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EAN : 9782082103435
237 pages
Éditeur : Flammarion (15/03/2005)
3.8/5   59 notes
Résumé :
Certaines révolutions sont lentes et ne font pas couler de sang. Entre 1925 et 1935, la physique a connu une telle révolution, un bouleversement pacifique qui a concerné le seul monde des idées : les physiciens comprirent alors que les atomes, ces petits grains de matière découverts quelques années plus tôt, n'obéissaient pas aux lois de la physique classique. Il fallait en inventer de nouvelles, il
fallait penser autrement la matière. Une décennie d'efferves... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Eric75
  28 mai 2013
Je suis devenu un fan inconditionnel d'Étienne Klein depuis quelques temps ; comment ne pas l'être en considérant la qualité de sa production et ses prouesses pédagogiques, rendant accessibles des thèses scientifiques de très haute volée qui pourraient passer pour du chinois aux yeux des vulgaires pékins (vulgum pecus) que nous sommes ? Étienne Klein est professeur à l'École centrale et docteur en philosophie des sciences, il dirige le Laboratoire de recherches sur les sciences de la matière du CEA, qu'il a lui-même créé, et en tant que vulgarisateur et auteur d'ouvrages scientifiques, il impose désormais son style, fait d'un habile mélange de sérieux et d'humour.
De l'humour, on en trouve à revendre dans cet ouvrage, et plutôt sept fois qu'une.
Étienne Klein replace les avancées scientifiques considérables que furent la physique quantique et la relativité générale dans leur contexte historique du début du XXe siècle, relate les parcours individuels, les intuitions et les découvertes, indissociables du mode de vie des savants de l'époque : ces messieurs voyageaient beaucoup d'un pays à l'autre, donnaient ou assistaient à des conférences, s'échangeaient de nombreux courriers, s'invitaient entre eux, s'auto-congratulaient à qui mieux-mieux à chaque fulgurance de leur indéniable génie, mais c'était bien là la moindre des choses. Étienne Klein a choisi de parler de sept d'entre eux : George Gamow, Albert Einstein, Paul Dirac, Ettore Majorana, Wolfgang Pauli, Paul Ehrenfest et Erwin Schrödinger.
George Gamow a été LE précurseur de la vulgarisation des théories révolutionnaires qui ont émergé au début du siècle. On se souvient des fameuses aventures de Mr Tompkins au pays des merveilles, imaginées par George Gamow, qui fit briller dans nos yeux de jeunes lecteurs les étoiles du cosmos et du big-bang dont il savait si bien parler. Étienne Klein rappelle qu'avant d'être un vulgarisateur de talent, Gamow fut le premier à entamer des recherches en physique nucléaire (à s'intéresser au noyau de l'atome), à découvrir l'effet tunnel, à expliquer la radioactivité alpha et à explorer les premiers instants de l'Univers en associant la cosmologie à la physique des particules.
Albert Einstein, que l'on ne présente plus, était obsédé par la synchronisation des horloges (on apprend que c'est là un objectif stratégique militaire, lancé en Allemagne par le comte von Moltke en 1891) et au-delà, par la signification conceptuelle du temps et de la simultanéité des événements. Ses réflexions et ses expériences de pensée le conduisirent à révolutionner totalement notre compréhension de l'espace et du temps en 1905.
Paul Dirac, fervent amateur d'esthétisme dans les équations, conçut une équation d'onde relativiste de l'électron et découvrit l'antimatière de façon théorique en 1931 avant qu'on ne la détecte en laboratoire des années plus tard.
Ettore Majorana (le moins connu des sept, mais il en faut bien un) fut le prophète du neutron, il rédigea seul dans son coin une théorie totalement en avance sur son temps de l'électrodynamique quantique qui ne sera découverte qu'après sa mort, sa disparition mystérieuse masquant un suicide probable.
Wolfgang Pauli, le petit génie des maths, inventa le principe d'exclusion qui porte aujourd'hui son nom et le neutrino. le neutrino fera son apparition pour la première fois dans un réacteur nucléaire vingt-cinq ans plus tard.
Paul Ehrenfest, dans l'ombre de son ami de toujours Albert Einstein, se voyait comme un physicien raté malgré les découvertes mises à son actif. Comme Majorana, son destin raconté ici avec beaucoup de pudeur sera des plus tragiques.
Erwin Schrödinger, célèbre pour son équation et son chat qu'il aimait mettre en boîte, était également un coureur de jupons invétéré. Il mit au point son équation ondulatoire de l'électron lors d‘une escapade en galante compagnie. On lui reconnait donc un petit faible, voire une obsession quasi-libidineuse, pour tous les états superposés quels qu'ils soient.
Étienne Klein nous parle de l'histoire des sciences fondamentales à travers ces sept destins de savants hors du commun. Riche en anecdotes originales et parfois burlesques, toujours étayé et référencé par des notes, son récit est pétri d'un humour de bon aloi voire potache (humour souvent dû aux personnalités des savants eux-mêmes), qui parvient à gommer tout aspect rébarbatif traditionnellement dévolu à ce type de lecture. Un essai passionnant et accessible à tous.
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jiefp13
  07 novembre 2015
Je ne reviens pas sur la critique de ce livre. Eric75 a fait le boulot, et plutôt très bien.
Je voudrais juste proposer deux approches complémentaires de ce livre qui m'a captivé (comme en général tous ceux d'Etienne Klein).
D'abord sur Etienne Klein lui-même.
C'est un bain de jouvence pour l'esprit, et un bonheur de lecture.
La richesse et la précision du vocabulaire, la réthorique impeccable, son humour un peu distancié, et surtout la rigueur des raisonnements.
E Klein est un pédagogue de génie, et un passeur de sciences, ou mieux, un passeur d'intelligence.
Oeuvre salutaire de réhabilitation de la pensée scientifique, dans une société dans laquelle la simple logique semble anachronique, la paresse intellectuelle un nouveau viatique, et où la bêtise et le "prêt à penser" semble avoir supplanté tout débat argumenté. Et le problème avec la bêtise, c'est qu'elle insiste ....
Le deuxième aspect qui m'a particulièrement interessé, ce sont les descriptions de l'auteur, pas seulement sur ce que pense ces sept physiciens, mais comment ils pensent.
Cette approche qui part d'une intuition, d'une "illumination", voire d'un rêve, qui amène à conceptualiser l'inimaginable.
Miracle intellectuel dont on se demande d'où il vient et comment il se construit. Probablement un universalisme des savoirs et des centres d'intérêt, et le génie comme catalyseur.
Et le travail acharné ensuite, non pas d'imagination (tout est alors déjà en place), mais pour "verbaliser" le concept et surtout sa démonstration, dans le seul langage qui peut le permettre (les mots sont ici trop faibles): les mathématiques.
Je regrette mes insuffisances scolaires (ou mes insuffisances tout court) qui ne me permettent pas d'approcher et de comprendre cette sémantique particulière. Je me contente de l'imaginer ...Les analogies qui sont aussi faites avec la pensée poétique me sont plus accessibles.
Et ensuite le résultat jeté en pâture, comme un défi, à une communauté scientifique souvent dubitative, parfois enthousiaste. Et qui sera souvent le ferment d'une autre "illumination" et d'un autre progrès décisif dans la compréhension des Lois de la matière.
Certains se sont entièrement consumés dans leur éclair de génie (Majorana, Ehrenfest, Heisenberg d'une certaine façon), peu ont réitéré ce qu'E Klein appelle leurs "années miraculeuses".
E Klein nous fait partager ces découvertes, et le monde mystérieux de l'infiniment petit, dans un effort de vulgarisation précise et exigeante.
Il nous amène aussi avec lui nous approcher des sommets où souffle le "pur esprit".
PS : Pour les fans d'E Klein, je ne peux que vous recommander sa conférence à l'université de Lorraine "L'Univers a-t'il une origine" Youtube
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Malahide75
  13 février 2017
On ne présente plus Étienne Klein qui, à travers ses conférences et ses ouvrages, fait un travail de vulgarisation remarquable.
Il se penche ici sur le thème de la physique théorique, dont il retrace les grands moments à travers sept physiciens de légende qui l'ont façonnée.
L'intérêt d'un tel ouvrage n'est pas uniquement de réussir (enfin!) à comprendre des notions de physique parfois extrêmement complexes. J'ai éprouvé quant à moi un véritable délice à replacer ces révolutions théoriques dans une dimension humaine et philosophique. Qu'il est passionnant de constater que certaines théories, à présent bien intégrées, sont le fruit de beaucoup de travail (bien sûr) mais aussi de circonstances imprévisibles.
Avec son style inimitable, Étienne Klein livre ici un texte passionnant qui donne envie d'aller toujours plus loin sur le sujet.
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sevm57
  04 décembre 2014
Dans ce livre, Etienne Klein retrace de manière passionnante la vie de 7 physiciens majeurs de XXème siècle.
C'est un excellent ouvrage de vulgarisation qu'on peut apprécier sans être un spécialiste de physique quantique. le style d'Etienne Klein y est pour beaucoup, c'est un fantastique conteur, il a de l'humour, du recul, il sait rendre claires et intéressantes les choses les plus compliquées. Ses livres se dévorent presque comme des romans et nous font découvrir un monde passionnant!
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duft
  05 décembre 2012
J'ai bien aimé cette chronique d'un temps où les physiciens polémiquaient autour d'une théorie révolutionnaire qui allait devenir le socle de toute la physique du XXI siècle ( Gamow, Einstein, Dirac, Pauli, Ehrenfest, Schrodinger et son chat ).
Très passionnant , pleins d'anecdotes sur certains comiques de la bande.
Y a comme ça des époques où des Copernic, Galilée récrivent le monde , et préférons les écouter que les bruler.
Pour ceux qui sont addict des nouvelles techno et qui souhaitent savoir à qui on les doit
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   07 septembre 2021
Certaines révolutions sont lentes et ne font pas couler de sang. Au cours des années 1920, la physique a connu une telle révolution, un bouleversement pacifique qui a concerné le seul monde des idées : les physiciens ont alors compris que les atomes, ces petits grains de matière découverts quelques années plus tôt, ne sont pas des objets ordinaires. Leur comportement n’obéissant pas aux lois de la physique habituelle, il a fallu en mettre au jour de nouvelles. Cette entreprise a obligé les scientifiques à abandonner, parfois dans la douleur, souvent dans l’ivresse, quelques-uns des principes les mieux ancrés de la physique classique. D’illustres credos se virent alors contestés pour la première fois. En l’espace de quelques années, le monde est devenu méconnaissable. Et les physiciens ont dû inventer une nouvelle physique, la physique quantique, celle de l’infiniment petit.
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Jean-DanielJean-Daniel   08 septembre 2021
À la fin des années 1930, la physique théorique apparaissait de plus en plus comme une construction formelle surplombant le langage, en principe impossible à transmettre hors du petit cercle des initiés. Pourtant, un jeune physicien du nom de George Gamow (prononcer Gam-off) entreprit de présenter au public les acquis révolutionnaires de la physique quantique et de la relativité, sans jamais laisser le lyrisme déborder sur les terres de la raison. Non, voulut-il démontrer, toute bardée de mathématiques qu’elle est, la physique ne vise pas l’éradication des mots. Comme toutes les entreprises humaines, elle exige une narration passant par la langue de tous les jours, un processus de diffusion qui la transporte par-delà son cercle d’origine. Il y a même urgence à réveiller la Belle au bois dormant. Mais comment procéder ? En trouvant des astuces, des détours, des analogies permettant de verbaliser – de baliser par le verbe – l’étrangeté de ses concepts. Il ne s’agit pas de photographier la physique, mais de la traduire, de la re-transcrire. Le « truc » de Gamow ? Mettre en scène les concepts, jouer avec, les sortir de leur contexte, les faire évoluer à l’air libre, dans la vie de tous les jours, plutôt qu’essayer de les expliquer d’une façon lourdement, tristement didactique.
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Jean-DanielJean-Daniel   08 septembre 2021
En ce premier automne du XXe siècle, Albert Einstein a tout juste vingt-deux ans et il se retrouve sur le carreau. Ce jeune homme au visage pâle et plein, aux yeux noirs et souriants, à la bouche gourmande ornée d’une fine moustache, a perdu sa sérénité. Voilà plus d’une année qu’il a obtenu le diplôme d’ingénieur de la prestigieuse École polytechnique de Zurich – le Polytechnicum, en abrégé – au terme d’un parcours atypique (rebelle à toute discipline imposée, il a quitté le lycée de Munich à seize ans) et avec des notes plus qu’honorables. Il a envoyé de multiples lettres, certaines à l’étranger, mais il ne parvient toujours pas à décrocher le poste universitaire qui lui permettrait de se consacrer à la recherche. C’est pourtant ce qu’il souhaite viscéralement.
Hermann Einstein, son père, est un ingénieur autodidacte qui s’est installé à Pavie, en Italie, où il dirige une petite usine électrochimique. Ses affaires périclitent, et les difficultés financières s’accumulent lentement mais sûrement. Pis, il vient de tomber malade. Le jeune diplômé ne peut donc plus se contenter de donner des cours particuliers de physique ou de mathématiques. Il doit absolument trouver un travail stable et convenablement rémunéré s’il veut pouvoir se lancer sereinement dans ce qui sera – il le sait depuis l’adolescence – la quête de toute sa vie : comprendre la réalité objective, le monde réel, véritable, de ses plus petits constituants au cosmos.
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Jean-DanielJean-Daniel   08 septembre 2021
« Taille : 1,68 m. Visage allongé, grands yeux vifs, cheveux noirs, teint mat. Pardessus gris fer, chapeau marron foncé. » C’est ainsi qu’est sobrement décrit Ettore Majorana, physicien de génie âgé de trente et un ans, dans une note du ministère de l’Intérieur italien envoyée à toutes les polices : datée du 31 mars 1938, elle marque l’ouverture des recherches pour retrouver le jeune Sicilien, « avec la plus grande discrétion vis-à-vis de l’intéressé », porté disparu quelques jours plus tôt.Le 25 mars 1938, à 22h30 précises, Majorana quitte Naples à bord du paquebot-poste qui effectue la liaison avec Palerme. Quelques heures auparavant, il a adressé une lettre à son ami Antonio Carelli, directeur de l’Institut de physique de Naples, pour lui annoncer « une décision désormais inéluctable » : la vie en général et la sienne en particulier sont inutiles. La lettre se termine sur ces mots ambigus : « De vous tous [ses collègues de l’Institut] je conserverai un affectueux souvenir au moins jusqu’à 11 heures ce soir, et, si cela est possible, même après. » Et si cela est possible… Majorana croit-il pouvoir emporter dans la mort comme une mémoire de ses proches ou bien se pressent-il encore capable de ne pas renoncer à ce monde ?
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Eric75Eric75   28 mai 2013
Une anecdote du même genre (...) raconte un voyage en train que Pauli et Dirac firent un jour ensemble. Après une heure de silence de la part de Dirac, Pauli commença à chercher désespérément une remarque grâce à laquelle il pourrait amorcer une conversation. Voyant au loin un troupeau de moutons, il se tourna vers Dirac : « On dirait que ces moutons ont été tondus tout récemment. » Dirac regarda dans leur direction, et répondit : « Au moins de ce côté-ci. »
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Videos de Étienne Klein (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Étienne Klein
Rodolphe Burger : La musique électrique des sphères (La conversation scientifique / France Culture). Diffusion sur France Culture le 23 janvier 2021. Par Étienne Klein. Photographie : Rodolphe Burger © Ben Pinard. « Voici le chant des étoiles / Car nous sommes nous-mêmes les étoiles... » Rodolphe Burger ("Le chant des pistes"). La conversation scientifique a pour anagramme « ton octave caresse l’infini ». Cette coïncidence n’est-elle pas aussi un joli clin d’œil ? Et même une invitation à parler de musique ? Sur la scène du Théâtre de la Ville, nous accueillerons Rodolphe Burger. Nous ne ferons pas que parler. Il chantera, aussi. L'émission est diffusée en direct du Théâtre de la Ville - Espace Cardin et également retransmise sur le site duThéâtre de la Ville.
Source : France Culture
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