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EAN : 978B086LK6ZMD
182 pages
Éditeur : (30/03/2020)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 20 notes)
Résumé :
L e 5 décembre 2017, Johnny Hallyday meurt. La France est en deuil. Quelques heures plus tard, au fin fond de l’Aquitaine, Bernard Langlois meurt à son tour, dans l’indifférence la plus totale. Comme un con.


Pourquoi l’auto-publication : https://www.rostercon.com/fr/mag/litterature/elsa-levy-envie-experimenter-auto-publication-210755
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Harioutz
  21 avril 2020
Quel plaisir cette lecture ! Quelle fraicheur, quelle énergie, et surtout, quel humour !
Et pourtant, je le reconnais, le titre seul ne m'aurait pas attirée sur un présentoir, et n'ayant encore rien lu de l'auteure, je serais sans doute passée à côté de cette pépite …. Je m'inflige, pour cette raison, une punition à copier 100 fois : il ne faut pas accorder trop d'importance au titre, et, au contraire, il faut laisser une chance au contenu !
Donc, un très grand merci à Elsa Levy grâce à laquelle j'ai découvert, sous la forme numérique, « Johnny a tué mon père », que je m'empresserai d'acheter sous la forme papier (odeur de l'encre, quand tu nous tiens), une fois mes deux libraires préférées « déconfinées » [Carine et Stéphanie, je vous embrasse - ah non, zut, fichu Covid, je forme pour vous un coeur avec mes mains rapprochées-, vous aussi vous me manquez !].
Car je souhaite offrir ce roman, et le partager avec mes proches, mes amis, et sans doute avec mes élèves aussi.
Pour moi, une lecture réussie (et tout ce qui est beau et/ou fait plaisir) doit être partagée, elle n'en est que plus agréable … j'aime cette « solidarité littéraire » qui nous amène à de belles découvertes, et c'est aussi pour cela que Babelio m'est si cher !
Mais revenons à nos moutons …. – j'y pense, ils sont contagieux, eux, les moutons ? - Louise, la narratrice, vient de perdre son père, et sa réaction est double … d'un côté, un grand chagrin, une rupture, un abandon, elle a perdu son papa, son repère, son idole … et de l'autre, une jubilation, un soulagement, un cri de joie intérieur à la pensée d'être « enfin libérée » du regard du proviseur sans défaut et dévoué corps et âme à l'Education nationale, ce père intransigeant auquel elle a toujours cherché à plaire (intellectuellement, philosophiquement) et à ne pas heurter.
Ajouté à cela que Bernard Langlois est mort 16 heures après Johnny Hallyday, et vous aurez une vision assez précise de la tempête médiatique nationale venant submerger la tempête intérieure de Louise, qui oscille entre crises de larmes et fous rires.
Vous l'aurez deviné, j'ai adoré ce roman qui parle du deuil de manière libre, même s'il n'est pas « politiquement correct » d'avouer que le départ d'un être cher peut être un soulagement (« Pour moi la vie va commencer ! » clôture « Johnny a tué mon père »).
A titre plus personnel, j'ai reçu, comme une gifle, les reproches que « le proviseur, ex-prof, fait à sa fille, ses attentes démesurées, et sa fâcheuse tendance à faire de la réussite scolaire la base des « bonnes » relations entretenues avec elle.
Je vais devoir relire ces pages, et …. lâcher du lest ! Je vais à nouveau copier 100 fois ...
Pour finir, et cela s'adresse aux très nombreux enseignants et personnels de l'EN qui « arpentent les allées de Babelio », la description de la vie en logement de fonction est savoureuse, et tout à fait réaliste, foi d'ex-logée qui a assisté, médusée un dimanche matin, à une bagarre impliquant les maris de la principale et de la gestionnaire ! Ambiance garantie le lendemain, à l'administration ...
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anlixelle
  18 avril 2020
Louise Langlois enterre son père au même moment où Johnny né Smet et dit Halliday cesse d'exister pour les siens et surtout pour les autres. Ses fans et ceux qui, jusque là l'ignoraient, ne l'appréciaient pas, se trompaient sur lui, bref le reste du pays, et plus encore.
Entre funérailles nationales, pour l'un, retranscrites sur presque tous les écrans, et, enterrement orchestré au rythme d'un concerto pour quelques instruments seulement chez les autres, ce petit roman nous promène d'un groupe à l'autre grâce aux réflexions de la douce Louise.
LE père était proviseur, un pur produit de la bureaucratie bien pensante de la grande Education Nationale, et de surcroît détestait Johnny, ou plutôt non … le méprisait, pensait n'avoir aucun point commun avec lui, etc…
Les quelques heures qui ont séparé ces deux morts respectives sont l'occasion à cette jeune fille de faire un arrêt sur images, d'observer les gens qui l'entourent, ceux qui sont sur l'écran, mort ou vifs, puis, au-delà du chagrin, de s'auto-analyser suffisamment fort pour dresser des portraits sans concession. Y compris le sien.
Comme avec sa précédente narratrice (dans le très bon « Bouddha boudoir »), Elsa Levy nous offre ici aussi une déambulation réflexive pour une jeune femme quelque peu désabusée.
" En fait, tout m'épuise. J'ai 25 ans et la vie m'épuise".
Sans tristesse, sans pathos, la jeune femme se questionne et nous renvoie à nos pseudo certitudes. Tout le monde en prend pour son grade, et ça fait un bien fou. Son style souvent oralisé, et cash parfois, me plaît toujours autant.
Tout en regardant ses proches et les autres, mais aussi ce qu'elle a vécu avec son père, la douleur et le choc mettent à jour – subrepticement -une pénible sensation de ne pas s'appartenir, d'oppression à soi et au monde qui détonne.
Entre effondrement dû au deuil et petites mesquineries du quotidien, entre souvenirs d'une vie manquée et aspirations masquées d'une (bientôt) trentenaire, la façon, presque psychanalytique qu'Elsa Lévy a de lier ces deux événements est originale. Quand la mort d'une vedette éclaire un décès intime et révèle une fille chagrinée à soi-même. Comment le rock de Johnny et tout le cérémonial télévisé de sa mort réactive ou annihile les douleurs, aide au travail de deuil.
Écrasée par cette perte paternelle, dans ce périple mortifère, la vision du tralala autour du rocker national à la télé permet en quelque sorte à une jeune fille de comprendre les événements autrement.
Évidemment, il y a encore l'écriture à la fois simple et appuyée d'Elsa Lévy qui m'a ravie. Seul regret dans cette lecture, une baisse d'intérêt de ma part au milieu du texte. Peut-être est-ce simplement dû au fait que je suis devenue (particulièrement) allergique aux enterrements ?
J'aurais aussi apprécié un peu plus de mordant.
Mais n'est-ce pas ce arrive parfois quand on lit énormément ?
Dans chacun de ses romans, Elsa Levy crie le besoin de " délivrance absolue " des êtres humains, et j'apprécie cet aspect.
Dans « Johnny a tué mon père », les reproches abondent en filigrane...et Freud sera satisfait, la vie peut commencer pour Louise (encore faudra-t-il mettre de la distance avec la maman !!!).
J'espère d'autres héroïnes dans cette veine, parce qu'elles me plaisent toujours autant !
Dans ce verdict implacable, Elsa Levy fait de nos moeurs étranges, à l'occasion des funérailles, une invitation à lâcher prise et à chérir notre indépendance. Sans rébellion mais assurément !
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Christophe_bj
  26 avril 2020
Louise Langlois, une jeune femme employée d'une petite librairie parisienne, perd son père Bernard, sévère et inflexible proviseur d'un lycée bordelais, le même jour que Johnny Hallyday perd la vie. Cela va être l'occasion de dresser de multiples parallèles entre la mort du « taulier » et celle de son père, de réévaluer son rejet du chanteur « super beauf », et de donner à toute sa vie, libérée du surmoi paternel, une nouvelle impulsion. ● Le début est très primesautier et plein d'humour, et, si la suite de l'histoire se fait parfois plus grave, le ton guilleret, direct et énergique fonctionne à merveille pendant tout le roman. Certes, il raconte un deuil – et même deux, avec celui de Johnny –, mais le livre n'est pas triste pour un sou et on ne s'y ennuie pas un instant. Les remarques sur Johnny sont souvent très bien vues et la transformation du regard de la narratrice envers le chanteur subtilement mise en place. L'ambivalence de ses sentiments, entre chagrin fou et libération d'un homme qui, à force de normes scolaires et en raison d'une vision étriquée de la vie, empêchait littéralement l'épanouissement de la féminité de sa fille, est également très bien dépeinte. ● Je ne regrette qu'une chose, c'est l'abondance navrante des fautes d'orthographe souvent énormes, qui pullulent tout au long de ce livre auto-édité. ● Merci à Harioutz grâce à qui j'ai découvert ce roman !
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Marti94
  28 avril 2020
Je ne remercierai jamais assez Babelio et Harioutz pour son excellent conseil de lecture. J'ai adoré ce livre qui vient d'être auto-publié en plein confinement par Elsa Levy.
Mon père vient d'être emporté par le Covid et je dois dire qu'en ces temps de deuil lire un livre qui dédramatise la mort m'a fait beaucoup de bien. C'est le pouvoir magique de la littérature !
Entre Bordeaux, où ses parents vivent, et Paris où Louise travaille à librairie Des pages & des pages, la jeune fille va apprendre le décès brutal de son père qui n'a que 50 ans. Il est déjà très douloureux d'apprendre ce genre de nouvelle mais quand cela arrive le même jour que la mort de Johnny Hallyday, le 5 décembre 2017, on a l'impression de n'être pas grand-chose vu le ramdam que font les médias. Alors que Louise est choquée de voir la librairie où elle travaille se transformer en point de vente de biographies diverses et variées de l'idole des jeunes qu'elle considère plutôt comme un plouc, elle rentre à Bordeaux pour épauler sa mère. C'est l'occasion pour la jeune fille de penser aux bons moments passés avec son père, le proviseur Bernard Langlois. Mais celui qui a été professeur d'anglais à la fac et qui faisait chanter ses élèves sur John Baez, les Cure ou David Bowie se fait voler la vedette par Johnny.
Alors que Louise aurait aimé rendre le moment unique, elle se surprend elle-même en s'intéressant au taulier et surtout à s'y attacher. Il faut dire que les documentaires sur Johnny sont nombreux et présentés comme une série difficile à lâcher.
Petit à petit, Louise, qui a de terribles montées de tristesse parce qu'elle ne reverra jamais son père, se sent aussi libérée de l'autorité paternelle. Il faut dire qu'en tant que proviseur, il avait érigé l'école comme une religion pour Louise dont le seul projet devait être la réussite scolaire. Alors forcément, voir sa fille passer des heures devant la télé à écouter Johnny Hallyday aurait été inconcevable et donc interdit par Bernard Langlois, mais maintenant qu'il va être incinéré il ne risque plus de se retourner dans sa tombe.
Cet humour m'a enchantée car le ton est juste et même si la version numérique comporte beaucoup de coquilles cela ne retire rien est la qualité d'écriture d'Elsa Levy.
Lu en avril 2020
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EcrireLire
  22 avril 2020
Mots de l'auteur :
Je travaille sur Johnny a tué mon père (Le prochain roman) depuis onze ans. Depuis la mort de mon père, qui est parti sans prévenir de façon très brutale, je questionne la mort. Je m'interroge sur le rapport que nous avons à elle, notamment en Occident, et sur la posture du père dans le déroulement et la construction d'une vie, d'une identité. Si la mort de mon père m'a plongée dans une tristesse profonde à laquelle je n'aurais jamais pu me préparer, j'ai également vécu cette disparition comme une délivrance à laquelle j'étais encore moins préparée. le jour de sa mort a été le pire jour de ma vie, enfin, de mon ancienne vie, aussitôt relayé par une vérité troublante, le jour de sa mort est devenu le plus beau jour de ma nouvelle vie.
Ce constat, à la fois inexplicable, indigne et malvenu, m'a forcée à creuser la question de la mort que je n'avais abordée jusqu'à présent que de manière très superficielle. Des lectures philosophiques, puis dans un deuxième temps, plus spirituelles, m'ont aidée à comprendre les sentiments ambivalents qui m'habitaient. Je culpabilisais d'être heureuse, de me sentir libre, de me réjouir de la mort de mon père mais de n'avoir rien de concret à lui reprocher. Ni actes de violence, ni abus sexuels, ou problèmes d'alcoolisme. Rien. de telles problématiques auraient pourtant été de bonnes raisons me permettant de légitimer mon sentiment de joie lié à sa mort, surtout socialement. Mais je n'ai rien vécu de tout ça, j'ai simplement vécu sous une emprise paternelle banale, avec la volonté classique de souhaiter rendre mon père heureux et fier. Mais j'ignorais que ce système fonctionnait au détriment de ce qui pouvait me rendre vraiment heureuse. J'ignorais que j'étais aliénée. le décalage social et l'ambivalence de mes émotions m'empêchaient de partager ce que je ressentais. Je vivais dans une sorte de silence et me suis retrouvée malgré moi face à un tabou : a-t-on le droit de se réjouir de la mort d'un parent ? de surcroît, un parent aimant ? Mon deuil a été long et douloureux, et je pense qu'il me faudra toute ma vie pour m'en remettre. Cependant, même si la blessure reste ouverte, j'aborde cette expérience comme la plus édifiante qui soit et bien que mon constat reste rare, voir tabou, je souhaite le partager.
Dans Johnny a tué mon père (Le prochain roman), après de longs travaux pour chercher comment aborder et romancer cette thématique qu'est la mort, et pour trouver la bonne distance avec du vécu, j'ai décidé de corréler la mort d'un illustre anonyme (Bernard Langlois, le père de Louise) à celle d'une personnalité (Johnny Hallyday) afin de ramener tout un chacun au destin commun qui nous est promis. le texte s'articule autour de la confrontation d'une idole à sa propre idole : le décès d'une star, libre, fantasque et décomplexée, versus le décès d'un proviseur, fonctionnaire dans l'âme, rigide et stricte. Ces deux mondes s'opposent dans leur rapport à la vie, dans leur quotidien, dans leurs priorités, mais face à la mort, tout ceci disparaît. Les obsèques restent le dernier moment de dyslexie entre deux individus aux vies opposées, au point où le décès d'une star laisse souvent penser que celui d'un inconnu a beaucoup moins d'importance.
Dans la société telle qu'elle fonctionne, et particulièrement avec l'arrivée d'Internet et des réseaux sociaux, je ressens de part et d'autre, une volonté, voir un besoin, plus fort que jamais, d'exister. Même si ce n'est que virtuellement, il faut exister, sans forcément vivre. Je pense que si notre rapport à la mort était plus simple et frontal, notre société ne fonctionnerait plus de la même manière. Faire un déni permanent de notre condition, cacher les personnes âgées et les morts, me paraît être la meilleure des façons de ne jamais entrer en contact avec l'essence même de la vie. Et ainsi continuer de traverser l'existence de manière futile, et marcher à côté de soi.
La mort fait peur, en parler déprime. La mort d'un parent bouleverse, la saluer choque ou transcende. Aborder cette problématique dans un roman sur un ton léger et décalé, me permet de poser un constat simple sans flirter avec le pathos : un jour on naît, un jour on meurt. On ignore quand et comment, mais on ne peut pas ignorer pourquoi. On meurt parce que l'on naît. Et parfois, la vie nous offre des surprises : on renaît. Dès lors qu'on accepte cette simple réalité « un jour je vais mourir », et dès l'instant où l'on vit avec, plutôt que de la fuir et de la craindre, je crois que nos passages respectifs sur Terre deviennent infiniment plus intéressants, joyeux et édifiants. Dans certaines cultures, la mort est une fête, célébrée au même titre qu'une naissance. Si changer notre rapport à la mort socialement me semble compliqué, en revanche, inviter chacun à mieux apprivoiser sa condition d'humain me paraît accessible.
Le message de ce livre, s'il y en a un, est le message le plus banal mais le plus compliqué à mettre en oeuvre : profiter de l'instant présent. À mes yeux, se rappeler aussi souvent que possible que notre passage est éphémère et que nous allons mourir, ne peut que nous permettre de vivre davantage.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   20 avril 2020
Depuis toujours je traîne cette impression avec moi. J'ai le sentiment profond de vivre à côté des autres, à côté de la vie. Je n'arrive pas à comprendre comment font les gens, alors je les regarde vivre, déambuler, trébucher, rire. J'essaie de faire comme eux, mais ça ne marche pas. Je suis en décalage.
Du matin ouvre l'œil, jusqu'au soir où je ferme les deux, je suis à côté. Comme si j'étais né avec des bras, des jambes, des yeux, des connexions neuronales, tout ça, une sorte d'avatar en réalité, mais sans avoir les bons outils pour simplement vivre. J'ai toujours la sensation que tout se passe en dehors de moi et que je ne suis qu’observatrice. Pourtant, tout me heurte au plus haut point, mais je regarde la vie comme un film au cinéma. Impuissante. Alors j'écris dans ma tête des histoires. Depuis que je suis en âge de penser, j'écris des histoires et elles ne sortent pas de ma tête. Je suis comme une machine qui produit constamment des débuts d'histoires, des passages entiers, des dénouements. Et plein de titres, j'écris plein de titres. Tellement de titres que je les ai tous laissés au stade de titres, comme s'ils se suffisaient à eux-mêmes.

Un jour, j'aimerais réussir à coucher tous ces mots sur un document Word, mais pour l'instant ça ne sort pas. Je n'arrive pas à écrire ce que ma tête décrit. Je n'arrive pas à enregistrer les phrases. Ça va trop vite. Les phrases passent devant moi comme des voitures sur une autoroute. Impossible de les figer.
Dans l'idéal, il faudrait qu'un ordinateur soit directement connecté à mon cerveau et qu'il écrive à ma pensée. Parce que ce qui me fatigue, c'est de penser au chemin que doit prendre une idée depuis ma tête jusqu'au bout de mes doigts pour taper sur un clavier. Ça m'épuise.
En fait, tout m'épuise. J’ai 25 ans et la vie m'épuise. Il y en a qui croit en la réincarnation, moi, rien que l'idée de me retaper une autre vie sur Terre m'épuise. Et l'idée que je puisse me réincarner en chien, ou chat ou en baobab me fait encore plus flipper que l'idée de mourir.
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HarioutzHarioutz   19 avril 2020
Je me tenais droite derrière le pupitre. 
Le cercueil de mon père à ma gauche, le prêtre à ma droite. Et je bloquais 
sur les trois gerbes de fleurs qui se battaient en duel sous mon nez.
Je trouvais déconcertant que l’enterrement de mon père puisse être aussi
médiocre. C’est vrai, comparé à celui de Johnny Hallyday que j’avais vu deux jours plus tôt à la télévision, celui de mon père était franchement pathétique. 
Pas un seul média pour relayer le drame, pas de fans, pas de stars, pas d’écran géant, pas de Champs- Elysées. 
Rien de tout ça. Juste une cinquantaine de pelés mal attifés dans une petite église moderne de banlieue et un prêtre décati. Déprimant. 
C’est bien la preuve que la taille des funérailles d’un défunt reflète à peu 
près la dimension de son existence. C’est ça le verdict implacable d’un enterrement.
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EcrireLireEcrireLire   31 mars 2020
Je suis retournée dans la librairie et me suis plantée devant la grande table de l’entrée. Lionel avait déjà réorganisé tout l’étale. Des piles de bouquins plus tape-à-l’œil les uns que les autres étaient venues s’imposer en un claquement de doigt. Et des titres on ne peut plus craignos « Johnny la légende », « Johnny le guerrier », « Johnny, le rock dans le sang », et j’en passe. Dans un coin, empilés par terre comme un tas de merde, des Sagan, Carrère, Bukowski, Gaudet, réduits à l’état de poussière. Ça faisait tout drôle. J’ai regardé les bouquins sur Johnny, aux couvertures épaisses et plastifiées avec des images grotesques qui trônaient sur la table et faisaient un sacré pied de nez à tous les grands de la littérature. J’avais du mal à qualifier la situation. Étonnante, absurde, déroutante ? Folle.
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EcrireLireEcrireLire   31 mars 2020
J’ai pensé à Laeticia Hallyday. Elle devait avoir rendez-vous à l’Élysée, avec Brigitte et Emmanuel Macron, pour s’entretenir de la cérémonie. C’est là qu’ils allaient décider ensemble de La Madeleine, du protocole, des discours, du dispositif. Dans la petite église Sainte-Thérèse du fin fond de l’Aquitaine, on se questionnait sur un choix de trois chansons et deux prières, et on estimait les convives à cinquante, riverains inclus.
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bdxlauryssabdxlauryssa   27 avril 2020
"Autant, quelques heures plus tôt, la mort de Johnny me semblait dérisoire autant maintenant, elle donnait un écho désagréable à ce que j'étais en train de vivre. J4ai eu la sensation qu'on me volait la vedette. Pire, qu'en ce jour sacré, il était ridicule, voire interdit de pleurer quelques d'autre que Jean-Philippe Smet. Tout ce qui n'avait pas de lien avec Johnny, n'avais pas sa place."
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