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Wolfgang Brokmeier (Autre)
ISBN : 2070705625
Éditeur : Gallimard (12/03/1986)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Après L'Etre et le Temps (1927) et Kant et le problème de la métaphysique (1929), Heidegger, pour des raisons qui ne sont nullement du seul ressort de la philosophie, ne publie plus aucun " livre ". Seules quelques courtes plaquettes sont imprimées. Son activité se concentre sur l'enseignement qu'il donne à l'université de Fribourg-en-Brisgau. Le silence est rompu en 1947 par la publication de la Lettre sur l'humanisme, suivie en 1950 par celle des Chemins (Holzwege... >Voir plus
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   13 mai 2015
La science moderne et l’état totalitaire constituent, en tant que conséquences nécessaires du déploiement essentiel de la technique, en même temps sa suite. Il en est de même pour les formes et les moyens mis en œuvre pour l’organisation de l’opinion publique mondiale et des représentations quotidiennes des hommes. Non seulement, dans l’élevage et l’exploitation, la vie est objectivée par une technique, mais l’attaque de la physique nucléaire sur les phénomènes de la vie comme telle est en plein développement. Au fond, c’est l’essence vivante elle-même qui est censée se livrer à la production technique.

Que l’on croie trouver aujourd’hui tout sérieusement, dans les résultats et dans la situation de la physique atomique, des possibilités de prouver la liberté humaine et d’ériger une nouvelle doctrine des valeurs, n’est qu’un exemple de plus de la domination de la représentation technique dont le déploiement s’est pourtant déjà depuis longtemps soustrait au domaine des idées et opinions personnelles.
(…)
A la place de ce que la teneur en monde, jadis sauvegardée, des choses recelait en dons, se pousse de plus en plus rapidement, de plus en plus brutalement, de plus en plus complètement, l’objectivité de la domination technique sur la terre. Non seulement elle pose l'étant comme susceptible d’être produit dans le processus de la production, mais encore elle délivre les produits de la production par l’intermédiaire du marché (Markt). L’humanité de l’homme et la choséité des choses se diluent, à l’intérieur du propos délibéré d’une production, dans la valeur mercuriale d’un marché qui non seulement embrasse, comme marché mondial, la terre entière, mais qui, en tant que volonté de volonté, tient marché dans l’essence même de l’être et fait ainsi venir tout étant au tribunal d’un calcul général dont le règne est plus tenace là même où les nombres ne paraissent pas en propre.
(…)
Ce n’est pas la bombe atomique, dont on discourt tant, qui est mortelle, en tant que machine toute spéciale de la mort. Ce qui depuis longtemps déjà menace l’homme de mort, et non pas d’une mort quelconque, mais de celle de son essence humaine, c’est l’inconditionnel du pur vouloir, au sens de l’auto-imposition délibérée en tout et contre tout. Ce qui menace l’homme en son être, c’est cette opinion qui veut se faire accroire à elle-même et selon laquelle il suffit de délier, de transformer, d’accumuler et de diriger pacifiquement les énergies naturelles pour que l’homme rende la condition humaine supportable pour tous et, d’une manière générale, « heureuse ». (pp. 348-349 & 351-354)
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enkidu_enkidu_   13 mai 2015
On pourrait croire que le mot « Dieu est mort » énonce une opinion de l’athée Nietzsche, qu’il ne s’agit par conséquent que d’une prise de position personnelle, donc partiale et aisément réfutable par le renvoi à l’exemple de nombre de personnes qui, un peu partout, vont toujours à l’église et subissent leurs diverses épreuves avec une confiance chrétienne en Dieu. Il faut bien pourtant se demander si ce mot n’est qu’une idée d’illuminé, d’un penseur on sait fort exactement qu’il a fini par devenir fou, ou bien si Nietzsche ne prononce pas plutôt la parole qui, tacitement, est dite depuis toujours dans l’histoire de l’Occident déterminée par la métaphysique.
(…)
De cette phrase, il ressort que le mot de Nietzsche sur la mort de Dieu concerne bien le Dieu chrétien. Mais il n’est pas moins certain, d’autre part, et il faut bien s’en rendre compte d’avance, que les noms de « Dieu » et de « Dieu chrétien » sont utilisés, dans la pensée nietzschéenne, pour désigner le monde suprasensible en général. « Dieu » est le nom pour le domaine des Idées et des Idéaux. Depuis Platon, et plus exactement depuis l’interprétation hellénistique et chrétienne de la philosophie platonicienne, ce monde suprasensible est considéré comme le vrai monde, le monde proprement réel. Le monde sensible, au contraire, n’est qu’un ici-bas, un monde changeant, donc purement apparent et irréel. L’ici-bas est la vallée des larmes, par opposition au mont de la félicité éternelle dans l’au-delà. Si nous appelons, comme le fait encore Kant, le monde sensible « monde physique », au sens large du mot, alors le monde suprasensible est le monde métaphysique.

Ainsi le mot « Dieu est mort » signifie : le monde suprasensible est sans pouvoir efficient. Il ne prodigue aucune vie. La métaphysique, c’est-à-dire pour Nietzsche la philosophie occidentale comprise comme platonisme, est à son terme. Quant à Nietzsche, il conçoit lui-même sa philosophie comme un mouvement anti-métaphysique, c’est-à-dire pour lui, anti-platonicien.
(…)
Si Dieu, comme Cause suprasensible et comme Fin de toute réalité, est mort, si le monde suprasensible des Idées a perdu toute force d’obligation et surtout d’éveil et d’élévation, l’homme ne sait plus à quoi s’en tenir, et il ne reste plus rien qui puisse l’orienter. (pp. 257-258 & 261-262)
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JacobBenayouneJacobBenayoune   03 décembre 2013
La mort est la face de la vie qui est détournée de nous, qui n’est pas éclairée de nous.
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JacobBenayouneJacobBenayoune   03 décembre 2013
La terre ne surgit à travers le monde, le monde ne se fonde sur la terre que dans la mesure où la vérité advient comme le combat original entre éclaircie et réserve.
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JacobBenayouneJacobBenayoune   03 décembre 2013
Dans l'oeuvre, c'est la vérité qui est à l'oeuvre, et non pas seulement quelque chose de vrai.
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Videos de Martin Heidegger (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Martin Heidegger
Le 29.04.18, Claire Nouvian était l'invitée de Zoé Varier pour faire le récit d'une ??Journée particulière?? (France Inter) :
"Ce jour-là, la journaliste et future activiste navigue en famille dans le sud du pays. Suite à une avarie, le voilier mouille dans une crique protégée de l?île de Koh Phi Phi. de l'autre côté, s?étend la longue plage de sable blanc très prisée des touristes. Soudain, la mer se retire comme aspirée par un siphon...
Un sauveteur au milieu des débris de stations balnéaires et bungalows sur la plage de Khao Lak en Thaïlande, le 30 décembre 2004, après qu'un tsunami ai frappé les côtes du pays le 26 décembre.
Après la vague destructrice, le bateau parti au large pour éviter le naufrage, revient vers la côte. L'île a disparu sous les eaux, coupée du monde extérieur. A perte de vue un paysage apocalyptique. Un magma de débris, de cadavres et de gens blessés appelant à l'aide. « Je voulais me rendre utile, j?étais dans l?action », se souvient Claire Nouvian. Mais sans information fiable, la rumeur enfle qu'une seconde vague va survenir et ordre est donné par le skipper de remonter à bord, au grand désespoir de la jeune femme qui n?a pas réussi à convaincre l?équipage de rester sur place.
Claire Nouvian s?est trouvée une « béquille philosophique » pour mettre des mots sur le traumatisme vécu : Gunther Anders, juif allemand, élève de Martin Heidegger, comme Hannah Arendt dont il fut le premier mari. Il abandonna l?enseignement de la philosophie pour lutter contre le nazisme, puis milita contre la bombe nucléaire juste après Hiroshima et Nagasaki. Günther Anders est le théoricien du catastrophisme éclairé : si on ne nomme pas la catastrophe, on y va tout droit. Or l?Homme, doté d?un esprit en escalier, être de croyance plutôt que de connaissance, n?est pas capable d?appréhender le pire. La preuve avec les décisions iniques des pouvoirs publics face au changement climatique.
Une évidence pour Claire Nouvian face à la catastrophe. Un an plus tard, en 2005 elle décide d?appliquer ce précepte en fondant l?association Bloom pour la défense des océans et des fonds marins, auxquels elle a d'ailleurs consacré un film. Depuis, quelques victoires ont été remportées en bataillant à Bruxelles contre les lobbies tout puissants : en 2016, le parlement européen interdisait le chalutage en eaux profondes, et début 2018, la pêche électrique.
Le 23 avril 2018, Claire Nouvian recevait le Prix Goldman pour l'environnement, considéré comme le « Prix Nobel de l?écologie »."
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Dans la catégorie : Allemagne et AutricheVoir plus
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