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EAN : 9782330018245
320 pages
Éditeur : Actes Sud (03/04/2013)
4.2/5   5 notes
Résumé :
Chronique littéraire et politique des années 2010 à 2012, Autrement et encore est un viatique contre les attaques de la médiocrité ambiante et les laideurs collatérales du capitalisme triomphant. Littéralement empoisonné par la vulgarité contemporaine, mais nourri et protégé par la fréquentation roborative d’une bibliothèque ouverte à deux battants, où circulent en liberté idées, mémoires des actes, poésie et souvenirs de voyages, Sébastien Lapaque regarde le monde ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
MarianneL
  29 mai 2014
Rassemblant des chroniques et articles écrits entre 2010 et 2012, «Autrement et encore» (Actes Sud, 2013), poursuit «Au hasard et souvent» publié en 2008.
Cri de colère envers notre époque, ce livre au sous-titre parlant, «contre-journal», s'élève contre : contre l'effondrement intellectuel dans une société où la communication remplace la pensée, contre une société nécrosée par l'argent, contre la rapacité et l'indécence des riches, des inégalités économiques devenues insoutenables, contre la démolition d'un Etat délégitimé par le dogme libéral, contre les manoeuvres de ceux qui nous gouvernent, contre une société qui passe les rêves au presse-purée.
«Il faut aujourd'hui de l'or, beaucoup d'or pour jouir du droit de parler ; nous ne sommes pas assez riche : silence au pauvre !» Félicité de Lamennais, le Peuple constituant, 10 juillet 1848
Prenant appui contre sa bibliothèque, objet bien vivant, ce déchiffrage du monde alterne et entremêle analyses politiques et sociales, rêverie poétique, promenade érudite, avec un regard en colère mais amoureux du monde, fort de couleurs et d'images, de sève et de sel, de rencontres et d'expériences vécues, nourri des voyages, en Amérique du Sud, en Chine, ou en Algérie, qui tisse des liens et qui donne envie de lire et relire de nombreux autres livres.
«Excusez cette abondance de citations ; il ne s'agit pas là d'une pédanterie ; simplement, il se fait que, ces quinze dernières années, j'ai fréquenté les livres plutôt que les gens ; et puis, à quoi bon réinventer maladroitement ce que de bons écrivains ont mieux dit avant nous ?» (Simon Leys, Discours de réception à l'Académie royale de langue et littérature française de Belgique, 1992)
Amoureux des images sépia et aimant prolonger le goût des belles choses disparues, Sébastien Lapaque guette aussi partout les signes de la beauté et de la renaissance, autant dans la culture érudite que dans la culture et les rites populaires. Il rend hommage aux beaux gestes, en art ou en sport, ceux de l'artisan et du vigneron, leur amour du métier et leur expérience singulière du passage du temps.
Et même si l'on ne partage pas toutes ses convictions et ses admirations de gaulliste chrétien, loin de là, cette peinture distanciée et intime de notre époque est un livre où l'on trouve, comme chez les Anciens, «de la beauté en rafales et des munitions théoriques en quantité».
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Bernardbre
  26 avril 2021
Un détail…
Dans ce livre, on lit ceci (qui laisse perplexe) :
« C'est peut-être le destin des grands auteurs, prédestinés à rester vivants à travers leur oeuvre et à travers leurs personnages. Gustave Flaubert l'a prophétisé de manière atroce : "Je vais mourir et cette pute de Bovary va vivre."»
D'où Sébastien Lapaque tient-il cette phrase dont tout semble prouver qu'elle est apocryphe ? Sans doute du livre de Roger Grenier "Le Palais des livres" (Gallimard, 2011) qui la cite dans cette formulation, la donnant également pour vraie.
On trouve encore cette citation sous d'autres plumes (avant et après Roger Grenier), avec au moins deux variantes (mais toujours avec le mot "pute" qui n'était guère dans le vocabulaire de Flaubert), ce qui la rend d'autant plus suspecte. Surtout quand elle est présentée comme «le dernier mot de Flaubert à l'agonie» puisque l'auteur de "Madame Bovary" a été foudroyé par une "apoplexie" qu'il n'a pas eu le temps de voir venir comme en témoigne Guy de Maupassant dans une lettre à Ivan Tourgueniev datée du 25 mai 1880, laquelle rapporte qu'il dit seulement à sa bonne : «Je vais avoir, je crois, une espèce de syncope» avant de réclamer, pas plus inquiet que cela, un médecin.
http://maupassant.free.fr/correspondance/cadre.php?ord=c&num=181
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Suerte
  29 juin 2013
Découvert Lapaque, Autrement et encore, et je m'étonne presque de ne le trouver que maintenant, alors même qu'il écrit depuis longtemps, mais dans des journaux que je ne fréquente que de loin en loin.
J'ai d'abord recherché son livre sur Bernanos, sans succès, puis je suis tombé sur ce journal qu'il sous titre contre-journal, tant il est vrai qu'il y a peu de lui même, tant il est vrai que nous ignorons à peu près tout de sa vie personnelle, mais peu de ses recettes, car il semble gourmand. Les propos sont donc des points de vue, des engouements pour des livres, des points de vue politiques avec un regard qui emprunte beaucoup à Bernanos. Ses liens avec le vieux camelot sont étroits. Il semble que La France contre les robots et La grande peur des bien pensants soient ses livres de chevet.
On apprend des choses drôles sur Bernanos, comme cette histoire du marin La Porte des Vaux. Au fil des pages je retrouve parfois des engouements communs, la lecture des biographies des Compagnons de la libération, ma surprise de ne pas voir cité Diego Brosset, car Sébastien Lapaque a un petit tropisme sud américain, il parle de Supervielle Jules, de Lautréamont et lui même écrit des chroniques à Montevideo ou ailleurs. Ce que j'apprécie dans ce genre de livre, c'est que leur lecture permet de faire des zigzags entre les livres, de créer des hyperliens imaginaires et qu'il donne finalement l'impression d'être en terrain connu.

Lien : http://jsander.blogs.nouvelo..
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silvio75
  06 novembre 2016
Belle plume, une vraie connaissance de la gastronomie, de l'humour, super livre, et de très belles pages sur l'Uruguay !!!
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critiques presse (3)
Bibliobs   01 juillet 2013
Vu de loin, Sébastien Lapaque est la fine plume du «Figaro littéraire» qui vénère saint Augustin, Bernanos, le Général et le rugby. Une sorte de boy-scout cultivé, fort en gueule quand ça le démange, un peu vieille France pour tout dire. Lu de près, c'est nettement plus compliqué - et intéressant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   25 avril 2013
Contre-journal, comme on dirait contre-courant ou contrepoint, au sens musical du terme: le développement simultané de plusieurs ­lignes mélodiques. Ici, point d'épanchement sentimental ou d'intime exposé: c'est le journal d'un lettré, les notes d'un homo liber qui fait ­flèche de tout bois.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   11 avril 2013
Ces portraits illuminent ce "contre-journal", recueil d'extraits de textes parus dans Témoignage chrétien, Le Figaro et autres gazettes, qui ont pu nous échapper. Une séance de rattrapage s'impose. Elle sera salutaire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   15 avril 2014
Le refus a toujours constitué un geste essentiel. Les saints, les ermites, mais aussi les intellectuels. Le petit nombre d'hommes qui ont fait l'Histoire sont ceux qui ont dit non, jamais les courtisans et les valets des cardinaux. ( extr. ultime interview de P. P. Pasolini, le 8 novembre 1975)
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nadejdanadejda   26 avril 2014
Simon Leys, qui aime Julien Green autant que Lu Xun, Evelyn Waugh autant que Zhou Lianggong et Cervantès autant que Confucius, est le dernier encyclopédiste. Un homme qui a compris avec Aragon qu'il fallait tout lire, depuis les notices de médicament jusqu'aux classiques. Universitaire distingué, il moque le goût de ses confrères pour les ouvrages assommants : "Certains pays hyperdéveloppés paient de temps à autre leurs paysans pour qu'ils ne produisent pas de beurre ou de maïs, ne pourrait-on pas subsidier certains universitaires pour qu'ils cessent d'écrire des livres ?"p 163
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fanfanouche24fanfanouche24   15 avril 2014
La grandeur de l'artisan, c'est de -penser- et de -faire- en même temps. (p.40)
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Videos de Sébastien Lapaque (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sébastien Lapaque
Où allons-nous ? Georges Bernanos Avant-propos de Sébastien Lapaque Éditions du Seuil Collection Sciences humaines
Avec l'énergie du désespoir et de la colère, les lettres de Bernanos écrites lors de son exil pendant la seconde guerre mondiale, prennent aujourd'hui un écho singulier et presque prophétique. Publiées sous le manteau dans Témoignages chrétiens, elles sont un appel à la résistance. Enfin figure en épilogue la lettre bouleversante d'Henri Fertet, jeune résistant fusillé, exemple édifiant de ce que fut l'alliance de l'école républicaine et du catéchisme et qui lui fit écrire ses derniers mots « C'est dur quand même de mourir… ». ©La Procure 2021
https://www.laprocure.com/allons-georges-bernanos/9782021454024.html
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