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ISBN : 2072793904
Éditeur : Gallimard (08/11/2018)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 27 notes)
Résumé :
«Après coup, on ne peut pas s’empêcher de revenir sur les jours d’avant, comme pour prendre la mesure de son aveuglement d’alors. On se regarde ne pas savoir, on se regarde vivre alors que cela n’est pas encore arrivé, on s’étonne de ce fragile bonheur. Et ce sont tous les moments de la vie, toutes les joies, les naissances, les après-midi dans le jardin, les journées sur la plage, les histoires racontées le soir aux enfants, les photographies et les souvenirs du pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  05 février 2019
Après l'avoir lu, pour pouvoir écrire quelques mots sur ce remarquable livre de Pierre Jourde, Winter is coming, il faut attendre un peu. On sort de ce roman, découvert grâce à Lecteurs.com, complètement bouleversé et ému par la force de ce père à qui on apprend, en juin 2013, que son fils, Gabriel, alias Gazou, qui vient de fêter ses 19 ans, est atteint d'un carcinome médullaire du rein.
Pierre Jourde nous livre de manière sobre et avec une immense pudeur tous les sentiments, tout le ressenti, toute la force qu'il a dû déployer pour accompagner son fils dans les derniers mois de sa vie.
Il nous dit toute la colère qu'il a très souvent dû contenir lors des attentes subies pour les examens, pour les résultats, les cris de révolte ou plutôt les hurlements qu'il aurait voulu manifester mais aussi tout l'espoir qu'il a pu avoir au cours de ces mois épuisants, lors des périodes de rémission.
Winter is coming est un véritable et bouleversant cri d'amour pour son fils au sourire si radieux à l'aube de ses vingt ans. Beau jeune homme, sportif, amoureux de la vie, il commençait à révéler tout son talent en tant que compositeur de musique. D'ailleurs, Winter is coming, titre parlant s'il en est, est également un morceau allègre et dansant composé par Gabriel, sous le nom de Kid Atlaas.
Ce livre est d'une terrible beauté, d'une grande sobriété. Il est extrêmement poignant et m'a laissée K.O. Je dirais que c'est à la fois un roman très personnel mais en même temps universel.
Comment peut-on surmonter l'épreuve d'accompagner son enfant vers une fin inéluctable et survivre ensuite à son absence ? Un récit hors normes ! L'auteur analyse si bien sa force et ses faiblesses que cela laisse pantelant et sans voix.
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Henri-l-oiseleur
  08 février 2019
Pour commencer, Pierre Jourde n'a pas écrit un roman, comme plusieurs chroniqueurs le prétendent ici. Pour qu'il y ait roman, il faut qu'il y ait fiction, et il me semble (jusqu'à preuve du contraire) que l'auteur n'a rien inventé. Il se présente comme témoin et narrateur de quelque chose qui lui est arrivé : voir les documents à la fin du volume.
Cependant, Pierre Jourde a coulé dans une forme narrative travaillée ce témoignage sur la lente mort de son fils. Cela peut expliquer l'erreur de certains lecteurs qui, trompés par la forme, y voient un roman. Ce qui les trompe aussi, c'est que l'auteur mobilise les ressources littéraires du roman pour construire la vérité, et pour décrire ses réactions et celles de son entourage. Ce travail d'écriture, qui consiste à traiter la vie comme de la fiction, est au coeur de l'entreprise autobiographique, par laquelle on place des douleurs trop réelles à distance, en faisant d'elles un récit. C'est ainsi, par exemple, que Hugo procède dans les poèmes sur la mort de sa fille Léopoldine : des années après le vrai et affreux chagrin, il en fait de la poésie et il l'antidate pour qu'elle "colle", fictivement, aux faits réels. Cela s'appelle "l'effet de réel", l'illusion littéraire.
Paradoxalement, ce travail qui appartient au processus de résignation du deuil, produit un livre puissant qui émeut le lecteur et lui transmet l'écho affaibli des douleurs du père. Heureusement, elles sont atténuées, car autrement, si nous étions aussi violemment émus qu'il l'a été, nous serions absolument incapables de lire.
Mais pourquoi lire ce livre ? C'est la question que le libraire m'a posée quand j'ai acheté "Winter is coming". le voyeurisme a sûrement sa place : la passion inavouable du voyeur, quand elle se traduit par la lecture, vient d'une curiosité insatiable (un peu prédatrice) pour l'humain. Lire, c'est ne pas se contenter des limites de sa propre vie et désirer d'en vivre d'autres, beaucoup d'autres. Parallèlement à cette quête d'émotions fortes, propre au lecteur voyeur-sentimental, une certaine dureté de coeur est aussi nécessaire : sans elle, on ne serait pas capable de porter un jugement esthétique sur le livre, d'apprécier le style et la vision du monde qu'il véhicule. "Winter is coming" m'a fortement ému, et agacé aussi, car l'émotion m'a empêché de regarder le style, la langue, et m'a obligé à les subir sans recul (un peu comme "Le dernier des Justes" de Schwarzbart, écrit détestablement mais fascinant de bout en bout à cause du sentiment). Ce livre est trop fort, trop juste et trop dur pour que je le relise avec détachement, dans une optique plus littéraire.
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cathy13600
  25 novembre 2018
Lors de l'été 2017, en feuilletant un magazine, je découvrais inopinément le synopsis du livre que je m'apprête à chroniquer. Intéressée par les quelques lignes qui m'étaient offertes, je m'empressai de photographier la page (vive les smartphones) dans le secret espoir de l'acquérir un jour prochain.
Dix-huit mois plus tard environ, je vous retrouve pour vous parler du roman en question, « Winter is coming » de Pierre Jourde.
Ce texte déchirant possède une dureté terrible, parfois à la limite du soutenable d'après le Monde. Pierre Jourde signe des pages puissantes, que l'on lit en retenant son souffle selon le quotidien belge La Libre. Sur linternaute.com, Loïc di Stefano écrit : Je prie pour n'avoir jamais à endurer l'épreuve d'écrire un tel livre, quelle qu'en soit sa beauté formelle, sa retenue, sa perfection : adressée à son fils, c'est la lettre d'amour d'un homme que soudain on prive d'amour. Comme vous pouvez le constater en lisant ces commentaires, ce récit autobiographique est tellement auréolé d'une jolie réputation et d'avis extrêmement positifs, voir dithyrambiques que je ne pouvais être que motivée et enthousiaste à l'idée de me plonger dans cette lecture des plus personnelles. Quelques heures difficiles mais paradoxalement belles d'évasion se profilaient.
La dernière page définitivement tournée, je dois admettre que j'en ressors avec un sentiment mitigé. Vu la lourdeur du sujet, j'ai passé un bon mais non pas un irrésistible moment. C'est court (cent soixante pages), rapide et facile à lire. Mais pour le reste, je suis plus circonspecte.
Je vais tenter, à présent, de vous exposer les raisons qui font que j'en suis arrivée à cette conclusion.
Un après-midi de juin 2013, Pierre accompagné de son épouse, Hélène, et de ses enfants s'apprête à passer un week-end de détente chez des amis dans la forêt de Fontainebleau. Un séjour qui ne s'apparente pas comme étant le dernier d'instants d'insouciance, de pur bonheur. Et pourtant, un message, un simple message laissé sur son téléphone portable par le secrétariat d'un éminent chirurgien, spécialiste du rein, va chambouler sa vie et celle de ses proches. Elles ne seront plus jamais les mêmes…
Le lendemain, ils apprennent l'insoutenable vérité : Gabriel, le deuxième de la fratrie de trois, âgé de dix-neuf ans, est atteint d'un cancer rare : le carcinome médullaire du rein. Douze cas seulement dans le monde. Son avenir est désormais fortement compromis. Il ne lui appartient déjà plus. Commence alors une lutte acharnée contre la mort annoncée.
Le parcours fait d'examens multiples et variés, d'interventions chirurgicales, de traitements agressifs, de douleurs, de fatigues, d'affaiblissements, de doutes, d'angoisses, de colères, d'attentes mais aussi de rémission, d'espoir, de joies fugaces durera onze mois. Quasi une année pendant laquelle ses parents ne cesseront de le soutenir, de lui insuffler courage et espoir pour finalement l'accompagner vers sa dernière demeure.
A travers le texte qui nous est proposé, par des mots d'une dureté incroyable quelquefois, l'écrivain entame le récit de cette atroce période. A ses côtés, si j'ose m'exprimer ainsi, nous suivons étape après étape, les cinquante-deux dernières semaines environ de ce rejeton appelé par son entourage Gazou.
Si vous choisissez, à votre tour, de vous plonger dans cette terrible mais néanmoins véridique histoire, vous aurez dans les mains la déclaration d'amour d'un papa omniprésent durant la bataille.
Vous êtes-vous déjà demandé comment vous réagiriez devant pareille situation ? de quelle façon vous tiendrez ? Jusqu'où iriez-vous pour que la personne que vous aimez le plus au monde ne cesse de souffrir ? Vous souhaitez simplement épauler par la lecture Pierre et sa famille ? Alors, lancez-vous…
Si nous rentrons effectivement dans cette histoire et dans l'intime de l'auteur de manière brutale, je n'en étais pas pour autant habitée par du voyeurisme mais plutôt par un profond respect à l'égard du combat et de la peine incommensurable d'un jeune homme et de son père. Un père que je ne peux que remercier de nous ouvrir les yeux sur l'injustice de l'existence ou d'aider éventuellement, à travers ses mots, d'autres familles concernées.
Nous sommes embarqués avec violence dans un monde mal et heureusement peu connu de la majorité des gens. Un univers où se côtoie, au milieu de la maladie, tout aussi bien la froideur de certains pontes que l'empathie d'autres médecins. Nous flirtons avec la souffrance physique, le savoir-faire professionnel, la patiente perdue, les hôpitaux, bref le microcosme médical.
Nous ressentons alors l'affliction, la rage, l'impuissance, le désarroi du romancier totalement désarmé face à cette fin inéluctable. Il se livre avec pudeur sans pour autant se défausser. Il apparaît tel qu'il est : un homme blessé.
Cela dit, il n'omet pas de nous faire partager les tranches de vie plus joyeuses, propices à l'espoir, passées en famille ou avec des amis. Les beaux derniers moments du jeune adulte.
Je pense que la retranscription sur papier d'un deuil exempt de toute logique quant il s'agit de son propre enfant, est sa façon, à lui, d'accepter l'inacceptable.
Il est évident que cet ouvrage transpire d'amour, de générosité, d'émotion mais la prose de P.J. ne m'a pas transportée. J'ai eu du mal à accrocher. Peut-être trop colérique ? Peut-être trop acerbe, pas assez douce ? Peut-être trop lente ? Je ne saurais vous dire encore aujourd'hui. Il est clair néanmoins, que quelque chose m'a manquée.
Gabriel a toute ma considération et ma sympathie. J'ai été charmée par sa résistance, sa volonté, et surtout par sa faculté à cacher qu'il savait. Si je n'avais qu'un seul mot pour le décrire, je dirais : Respect.
Pour terminer, je vous confirme que cet opus est effectivement intéressant à découvrir, poignant, mais il ne m'a pas émue, bouleversée comme a pu le faire celui d'Anna McPartlin « Les derniers jours de Rabbit Hayes. J'avais alors été plus sensible à son histoire, à sa façon de la mettre en scène. Je ne regrette toutefois pas même si je n'en garderai pas un excellent souvenir. Je voulais le lire. Je l'ai lu. La magie n'a pas opéré tout simplement.
Vous avez, néanmoins, ma plus grande considération Monsieur Jourde ! J'ai admiré votre implication, votre capacité à distiller de l'espoir, votre courage. Je ne peux imaginer ce que ça peut-être de perdre son enfant, la chair de sa chair. Tous mes voeux vous accompagnent.
A entreprendre ? Pour une fois, je vous laisse seul juge. Je ne peux me prononcer. Je précise seulement que ce livre-témoignage est destiné à celles ou ceux qui aiment les histoires vraies.
Je vous conseille seulement d'écouter au terme de cette lecture « Des fragments », l'album numérique composé par ce fils (pseudo Kid Atlaas), musicien prometteur, trop tôt disparu. Et plus particulièrement « Winter is coming », titre repris en hommage pour ce bouquin.
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pilyen
  06 juin 2017
Il fait beau , on est en forme et passer un moment tranquille dans un transat avec un bon livre devient très tentant. Hélas, pour vous, en cette période de week-ends prolongés, je ne suis pas certain d'arriver à vous convaincre de passer deux ou trois heures avec le dernier ouvrage de Pierre Jourde.
"Winter is coming" n'est absolument pas un mauvais livre, loin de là, mais son sujet a tout du repoussoir, puisque l'auteur raconte les onze derniers mois de son fils Gabriel atteint d'un cancer aussi incurable que rapide. Pour se détendre, on peut trouver mieux. Je sais que beaucoup évitent ce genre de sujet. On peut les comprendre. Je défie quiconque de rester insensible à ce récit, nous renvoyant à la figure nos peurs, nos doutes et notre mort prochaine. Certains pourraient même aller jusqu'à dire que ce genre de peine, de chagrin, doivent rester personnels, que ce dévoilement de l'intime a quelque chose d'exhibitionniste. Je ne partage pas du tout ce point de vue. Il est même important, nécessaire, intéressant, que nos auteurs exercent aussi leur acuité sur ce terrain là.
Bien sûr, nous sommes loin de la lecture plaisir. Ce témoignage est rude, jamais exhibitionniste, juste le ressenti d'un père qui voit se produire sous ses yeux ce qui ne devrait jamais arriver, la mort de son enfant. Alors on lit ce texte teinté de colère devant un sort aussi injuste. On lit le désarroi d'un homme qui essaient de croire à une guérison tout en voyant son fils s'affaiblir, maigrir, passer d'un énergique et beau musicien prometteur à un malade affaibli et souffrant. On y trouve aussi la description impitoyable d'un milieu médical qui l'est tout autant avec ses pontes au-dessus de la souffrance humaine, froids techniciens de nos corps ou ses médecins empathiques aux discours rassurants quelque soit l'avancée de la maladie. Partagé entre l'envie de croire des paroles d'espoir et la colère que suscitent les moments d'attentes innombrables et les mots francs qui foudroient, Pierre Jourde creuse au plus profond de lui pour nous livrer ses pensées les plus intimes. Cela a le mérite de la franchise. L'homme blessé n'a plus aucune pudeur. Chacun réagissant selon un parcours bien particulier, son histoire, très personnelle, ce partage de souffrance, d'incompréhension parfois, touche l'universel.
La fin sur le blog
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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charly_boldaire
  21 décembre 2017
Récit puissant, élégie magistrale : voilà ce qu'il faut retenir du dernier roman très intime de Pierre Jourde dans lequel il raconte la mort de son fils qui n'avait pas vingt ans.
Ce texte foudroyant – à ne pas mettre entre toutes les mains – est une véritable épreuve dont on sort à la fois touché et ému et en même temps changé, à jamais. Parce que cette douleur aussi intime ne peut être exprimée que par la littérature, par le langage qui se charge de raconter le réel tel qu'il est et non tel qu'on l'imagine, ce texte vous transforme et vous permet de renouveler votre regard sur le monde : c'est ce qui caractérise toute grande littérature.
On vit à travers ce texte somptueux et douloureux, entre des phases d'élégie sublime et pudique et des phases terribles dans le froid univers médical. Même si la fin tragique doit advenir comme dans les grands mythes de l'Antiquité, on ne peut refermer le livre. On a besoin de vivre cette épreuve à deux, l'auteur et nous. On ne peut pas l'abandonner là. Il faut continuer, veiller sur Gazou, compter le temps qu'il reste, trouver quoi dire pour figer un peu d'éternité dans ce que l'on sait inéluctable.
Ce moment, nous le vivons, nous le traversons avec l'auteur qui ne nous épargne pas, qui pénètre le réel avec son écriture, qui se débat dans la prison des idées figées et des représentations toutes faites. Jourde nous offre un texte exutoire qui nous remet en face de notre misérable condition. Sans pathos excessif, sans effet de style ronflant, rien que l'écriture de la vérité, rien que la recherche du mot juste, de la pensée juste pour dire le réel.
Et puis, comme toujours dans l'oeuvre de Jourde, on retrouve ce thème du double et du Mal, présent en chacun de nous, nous échappant et nous retrouvant tout le temps, dans toutes les épreuves de la vie.
A lire, évidemment, en hommage à Kid Atlaas. A lire pour partager un peu de l'humaine condition.
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critiques presse (3)
LeMonde   12 mai 2017
Dans « Winter is coming », l’écrivain raconte l’année qui a précédé la mort de son fils Gabriel, à 20 ans, d’un cancer. Un cri d’amour, obsédant et désespéré.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   31 mars 2017
Lorsqu'il s'agit de raconter le calvaire de son enfant de vingt ans, il n'y a plus de poésie qui tienne, il n'y a plus de métaphores qui surgissent pour révéler la beauté cachée des choses, et la pensée se cogne contre l'absence de sens.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   10 mars 2017
D'une voix tombale, Pierre Jourde nous annonce qu'il va mourir, son bel enfant athlétique de 20 ans, et pourtant, oh le pouvoir de la littérature (...) on veut encore en douter, on s'obstine à espérer qu'il va pouvoir s'en tirer.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
talou61talou61   23 juillet 2017
Ce sourire radieux qu'il avait, à quatre ans, lorsque j'entrais dans sa classe de maternelle pour le ramener à la maison, ne cesse de me poursuivre. Qu'en ai-je fait, de ce sourire ? Comment ai-je répondu à ce don absolu, confiant, de l'enfant qui se précipite dans les bras de son père, après une longue journée passée parmi des étrangers ? Qu'est-ce j'ai fait, et dit, qui méritait ce sourire, qui ne le décevait pas ?
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   07 février 2019
... Il aura, ce coeur, presque autant pleuré sur le destin du héros de "Eye of the Beholder", ou sur la mort de Maggie dans "Million Dollar Baby", que sur celle de Gazou. Pleuré physiquement, c'est du pur poids des larmes qu'il s'agit, pas des vraies blessures. Mais les larmes versées sur la fiction n'insultent-elles pas celles qui coulent pour la réalité ?
Mais dans "Eye of the Beholder" comme dans "Million Dollar Baby", il n'est question que de paternité. C'est la douleur du père voyant l'enfant mourir qui faisait déjà sangloter alors, la même que celle qui devait être un jour infligée, et peut-être la fiction éveillait-elle à sa vérité ce coeur qui savait déjà ce qu'était cette douleur avant même de la connaître.

pp. 59-60
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   07 février 2019
Toujours cette oscillation entre l'effet secondaire qui ne doit pas inquiéter et le signe d'un retour du cancer. On a beau multiplier les imageries, on dirait que cela ne fait qu'ouvrir l'infinité des interprétations. Comme si le corps était un texte crypté qu'on n'en finissait pas de relire et de gloser. Jusque dans la maladie, le réel se refuse. Faut-il croire qu'on ne le tient enfin que dans la mort ?

p. 92
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CancieCancie   05 février 2019
Devoir à présent vieillir avec cette absence, avec cette éternelle jeunesse éternellement arrachée. C'est le travail qui reste à accomplir.
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   07 février 2019
Les soins palliatifs sont faits pour les agonisants. Se rassurer : le nom du service ne signifie pas qu'on n'utilise pas ses compétences pour des maladies dont la vie n'est pas forcément en jeu, mais qui doivent lutter contre la douleur. La menace du désastre absolu ne pousse pas seulement à interpréter de manière forcenée les images radio, les paroles de médecins, les formules de l'entourage. Elle vous plonge dans un monde tissé de signes, comme si elle procédait de la structure même de l'univers, qui rayonnait d'obscurs présages.

p. 98
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Videos de Pierre Jourde (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Jourde
Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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