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EAN : 9782266126205
416 pages
Éditeur : Pocket (02/10/2003)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Par calcul ou par bêtise, des textes indigents sont promus au rang de chefs d’œuvre. Leur fabrication suit des recettes assez simples. Pierre Jourde en donne quelques-unes. Il montre comment on fait passer le maniérisme pour du style et la pauvreté pour de la sobriété. Cette "littérature sans estomac mélange platitudes, niaiseries sentimentales et préoccupations vétilleuses chez Christian Bobin, Emmanuelle Bernheim ou Camille Laurens. Il existe aussi des variétés mo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  20 août 2017
Paru en 2002, La littérature sans estomac décortique avec une férocité salutaire, les perversions d'un système éditiorial qui consistent à faire passer un produit de consommation pour de la littérature. Que ce produit soit lu n'a aucune importance, l'essentiel étant qu'il se vende. Des critiques ou des journalistes, au lieu de dénoncer la fabrication d'ersatz d'écrivains, prêtent (ou plus sûrement vendent) leur complaisance, leur docilité et leur soumission à ceux qui dirigent le monde de l'édition d'une poigne dictatoriale et formatent les goûts des lecteurs, en laissant sur le bord du chemin de nombreux talents, malheureusement pour eux, pas suffisamment bankébeules, ou trop subversifs pour la pensée unique.

Pierre Jourde, professeur d'université spécialiste de Huysmans et de Vialatte, déboulonne dans cet essai pamphlétaire, bon nombre d'écrivants reconnus comme l'élite de la littérature contemporaine française, grands vendeurs et rafleurs de prix prestigieux, squatteurs de plateaux de télé, invités ressassés d'émissions de radios ou d'articles de presse rassis. Les exemples et extraits choisis par l'auteur sont d'une évidence implacable, pour mettre en exergue les tics de style, la vacuité de la pensée, la pauvreté de l'écriture, les histoires insignifiantes, le langage inepte, les personnages banals. Pierre Jourde possède le style riche, précis et lumineux qui fait défaut à tous ceux qui sont cités, l'intelligence et l'érudition qui rendent ses propos légitimes, et surtout un humour qui rend la lecture de son essai, souvent hilarante.

Et comme il le dit, page 181 : « Il y a peu d'honneur à tirer de l'extermination des insectes. […] Mais aucune oeuvre n'est complètement dépourvue de conséquences. Il s'agit d'une question plus grave que la nullité de tel ou tel auteur. L'invasion de ces niaiseries étouffe la littérature française. »

Une lecture hygiénique à méditer, plus que jamais, en cette période de pré-rentrée littéraire !
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LydiaB
  13 novembre 2012
Lire "La Littérature sans estomac", c'est comme entrer dans un bon restaurant gastronomique. Véritable réjouissance pour nos papilles cérébrales, cet ouvrage (dont le titre est certainement un clin d'oeil au pamphlet de Julien Gracq intitulé "La Littérature à l'estomac") distille une fine liqueur critique dont la saveur est inégalable. Mais celui qui nous régale ici, qui met du sel et du piquant sur des morceaux réchauffés, c'est Pierre Jourde. Car les ouvrages présentés sont fades et sans saveur. Pourtant, et c'est bien là tout le scandale, leurs auteurs ont été montés au pinacle par une sorte d'intelligentsia où mercantilisme, hypocrisie et ronds de jambe sont les sirènes du succès (et la cerise sur le gâteau).

On rit à la lecture de ces textes. Jourde se veut piquant et emploie toute la palette de l'ironie pour faire mouche. J'avais déjà lu le fameux "Jourde et Naulleau". J'ai retrouvé dans "La Littérature sans estomac" ce ton qui m'avait plu, ces remarques assassines, cette autopsie minutieuse des romans cités.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Nowowak
  25 juillet 2020
Je suis parfois un moqueur, un provocateur. Mon seuil de tolérance est très peu élevé en face de la médiocrité telle que je pense la cerner. Or je trouve mon maître dans ce livre qui conspue les textes indigents promus au rang de chefs d'oeuvre. Des livres qui font passer la pauvreté pour de la sobriété. Mélange de platitudes, banalités, facilités, clichés, redites, poncifs, anecdotes narcissiques. J'aime donc ce pamphlet qui n'hésite pas à clamer que l'on assassine la culture. Il s'enthousiasme pour quelques auteurs qui ne sont certes pas des fabricants de livres, des vendeurs de savonnettes mais de véritables écrivains.
Ce livre est joueur. Moi aussi. Cela vous dit de jouer ensemble à un jeu rigolo ? On te confie une phrase fade, factuelle, vide, tu dois en composer trente lignes savoureuses !
Exercice 1 : "Il ouvre la porte et entre." Transformez la phrase précédente en lui offrant un langage plus coloré, plus à même de séduire un éventuel lectorat. N'hésitez pas à en ajouter. Voici ma petite version, comme ça, au débotté.
Issu d'un champ de bataille l'ayant laissé pour mort ou victime de blessures de la vie encore plus féroces, l'homme porte des vêtements et de gros godillots dans un état lamentable. Un clochard n'en voudrait pas. Des guenilles qui semblent indiquer qu'il ne se lave pas tous les jours et peut-être pas tous les mois. Une odeur de peau crasseuse, de poils souillés, de plaies infectées, de plis qui ne voient jamais le jour, s'échappe de ce corps informe et mal attifé. Si le tableau n'était pas suffisant, cette pestilence résidentielle s'ajoute à des raclements de gorge incessants, des bruits de bouche, une respiration saccadée, des grognements d'ours, des troubles du voisinage uniquement interrompus lorsque l'individu pète ou lorsqu'il rote. Phénomène qui arrive toutes les deux minutes suivant un ordre aléatoire. Tous ces signes puants et purulents témoignent de l'appartenance à un habitat et à une condition plus proches du caniveau que des hautes sphères palatines.
Fort curieusement cette chose humaine parvient à se mouvoir et dans un sursaut d'énergie insoupçonnable à parvenir à sa destination. Une bicoque au fond d'une ruelle mal famée. Son regard apeuré indique qu'il visite ce cloaque pour la première fois. Il frappe, rien. Plusieurs coups. Toujours rien. La porte grince effroyablement dès qu'il s'avise de la pousser. Les gonds sont rouillés, le bois a souffert et les planches gondolées par l'humidité menacent l'intrus d'une immobilité éternelle. Une couche de crasse et de poussière bloque l'ouverture. Chaque centimètre carré est un combat dont la victoire révèle avec parcimonie l'existence putride d'un univers qui donne à regretter cette progression.
Au bout d'une bonne demi-heure, l'homme parvient à glisser un bras puis une jambe. Puis l'autre bras et l'autre jambe. le voilà bientôt dans la pièce inondée d'une obscurité qui ne laisse rien présager de bon et d'une forte odeur qui couvre la sienne. Un minuscule soupirail offre les prémices d'un jour blafard. Il peint en gris les murs souffreteux et couverts de moisi. Il n'est guère avisé de laisser traîner ses doigts ou palpiter ses narines. Une odeur de mort semble imprégner chaque recoin et il ne serait pas étonnant de voir une créature maléfique surgir pour sauter à la gorge de qui vient déranger son repos.
Nowowak

Lien : https://pasplushautquelebord..
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araucaria
  05 mai 2013
Un livre intéressant qui peut conduire à faire de sérieuses économies de temps et d'argent en faisant une sélection "d'auteurs" à ne surtout pas lire. J'ai pu le vérifier personnellement ayant acheté des oeuvres de quelques prétendus écrivains cités ici, et m'étant rebellée contre la médiocre qualité des livres et la pauvreté des styles et des sujets. Ces oeuvres je les avais lus sans conviction, ou plutôt avec la conviction que ces textes étaient creux, sans intérêt, des attrapes-nigauds pour lecteurs non avertis, pour naïfs pensant que toute écriture devait nécessairement être de qualité.
Je ne distribue cependant que trois étoiles à cet essai, car j'y ai détecté des longueurs. le texte est souvent ardu et je me suis ennuyée à la lecture du dernier chapitre, représentant la valeur de près de cent pages.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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paroles
  31 août 2013
Pourquoi ai-je lu ce livre ? Soyons franche, j'ai sauté pas mal de paragraphes.
Pourquoi ferai-je miennes les critiques de Jourde ? Je préfère garder mon libre arbitre, même si je reconnais que certaines proses sont indigestes et que les best-sellers sont affaires de monnaie et non de style.
Oui oui oui.
Les critiques sont traitées très sérieusement. Je les aurais aimées saupoudrées d'un peu d'humour. Elles sont démonstratives (beaucoup d'extraits choisis), analysées (plutôt démontées avec preuves à l'appui) et parfois ennuyeuses (c'est vrai, il ne peut s'adresser au commun des lecteurs, alors parfois je me suis perdue).
Si si si.
Et puis pourquoi justifierses choix ? Chacun peut lire ce qui lui plaît. Et si lire "la première gorgée de bière" procure à son lecteur un instant de plaisir ou de paix, pourquoi l'en priver ?
Encore une question ("une freudolacanerie ça peut être amusant"). La vraie littérature, qu'est ce c'est ? Moi, je suis bête, je ne sais pas. Enfin, j'ai bien un petit avis, mais c'est le mien, c'est à dire pas grand chose (oui je plagie !). Pour moi, la vraie littérature c'est celle qui vous fait voyager, apprendre, rêver, espérer, aimer.
Enfin, tout le monde peut se tromper puisque Pierre Jourde, lui-même, a apprécié le dernier livre de Camille Laurens (voir article du Nouvel Obs du 22 avril 2013), auteure si décriée ici.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   13 novembre 2012
C'est ainsi que, dans un esprit toujours résolument moderne, Christine Angot fait un usage très personnel de la répétition :

"Il met des clémentines sur son sexe pour que je les mange. C'est dégoûtant, dégoûtant, dégoûtant, dégoûtant."

Déplorons ici un peu de timidité dans la redite. Une page, une page et demie de "dégoûtant" auraient donné à la phrase sa pleine puissance. Autres exemples (les cas sont innombrables) :

"Tous ces gens-là, c'est impossible, impossible, impossible, impossible de les appeler".

"J'accouchais Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore Léonore Marie-Christine Léonore Léonore Léonore Léonore Marie-Christine Léonore Léonore Léonore. Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore. Léonore Marie-Christine. Marie-Christine Léonore".

On regrette d'interrompre un tel régal. Car cela continue. La prose ici se fait musique, on songe à "La fille de Minos et de Pasiphaë", du regretté Jean Racine, ou à l'alexandrin d'Alphonse Allais : "Jean-Louis François Mahaut de la Quérantonnais". Et puis, c'est toujours une demi-page de remplie. Au prix où se négocie la demi-page de Christine Angot, elle aurait tort de se priver.
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MichelePMicheleP   04 mai 2013
En France et dans les pays occidentaux, la demande de consommation culturelle se généralise. On se bouscule aux expositions et aux musées. On s’arrache le Goncourt, qu’on ne lit pas ou qu’on offre. Il s’agit donc de fournir à un public élargi, qui désire pénétrer dans le cercle des amateurs cultivés, quelque chose qui puisse passer pour de la vraie littérature (en fournir vraiment serait plus compliqué. Un auteur au plein sens du terme met du temps à se faire admettre, il ne rapporte pas vite). Il n’est pas nécessaire que de tels textes soient lisibles, il faut simplement que les livres soient achetés. Le public n’a pas réellement besoin de lire le livre qu’il a acquis : il suffit, par une promotion adroite, de parvenir à le convaincre qu’il est devenu détenteur d’une valeur symbolique, qui se nomme littérature. On s’emploie donc à lui fournir, non pas de la littérature, mais une image de la littérature. Il y a des écrivains pour fabriquer ces textes médiocres qu’éditeurs et journalistes ont habitué le public à considérer comme de la création.

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namelessnameless   17 août 2017
Il n'est guère de dictatures qui ne se réclament de la démocratie et de la liberté. Conformément aux vieux principes des pouvoirs totalitaires, qu'il a en d'autres temps ardemment défendus, Philippe Sollers pourfend de fantomatiques ennemis extérieurs (manque de liberté d'expression, de liberté sexuelle) pour mieux faire oublier la tyrannie de fait que lui et son clan exercent sur une grande partie du monde littéraire.
P. 40
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namelessnameless   18 août 2017
Tout texte modifie le monde. Cela diffuse des mots, des représentations. Cela, si peu que ce soit, nous change. Des textes factices, des phrases sans probité, des romans stupides ne restent pas enfermés dans leur cadre de papier. Ils infectent la réalité. Cela appelle un antidote verbal.
P. 26
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dourvachdourvach   31 décembre 2014
On ne peut cependant pas se défendre d'un malaise à propos de Houellebecq, du sentiment qu'il y a là quelque chose de louche. On est en droit de refuser ce nihilisme et cette manière d'universaliser la bassesse. Faut-il penser que cette oeuvre, par sa sincérité, son humour, transcende sa médiocrité, ses pulsions répugnantes ? Doit-on au contraire considérer qu'elle tend au lecteur un piège gluant, qu'elle sert à justifier son auteur à ses propres yeux et aux nôtres, à nous faire partager médiocrité et frustrations, à nous y attirer ? Dépassement ou simple entreprise de blanchiment ? Je n'ai pas la réponse.
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Videos de Pierre Jourde (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Jourde
« Ni la souffrance, ni l'absence de souffrance ne peuvent se vivre sans culpabilité. Il faudrait apprendre à ne plus s'en vouloir. » Pierre Jourde (in “Pays perdu”). Le réel difficile : conférence donnée au Collège de France le 09 mars 2010 lors d'un séminaire intitulé “Écrire la vie” et placé sous la direction de Antoine Compagnon. Amphithéâtre Marguerite de Navarre - Marcelin Berthelot. Pierre Jourde est un écrivain et critique français né à Créteil le 9 décembre 1955. Il enseigne la littérature à Valence (université Grenoble III). Connu pour ses pamphlets (“La littérature sans estomac”, “Le Jourde et Naulleau”) contre ce que les médias, et notamment les pages littéraires du journal Le Monde, présentent comme la littérature contemporaine, il est surtout l'auteur d'essais sur la littérature moderne (“Géographies imaginaires”, “Littérature monstre”) et d'une abondante œuvre littéraire exigeante se partageant entre poésie (“Haïkus tout foutus”), récits (“Dans mon chien”, “Le Tibet sans peine”) et romans (“Pays perdu”, “Festins secrets”, “L'heure et l'ombre”, “Paradis noirs”). Il tient depuis janvier 2009 le blog Confitures de culture sur le site littéraire du Nouvel Observateur où il publie régulièrement ses prises de position sur des sujets de société : http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com. Polémique à la suite de la parution de “Pays perdu” : “Pays perdu” retrace la vie des habitants d'un village du Cantal décrite comme très rude et marquée par l'alcoolisme, la solitude, le suicide... Ce roman est inspiré du village de Lussaud dont est originaire la famille Jourde et a suscité une vive émotion parmi ses habitants, d'autant que plusieurs se sont reconnus ou ont reconnu des proches décédés dans les personnages du roman. Lorsqu'il y est revenu, Pierre Jourde et ses enfants ont alors été agressés physiquement et chassés du village à coups de pierres. Les agresseurs ont été condamnés le 5 juillet 2007 par le tribunal d'Aurillac à des amendes et de la prison avec sursis.
Sources : Collège de France et Wikipédia
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