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EAN : 9782020890939
350 pages
Points (05/10/2006)
3.66/5   248 notes
Résumé :
Anabel a vingt cinq ans. Elle travaille dans une boutique où l'on pratique le piercing, ainsi que d'autres techniques d'implants corporels beaucoup plus hard. Elle se lie d'amitié avec Monsieur Jacob, un étrange propriétaire de magasin de pompes funèbres. Au même moment, un vieillard nommé Ruderi va être libéré de prison après quarante années de détention. La fillette qu'il a mutilée est devenue une femme qui, clouée sur son fauteuil roulant, ne rêve que de vengeanc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
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Anabel, ex-taularde et anciennement infirmière jusqu'à son séjour en prison, travaille dans une boutique de piercings, tatouages, branding et autres délires extravagants. Elle n'est pas épanouie dans ce drôle de monde mais Brad, le gérant de la boutique, lui a ouvert gentiment les portes et lui a même prêté un appartement. Tous les midis, elle va manger dans un square, près de là, s'installe sur un banc et regarde autour d'elle. C'est là qu'elle rencontre Monsieur Jacob, un vieil homme, croque-mort de son état, extrêmement cultivé, un brin désuet et curieux. En effet, il décide de l'aborder et l'invite à déjeuner. Tous les midis, cela deviendra un rituel entre eux et Monsieur Jacob va finalement prendre Anabel sous son aile. Il l'aide à prendre son envol, quitter la boutique et finalement l'embaucher à ses côtés et l'héberge chez lui.
Ruderi est en taule depuis quarante ans. Vieil homme, il n'a que faire de toutes ces années perdues en prison et ce sont plus les psys qui s'inquiètent de sa future réinsertion, dont un qui se demande pourquoi cet homme paraît si détaché.
Oleg, lui, est un tueur à gages. Une étrange mission par une femme mystérieuse, à savoir suivre Ruderi dès sa sortie de prison lui est confiée. Même si ce n'est pas vraiment son boulot, il va s'acquitter de cette tâche, il faut dire que la récompense est plus qu'alléchante.
Quatre personnages qui vont se croiser dans bien d'étranges circonstances...

Jonquet ne fait pas, une nouvelle fois, dans la démesure! Avec une panoplie de personnages au passé douteux ou parfois terrifiant et aux moeurs étranges, avec des descriptions largement détaillées sur ce que l'on peut pratiquer sur les corps et avec une ambiance noire, Ad vitam aeternam est un roman qui va bien au-delà de l'étrange. Jonquet a une manière vraiment particulière d'envisager l'avenir et cela peut faire froid dans le dos! Avec une écriture accrocheuse et directe, il nous livre un polar cru, efficace, cruel, fantastique et haletant.

Ad vitam aeternam... et plus si affinités!
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Anabel travaille dans une boutique de tatouages, piercings et implants gothiques. A sa sortie de prison elle n'a pas pu retrouver le travail d'infirmière qu'elle exerçait auparavant. Elle a vingt-cinq ans et ne se voit pas d'avenir.
Monsieur Jacob est le propriétaire d'une entreprise de pompe funèbre. Personnage énigmatique, il déjeune tous les midi chez « Loulou » après avoir lu le journal, jamais dans la même langue, assis sur un banc dans le jardin public du quartier.
Oleg a passé son enfance proche de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Il a perdu toute sa famille après le terrible accident de réacteur. Depuis, il est tueur à gage.
Ruderi finit de purger sa peine de quarante années de prison. Il est libérable. Lorsqu'il s'est fait prendre, ses deux complices, un homme et une femme ont pu s'échapper. Ils étaient tous les trois en train de cambrioler un diamantaire à son domicile. Ce dernier est mort sous les coups destinés à lui extirper le code du coffre. Puis ils s'en étaient pris à sa fille de cinq ans qu'ils ont torturée, massacrée et abandonnée avec de terribles séquelles qui la laisseront défigurée et paralysée pour le restant de ses jours.
Tous ces personnages n'ont apparemment rien qui les relient sinon un terrible secret dont le titre n'est pas étranger.
« Ad vitam aeternam » est un très bon roman noir qui se lit d'une traite. La construction de cette énigme est parfaite et Thierry Jonquet a le talent pour captiver l'attention du lecteur jusqu'au bout de son histoire.
Editions du Seuil, Points, 351 pages.
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Si je vous dis : pompes funèbres, vie éternelle, tueur à gages, piercing et tatouages, Tchernobyl, enlèvements, je suis, je suis, je suis … comme dirait un présentateur de jeux télé : Ad vitam Aeternam. C'est perdu, désolé mais la lecture du roman s'impose.
Troisième incursion dans la bibliographie du regretté T. Jonquet.
Ad vitam aeternam montre une fois encore son talent à nous embarquer dans des univers glauques, étranges, originaux. L'intrigue vous tiens en haleine parce que l'auteur nous entraine constamment sur de fausses pistes. Et l'effet, est fort réussi, maintenant le suspense et le bizarre jusqu'à un final irrationnel. Jonquet joue sur les contrastes avec une malice évidente, chaque personnage à ces zones d'ombres, ces secrets inavouables, ces blessures. S'il ne se fait guère d'illusion sur la nature humaine, il laisse néanmoins un espoir, ne serais-ce qu'infime à ces personnages. Et malgré le malaise qui s'insinue au fil des pages, difficile de lâcher ce puzzle intrigant et morbide.
Même si le roman bascule dans le fantastique et troublera les amateurs de polars purs, il faut bien reconnaitre que Jonquet était à un sacré bon raconteur d'histoires. Ad Vitam Aeternam.
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Je lis peu de romans noirs, et celui-ci je le dois à un proche qui me l'a prêté et qui aime beaucoup cet auteur, en raison notamment de son engagement « politique ».

C'est donc le premier roman de Thierry Jonquet que je lis, et il m'a tenu en haleine jusqu'à la fin.
Un roman noir « teinté » non pas d'une autre couleur mais d'une petite dose de fantastique,

Plusieurs histoires parallèles le constituent, qui vont se rejoindre et nous révéler une vérité incroyable, hors du temps.

Il y a celle d'Anabel, qui a fait de la prison, car elle avait été prise lors d'un casse qui avait mal tourné et dans lequel son amant Marc avait été tué.
Elle vivote tristement d'un boulot d'accueil dans une boutique un peu glauque de tatouages et piercing tenu par Brad, un patron plutôt fou et tyrannique. Elle est abordée dans un square par un certain Monsieur Jacob, entrepreneur de pompes funèbres. Ce dernier lui redonnera goût à la vie, l'invitera à sa table, puis chez lui et enfin lui proposera de la recruter dans son entreprise. Avec cet homme aimable mais quelque peu étrange, qui possède une immense bibliothèque consacrée aux représentations de la Mort, aux cadavres et autres écorchés, Anabel apprendra alors toutes les arcanes de la thanatopraxie.

Il y a celle de Ruderi, un malfrat qui va sortir d'une incarcération de 40 ans, incarcération à la fois pour sa participation à un cambriolage dans lequel un homme a été tué, et surtout dans lequel son complice a massacré une enfant de 5 ans, Margaret Moedenhuis, et pour ultérieurement une évasion de la prison.
Cet homme est une énigme pour ses surveillants , car il ne semble affecté par les années d'incarcération, qu'il a parcouru d'une humeur égale.

Et puis il y a Oleg, un tueur à gages qui a connu dans son enfance la catastrophe de Tchernobyl, et à qui Margaret Moedenhuis, qui a survécu, malgré ses multiples blessures, à l'agression subie à 5 ans, va confier la tâche de capturer Ruderi en vue de le torturer.

La suite, ce sont des événements étranges qui s'enchaînent: Ruderi rajeunit, chez Monsieur Jacob un nouveau protagoniste Tom fait son apparition…, qui nous mènent à une fin étonnante, fantastique, je ne vous en dis pas plus.

Voilà un roman d'une construction parfaite, et qui nous fait réfléchir sur l'énigme de la Mort, sur ses représentations, et aussi sur l'être humain augmenté.
Certaines péripéties m'ont semblé superflues, telle la liaison amoureuse de Tom et Anabel, mais ne gênent pas l'ensemble du récit.

Un bon roman qui m'a plu, mais pas bousculé non plus.

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Un véritable coup de coeur. Un petit bijou qu'il est difficile de reposer une fois commencé ! Je me suis très vite attachée aux personnages : Anabel qui travaille dans l'univers des piercings ; Monsieur Jacob énigmatique et très chevaleresque ; Brad un véritable e******... Non oubliez Brad !

Pourquoi seulement 4 étoiles dans ce cas ? A cause de certaines longueurs, de descriptions trop fournies qui ne servent à rien si ce n'est faire patienter le lecteur... pour rien ?! Ou bien pour disserter sur des sujets divers et variés comme la mort, la recherche génétique ou les catastrophes humaines...

Quoi qu'il en soit, je ne suis pas une fervente partisane des romans policiers, mais celui-ci m'a définitivement réconciliée avec le suspense. A mettre entre les mains des néophytes comme des plus aguerris. Bonne lecture !
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Anabel avait fait sa connaissance alors qu'il venait de subir une rupture amoureuse. Il approchait la cinquantaine et sa dulcinée en ayant vingt-cinq de moins, elle ne tenait pas à s'attarder davantage. Déprimé, meurtri dans son ego, Brad avait arrêté le body-building et se consolait au pur malt. En quelques mois, il se mit à grossir, ce qui le rendit encore plus dépressif. Il ne pouvait plus porter les tee-shirts ultra-moulants qu'il affectionnait auparavant et tentait de camoufler la débandade à l'aide de chemises amples. Il n'empêche. Sa belle gueule s'empâtait irrésistiblement, ses fesses et ses cuisses se chargeaient de cellulite. Au-delà des apparences, déjà alarmantes, plus en profondeur, son organisme gorgé de stéroïdes anabolisants, de créatine et d'hormones de croissance commençait à lui réclamer des comptes. La facture risquait d'être salée. Jour après jour, Anabel évaluait le désastre d'un regard dont elle ne cherchait même pas à dissimuler la cruauté.
Elle ne se demandait plus comment elle avait pu aboutir dans un tel cloaque. Il y a une raison à tout, le hasard n'était nullement en cause. Qui se ressemble s'assemble. Lorsqu'elle ouvrait les yeux, à l'aube, dans ces moments fugaces d'intense lucidité qui succèdent au sommeil, même le plus profond, Anabel en convenait volontiers : à tout bien considérer, chez Brad, elle était à sa juste place. Une paumée parmi les déjantés. Elle essayait juste de sauver sa peau. De rétablir un semblant de normalité dans une vie à la dérive.
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La première fois qu'Anabel croisa Monsieur Jacob, ce fut dans le square, à quelques pas de la boutique. Elle s'y rendait souvent, à chaque pause que Brad lui octroyait. Brad était une loque. Six mois consacrés à le côtoyer l'avaient amenée à s'en convaincre. Trois semaines, trois jours, voire trois heures auraient suffi. Un médiocre qui aurait bien voulu en jeter, frimer, et se contentait d'épater toute une galerie de tocards, de barjots. Lesquels payaient ses services au prix fort, cash. Brad était impitoyable avec la clientèle, il ne faisait aucun crédit, quelle que soit la durée ou la nature de la prestation. C'est aux États-Unis – il disait « aux States » - qu'il avait appris les rudiments du métier, dans les années 70. Il ne s'appelait pas réellement Brad, mais plus prosaïquement Fernand. Dans sa branche, mieux valait porter un prénom à consonance exotique, on peut le comprendre. Le marketing a certaines exigences.
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De petits maux en petits maux, la vie s'amenuise, jusqu'a ce qu'il faille en effacer les traces, sans tarder, en urgence.
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Le jour ou, pour la première fois, l'on se met à parler de sa jeunesse en utilisant l'imparfait, on ressent un curieux malaise.
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Que dire de Ruderi ? Qu’il était d’un aspect fort commun ? Assurément. Petit, très petit même, un mètre soixante à peine, râblé, trapu, il n’attirait guère l’attention. […] Son visage couturé de rides ne comportait aucun signe particulier, distinctif : verrue, angiome, cicatrice, barbe ou moustache. […] Ses traits étaient désespérément réguliers, fins, son nez droit, ses sourcils broussailleux, ses yeux d’un brun sans éclat. Seule sa mâchoire inférieure, massive, anguleuse, prognathe, intrigua Goldstayn : la rudesse de caractère, la brutalité qu’elle aurait pu suggérer, était aussitôt corrigée par un sourire d’une grande douceur.
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Chronique consacrée aux grands noms de la littérature policière, et animée, depuis octobre 2018, par Patrick Vast, dans le cadre de l'émission La Vie des Livres (Radio Plus - Douvrin). Pour la 29ème chronique, le 12 juin 2019, Patrick présente l'auteur Thierry Jonquet. Patrick Vast est aussi auteur, notamment de polars. N'hésitez pas à vous rendre sur son site : http://patricksvast.hautetfort.com/ Il a également une activité d'éditeur. À voir ici : https://lechatmoireeditions.wordpress.com/ La page Facebook de l'émission La Vie des Livres : https://www.facebook.com/laviedeslivres62/
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