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Maurice Rambaud (Autre)
ISBN : 2020058839
Éditeur : Seuil (01/06/1981)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 542 notes)
Résumé :
Paul Konig est le médecin-chef de l'Institut médico-légal de New York. Avec plus de quarante ans d'expérience, c'est une sommité au diagnostic parfait; son jugement fait loi et tous le respectent. L'implacable médecin n'a qu'une faille : le naufrage de sa vie de famille. Sa femme, morte d'un cancer, sa fille disparue et qu'il sait en danger. Noyant sa peine dans un travail acharné, Konig doit résoudre une affaire peu ordinaire: un véritable cimetière a été retrouvé ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  15 août 2018
Amis lecteurs qui entrez dans ce roman, abandonnez toute espérance. Le premier chapitre annonce la couleur, et la couleur c'est noir, définitivement noir sans aucune lueur au bout du tunnel. Paul Konig est le médecin chef de l'Institut médico-légal de New-York. Sexagénaire désabusé, renfrogné, taciturne, furieux, mélancolique, hanté par les fantômes de sa femme morte un an plus tôt et de sa fille disparue depuis six mois, Paul est un homme rigide ; il abhorre la violence mais déplore la fin de l'usage de la chaise électrique. Il est pétri de moralisme, oeil pour oeil, dent pour dent, depuis plus de 40 ans il préside aux destinées des milliers de cadavres qui échouent à la morgue, cherche dans leurs viscères des réponses à des questions académiques comme un shaman qui déchiffre les augures dans les entrailles d'un animal sacrifié. Ses compétences sont unanimement reconnues ; ses rapports d'autopsie sont des merveilles de précision et de lucidité, sans éloquence ni grâce, juste des descriptions de faits bruts présentés sans fard, fastidieux mais accablants dans sa quête implacable et systématique de l'ultime vérité, celle d'un corps nu et disséqué qui ne peut plus mentir.

Paul s'abrutit dans le boulot, et du boulot il en a. Il doit élucider un juteux trafic de corps non réclamés par les familles, vendus par un employé indélicat de la morgue à des entrepreneurs de pompes funèbres qui facturent grassement les funérailles à la mairie ; un ossuaire est découvert, un nombre indéterminé de corps démembrés et dispersés à tous vents qu'il faut reconstituer comme des puzzles 5 000 pièces ; il doit se colleter avec le Maire de New-York, qui scrute les budgets de ce service municipal ; et puis il y a la recherche éperdue de sa fille Lolly. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, il souffre également d'une irréductible sciatique.

Necropolis est bien davantage qu'un roman policier ou un traité d'anatomie. C'est un très grand roman tout-court, envoûtant, hypnotique, pessimiste sur New-York. La grosse pomme comme jamais elle n'a été décrite (le roman date de 1976), nocturne, hostile, sordide, angoissante, bouffée par la vermine, où même les pigeons sont sales et hirsutes. Dans ce décor d'une noirceur inégalée, Herbert Lieberman incruste un personnage halluciné, frénétique, incohérent, au bord de la folie, aux prises avec des ruminations rugissantes de solutions désespérées à des problèmes sans espoir. Il s'agit d'un roman érudit, bouleversant qui retourne les tripes, prend à la gorge et marque au fer rouge la mémoire du lecteur. Mais quel roman !
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nadiouchka
  25 janvier 2019

« New York », « La Grosse Pomme », ici « City of the dead », « Necropolis » de Herbert Liebermann, un livre qui a reçu le Grand Prix de littérature policière 1978.
Je voulais écrire en fin de critique ceci : « Le polar culte de New York » cité sur le livre mais autant le publier ici, car dans le fond, cela revient au même.
L'histoire commence à toute vitesse – il y a urgence : « Gémissements de sirènes. Hurlements de voitures de police qui se ruent vers le nord. Ambulances qui foncent dans leur sillage. » (p.13)
Le médecin légiste de New York, Paul Konig arrive sur les lieux, accueilli par le sergent Edward Flynn qui a trouvé un cadavre. Mais on apprend que pas très loin, un autre cadavre, celui « d'une tapineuse » se trouve aussi et il y en aura bien d'autres.
Le super maître en anatomie, Konig, règne en grand manitou dans son service des autopsies. Malheureusement, « le médecin légiste sait tout, mais un jour trop tard. Vieil adage » (en épigraphe).
Pour un thriller, « Necropolis » l'est vraiment et donne un sacré coup dans les tripes : ici, rien ne nous est épargné. Si l'on sait déjà à peu près, comment se passent les autopsies, l'auteur nous décrit TOUT.
Dans cette « ville souterraine », le domaine de Konig, c'est une ville d'os, de membres à reconstituer, un refuge pour les morts et c'est ici et pas ailleurs que règne la vérité des cadavres arrivés sous toutes les formes – un puzzle auquel s'attache sans faillir notre Paul Konig, la soixantaine, qui ne néglige rien : ni les détails infimes, ni sa santé. Il n'est pas rare qu'il passe des jours et des nuits dans ces lieux qui lui sont si familiers.
Mais au milieu de tous ces morts, le médecin a sa vie familiale perturbée : sa femme est décédée d'un cancer. Pour aggraver la situation, sa fille Lolly a disparu depuis plusieurs semaines et n'a donné aucune nouvelle depuis.
D'autre part, un autre problème se pose car on découvre » un racket au sein du service :
« La demande bidon de funérailles aux frais de la municipalité. L'intervention bidon d'un quelconque entrepreneur de pompes funèbres en quête d'un macchabée en souffrance pour pouvoir l'enterrer aux frais de la municipalité. Cinq cents dollars nets pour lui (…)
- Destinés à un quelconque salaud qui travaille ici même, gronde Strang. Dans votre service. » (p.83/84)
Pour son travail, Konig se base non seulement sur son flair (infaillible malgré les odeurs) mais aussi « sur les techniques bien connues de l'anthropologue russe Gerasimov. »
On mesure les radius, les fémurs, les tibias et autres os – on pèse les organes – on recherche des traces de crêtes, de doigts, quand elles n'ont pas été « effacées » par les meurtriers…
On se retrouve donc dans un milieu très noir, à la recherche de la vérité. Konig, obnubilé par son travail, est souvent à la limite de la folie, surtout quand il s'agit de sa fille. Il est toujours sur le fil du rasoir. Dans cette plongée aux enfers, il faut garder le coeur bien accroché, alors, âmes sensibles s'abstenir.
Pour mon sentiment personnel, le terme de « polar culte » est plus que justifié. J'ai été happée dès la première page à la suite d'un Konig dans tous ses états, dans son travail, dans ses angoisses. J'ai bien assisté à toutes ses méthodes de remise en place des morceaux humains arrivés dans des sacs et à rassembler. C'est cru, c'est froid (évidemment dans une morgue…). J'ai vu l'épuisement extrême du médecin légiste qui se relève toujours tant bien que mal.
Quant à savoir s'il y a de l'espoir, un happy end, au bout de ce long tunnel d'angoisses, je n'en dirai pas plus.
C'est avec passion que j'ai lu les 500 pages de Herbert Liebermann et dont ce énième ouvrage ne faillit pas à la règle.
Pour qui aime le genre thriller, « Necropolis » est vraiment à lire (ou à relire).
Une histoire sur un rythme effréné qui nous laisse nous aussi sur les rotules et un dénouement à découvrir. 👍
Vraiment une bonne découverte. Au fait, si le nom du médecin s'était écrit « Koënig » (en allemand) , cela aurait signifié « Roi ». Un petit tréma et on aurait pu dire de lui qu'il est bien le roi dans son royaume, mais de toute façon, c'est bien ce qu'il est dans n'importe quelle langue.
😍😍😍😍😍
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Crossroads
  01 mars 2015
Paul Konig est-il un homme heureux ?
Instinctivement, je pencherai pour un non négatif.
Remarquez, difficile de taper dans l'euphorie dès potron minet avec un tel CV.
Une épouse emportée par la maladie et dont le poids de l'absence pèse un peu plus chaque jour.
Une gamine préférant jouer les filles de l'air plutôt que de subir un quotidien de plomb.
Ça vous pose une ambiance pour les dix décennies à venir.
Et son boulot, me direz-vous, comme possible exutoire ?
Bien vu, Paul Konig taffe et dur encore. Il est même une pointure dans son domaine. Une référence internationale consultée à l'envi lorsqu'il s'agit de faire toute la lumière sur un cadavre au pédigrée douteux car oui, youpie tralala, Konig est médecin légiste et règne en maître incontesté sur la morgue de N.Y.
Konig, un nom prédestiné pour ce roi de l'expertise légale.
Cependant, envisager une morgue comme possible antidote à un mal-être persistant mettrait en lumière un malaise beaucoup plus profond. Oublions.
Quoi qu'il en soit, et comme le disait Freddy - non, pas Krueger – the show must go on. le Boss va devoir rempiler et fissa pour ce qui s'annonce être la plus délicate de ses expertises.
Des corps retrouvés, normal, un constat à dresser, normal, des cadavres présentant la singularité de ne posséder ni dents, ni extrémités ni quoi que ce fut-ce susceptible de faciliter leur identification, nor..., à flûte et double diantre, ça sent encore les heures sup' c't'affaire là...
Nécropolis ne vous filera définitivement pas la grosse patate, c'est certain. Mais paradoxalement, il devrait vous poursuivre longtemps tant la charge émotionnelle qu'il dégage perdure bien après sa lecture.
Le contexte tout d'abord, celui d'un médecin légiste. Atypique. Excepté dans la série Rizzoli et Isles de Gerritsen, j'avais peu fréquenté ce petit milieu feutré. Lieberman, en guide expérimenté et avide de transmettre, se charge de la visite. Un périple érudit parfois complexe, pour le néophyte, mais toujours passionnant.
Et que dire de la personnalité de son anti-héros. Sur le fil du rasoir du début à la fin, il est de ces types a priori rarement favoris pour décrocher le prix orange mais qui finissent par susciter une empathie légitime tant les épreuves traversées vous touchent.
Nécropolis n'est pas un polar au sens premier du terme.
Il aborde le sujet, bien sûr, mais la vérité est ailleurs Scully.
L'introspection d'un homme sur le déclin, que plus rien ne semble retenir en ce bas monde si ce n'est le mince espoir de retrouver sa petite Lolly vivante, voilà bel et bien l'enjeu de ce récit au cordeau, servi par une écriture sèche et cafardeuse que rien ne saurait adoucir.
Nécropolis est une déflagration, un hymne au désespoir.
Un océan de noirceur dans lequel vous adorerez patauger, au risque de vous y noyer.
Une petite musique envoûtante qui ferait passer Mylène Farmer pour la reine de la déconne.
Nécropolis ne se raconte pas, finalement, il se vit, s'expérimente, à vos risques et périls...
♫ Dans mes draps de chrysanthèmes
L'aube peine à me glisser
Doucement son requiem
Ses poèmes adorés♪
Vas-y Mimi, chauffe !
4.5/5
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Ambages
  10 janvier 2017
Quand il y a de la vie il y a de l'espoir ? En refermant ce livre, j'ai plutôt l'impression inverse : tant qu'il y a des morts, il y a de l'espoir pour Konig. C'est sa vie.
C'est comme ça que Paul Konig a toujours vécu depuis quarante ans. Ce médecin légiste en chef, est un passionné. Il dirige la morgue de New-York depuis des années et c'est lui le meilleur. Il s'est donné les moyens pour être le meilleur, des heures de travail acharné, ne rien laisser au hasard, être présent, soutenir et former les agents qui travaillent dans son service, approfondir ses connaissances jusqu'à l'ultime. Mais tout a un prix. Et son professionnalisme, sa passion extrême, c'est au détriment de sa famille, de son enfant. Lui qui peut reconstituer la vie d'un homme allongé sur sa table de légiste, ces morts qui n'ont plus aucun secret pour lui, une fois qu'il a examiné chaque partie des corps, il n'a pas su voir ! Il n'a pas su trouver les mots qui réconfortent une enfant triste à la suite du décès de sa mère, l'épouse de Konig.
C'est un livre brillant, dense, qui envoute presque tellement les différentes histoires qui le composent sont imbriquées avec brio et donne vie à cette morgue avec moult détails qui permettent presque de sentir les odeurs fétides. La morgue prend vie pour le lecteur qui découvre un lieu aux mille facettes, les problèmes au sein des équipes, l'intervention des politiques et les liens avec les enquêteurs de la police. C'est un super roman, fort bien écrit qui ne laisse rien de côté et nous plonge dans la psychologie des différents personnages sans rien nous épargner. J'ai beaucoup apprécié cette lecture.
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KrisPy
  15 juin 2016
Macadam luisant, poisseux de désespoir, les douleurs lancinantes d'une sciatique, la pluie froide d'avril, les petits matins blêmes, les nuits glauques et ... des cadavres sans-tête.
Bienvenue à Nécropolis, la grande morgue de New-York, sise sur les bords d'un grand fleuve, l'East River, comme toute bonne antichambre de la mort qui se respecte.
Paul Konig, grand manitou de cette succursale de l'enfer au sommet de sa carrière, se bat contre ses propres démons entre deux autopsies bien corsées ; sa fille chérie a disparu, pour le fuir.
Pour nous, simples lecteurs du commun des mortels, entrer dans ce temple de la Mort aux côtés de Konig, maitre ès anatomie, c'est comme être aux premières loges d'un amphithéâtre de dissection, l'odeur en moins. Faut avoir les tripes bien accrochées, ou être familier de la chose pour pouvoir profiter du spectacle...
Nécropolis, où une lente plongée en enfer.
Plusieurs enquêtes se côtoient, toutes plus glauques les unes que les autres - des cadavres sans têtes, des vols de cadavres à la morgue, un suicide ambigüe en prison, la fille de Konig, disparue - et en sus, Konig va devoir gérer un scandale au sein de son équipe, un scandale qui va faire grand bruit auprès de la Mairie, dont la crédibilité déjà mise à mal par la violence urbaine grandissante, ne laissera pas passer cette sombre histoire de cadavres volés et de complaisance policière, surtout pas quand les élections approchent...
Nécropolis, comme dans un cauchemar où l'on se débat, comme un horrible accident que l'on se force à regarder, Nécropolis, une lecture "sang pour sang" noire, Herbert Lieberman a mis en place une implacable mécanique d'orfèvre bien huilée, destinée à nous embarquer inéluctablement dans cette noirceur, avec notre permission, mais contre notre volonté...
Je n'émettrais que quelques bémols devant cette oeuvre, témoignage d'un New-York sans doute pas si éloigné que ça de celui de maintenant : quelques redondances dans l'histoire (les trop nombreux passages sur la solitude désespérée de Konig), et quelques tournures stylistiques un peu trop récurrentes (le fameux décroché de téléphone à suspens : "Un silence, embarrassé et sinistre ; chacun des deux hommes guette la respiration de l'autre." Lieberman semble bien aimer la respiration au bout du fil... il en use et abuse.)
Mais Nécropolis reste un roman noir culte, que tout amateur du genre se doit d'avoir lu.
Challenge pavés 2015-16
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   14 août 2018
C'était à cette époque un quartier peuplé de travailleurs - des Irlandais, des Allemands, des Polonais, des Juifs -, des gens besogneux, forts en gueule, pieux, austères, qui étaient plus ou moins parvenus à s'adapter les uns aux autres et à vivre en paix. Accaparés par leur incessant combat contre leurs ennemis communs, la misère et la peine, ils n'avaient pas le temps de s'entre-déchirer.
p. 323
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Lazlo23Lazlo23   27 septembre 2015
Konig dérive dans la nuit d'avril moite et vaporeuse, poursuit sa route sous la lumière crue des lampadaires coiffés de halos transparents et fantomatiques, croise au passage une marée de visages jeunes et animés. Ici, le monde entier est jeune et du coup, lui, il se sent vieux. Débordant d'une jalousie et d'un mépris étranges, le cœur brisé. Leur vitalité le raille. Il scrute leurs visages, ardents, avides, qui cherchent la vie au fil des trottoirs souillés d'immondices.
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SpilettSpilett   05 juillet 2010
Le psychiatre sait tout et ne fait rien.
Le chirurgien ne sait rien et fait tout.
Le dermatologue ne sait rien ni ne fait rien.
Le médecin légiste sait tout, mais un jour trop tard.

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tamara29tamara29   12 avril 2014
Il s'était souvent dit que, s'il pouvait s'en remettre à la magie et aux sorciers locaux, aux chapelets et aux talismans, tout se passerait bien. [...]
Si seulement il pouvait surmonter le cynisme qui le rongeait, se laver de quarante ans de scepticisme et d'orgueil, atteindre le havre d'une petite oasis verdoyante pour y retrouver le goût de l'espoir, peut-être pourrait-il encore se sauver.
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EskalionEskalion   09 janvier 2011
Chaque fois que Konig accomplit cette descente, chaque fois qu’il pénètre dans cet abattoir, ce charnier qu’embrument, toujours plus épaisses, des vagues de miasmes putrides, il se sent submergé par l’impression bizarre, et pourtant parfaitement appropriée, qu’il rentre une fois de plus chez lui
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