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ISBN : 2070327841
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 49 notes)
Résumé :
L'originalité de Jeanne Hersch est de réorganiser le développement de la philosophie en Occident à partir, non plus de ses principales thèses, mais de sa nature même, de son objet premier : l'étonnement.
L'étonnement est cette capacité qu'il y a à s'interroger sur une évidence aveuglante, c'est-à-dire qui nous empêche de voir et de comprendre le monde le plus immédiat. La première des évidences est qu'il y a de l'être, qu'il existe matière et monde. De cette ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  12 décembre 2014
Enfin !
Oui, enfin, j'ai trouvé un ouvrage de philosophie clair, qui de l'Ecole de Thalès à aujourd'hui, parcourt deux mille ans de pensée occidentale en seulement 460 pages à travers un prisme original et assumé : l'étonnement, " cet étonnement dont la philosophie est née. "
Certes, les puristes objecteront certainement que c'est impossible, nécessairement incomplet, subjectif...peut-être, et je ne suis modestement pas qualifiée pour en juger.
Mais parvenue à la fin de ce livre limpide et concis, j'affirme juste que j'aurais adoré avoir un tel livre en classe de terminale et pourquoi pas Jeanne Hersch comme professeur de philo. D'ailleurs, professeur de philosophie, elle le fut pendant vingt ans à l'université de Genève ce qui explique peut-être le caractère pédagogique indéniable pour moi de ce véritable guide philosophique.
Dès les premières lignes, elle prévient le lecteur :
" le présent ouvrage n'est pas une histoire traditionnelle de la philosophie. ", " Je ferai délibérément un choix pour m'attacher à quelques points de repères, quelques tournants de la pensée, quelques moments privilégiés où un regard plus neuf ou plus naïf a fait surgit les quelques questions essentielles qui, désormais, ne cessent de se poser pour peu qu'on renonce à les dissimuler par le bavardage ou la banalité. "
J'ai particulièrement apprécié, à l'aide de courts chapitres dédiés chacun à un philosophe ou une école de pensée, de découvrir ou de redécouvrir les mécanismes parfois complexes de leurs pensées en action à leurs époques respectives, ce qui leur a permis d'être alors novateurs.
Merci Madame Hersch pour ce brillant exposé, car comme vous l'avez si bien écrit :
On ne comprend un philosophe que lorsqu'on a réussi à "penser avec lui".
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madameduberry
  11 octobre 2014
L'étonnement mène au questionnement, qui interroge le réel. Ce petit livre est un ruisseau d'eau cristalline, qui parcourt l'histoire de l'étonnement philosophique. On peut y boire autant qu'on veut: la soif de savoir n'est jamais étanchée, car dans l'onde philosophique, même les réponses appellent de nouveaux étonnements.
Ne pas confondre avec les saumâtres marigots scientistes ou positivistes, qui prétendent remplacer la religion à laquelle ils ressemblent tant.
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Horizon_du_plomb
  27 octobre 2018
« Pensons à Courbet, peignant tout une journée à la campagne : quelqu'un lui demande ce qu'il avait peint, et il répondit qu'il ne savait pas. C'est qu'il n'avait pas peint tel « sujet » mais bien des tons, des nuances, des rapports d'ombres et de lumière - bref des qualités. (…) Il y a des choses que seule l'intelligence est capable de chercher, mais que laissée à elle-même elle ne trouvera jamais. Ces choses-là l'instinct les trouverait ; mais il ne les cherchera jamais. »
Un autre livre qui trainait depuis des années dans ma PAL. Comme le «Petit cours d'auto-défense intellectuelle », je l'ai acheté en sachant déjà que j'allais l'aimer mais j'ai remis tout le temps sa lecture à plus tard, pris par des envies et actualités littéraires plus frénétiques. J'ai voulu aussi prendre le temps de le lire, l'intégrer, c'est d'autant plus facile que les 29 parties présentant les écoles et philosophes sont relativement courtes. C'est typiquement aussi le genre de livres qu'on peut relire par parties comme on effleurerait un meuble artisanal de la pensée pour en apprécier son élaboration. Je me demande d'ailleurs si j'aurais autant de plaisir en le relisant après la première révélation.
« Les grands philosophes sont donc constamment mal compris, attaqués, malmenés, mais de manière féconde. On pourrait considérer l'histoire de la philosophie comme une histoire de malentendus. »
Bienvenue au règne de la pensée asymptotique. Hersch va faire plus que mimer les philosophes, nous amener à penser avec eux, elle va provoquer en nous leur sympathie au sens Bergsonien (« sentir ou souffrir avec »). Loin de ce que l'on associe au péjoratif éthéré de la philosophie, le livre prouve en tout cas de tout son long qu'on ne peut scinder la pensée de l'action (et donc de la responsabilité) dans le monde réel sinon on risque de rater l'essentiel. le livre est parsemé de penseurs du continu et du discontinu (La voie tranchante et la voie englobante du livre de Roland C Wagner dans « Le chant du cosmos »). Inévitablement, deux thèmes seront omniprésents dans ce livre: la liberté et Dieu en tant qu'absolu.
« Nous avons rencontré des penseurs dont la réflexion s'inspirait d'un modèle de nature mathématique - qu'on pense à Platon, aux pythagoriciens, à Descartes. Nous en avons rencontré pour qui la science signifiait en premier lieu la physique, comme Kant. D'autres semblent s'être inspiré surtout de la biologie - Aristote, par exemple avec sa représentation quasi biologique de l'être dans son ensemble - ou Leibniz avec ses monades appétitives et sa finalité. Hegel s'inspire lui de l'histoire. »
Un des gros points forts de ce livre, c'est qu'il fait bien la connexion entre les philosophes, on voit bien comment un philosophe en a inspiré un autre, on voit des suites de réflexions. de plus, comme il est concis, on a une vue relativement claire du cheminement de pensée de la philosophie en lien avec le point de vue adopté: étonnement face au monde, étonnement face à l'âme/au sujet, étonnement face aux idées, à la connaissance (et aux sciences), étonnement face aux réalités sociales.
« Les concepts sans intuitions sont vides, les intuitions sans concepts sont aveugles. »  
Parmi les différents philosophes, j'ai particulièrement été frappé par Socrate, Spinoza, Kant et Bergson. On peut d'ailleurs donner une mention spéciale à la partie sur Kant qui est belle comme une finalité qui touche à l'infini. J'ai eu quelques difficultés avec le concept de Dasein d'Heidegger (et les jeux de mot être/étant), c'est quasi le seul passage du livre où j'ai dû relire, c'est dire le talent pédagogique de Hersch sur tout le livre. Cela dit, j'ai toujours du mal à voir en quoi Martin Heidegger n'est pas existentialiste.
« Pour le silence, ne se perd dans la transcendance que ce qui n'a jamais été en elle. »
C'est marrant comme la dernière partie sur Jaspers est une sorte d'essai final sur la philosophie en soi. Ce qui est pernicieux dans l'itinéraire choisi par Hersch, c'est qu'en le suivant, on en vient à adopter un peu son point de vue, qui est finalement celui de Jaspers (notamment sur la transcendance). Avec la conclusion perspicace et toujours d'actualité , cela finit toutefois bien le livre en tout cas.
« Dans le temps véritable, en revanche, dans la durée profonde, il n'y a jamais deux instants identiques. »
Un livre qui me poussera peut-être à lire la brique de l'histoire de la philosophie occidentale de Russel un jour (1020 pages à comparer avec les différents tomes de la Contre-histoire d'Onfray et les « simples » 460 pages de ce livre de poche, je vous laisse choisir). En tout cas, on ressort du livre plus grand par écholocalisation de la conscience « miroir vivant et perpétuel de l'univers ».
« Nous rencontrons les limites de la connaissance parce que celle-ci se produit dans le monde où règne la scission sujet-objet, alors que ce que nous cherchons finalement n'est ni sujet, ni objet. »
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vincentf
  04 juillet 2010
Il y a longtemps que je cherchais un bouquin comme celui-ci, une vraie intro à la philo, qui donne envie de se plonger dans les grandes pensées, qui s'efforce à en montrer l'évolution en les expliquant le plus clairement possible. Certes, je suis souvent largué, mais faire le saut devient possible, je commence à savoir ce que je fais quand je me lance dans Kant (quand ? le livre n'est pas encore acheté...), dans Aristote (La Métaphysique, ma prochaine lecture ?) ou dans Bergson. Faire de la philosophie donc, à quoi bon ? Question non philosophique s'il en est. Pour celui qui philosophe, la question ne se pose pas, c'est une évidence. On pense parce qu'on s'étonne, on s'étonne d'être. Je pense donc je suis ? Je pense parce que je suis et que je ne sais pas ce que ça veut dire, "je suis"? Ce que montre très bien Jeanne Hersch, au delà des introductions synthétiques et claires de pensées complexes, c'est qu'on pourrait très bien ne pas philosopher, mais voilà, des gars se sont étonnés, ils ont remis en cause les évidences, les trucs qui sont là sans qu'on les remarque, les fondements de nos vies si simples en apparence mais si bizarres quand on se met à y penser. Une fois que la machine est lancée, elle ne s'arrête pas. Arrêter de me casser la tête sur des questions abstraites qui m'empêchent de vivre agréablement mon quotidien ? Impossible. La conscience d'être un humain, mortel, "être-pour-la-mort" (il faut aussi je me lance dans Heidegger), ça étonne, ça angoisse, et voilà, les questions défilent, on ne peut pas se défiler, on tente de mettre de la cohérence, de la raison, et on philosophe, hélas. Il serait tellement plus simple de ne jamais s'étonner de rien. Tellement plus ennuyeux, aussi.
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jblartigot
  19 janvier 2019
Philosopher n'est plus manier des concepts, des détours de langages incompréhensibles.
Essayer de comprendre la bande à Thales (comme la bande à Basile mais en moins rigolo), Socrate le barbu, St Augustin (le type pas le gâteau) et j'en passe, c'est avant tout plonger dans le passé, s'imprégner d'une histoire d'une époque. Et à partir de là surgit cet étonnement, cette question qui taraude l'Homme, la question de la liberté de celui ci, de son rapport à la vérité (son rapport à l'être), la question de sa condition d'Homme.
Alors oui Kant j'ai rien pompé, Descartes tu as tendance à partir en sucette avec ton concept de surface étendue mais peu à peu se dessine un fil rouge que l'on a envie de tirer (le fil) pour voir d'où émerge cette question sans réellement attendre un réponse absolue. seulement un cheminement.
Oui Jeanne j'ai aimé t'accompagner main dans la main sur ce chemin tortueux mais éclairant de la pensée humaine.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   11 octobre 2014
Dans ces temps anciens, la profession de " philosophe " n'existait pas. Les philosophes étaient en même temps des savants, des mathématiciens, des géomètres, des astronomes. Ils s'intéressaient aux éclipses du soleil et de la lune, aux nombres et aux calculs, aux figures de la géométrie et à leurs propriétés. Ainsi l'école philosophique la plus ancienne, la célèbre Ecole de Milet, en Asie Mineure, a été fondée par Thalès, l'inventeur du théorème faisant du cercle le lieu géométrique des angles droits construits sur un segment de droite.
Il s'agit donc de puissants esprits qui étaient, par rapport au savoir de leur temps, des esprits universels. Ce qui suscita avant tout leur étonnement, ce fut le spectacle du changement.

L'ÉCOLE DE MILET : THALÈS
( Env 600 av JC )
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colibricolibri   19 juillet 2008
Obéir au devoir, chez Kant, ce n'est donc pas une contrainte qui s'exerce sur la liberté - au contraire : c'est la liberté elle-même. La liberté, c'est cette faculté d'autonomie que nous possédons et qui nous empêche d'être le jouet de nos sentiments et de nos affections, et qui nous permet au contraire, grâce à la bonne volonté. de nous imposer à nous-mêmes le respect du devoir.

Ici encore la pensée de Kant s'oppose fortement aux attitudes courantes chez nos contemporains, aux yeux desquels tout ce qui s'appelle devoir passe pour. une contrainte ou même une manipulation, alors que nos humeurs, nos sentiments spontanés représentent notre vraie liberté. Pour Kant, c'est évidemment le contraire. Humeurs, sensations, sentiments sont des phénomènes, et, par conséquent, soumis, comme tout ce qui appartient au monde phénoménal, à la loi de la causalité. Céder à ses humeurs, à ses impulsions, c'est donc se soumettre à la loi qui règne dans le monde phénoménal, qui est le contraire de la liberté. Quiconque veut être libre ne le peut que par sa propre volonté, c'est-àdire par la faculté qui lui permet de s'imposer à lui-même la loi du devoir, pour lui obéir. Tel est le sens de l'autonomie.
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PiatkaPiatka   18 novembre 2014
Plus une civilisation est évoluée, plus la langue et les langages spécialisés y prennent de l'importance. Dans notre société occidentale, l'"homme cultivé" vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu'il prend l'expression par le langage pour la vie même.
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PiatkaPiatka   23 octobre 2014
Dostoïevski a développé en nous une sensibilité selon laquelle la vulnérabilité est valorisée - elle appartient désormais à l'essence de l'homme comme si sans elle on n'était pas tout à fait un être humain. Nous ne pouvons plus renier cet héritage.
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PiatkaPiatka   24 octobre 2014
Penser philosophiquement, c'est penser avec sa liberté. [...]
On a beau nier l'existence de la liberté, elle est toujours là, jusque dans la parole qui la nie. Celui qui la nie la nie librement - ou alors sa parole n'est qu'un bruit vide de sens. Si l'on réussissait vraiment à éliminer la liberté de l'esprit, on n'aurait même plus le pouvoir de nier.

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