AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070327843
464 pages
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)
3.98/5   66 notes
Résumé :
L'originalité de Jeanne Hersch est de réorganiser le développement de la philosophie en Occident à partir, non plus de ses principales thèses, mais de sa nature même, de son objet premier : l'étonnement.
L'étonnement est cette capacité qu'il y a à s'interroger sur une évidence aveuglante, c'est-à-dire qui nous empêche de voir et de comprendre le monde le plus immédiat. La première des évidences est qu'il y a de l'être, qu'il existe matière et monde. De cette ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  12 décembre 2014
Enfin !
Oui, enfin, j'ai trouvé un ouvrage de philosophie clair, qui de l'Ecole de Thalès à aujourd'hui, parcourt deux mille ans de pensée occidentale en seulement 460 pages à travers un prisme original et assumé : l'étonnement, " cet étonnement dont la philosophie est née. "
Certes, les puristes objecteront certainement que c'est impossible, nécessairement incomplet, subjectif...peut-être, et je ne suis modestement pas qualifiée pour en juger.
Mais parvenue à la fin de ce livre limpide et concis, j'affirme juste que j'aurais adoré avoir un tel livre en classe de terminale et pourquoi pas Jeanne Hersch comme professeur de philo. D'ailleurs, professeur de philosophie, elle le fut pendant vingt ans à l'université de Genève ce qui explique peut-être le caractère pédagogique indéniable pour moi de ce véritable guide philosophique.
Dès les premières lignes, elle prévient le lecteur :
" le présent ouvrage n'est pas une histoire traditionnelle de la philosophie. ", " Je ferai délibérément un choix pour m'attacher à quelques points de repères, quelques tournants de la pensée, quelques moments privilégiés où un regard plus neuf ou plus naïf a fait surgir les quelques questions essentielles qui, désormais, ne cessent de se poser pour peu qu'on renonce à les dissimuler par le bavardage ou la banalité. "
J'ai particulièrement apprécié, à l'aide de courts chapitres dédiés chacun à un philosophe ou une école de pensée, de découvrir ou de redécouvrir les mécanismes parfois complexes de leurs pensées en action à leurs époques respectives, ce qui leur a permis d'être alors novateurs.
Merci Madame Hersch pour ce brillant exposé, car comme vous l'avez si bien écrit :
On ne comprend un philosophe que lorsqu'on a réussi à "penser avec lui".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7218
madameduberry
  11 octobre 2014
L'étonnement mène au questionnement, qui interroge le réel. Ce petit livre est un ruisseau d'eau cristalline, qui parcourt l'histoire de l'étonnement philosophique. On peut y boire autant qu'on veut: la soif de savoir n'est jamais étanchée, car dans l'onde philosophique, même les réponses appellent de nouveaux étonnements.
Ne pas confondre avec les saumâtres marigots scientistes ou positivistes, qui prétendent remplacer la religion à laquelle ils ressemblent tant.
Commenter  J’apprécie          250
vincentf
  04 juillet 2010
Il y a longtemps que je cherchais un bouquin comme celui-ci, une vraie intro à la philo, qui donne envie de se plonger dans les grandes pensées, qui s'efforce à en montrer l'évolution en les expliquant le plus clairement possible. Certes, je suis souvent largué, mais faire le saut devient possible, je commence à savoir ce que je fais quand je me lance dans Kant (quand ? le livre n'est pas encore acheté...), dans Aristote (La Métaphysique, ma prochaine lecture ?) ou dans Bergson. Faire de la philosophie donc, à quoi bon ? Question non philosophique s'il en est. Pour celui qui philosophe, la question ne se pose pas, c'est une évidence. On pense parce qu'on s'étonne, on s'étonne d'être. Je pense donc je suis ? Je pense parce que je suis et que je ne sais pas ce que ça veut dire, "je suis"? Ce que montre très bien Jeanne Hersch, au delà des introductions synthétiques et claires de pensées complexes, c'est qu'on pourrait très bien ne pas philosopher, mais voilà, des gars se sont étonnés, ils ont remis en cause les évidences, les trucs qui sont là sans qu'on les remarque, les fondements de nos vies si simples en apparence mais si bizarres quand on se met à y penser. Une fois que la machine est lancée, elle ne s'arrête pas. Arrêter de me casser la tête sur des questions abstraites qui m'empêchent de vivre agréablement mon quotidien ? Impossible. La conscience d'être un humain, mortel, "être-pour-la-mort" (il faut aussi je me lance dans Heidegger), ça étonne, ça angoisse, et voilà, les questions défilent, on ne peut pas se défiler, on tente de mettre de la cohérence, de la raison, et on philosophe, hélas. Il serait tellement plus simple de ne jamais s'étonner de rien. Tellement plus ennuyeux, aussi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Tricape
  14 septembre 2020
Si vous connaissez "La grammaire des civilisations" de Fernand Braudel (livre écrit par le célèbre historien à l'attention des élèves de terminale et retraçant à grands traits les principales civilisations), sachez que "L'étonnement philosophique" est à l'histoire de la philosophie ce que le livre de Braudel est aux civilisations : un regard synthétique porté avec une distance appropriée sur un ensemble très riche et complexe ; le genre de livre que l'on ne peut écrire qu'après des années d'études et de fréquentation du sujet et que l'on ne peut également lire avec avantage me semble-t-il que lorsque l'on a soi-même suffisamment vécu et mûri.
Rendez-vous compte : en quelques centaines de pages seulement, vous approchez Thalès, Héraclite, Zénon, Socrate, Platon, Aristote, Saint Augustin, Thomas d'Aquin, Descartes, Spinoza, Leibniz, Kant, Hegel, Auguste Comte, Marx, Freud, Bergson, Kierkegaard, Nietzsche, Husserl, Heidegger et Karl Jaspers plus quelques autres dont je vous fais grâce ! Ce voyage dans la réflexion philosophique est évidemment extraordinaire dans la mesure où la plupart de ces auteurs contredisent au moins en partie ce que leurs prédécesseurs ont soutenu tout en essayant (réessayant) de dire ce qu'est le monde, la vie, le temps, l'existence, l'être...
Bien sûr, il y a quelques passages ardus (Husserl et Heidegger notamment), mais l'auteure (1910-2000) s'attache en permanence à nous accompagner, à nous expliquer comment, selon elle, il faut lire ces "maîtres à penser" qui, tous, ont modifié non seulement notre regard sur le monde, mais aussi de manière concrète la marche de l'humanité. le lecteur doit entrer dans le mode de pensée du philosophe, accepter sa vision du monde avant de pouvoir la critiquer.
L'ouvrage montre ce que chacun de ces philosophes doit à ceux qui l'ont précédé, mais là où dans les sciences chaque nouvelle théorie englobe en quelque sorte les précédentes, la pensée philosophique donne l'impression de se disperser parce qu'elle vient se cogner et éclater en morceaux sur le mur de ce qui est inconnaissable, impensable et donc indicible : l'origine, l'élan vital, la conscience, l'éternité et, bien sûr, Dieu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
SebF6
  27 novembre 2021
J'ai trouvé cet essai très agréable conceptuellement. le débat sur la nature de la philosophie ne sera probablement pas fermé de si tôt, l'identification de cette nature étant beaucoup moins consensuelle qu'on pourrait le croire. La vision d'Hersh parait aujourd'hui classique, parce que son discours semble avoir une bonne postériorité (non sans mérite je pense), mais elle est plus problématique qu'on pourrait aujourd'hui se le penser : l'étonnement ne serait-il pas plutôt une/l'une des propriété/s (possibles) de la philosophie, celle-ci n'étant pas davantage formelle (une réflexion historique se heurte toujours à la problématique nature/propriété) ? Il faut donc bien prendre ce livre comme il est : un essai inspirant, non une introduction à la philosophie (et la philosophe n'avait pas cette prétention).
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   11 octobre 2014
Dans ces temps anciens, la profession de " philosophe " n'existait pas. Les philosophes étaient en même temps des savants, des mathématiciens, des géomètres, des astronomes. Ils s'intéressaient aux éclipses du soleil et de la lune, aux nombres et aux calculs, aux figures de la géométrie et à leurs propriétés. Ainsi l'école philosophique la plus ancienne, la célèbre Ecole de Milet, en Asie Mineure, a été fondée par Thalès, l'inventeur du théorème faisant du cercle le lieu géométrique des angles droits construits sur un segment de droite.
Il s'agit donc de puissants esprits qui étaient, par rapport au savoir de leur temps, des esprits universels. Ce qui suscita avant tout leur étonnement, ce fut le spectacle du changement.

L'ÉCOLE DE MILET : THALÈS
( Env 600 av JC )
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          293
colibricolibri   19 juillet 2008
Obéir au devoir, chez Kant, ce n'est donc pas une contrainte qui s'exerce sur la liberté - au contraire : c'est la liberté elle-même. La liberté, c'est cette faculté d'autonomie que nous possédons et qui nous empêche d'être le jouet de nos sentiments et de nos affections, et qui nous permet au contraire, grâce à la bonne volonté. de nous imposer à nous-mêmes le respect du devoir.

Ici encore la pensée de Kant s'oppose fortement aux attitudes courantes chez nos contemporains, aux yeux desquels tout ce qui s'appelle devoir passe pour. une contrainte ou même une manipulation, alors que nos humeurs, nos sentiments spontanés représentent notre vraie liberté. Pour Kant, c'est évidemment le contraire. Humeurs, sensations, sentiments sont des phénomènes, et, par conséquent, soumis, comme tout ce qui appartient au monde phénoménal, à la loi de la causalité. Céder à ses humeurs, à ses impulsions, c'est donc se soumettre à la loi qui règne dans le monde phénoménal, qui est le contraire de la liberté. Quiconque veut être libre ne le peut que par sa propre volonté, c'est-àdire par la faculté qui lui permet de s'imposer à lui-même la loi du devoir, pour lui obéir. Tel est le sens de l'autonomie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
PiatkaPiatka   18 novembre 2014
Plus une civilisation est évoluée, plus la langue et les langages spécialisés y prennent de l'importance. Dans notre société occidentale, l'"homme cultivé" vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu'il prend l'expression par le langage pour la vie même.
Commenter  J’apprécie          320
PiatkaPiatka   23 octobre 2014
Dostoïevski a développé en nous une sensibilité selon laquelle la vulnérabilité est valorisée - elle appartient désormais à l'essence de l'homme comme si sans elle on n'était pas tout à fait un être humain. Nous ne pouvons plus renier cet héritage.
Commenter  J’apprécie          280
PiatkaPiatka   24 octobre 2014
Penser philosophiquement, c'est penser avec sa liberté. [...]
On a beau nier l'existence de la liberté, elle est toujours là, jusque dans la parole qui la nie. Celui qui la nie la nie librement - ou alors sa parole n'est qu'un bruit vide de sens. Si l'on réussissait vraiment à éliminer la liberté de l'esprit, on n'aurait même plus le pouvoir de nier.

Commenter  J’apprécie          180

Videos de Jeanne Hersch (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jeanne Hersch
Des messages portés par les nuages : lettres à des amis Jean d'Ormesson Jean-Luc Barré, Martin Veber Éditions Bouquins
Recueil de lettres reflétant la grande diversité des correspondants de l'écrivain français : Marguerite Duras, Michel Déon, Raymond Aron, Jacques de Lacretelle, Jean-François Brisson, Roger Callois, Jeanne Hersch, Claude Lévi-Strauss, Simone Veil, Michel Debré, entre autres. Un dévoilement des jugements littéraires de l'auteur, de ses admirations, de son intimité et de son engagement d'écrivain. ©Electre 2021
https://www.laprocure.com/messages-portes-nuages-lettres-amis-jean-ormesson/9782221250051.html
+ Lire la suite
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie : généralités>Histoire générale de la philosophie (40)
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
374 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre