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ISBN : 2070417220
Éditeur : Gallimard (16/05/2001)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 314 notes)
Résumé :
Quand la juge d'instruction Nadia Lintz arrive sur les lieux du crime, elle s'attend à trouver une scène d'horreur, mais pas à ça : des cadavres d'enfants carbonisés, figés dans une dernière tentative désespérée d'échapper à la mort. Que faisaient-ils, enfermés dans ce pavillon délabré ? Qui les y avait amenés ? Qui y a mis le feu ? Ce qui ressemble à premiè... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
09 juin 2012
Moloch , six lettres jaunes qui claquent sur fonds noir !
Moloch , aller simple pour l'enfer...
Jonquet , magistral troubadour disparu bien trop tot ( 1954 – 2009 ) , fait rarement dans l'allégresse et la jubilation . Moloch vous scotche ( juste un doigt alors ) du début à la fin , autant par le propos que la maitrise du récit .
Trois histoires concomitantes . Une équipe de fins limiers sur les dents...de l'amer . le tout sur fonds d'enfance sacrifiée , jouez hautbois , résonnez musette car aujourd'hui c'est la fete !
Des corps d'enfants retrouvés à moitié carbonisés et c'est une nouvelle et terrible enquete se profilant pour les protagonistes des Orpailleurs . D'autant qu'il semblerait qu'une potentielle petite victime ait réussi à en réchapper , offrant ainsi à Charlie , son courageux sauveur SDF , la possibilité de se muer en jeune et joyeux justicier frappant alors de son doigt ( juste un scotch alors ) vengeur tous les responsables de cette atrocité ! Nadia Lintz , jeune juge dépéchée sur l'affaire , doit parallelement gérer une sordide histoire de petite fille malade à l'hopital car possiblement empoisonnée par des parents visiblement au-dessus de tout soupçon ! Ajouter à cela un mystérieux peintre condamné par la maladie et confiant à son psy sa volonté affirmée de finir en beauté en égalant la puissance expressionniste du seul tableau qui le hante : le Cri d'Edvard Munch – l'une de ses 4 versions ayant récemment atteinte la modique et dérisoire somme de pres de 120 millions de dollars , une pécadille...Secouez énergiquement et laissez-vous embarquer par ce roman , véritable page-turner d'une noirceur contagieuse .
Trois raisons majeures à cette réussite incontournable :
Primo : la réelle profondeur des personnages englués dans leurs problemes du quotidien sur fonds de sujets aussi puissants que sont la pédophilie , la rédemption , la maltraitance .
Secondimo : trois histoires paralleles sans qu'aucune d'entre elles ne vienne tirer la couverture .
Trimo : écriture nerveuse , rebondissements à foison et final aussi surprenant que rationnel font que ce bouquin se dévore plus qu'il ne se lit !
Concernant l'épisode de l'hopital et pour la petite histoire – et là , ami lecteur ayant fort justement décidé de le lire ultérieurement , il serait judicieux de sauter ces quelques lignes – Jonquet fut suspecté , à l'époque , de s'etre inspiré de l'affaire Kazkaz ( 1990 ) et accusé de violation du secret de l'instruction , cette derniere étant alors toujours en cours...
Vous ne regarderez plus les aventures du Baron de Munchausen du meme oeil ! ;)
Moloch , aussi mieux que Mygale sans etre tout à fait plus moins bien que le Bal des Débris !
Juste énorme !
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Rhodopsine
12 novembre 2015
Je n'avais jamais ouvert un bouquin de Thierry Jonquet. Allez savoir pourquoi... Parce que je n'avais dépassé le premier quart d'heure des téléfilms inspirés de ses personnages? Jamais tombée au hasard sur une couverture qui tape dans l'oeil? Allez savoir. Et puis une amie qui déménage, ses livres qui transitent quelques semaines par chez moi, et un carton entier de polars. C'est qu'elle a bon goût, Vargas, Lehane, Hayder, Mankell, Indridasson. Et Jonquet.
Alors là, quelle claque! Une équipe de policiers qui ne jouent pas aux cow-boys, une juge toute jeune, et des meurtres mes amis, atroces, horribles, épouvantables, à faire des cauchemars pour le reste de vos nuits. Et un SDF justicier, la banlieue pas bien reluisante, la misère de tous les jours.
Et trois intrigues qui se répondent, le Cri de Munsch et le baron de Munschaüsen, et le terrifiant Moloch qui sacrifiait les premier-nés.
Un livre qu'on ne peut pas lâcher? Chapeau bas, Monsieur Jonquet, parti bien trop tôt.
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clude_stas
30 avril 2014
Le grand public connaît-il l'écrivain Thierry Jonquet ? Il est pourtant à l'origine de la très populaire série télévisée « Boulevard du Palais », où une juge d'instruction travaille avec un commissaire de police sur des affaires plus que terrifiantes. Thierry Jonquet est un des auteurs emblématiques du néo-polar français (à la suite de Jean-Patrick Manchette). Il est souvent associé à Didier Daeninckx, Frédéric H. Fajardie, Jean Bernard Pouy, Hervé Prudon, Jean Vautrin et Marc Villard. Dans ses romans, le drame et la tragédie sont le moteur de l'action (comme dans « Mygale » adapté par Pedro Almodovar au cinéma). Il n'y a pas nécessairement une enquête mais plutôt la prospection des motivations de tueurs en série, d'êtres traumatisés, de monstres comme on les « aime ».
« Moloch » m'a interpellé pour deux raisons : ce roman noir est précédé d'une réputation sulfureuse ; et il suffit de citer les différents éléments de l'intrigue pour que ma curiosité soit attisée. Un psychanalyste reçoit, en tant que patient, un artiste complètement à la masse, adepte du body-art extrême, qui suspend son corps à des anneaux de boucherie. Une juge d'instruction, Nadia Lintz, fréquente les salles du Centre Pompidou pour admirer les nus masculins expressionnistes. Rovère est un flic qui aime bien le cubisme (le radical, celui des débuts, pas celui, édulcoré, de l'Art déco) mais il avoue que l'art contemporain le laisse de glace. Sans oublier un photographe dont l'appartement est décoré de tableaux réalistes socialistes, très staliniens. Voilà les ingrédients de ce roman de Thierry Jonquet, paru d'abord dans la Série noire, dont l'intrigue est particulièrement flippante. Il s'agit de retrouver le ou les assassins d'enfants brûlés vifs dans une maison abandonnée, en rase campagne. D'où le titre : Moloch est le démon qui tire sa joie des pleurs des mères à qui il vole leurs enfants pour les « consumer/consommer ».
Le croisement du polar et des arts plastiques modernes est plutôt inédit et rend ce roman presque déroutant, même si les personnages (la juge a un sentiment de culpabilité très prégnant ; le flic est désabusé et alcoolique) et la construction du récit restent au demeurant plutôt classiques. Et l'art contemporain dans tout cela, me demanderez-vous ? Il vous faudra pousser votre lecture jusqu'au dénouement pour savoir s'il a le beau rôle ou non …
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Seraphita
27 février 2010
Dans une maison abandonnée, près de la porte de la Chapelle, au fond d'un terrain vague, un promeneur trouve quatre cadavres calcinés d'enfants. Ceux-ci sont morts dans d'atroces souffrances, essayant de fuir la maison en feu malgré les liens solides noués à leurs membres. Qui se cache derrière cette barbarie ? Les policiers qui mènent l'enquête vont rencontrer la face obscure de Moloch, le dieu purificateur du feu. Dans le Lévitique, l'Eternel met en garde les hommes qui livrent des enfants à Moloch: « Tu diras aux enfants d'Israël : si un homme des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent en Israël livre à Moloch l'un de ses enfants, il sera puni de mort… ».
Encore un très bon Jonquet, quoique très noir ici : le début notamment donne le ton. L'auteur nous place d'emblée sur la première scène de crime, plantée dans un décor bien glauque et chaotique : la maison est à l'abandon, dans un quartier qui a été dévasté par les pelleteuses et par les bulldozers. le spectacle à l'intérieur est ahurissant et révulsant ; Jonquet nous le décrit avec force détails, sans nous épargner les précisions macabres. Au départ, il ne nous dit pas que ce sont des enfants qui sont morts. le fait que des enfants soient au centre de ce roman noir, avec pour toile de fond, la pédophilie, m'a beaucoup touchée voire choquée : comment l'auteur a-t-il osé s'attaquer à un sujet aussi sensible ? La noirceur de certains adultes est exposée ici. Ce début à l'atmosphère très noire m'a plutôt rebutée, l'ouvrage me semblant soudain bien long. Puis, vers le milieu, j'ai commencé à accrocher à l'intrigue, ainsi qu'à l'intrigue secondaire, pour ne plus lâcher l'histoire. L'histoire parallèle m'a bien plu mais aussi émue, celle d'une enfant victime d'une mère souffrant du syndrome de Münchausen : cette maman n'hésite pas à empoisonner sa fille à l'insuline. Les pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure, même si nous connaissons déjà l'identité du justicier. D'ailleurs, on ressent un étrange sentiment vis-à-vis de ce dernier : entre compréhension de ses agissements – le massacre des quatre enfants étant vraiment barbare – et horreur. Les personnages, du côté des flics, tels Sandoval, Rovère, Dimeglio, Dansel ou Choukroun, ou des juges, avec Nadia Lintz, sont attachants, d'autant qu'ils sont présentés avec tous leurs travers. Je les avais déjà rencontrés dans « Les orpailleurs » du même auteur. C'est avec plaisir que j'ai poursuivi la route avec eux. D'ailleurs quelques mentions à ce dernier roman sont pointées, même si on peut très bien comprendre « Moloch » sans avoir lu celui-ci auparavant. Mon conseil serait cependant de commencer par « Les orpailleurs » pour mieux découvrir les personnages, autant policiers que juges. Un roman très noir, avec une entrée en matière qui peut sembler rebutante, mais une suite et surtout une fin captivantes.
Ce policier a obtenu le trophée 813 du meilleur roman francophone en 1998 et le prix Mystère de la critique en 1999 (meilleur roman français).
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kuroineko
24 mai 2017
Que voilà un roman palpitant et dérangeant! Thierry Jonquet jongle avec les diverses cordes de son arc professionnel pour servir un polar très noir et d'une redoutable efficacité.
Fi des effets de manche qui sentent l'artifice. Jonquet nous colle sous les yeux du sordide, du cru, du vrai. Les trafics en tout genre, les méfaits ordinaires, la lassitude blasée de ses policiers et procureurs, tout sonne vrai, mieux (ou pire?) qu'un documentaire sur le quotidien de la brigade criminelle.
Cette véracité du stylo donne toute sa profondeur au roman. Jonquet était un fervent militant politique et social. Il travailla aussi dans des hôpitaux, notamment psychiatriques. Il connaît les drames qui ornent les pages faits divers des journaux et s'en sert pour mettre en exergue une société sombre et en perte de valeurs humaines (autres que marchandes, cela s'entend...).
Si l'on n'est pas au pays des Bisounours, Thierry Jonquet évite également l'écueil du tout désespéré. Son style, déjà, n'est pas dénué d'humour. Et certains protagonistes font preuve parfois d'une surprenante solidarité.
En bonus, on a une très intéressante discussion sur divers cultes antiques et sur la symbolique du sacrifice d'Isaac dans l'Ancien Testament. Merci Mr Jonquet de m'avoir offert un éclairage nouveau sur cette partie de la Bible.
Deuxième bonus, un discours sur l'art et les incursions dans le "body art" et les prestations parfois très particulières d'artistes se voulant d'avant-garde. Perturbant mais instructif...
Alors pourquoi hésiter à s'y plonger? Thierry Jonquet tient la promesse d'un grand moment de lecture avec questions à la clé et interrogations sur l'éthique. Magistral!
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres13 octobre 2014
Ils étaient là, pataugeant dans la boue, hébétés, certains pleurant, d’autres hagards, les mains tremblantes, la gorge nouée par le dégoût, la pitié, la colère, la honte, un mélange confus de ces sentiments si voisins, tous à scruter le ciel gris-bleu, dans ce matin de printemps, tous à songer à ce qu’ils avaient fait une demi-heure, une heure plus tôt, quand le téléphone avait sonné chez eux pour les tirer du sommeil et les convoquer devant cette maisonnette d’apparence si banale, dressée au fond d’un terrain vague. A tous on avait donné la même consigne. Rendez-vous illico presto à deux minutes de la porte de la Chapelle, à l’entrée d’une ruelle éventrée de part en part, labourée par les pelleteuses, où s’alignaient encore quelques façades intactes de vieux immeubles, vidés de leur substance par les grues à boule qui les avaient surpris à revers. Ne subsistait qu’un décor chaotique, sauvage. Ici, des pans de murs striés de tracés noirs, ceux des conduits de cheminées qui d’étage en étage s’échelonnaient en chicanes pour former un réseau aux ramifications savantes. Là, un escalier en vrille, suspendu dans le vide, accroché comme un serpentin à une poutrelle et menaçant de s’effondrer d’un instant à l’autre. Et partout des lambeaux de papier peint claquant au vent, rongés par l'humidité, qui s'effilochaient en grossiers confettis. Cette rue ne portait même plus de nom, elle n'était plus qu'une trace sur un plan. Le point B12/A15 sur celui de la préfecture de Police, dont chaque inspecteur détenait un exemplaire, et qui quadrillait Paris à la manière d'un jeu de bataille navale, un filet aux mailles serrées. Impossible de se tromper. Le type de permanence au Central avait bien pris soin de préciser la topographie des lieux : le pavillon se trouvait au fond du terrain vague, juste derrière le chantier. Une de ces bicoques modestes, comme il y en avait tant, jadis, dans les arrières-cours parisiennes. La façade se lézardait en maints endroits, la toiture n'était pas de la première jeunesse, mais l'ensemble avait encore fière allure, et, signe qu'elle avait été habitée jusqu'à une date assez récente, elle était équipée de volets métalliques coulissants au lieu de ceux de bois qu'on voyait d'ordinaire sur ce genre de construction.
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mgeffroymgeffroy12 mars 2008
Ils étaient là, pataugeant dans la boue, hébétés, certains pleurant, d'autres hagards, les mains tremblantes, la gorge nouée par le dégoût, la pitié, la colère, la honte, un mélange confus de ces sentiments si voisins, tous à scruter le ciel gris-bleu, dans ce matin de printemps, tous à songer à ce qu'ils avaient fait une demi-heure, une heure plus tôt, quand le téléphone avait sonné chez eux pour les tirer du sommeil et les convoquer devant cette maisonnette d'apparence si banale, dressée au fond d'un terrain vague (...).
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AproposdelivresAproposdelivres13 octobre 2014
L'inspecteur Dimiglio ferma les yeux. Il avait été le premier de l'équipe à pénétrer dans la maison, le seul édifice encore intact dans ce décor dévasté. C'était plus qu'il ne pouvait en supporter. Paupières closes, il tentait d'effacer de sa mémoire les images qui s'y étaient inscrites. Dès la première seconde, dès le premier pas dans le séjour, sitôt dépassée l'entrée, il avait compris qu'il lui faudrait de longues semaines pour oublier, pour gommer. Dimeglio parvenait toujours à gommer, c'était le terme qu'il employait, « gommer ». Râper avec application, comme on dit d'une tache d'encre rebelle sur un cahier d'écolier...
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kuroinekokuroineko23 mai 2017
(...)le sang est un élément d'emblée très collectif: si l'on greffe un organe, le corps le rejette violemment, alors que si l'on transfuse du sang du même groupe, il n'y a aucun problème. Le sang inclut d'emblée la notion de partage, de communion!
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kuroinekokuroineko24 mai 2017
Il s'était longuement attardé sur la symptomatologie de la douleur chez l'enfant. A l'inverse de l'adulte qui n'hésite pas à s'insurger contre l'indifférence des soignants, à réclamer sans cesse des antalgiques, celui-ci se réfugie le plus souvent dans le mutisme, mutisme qu'il convient de ne pas confondre avec la résignation. Voire avec l'absence de souffrance.
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Bande annonce de La Piel que Habito, un film de Pedro Almodóvar avec Antonio Banderas. Adaptation de Mygale, le roman de Thierry Jonquet
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