. » (p. 204) Pour assouvir son désir envers Anne et obtenir enfin un fils, Henri VIII est prêt à tout, même à s'aliéner Rome et à instituer une Église d'Angleterre indépendante. Marie, narratrice et témoin de toute cette folie, cherche avant tout à protéger ses enfants et à vivre en paix avec l'homme qu'elle a choisi contre la volonté des siens. Elle assiste à l'ascension démesurée de sa soeur et à sa chute inexorable, après près de 10 ans d'intrigues, de tromperies et de trahisons.
Tout au long du livre, Anne la brune est présentée comme une femme ambitieuse et calculatrice, plus ou moins insupportable et égoïste, alors que Marie la blonde se présente comme douce et victime. C'est un parti pris de l'autrice assez agaçant. Pour ne rien arranger, le style est parfois lourd et inutilement pompeux. Cependant, à mon grand étonnement, j'ai tourné les pages de ce livre à une allure folle, sans bouder mon plaisir. Sans doute parce que je connaissais déjà la tragique histoire des épouses d'Henri VIII et que je ne me suis pas perdue entre tous les protagonistes. Amour, raison d'État et d'Église, et ambitions personnelles s'entrechoquent et constituent une histoire tellement démesurée et pleine de rebondissements qu'on pourrait la croire inventée. Si vous cherchez d'autres versions plus ou moins romancées de cet épisode historique, je vous recommande vivement la série Les Tudor ou Wolf Hall, la seconde surpassant largement la première.
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Woland
  22 septembre 2010
The Other Boleyn Girl
Traduction : Céline Véron-Voetelink

C'est probablement parce que, suite à la diffusion sur Arte du très joli - mais trop américanisé - "Les Tudor", je songeais à une vieille série de la BBC, tournée dans les années soixante-dix et relatant, en six épisodes, le destin des six épouses d'Henry VIII, que j'eus la fantaisie d'acheter ce gros volume de poche, fort de six-cent-cinquante-sept pages, et ceci en dépit de sa couverture un tantinet racoleuse. A peine l'avais-je acquis que je pensai, non sans maussaderie : "Je serai déçue, c'est certain : les bons romans historiques, c'est rare ..."
Je le pense toujours mais, en définitive, je n'ai pas été déçue. Même : voici un ouvrage que je recommande fortement à tous ceux qui s'intéressent à L Histoire des Tudor et de la monarchie anglaise mais qui redoutent de se perdre au milieu des dates, des conflits d'intérêts et des batailles politiques. L'auteur y retrace, à grands traits nets et simples, les évènements qui aboutirent à la rupture d'Henry VIII avec Rome et à la naissance de l'Eglise anglicane. Certes, tout cela est montré par le petit bout de la lorgnette et s'exprime par la voix d'une Mary Boleyn légèrement rajeunie pour la circonstance - il semble qu'elle ait épousé son premier mari, William Carey, à vingt ans et non à quinze. Sur d'autres points, Gregory a pris certaines libertés avec la réalité historique mais comme elle est, c'est indéniable, de la même nature que notre Alexandre Dumas national, on le lui pardonne de bon coeur.
Pour rétablir l'exactitude, on rappellera que Mary, qui grandit à la cour de France, compta sans doute parmi les maîtresses de François Ier et qu'elle n'était donc pas une novice quand, sur pression de sa famille, elle entreprit de séduire Henry VIII. En ce qui concerne les deux enfants qui furent reconnus par William Carey, on n'a jamais pu prouver réellement qu'ils étaient les fruits de sa liaison - le cadet, Henry, avait pourtant, semble-t-il, le physique des Tudor. de même, il ne semble pas non plus qu'elle ait soutenu sa cadette lors de l'arrestation de celle-ci. Enfin, pour nombre d'historiens, elle ne fut jamais si proche de ses cadets, Anne et George, que le montre Philippa Gregory.
Si l'on veut bien conserver ces points à l'esprit, on s'abandonne avec facilité à cette histoire certes romancée mais qui présente quelques mérites non négligeables :
1) Tout d'abord, l'auteur met bien en évidence le peu de poids qui était celui des femmes, fussent-elles de sang royal, comme Catherine d'Aragon, dans la société anglaise du XVIème siècle. Mary, sa soeur, sa fille et sa mère elle-même, Mary, la soeur du Roi et Catherine, sa première épouse, toutes ne sont que des pions. le drame d'Anne Boleyn sera justement de se vouloir reine - la pièce la plus puissante du jeu d'échecs.
2) En dépit des apparences, la complexité des caractères est, elle, scrupuleusement respectée : la relation ambivalente qui est celle de Mary et d'Anne, mélange d'amour et de jalousie ; les étranges rapports qui unissent George à ses soeurs et tout particulièrement à Anne ; et, chez Henry, l'affirmation d'une personnalité de plus en plus envahissante et despotique qui entre parfois en conflit avec des sentiments secrets et plus doux, comme sa tendresse pour ses filles.
3) le portrait que dresse Gregory et de la Cour et des rivalités qui s'y déroulent est brillant et glacial. Il rappelle à quels abîmes de bassesse et de lâcheté peuvent atteindre hommes et femmes lorsque les aiguillonne la soif du pouvoir. Dans le même ordre d'idées, son analyse des motivations auxquelles obéissent tous les membres de la famille Howard-Boleyn est impressionnante.
On regrettera bien sûr, moi la première, certaines ellipses : les grandes querelles politiques, la triple opposition François Ier-Charles Quint-Henry VIII, le renouveau spirituel et les tensions qu'il commence à engendrer dans toute l'Europe, des références plus explicites au passé anglais et à la victoire des Lancastre sur les York, auraient été les bienvenus. En tous cas pour les lecteurs connaissant bien L Histoire.
Les autres, il est vrai, les débutants, intéressés mais en même temps sûrs et certains qu'ils seront vite dépassés par un récit où le sérieux l'emporte sur le romanesque, cela les ferait fuir. Or, manifestement, Philippa Gregory poursuit le but inverse. Elle peut être fière : avec ce livre, son objectif est atteint, et même dépassé. Il donne même envie de découvrir les autres volumes. Que dire de plus ? ... ;o)
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   08 décembre 2012
[Marie Boleyn, Été 1526]
La reine hocha la tête en apprenant, comme les courtisans qui tendaient l'oreille, qu'elle n'accompagnerait pas le roi dans son périple estival.
– Merci, répondit la souveraine avec une dignité simple. La princesse m'écrit qu'elle fait de grands progrès en grec et en latin.
– Cela ne lui sera guère d'utilité pour concevoir des fils et des héritiers, répliqua sèchement le roi. J'espère qu'elle ne deviendra pas une savante voûtée. Le premier devoir d'une princesse est d'être la mère d'un roi, comme vous le savez, madame.
La fille d'Isabelle d'Espagne, l'une des femmes les plus intelligentes et les mieux éduquées d'Europe, croisa ses mains sur ses genoux et baissa les yeux vers les riches bagues qu'elle portait aux doigts.
– Je le sais, en effet.
Henri se leva brusquement en claquant des mains. Les musiciens s'interrompirent aussitôt, attendant ses ordres.
– Une gigue ! ordonna-t-il. Dansons avant le dîner !
Ils s'exécutèrent aussitôt et les courtisans se mirent en place. Henri s'avança vers moi. Je me levai mais il me sourit seulement avant de tendre la main à Anne. Les yeux baissés, elle passa devant moi. Sa robe me frôla avec impertinence, comme pour me signifier de reculer. Levant les yeux, je croisai le regard de la reine, aussi vide que si elle eût observé des pigeons pépiant dans un colombier, persuadée de leur insignifiance.
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WolandWoland   22 septembre 2010
[...] ... - "Comment vous portez-vous, Votre Majesté ?" m'enquis-je ( 1 ) avec prudence.

Il leva la tête et darda sur moi des yeux injectés de sang.

- "Mal," répondit-il doucement.

- "Qu'y a-t-il ?"

Il ressemblait à un petit garçon, ce soir-là, perdu et triste.

- "Je n'ai point couru les joutes ce jour. Je ne courrai plus.

- Jamais ?

- Peut-être jamais.

- Pourquoi, Henry ?"

Il marqua une pause puis déclara, d'une petite voix :

- "J'ai pris peur lorsque mon écuyer me sangla dans mon armure. N'est-ce point honteux ?"

Je ne sus que dire.

- "Les joutes sont affaires dangereuses," reprit-il avec ressentiment. "Vous autres femmes, installées dans les tribunes, préoccupées de gages et de faveurs, écoutant les hérauts sonner les trompettes, vous ne l'entendez point."

J'attendis.

- "Et si je périssais ?" demanda-t-il soudain. "Qu'adviendrait-il alors ?"

Un horrible instant, je crus qu'il s'enquérait du salut de son âme.

- "Nul ne le sait avec certitude", répondis-je d'une voix hésitante.

Il écarta mes paroles d'un geste.

- "Pas cela. Qu'advient-il du trône de mon père ( 1 ) , qui pacifia le royaume après des années de lutte ? Nul autre n'y serait parvenu, et il avait deux fils ( 2 ), Mary ! Il assura la sécurité du pays, autant sur les champs de bataille que dans son lit. J'ai hérité d'un royaume doté de frontières bien gardés, de lords fidèles, d'un trésor remplir d'or, mais je n'ai personne à qui le transmettre."

J'inclinai la tête, émue par l'amertume contenue dans ces paroles.

- "La terreur de périr sans un fils pour me succéder m'exténue. Je ne puis jouter, ni même chasser d'un coeur léger. Lorsque s'élève un obstacle devant moi, je n'éperonne plus mon cheval pour le franchir d'un bond, épouvanté à l'idée de ma mort et de la vision de la couronne d'Angleterre accrochée dans un buisson d'épines." ... [...]


( 1 ) : Mary Carey, née Boleyn.

( 2 ) : Henry, comte de Richmond, devenu Henry VII, premier souverain Tudor et descendant de Jean de Gand, en d'autres termes d'Edouard III Plantagenêt.

( 3 ) : Arthur, Prince de Galles et premier époux de Catherine d'Aragon, mort de la suette ou de la tuberculose, à l'âge de seize ans, et Henry, duc d'York, qui deviendra Henry VIII.
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WolandWoland   22 septembre 2010
[...] ... - "Quel est le secret de l'emprise de [votre soeur] sur [Henry], selon vous ?

- Ils se ressemblent," répondis-je, laissant mon antipathie à leur endroit se glisser dans ma voix. "Aucun des deux ne s'arrêtera à rien pour obtenir ce qu'il veut et gardera, avec une détermination inébranlable, les yeux sur sa cible. Et, à présent que leurs désirs coïncident, ils sont ..." Je marquai une chose, cherchant le mot juste. "Formidables", terminai-je.

- "Je peux être formidable", énonça la Reine ( 1 )

Je lui lançai un regard de biais. N'eût-elle été la Reine, j'aurais passé mon bras autour de ses épaules pour la serrer contre moi.

- "Qui le sait mieux que moi ? Je vous vis tenir tête au Roi encoléré et vous opposer à deux cardinaux ainsi qu'au Conseil privé. Mais vous servez Dieu, vous aimez le Roi et vous adorez votre enfant. Vous ne vous laissez point guider par cette unique question : "Qu'est-ce que je veux ?"

Elle secoua la tête.

- "Ce serait péché d'égoïsme."

Je regardai les deux silhouettes [Anne Boleyn et Henry VIII] au bord du fleuve, les deux plus grands égoïstes qu'il m'eût été donné de rencontrer.

- "En effet." ... [...]

( 1 ) : Catherine d'Aragon, infante de Castille et d'Aragon, puis princesse de Galles et reine d'Angleterre, fille de Ferdinand II d'Aragon et d'Isabelle Ière de Castille la Catholique, mère de Mary Ière Tudor.
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Emily5FEmily5F   04 avril 2010
Jane Seymour choisit sa robe de mariée le jour où ma soeur fut exécutée. Je ne l'en blâmai pas, Anne ou moi eussions fait de même. Henri changeait vite d'avis et il fallait se montrer sage et le suivre sans s'opposer à lui. Surtout à présent. Il avait divorcé d'une femme irréprochable et en avait décapité une autre : il connaissait son pouvoir.
Jane serait reine et ses enfants, quand elle en aurait, deviendraient princes et princesses. Ou bien elle attendrait, comme les autres, de concevoir en sachant, mois après mois, que la patiente et l'amour du roi s'amenuisaient. Peut-être aussi que la malédiction lancée par Anne-sa mort en donnant naissance à un fils-se réaliserait. Je n'enviais pas Jane Seymour. J'avais vu deux reines mariées au roi Henri, aucune n'en avait retiré beaucoup de bonheur.
Quant à nous, les Boleyn, mon père avait raison, il nous fallait surivre. Avec la mort d'Anne, mon oncle Howard avait perdu une bonne carte, qu'il avait jouée comme Madge et moi. Je savais qu'il trouverait toujours une autre fille à offrir, que celle-ci fût destinée à séduire le roi ou à devenir un exutoire à sa fureur. Il jouerait de nouveau. Mais, pour l'heure, nous, les Boleyn, étions détruits. Nous avions perdu la reine Anne, la plus célèbre d'entre nous. Elizabeth ne vallait rien, moins encore qe la princesse Marie, déjà si méprisée. Jamais elle ne serait appelée princesse, jamais elle ne prendait place sur le trône.
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Emily5FEmily5F   04 avril 2010
- Anne, commença le roi
Elle se tourna vers lui.
- L'on versa dans votre oreille mensonges et poisons contre moi, l'interrompit-elle en hâte. J'ai droit à meilleur traitement. Je vous fus bonne épouse, je vous aimai comme nulle autre femme.
- Anne...
- Certes , je ne portai point de mâle en son terme, mais ce n'est guère ma faute, poursuivit-elle avec passion. Catherine non plus. L'appelâtes-vous sorcière pour autant ?
Un murmure réprobateur s'éleva; j'aperçu un poing se former, pouce entre l'index et le majeur, exécutant le signede croix qui conjurait la sorcellerie.
- Je vous ai donné une princesse, cria Anne, la plus belle qui fût jamais, avec vos cheveux, vos yeux. A sa naissance, vous affirmâtes qu'il était encore tôt encore et que nous avions le temps d'avoir des fils. Vous ne craigniez pas votre ombre alors, Henri !
Elle avait à demi dévêtu Elizabeth, la tenant à bout de bras. Henri recula, bien que la petite appelât "papa!" en lui ouvrant les bras.
- Sa peau est parfaite, sans marque d'aucune sorte ! Personne n'osera nier qu'il s'agit d'une enfant bénie de Dieu, qu'elle sera la plus grande princesse que ce pays ait jamais connue ! Pouvez-vous regarder votre fille sans savoir qu'elle aura des frères et des soeurs aussi forts et beaux qu'elle ?
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Thèmes : monstre , mythologie grecque , créatures mythologiques , mythologie , mythesCréer un quiz sur ce livre
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