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ISBN : 2070417220
Éditeur : Gallimard (16/05/2001)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 321 notes)
Résumé :
Quand la juge d'instruction Nadia Lintz arrive sur les lieux du crime, elle s'attend à trouver une scène d'horreur, mais pas à ça : des cadavres d'enfants carbonisés, figés dans une dernière tentative désespérée d'échapper à la mort. Que faisaient-ils, enfermés dans ce pavillon délabré ? Qui les y avait amenés ? Qui y a mis le feu ? Ce qui ressemble à premiè... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
09 juin 2012
Moloch , six lettres jaunes qui claquent sur fonds noir !
Moloch , aller simple pour l'enfer...
Jonquet , magistral troubadour disparu bien trop tot ( 1954 – 2009 ) , fait rarement dans l'allégresse et la jubilation . Moloch vous scotche ( juste un doigt alors ) du début à la fin , autant par le propos que la maitrise du récit .
Trois histoires concomitantes . Une équipe de fins limiers sur les dents...de l'amer . le tout sur fonds d'enfance sacrifiée , jouez hautbois , résonnez musette car aujourd'hui c'est la fete !
Des corps d'enfants retrouvés à moitié carbonisés et c'est une nouvelle et terrible enquete se profilant pour les protagonistes des Orpailleurs . D'autant qu'il semblerait qu'une potentielle petite victime ait réussi à en réchapper , offrant ainsi à Charlie , son courageux sauveur SDF , la possibilité de se muer en jeune et joyeux justicier frappant alors de son doigt ( juste un scotch alors ) vengeur tous les responsables de cette atrocité ! Nadia Lintz , jeune juge dépéchée sur l'affaire , doit parallelement gérer une sordide histoire de petite fille malade à l'hopital car possiblement empoisonnée par des parents visiblement au-dessus de tout soupçon ! Ajouter à cela un mystérieux peintre condamné par la maladie et confiant à son psy sa volonté affirmée de finir en beauté en égalant la puissance expressionniste du seul tableau qui le hante : le Cri d'Edvard Munch – l'une de ses 4 versions ayant récemment atteinte la modique et dérisoire somme de pres de 120 millions de dollars , une pécadille...Secouez énergiquement et laissez-vous embarquer par ce roman , véritable page-turner d'une noirceur contagieuse .
Trois raisons majeures à cette réussite incontournable :
Primo : la réelle profondeur des personnages englués dans leurs problemes du quotidien sur fonds de sujets aussi puissants que sont la pédophilie , la rédemption , la maltraitance .
Secondimo : trois histoires paralleles sans qu'aucune d'entre elles ne vienne tirer la couverture .
Trimo : écriture nerveuse , rebondissements à foison et final aussi surprenant que rationnel font que ce bouquin se dévore plus qu'il ne se lit !
Concernant l'épisode de l'hopital et pour la petite histoire – et là , ami lecteur ayant fort justement décidé de le lire ultérieurement , il serait judicieux de sauter ces quelques lignes – Jonquet fut suspecté , à l'époque , de s'etre inspiré de l'affaire Kazkaz ( 1990 ) et accusé de violation du secret de l'instruction , cette derniere étant alors toujours en cours...
Vous ne regarderez plus les aventures du Baron de Munchausen du meme oeil ! ;)
Moloch , aussi mieux que Mygale sans etre tout à fait plus moins bien que le Bal des Débris !
Juste énorme !
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monromannoir
16 août 2017
Durant la pause littéraire, de bien trop courte durée, que procure la période estivale, c'est l'occasion de découvrir ou redécouvrir quelques romans en piochant sur les étalages des librairies qui croulent sous les assortiments d'ouvrages en format poche. Dans le domaine du roman noir et du polar, c'est également une opportunité pour remettre au goût du jour quelques auteurs ayant disparu précocement et dont l'oeuvre a sombré bien trop rapidement dans l'oubli à l'instar de Jean-Claude Izzo ou de Thierry Jonquet qui ont marqué l'univers du polar durant toute la décennie précédent les années 2000. Avec Moloch, de Thierry Jonquet on aborde sous l'angle du fait divers sordide, une enquête mettant en scène l'équipe de l'inspecteur divisionnaire Rovère qui a inspiré les personnages de la série Boulevard du Palais.
On découvre quatre petits cadavres partiellement carbonisés dans une maison abandonnée du côté de la porte de la Chapelle et c'est l'équipe de l'inspecteur divisionnaire Rovère qui est chargée de l'enquête sous la direction de la juge d'instruction Nadia Lintz.
A l'hôpital Armand-Trousseau, la surveillante en chef Françoise Delcourt réclame depuis plusieurs jours le carnet de santé de la petite Valérie atteinte d'un cancer du pancréas. Heureusement, la fillette peut compter sur le soutien de ses adorables parents avec une mère exemplaire de courage qui suscite l'admiration. Mais la lecture du document recèle quelques surprises.
Le psychiatre Vilsner reçoit depuis plusieurs mois la visite d'un étrange patient. Atteint d'une infection au niveau des yeux qui le rendra très prochainement aveugle, le peintre Haperman a annoncé qu'il mettrait fin à ses jours au terme de sa thérapie.
Victimes, proies faciles, trois affaires convergentes où il est question de souffrance et d'innocence bafouée car sur l'autel du sacrifice, Moloch, divinité cruelle, réclame toujours sa part d'enfants à immoler.
Issu du courant néo polar, comme bon nombre d'auteurs français, Thierry Jonquet a rédigé ses textes avec la volonté de dénoncer les carences sociales par l'entremise du roman noir qu'il a découvert notamment avec l'oeuvre de Jean-Patrick Manchette. Engagé politiquement, mais également professionnellement que ce soit comme ergothérapeute en gériatrie ou professeur dans la zone périphérique du nord de Paris, l'auteur a donc puisé dans la somme de ses expériences pour enrichir des récits d'une terrible noirceur qui s'enracinent toujours dans un réalisme déconcertant. Ainsi Moloch ne déroge absolument pas à cette règle de naturalisme que ce soit lors des investigations policières et judiciaires, mais également durant toutes les phases se déroulant dans le milieu médical. L'abandon, le dénuement, mais également dans le deuil que l'on doit surmonter ou l'attachement tout en ambiguïté, Thierry Jonquet aborde la thématique de l'enfance malmenée et bousculée dans le contexte de trois intrigues très adroitement menées qui vont trouver leurs conclusions dans une finalité qui devient l'enjeu du roman. En effet, même si l'on perçoit très rapidement quelques ressorts des différentes péripéties qui alimentent le récit, le lecteur est plongé dans une perpétuelle perplexité quant à la découverte des éléments qui vont permettre de les mettre en lien dans la perspective d'un final troublant et forcément désespérant.
Un texte précis équilibré, dépourvu d'effets de style ostentatoire où chaque mot semble avoir été pesé, permet d'appréhender avec une facilité déconcertante la multitude de personnages qui entrent en scène dans un roman somme toute assez court. Qu'ils soient principaux ou secondaires, l'ensemble des protagonistes est doté d'une épaisseur qui leurs donne un certain relief tout en nous permettant d'appréhender leurs divers états d'âme en rapport avec des faits douloureux qui ne sont pas forcément en lien avec l'intrigue. Dans une construction aussi subtile qu'implacable, Thierry Jonquet chronique un ensemble de faits divers à la fois cruels et abjects, sans pour autant sombrer dans une forme de voyeurisme pervers ou morbide. Car au-delà de l'ignominie des actes, l'auteur parvient toujours à insuffler cette petite part d'humanité que l'on peut même déceler dans le coeur des individus les plus monstrueux. Cela transparaît notamment avec Charlie, ce SDF paumé, ancien soldat affecté dans une unité du génie, victime d'un traumatisme après avoir été engagé au Rwanda dans le cadre de l'opération Turquoise ou avec Marianne, cette mère courage qui noie son enfant malade sous un déluge d'affection équivoque. Cette humanité elle transparaît également au travers des personnages tels que l'inspecteur divisionnaire Rovère qui doit surmonter le deuil de son enfant et la juge d'instruction Nadia Lintz qui doit accompagner sa meilleure amie pour une interruption volontaire de grossesse. Tout un ensemble de protagonistes confrontés à cet univers lourd de la maltraitance d'enfants et qui apparaissaient déjà dans un roman intitulé Les Orpailleurs (Folio Policier 1993) évoquant les premières investigations mettant en scène les membres de cette équipe d'enquêteurs.
Moloch donne également l'occasion de découvrir Paris sous un aspect aussi attrayant qu'original, puisque l'auteur nous entraîne avec force de précisions dans le périmètre des entrepôts qui bordent le canal de l'Ourcq, les Puces de Saint-Ouen, les chantiers et autres terrains vagues qui jouxtent le périphérique du côté de la porte de la Chapelle. Un portrait sans fard, mais également sans misérabilisme où enquêteurs, délinquants, travailleurs, résidents et touristes se côtoient dans les méandres d'une ville que Thierry Jonquet dépeint avec beaucoup de justesse sans rien concéder au cliché de carte postal ou au sensationnalisme de bas étage tout en distillant une atmosphère à la fois trouble et pesante pour un roman policier original, tout en rigueur.
Thierry Jonquet : Moloch. Folio Policier 1998.
A lire en écoutant : Rive Gauche d'Alain Souchon. Album : Au Ras des Pâquerettes. Parlophone Music 1999.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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Rhodopsine
12 novembre 2015
Je n'avais jamais ouvert un bouquin de Thierry Jonquet. Allez savoir pourquoi... Parce que je n'avais dépassé le premier quart d'heure des téléfilms inspirés de ses personnages? Jamais tombée au hasard sur une couverture qui tape dans l'oeil? Allez savoir. Et puis une amie qui déménage, ses livres qui transitent quelques semaines par chez moi, et un carton entier de polars. C'est qu'elle a bon goût, Vargas, Lehane, Hayder, Mankell, Indridasson. Et Jonquet.
Alors là, quelle claque! Une équipe de policiers qui ne jouent pas aux cow-boys, une juge toute jeune, et des meurtres mes amis, atroces, horribles, épouvantables, à faire des cauchemars pour le reste de vos nuits. Et un SDF justicier, la banlieue pas bien reluisante, la misère de tous les jours.
Et trois intrigues qui se répondent, le Cri de Munsch et le baron de Munschaüsen, et le terrifiant Moloch qui sacrifiait les premier-nés.
Un livre qu'on ne peut pas lâcher? Chapeau bas, Monsieur Jonquet, parti bien trop tôt.
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clude_stas
30 avril 2014
Le grand public connaît-il l'écrivain Thierry Jonquet ? Il est pourtant à l'origine de la très populaire série télévisée « Boulevard du Palais », où une juge d'instruction travaille avec un commissaire de police sur des affaires plus que terrifiantes. Thierry Jonquet est un des auteurs emblématiques du néo-polar français (à la suite de Jean-Patrick Manchette). Il est souvent associé à Didier Daeninckx, Frédéric H. Fajardie, Jean Bernard Pouy, Hervé Prudon, Jean Vautrin et Marc Villard. Dans ses romans, le drame et la tragédie sont le moteur de l'action (comme dans « Mygale » adapté par Pedro Almodovar au cinéma). Il n'y a pas nécessairement une enquête mais plutôt la prospection des motivations de tueurs en série, d'êtres traumatisés, de monstres comme on les « aime ».
« Moloch » m'a interpellé pour deux raisons : ce roman noir est précédé d'une réputation sulfureuse ; et il suffit de citer les différents éléments de l'intrigue pour que ma curiosité soit attisée. Un psychanalyste reçoit, en tant que patient, un artiste complètement à la masse, adepte du body-art extrême, qui suspend son corps à des anneaux de boucherie. Une juge d'instruction, Nadia Lintz, fréquente les salles du Centre Pompidou pour admirer les nus masculins expressionnistes. Rovère est un flic qui aime bien le cubisme (le radical, celui des débuts, pas celui, édulcoré, de l'Art déco) mais il avoue que l'art contemporain le laisse de glace. Sans oublier un photographe dont l'appartement est décoré de tableaux réalistes socialistes, très staliniens. Voilà les ingrédients de ce roman de Thierry Jonquet, paru d'abord dans la Série noire, dont l'intrigue est particulièrement flippante. Il s'agit de retrouver le ou les assassins d'enfants brûlés vifs dans une maison abandonnée, en rase campagne. D'où le titre : Moloch est le démon qui tire sa joie des pleurs des mères à qui il vole leurs enfants pour les « consumer/consommer ».
Le croisement du polar et des arts plastiques modernes est plutôt inédit et rend ce roman presque déroutant, même si les personnages (la juge a un sentiment de culpabilité très prégnant ; le flic est désabusé et alcoolique) et la construction du récit restent au demeurant plutôt classiques. Et l'art contemporain dans tout cela, me demanderez-vous ? Il vous faudra pousser votre lecture jusqu'au dénouement pour savoir s'il a le beau rôle ou non …
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Seraphita
27 février 2010
Dans une maison abandonnée, près de la porte de la Chapelle, au fond d'un terrain vague, un promeneur trouve quatre cadavres calcinés d'enfants. Ceux-ci sont morts dans d'atroces souffrances, essayant de fuir la maison en feu malgré les liens solides noués à leurs membres. Qui se cache derrière cette barbarie ? Les policiers qui mènent l'enquête vont rencontrer la face obscure de Moloch, le dieu purificateur du feu. Dans le Lévitique, l'Eternel met en garde les hommes qui livrent des enfants à Moloch: « Tu diras aux enfants d'Israël : si un homme des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent en Israël livre à Moloch l'un de ses enfants, il sera puni de mort… ».
Encore un très bon Jonquet, quoique très noir ici : le début notamment donne le ton. L'auteur nous place d'emblée sur la première scène de crime, plantée dans un décor bien glauque et chaotique : la maison est à l'abandon, dans un quartier qui a été dévasté par les pelleteuses et par les bulldozers. le spectacle à l'intérieur est ahurissant et révulsant ; Jonquet nous le décrit avec force détails, sans nous épargner les précisions macabres. Au départ, il ne nous dit pas que ce sont des enfants qui sont morts. le fait que des enfants soient au centre de ce roman noir, avec pour toile de fond, la pédophilie, m'a beaucoup touchée voire choquée : comment l'auteur a-t-il osé s'attaquer à un sujet aussi sensible ? La noirceur de certains adultes est exposée ici. Ce début à l'atmosphère très noire m'a plutôt rebutée, l'ouvrage me semblant soudain bien long. Puis, vers le milieu, j'ai commencé à accrocher à l'intrigue, ainsi qu'à l'intrigue secondaire, pour ne plus lâcher l'histoire. L'histoire parallèle m'a bien plu mais aussi émue, celle d'une enfant victime d'une mère souffrant du syndrome de Münchausen : cette maman n'hésite pas à empoisonner sa fille à l'insuline. Les pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure, même si nous connaissons déjà l'identité du justicier. D'ailleurs, on ressent un étrange sentiment vis-à-vis de ce dernier : entre compréhension de ses agissements – le massacre des quatre enfants étant vraiment barbare – et horreur. Les personnages, du côté des flics, tels Sandoval, Rovère, Dimeglio, Dansel ou Choukroun, ou des juges, avec Nadia Lintz, sont attachants, d'autant qu'ils sont présentés avec tous leurs travers. Je les avais déjà rencontrés dans « Les orpailleurs » du même auteur. C'est avec plaisir que j'ai poursuivi la route avec eux. D'ailleurs quelques mentions à ce dernier roman sont pointées, même si on peut très bien comprendre « Moloch » sans avoir lu celui-ci auparavant. Mon conseil serait cependant de commencer par « Les orpailleurs » pour mieux découvrir les personnages, autant policiers que juges. Un roman très noir, avec une entrée en matière qui peut sembler rebutante, mais une suite et surtout une fin captivantes.
Ce policier a obtenu le trophée 813 du meilleur roman francophone en 1998 et le prix Mystère de la critique en 1999 (meilleur roman français).
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres13 octobre 2014
Ils étaient là, pataugeant dans la boue, hébétés, certains pleurant, d’autres hagards, les mains tremblantes, la gorge nouée par le dégoût, la pitié, la colère, la honte, un mélange confus de ces sentiments si voisins, tous à scruter le ciel gris-bleu, dans ce matin de printemps, tous à songer à ce qu’ils avaient fait une demi-heure, une heure plus tôt, quand le téléphone avait sonné chez eux pour les tirer du sommeil et les convoquer devant cette maisonnette d’apparence si banale, dressée au fond d’un terrain vague. A tous on avait donné la même consigne. Rendez-vous illico presto à deux minutes de la porte de la Chapelle, à l’entrée d’une ruelle éventrée de part en part, labourée par les pelleteuses, où s’alignaient encore quelques façades intactes de vieux immeubles, vidés de leur substance par les grues à boule qui les avaient surpris à revers. Ne subsistait qu’un décor chaotique, sauvage. Ici, des pans de murs striés de tracés noirs, ceux des conduits de cheminées qui d’étage en étage s’échelonnaient en chicanes pour former un réseau aux ramifications savantes. Là, un escalier en vrille, suspendu dans le vide, accroché comme un serpentin à une poutrelle et menaçant de s’effondrer d’un instant à l’autre. Et partout des lambeaux de papier peint claquant au vent, rongés par l'humidité, qui s'effilochaient en grossiers confettis. Cette rue ne portait même plus de nom, elle n'était plus qu'une trace sur un plan. Le point B12/A15 sur celui de la préfecture de Police, dont chaque inspecteur détenait un exemplaire, et qui quadrillait Paris à la manière d'un jeu de bataille navale, un filet aux mailles serrées. Impossible de se tromper. Le type de permanence au Central avait bien pris soin de préciser la topographie des lieux : le pavillon se trouvait au fond du terrain vague, juste derrière le chantier. Une de ces bicoques modestes, comme il y en avait tant, jadis, dans les arrières-cours parisiennes. La façade se lézardait en maints endroits, la toiture n'était pas de la première jeunesse, mais l'ensemble avait encore fière allure, et, signe qu'elle avait été habitée jusqu'à une date assez récente, elle était équipée de volets métalliques coulissants au lieu de ceux de bois qu'on voyait d'ordinaire sur ce genre de construction.
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mgeffroymgeffroy12 mars 2008
Ils étaient là, pataugeant dans la boue, hébétés, certains pleurant, d'autres hagards, les mains tremblantes, la gorge nouée par le dégoût, la pitié, la colère, la honte, un mélange confus de ces sentiments si voisins, tous à scruter le ciel gris-bleu, dans ce matin de printemps, tous à songer à ce qu'ils avaient fait une demi-heure, une heure plus tôt, quand le téléphone avait sonné chez eux pour les tirer du sommeil et les convoquer devant cette maisonnette d'apparence si banale, dressée au fond d'un terrain vague (...).
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AproposdelivresAproposdelivres13 octobre 2014
L'inspecteur Dimiglio ferma les yeux. Il avait été le premier de l'équipe à pénétrer dans la maison, le seul édifice encore intact dans ce décor dévasté. C'était plus qu'il ne pouvait en supporter. Paupières closes, il tentait d'effacer de sa mémoire les images qui s'y étaient inscrites. Dès la première seconde, dès le premier pas dans le séjour, sitôt dépassée l'entrée, il avait compris qu'il lui faudrait de longues semaines pour oublier, pour gommer. Dimeglio parvenait toujours à gommer, c'était le terme qu'il employait, « gommer ». Râper avec application, comme on dit d'une tache d'encre rebelle sur un cahier d'écolier...
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kuroinekokuroineko23 mai 2017
(...)le sang est un élément d'emblée très collectif: si l'on greffe un organe, le corps le rejette violemment, alors que si l'on transfuse du sang du même groupe, il n'y a aucun problème. Le sang inclut d'emblée la notion de partage, de communion!
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kuroinekokuroineko24 mai 2017
Il s'était longuement attardé sur la symptomatologie de la douleur chez l'enfant. A l'inverse de l'adulte qui n'hésite pas à s'insurger contre l'indifférence des soignants, à réclamer sans cesse des antalgiques, celui-ci se réfugie le plus souvent dans le mutisme, mutisme qu'il convient de ne pas confondre avec la résignation. Voire avec l'absence de souffrance.
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Vidéo de Thierry Jonquet
Jean-François Balmer lit un extrait des Orpailleurs de Thierry Jonquet .Inventé par le romancier Thierry Jonquet, le fantasque commandant Rovère tire sa révérence ce mercredi soir, dans l?ultime épisode de la série Boulevard du Palais (France 2, 20h55). Nous avons proposé à Jean-François Balmer, l?interprète depuis 1999 de ce flic nihiliste et lettré, de lire un passage des Orpailleurs de Thierry Jonquet. Dans ce polar, sous la plume alerte de l?écrivain décédé en 2009, apparaît pour la première fois la figure désabusée du drolatique condé, magnifique éclopé de la vie. On ne pouvait rêver meilleur hommage pour enterrer ce cher Gabriel Rovère, avec tous les honneurs qu?il mérite? Lecture au coin du zinc d?un café de la Butte Montmartre, dans un de ces rades que le policier soiffard n?eût pas dédaigné.
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