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EAN : 9782253101604
1880 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (24/02/2021)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 37 notes)
Résumé :
L'opération Barbarossa, qui s'ouvre le 22 juin 1941, ne ressemble à aucune autre dans l'Histoire. Elle met aux prises les deux systèmes militaires les plus puissants et les deux régimes les plus brutaux. Les plans sont ineptes, les armées bien en dessous de leurs missions. Dans le combat comme dans l'occupation, la Wehrmacht conjugue la logique exterminatrice du nazisme avec celle de sa propre culture militaire, qui pousse la terreur à son paroxysme. L'Armée rouge s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Sphilaptere
  05 août 2020
Le 22 juin 1941, la machine militaire allemande lance une attaque surprise massive contre l'Union soviétique. Les deux plus grandes armées du monde, et derrière elles deux volontés meurtrières, s'affrontent alors dans la bataille de tous les excès. L'armée soviétique est surprise, paralysée, encerclée, anéantie. Six mois plus tard d'une campagne complexe sur un espace immense, qui causera des millions de morts, après avoir anéanti plusieurs fois les forces qu'on lui oppose, l'armée allemande est à 50 km de Moscou, usée jusqu'à la corde et paralysée par ses difficultés logistiques. L'Armée Rouge plusieurs fois renée de ses cendres, la repousse (ça c'est du spoil !). A la fin de 1941, l'Allemagne a perdu toute chance de vaincre dans le deuxième conflit mondial, et est entrée dans une fuite en avant exterminatrice. L'Union Soviétique a survécu en se radicalisant encore plus, et gagné sa place de puissance mondiale dans le monde qui se dessine pour après.
Ce livre est une somme impressionnante qui dresse un tableau complet du conflit, appuyée sur une documentation très riche. La complexité des aspects diplomatiques, particulièrement pervers, les relations des deux pays dans les années qui ont précédé le conflit, l'organisation et la préparation des armées (ou la désorganisation et l'impréparation), et surtout les innombrables souffrances humaines, qu'elles soient dues aux tueries de masse planifiées et commises par l'armée allemande, ou à la terreur stalinienne qui redouble, en font une lecture éprouvante.
En plus de décrire et rendre claires les opérations complexes de la campagne, Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri nous font rentrer dans la tête d'Hitler et de Staline, vivre auprès des de la stavka et de l'OKH, descendre au niveau des quartiers généraux des armées, et de la troupe, accompagnent la valse les missions diplomatiques, et n'épargnent rien des populations affamées, déportées, massacrées à la mitrailleuses ou mourant dans les convois de la mort.
Deux systèmes s'affrontent. D'un côté une volonté exterminatrice qui ne vise que l'anéantissement physique de son adversaire afin de gagner le « Lebensraum » nécessaire à la « race allemande », sous-estime totalement son adversaire et sacrifie la vision stratégique aux tactiques d'anéantissement. de l'autre, la paranoïa stalinienne, qui fait régner la répression préventive de masse et se livre à une improvisation meurtrière pour les siens. D'un côté on croit que tout est affaire de volonté. de l'autre que les traîtres sont partout et qu'il faut les neutraliser avant qu'ils n'agissent. La seconde sortira renforcée du caractère impitoyable de la première, qui interdit toute échappatoire pour les populations soviétiques.
Lecture passionnante et éprouvante.
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ABEDFranck
  22 janvier 2020
Jean Lopez, directeur de la rédaction de Guerres & Histoire, et Lasha Otkhmezuri, docteur en histoire, ont commis une étude magistrale intitulée Barbarossa et sous-titrée « 1941, la guerre absolue ». Nous avons en toute vérité énormément apprécié cette somme de 960 pages qui fourmille d'anecdotes, d'explications et d'analyses des plus éclairantes. Cette campagne peut en effet, de prime abord, sembler difficile à saisir dans son ensemble, car elle cumule les fronts, les attaques, les contre-attaques, les sièges, les retournements de situation les plus exceptionnels et improbables. Elle engloutit les soldats et ravage les terres. Des milliers de chars et d'avions entrent en service pour détruire l'ennemi. L'opération Barbarossa reste à ce jour la plus grande invasion de l'histoire militaire en termes d'effectifs engagés et de pertes cumulées.
Lancée le 22 juin 1941, un an jour pour jour après la signature de l'armistice avec la République française, Barbarossa fixe à quatre mois le délai nécessaire à l'anéantissement militaire de l'Union Soviétique. Pour l'anecdote, il faut savoir que Napoléon inaugura sa campagne de Russie le 24 juin 1812 avec la réussite que chacun connaît. de fait, les Allemands, conscients malgré tout du potentiel militaire russe à venir, veulent détruire rapidement les forces armées soviétiques, avant que celles-ci ne puissent déployer leurs forces dans toute leur étendue, et en exprimer toutes les dimensions.
Dès les premières lignes, nous lisons : « la Wehrmacht entame une guerre d'extermination et de colonisation ; l'Armée rouge et la population soviétique se vident de leur sang, prises entre les feux d'un ennemi sans pitié et les assauts de la terreur stalinienne ». Même au plus fort du conflit, Staline et les siens craignent des complots de l'intérieur alors que la majorité de la population russe ne pense qu'à une seule chose : survivre. Ainsi, les commissaires politiques soviétiques emprisonnent de nombreux russes, ce qui renforce leur défiance à l'endroit du régime. Des millions de prisonniers, politiques ou non, tentent de survivre au Goulag, tandis que la police politique - présente partout - est haïe. Sous le régime des soviets, la délation demeure une règle de savoir-survivre pour être bien considéré par les autorités.
Comme l'expriment très bien les deux auteurs, « l'opération Barbarossa cumule les particularités. A ce titre, elle occupe une place à part sans l'histoire militaire. Jamais, depuis les guerres de religion, un conflit militaire n'a été idéologisé à ce point. Des deux côtés des troupes politiques — SS/SD et NKVD – poursuivent des objectifs propres, dont de nombreux éléments sont néanmoins intériorisés par l'encadrement et la troupe. Les Allemands tentent de présenter leur aventure comme une croisade paneuropéenne, en appelant à eux armées de l'Axe et contingents venus des pays occupés ; les Soviétiques font donner partout les partis communistes, leur cinquième colonne. »
Lopez et Otkhmezuri relèvent également les caractéristiques propres des belligérants : « Les Allemands apportent dans leurs bagages une tradition de violence contre les civils ennemis, l'obsession des francs-tireurs et des partisans, la primauté donnée au combat sur toute autre forme d'engagement militaire. L'Armée rouge est la créature d'un parti politique, dont elle intègre les organes et les méthodes de surveillance et de répression ; elle est indifférente au sang versé par ses soldats ou aux souffrances de ses propres citoyens. »
Les nationaux-socialistes et les soviétiques s'appuient d'une même façon sur une vision politique qui se revendique absolue, totale, et seule légitime, juste et même bonne. Les auteurs estiment que « les deux adversaires se nourrissent de mythes puissants - judéo-bolchevisme et complot capitaliste - qui marquent les opérations, la diplomatie, les buts de guerre. » Cependant, avant d'en arriver à se combattre jusqu'à la mort, les deux blocs entretiennent des échanges cordiaux, qu'ils soient diplomatiques, politiques et économiques. Les auteurs démontrent avec des arguments et des preuves irréfutables que les deux gouvernements ont cherché à trouver des terrains d'entente. Prenons le temps de mentionner la signature du Pacte germano-soviétique, officiellement traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union soviétique, qui regroupe un ensemble d'accords diplomatiques et militaires signés le 23 août 1939 à Moscou, par les ministres des Affaires étrangères allemand, Joachim von Ribbentrop, et soviétique, Viatcheslav Molotov, en présence de Staline. Jusqu'à la fin de l'année 40, les diplomates allemands et russes discutent pour que les deux « empires » soient alliés.
Dans le même ordre d'idée, et ce n'est malheureusement pas enseigné par oubli volontaire ou par méconnaissance historique, les soviétiques dans le cadre des accords commerciaux signés avec les nationaux-socialistes, leur ont livré du pétrole, des céréales et des matières premières. Les chiffres donnent le tournis : 900 000 tonnes de pétrole, 1,6 million de tonnes de céréales et 140 000 tonnes de minerai de manganèse. Paradoxalement, les Russes ont donc participé à l'effort de guerre contre leur pays. Ces captivantes péripéties sont parfaitement décryptées dans l'ouvrage. Elles permettent de saisir tous les enjeux diplomatiques des années 30, trop souvent réduites dans l'enseignement officiel à un affrontement du bien contre le mal.
Toutefois, l'antagonisme pesait trop lourd entre le Reich et l'URSS pour qu'ils n'entrassent pas en conflit tôt ou tard. Lors de la montée des tensions débouchant sur la guerre totale, nous notons que « des deux côtés on se berce d'illusions : de soi-disant fragilité, d'origine raciale, du système soviétique, ou de solidarité attendue des ouvriers sous uniforme allemand ; l'on sous-estime l'adversaire et l'on surestime ses propres forces à un point qui défie tout bon sens militaire ; l'on croit à une guerre courte et peu sanglante pour soi-même ; l'on applique des plans d'opérations ineptes, comme conçus par des dilettantes oeuvrant dans un monde de purs concepts ; l'on croit détenir la formule magique de la victoire, qu'on la nomme Blitzkrieg allemande ou pensée opérative soviétique ». Il existe souvent un monde d'écart entre les discussions dans les bureaux confortables de l'état-major et la réalité du terrain comme l'apprennent à leurs dépens des millions de soldats. Un des nombreux points qui a également retenu notre attention : la volonté des auteurs de détailler les erreurs stratégiques et tactiques commises par les différents acteurs de ce drame.
Lopez et Otkhmezuri rappellent que « le résultat de cette moisson de superlatifs est la création d'un brasier de proportions monstrueuses. Combats, exécutions, famines délibérées tuent en deux cents jours plus de 5 millions d'hommes, femmes et enfants, soldats et civils. Mille morts à chaque heure, nuit et jour. C'est, sur un seul front, le semestre le plus létal de la Seconde Guerre mondiale, et, sans doute, dans toute l'histoire humaine. »
Les auteurs usent d'une métaphore pour montrer la réalité de cette guerre : « l'enfer de Dante est une tiède géhenne comparé aux grands mouroirs à ciel ouvert qui s'égrènent le long de la ligne de front, dans Leningrad assiégé, dans les 200 camps de prisonniers de guerre soviétiques, dans les villes occupées, ravagées par la faim. le nazisme et son armée donnent la pleine mesure de leur potentiel de destruction, de nature centrifuge : on tue l'autre. Pour survivre à l'assaut, le bolchevisme stalinien radicalise sa violence, de nature paranoïaque et centripète : on tue d'abord parmi les siens. Il utilise les armes avec lesquelles il a édifié une industrie, collectivisé l'agriculture, éliminé des classes sociales entières. Contrairement à ce que certains intellectuels soviétiques ont ressenti pour eux-mêmes, la guerre ne change pas le stalinisme : elle l'exalte. »
Pour rédiger ce passionnant ouvrage les auteurs ont pu s'appuyer sur des authentiques sources d'informations. Ils nous disent que « les matériaux abondent. Archives militaires et diplomatiques, mémoires, journaux d'unités et écrits personnels, rapports, enquêtes, interviews de vétérans menés par nous-mêmes, sont mis à profit, qu'ils aient été écrits en russe, en ukrainien, en allemand, en anglais, en géorgien, en italien ou en espagnol. » Lopez et Otkhmezuri prennent le temps de décrypter leurs méthodes de travail. C'est vraiment intéressant de savoir que leurs recherches reposent sur l'étude de nombreux et différents types de documents, de surcroît écrits en plusieurs langues. Ils ajoutent que « les journaux intimes constituent aussi des sources précieuses, notamment pour saisir les mouvements de l'opinion et ce produit phare de la société soviétique, la rumeur. »
Ce livre répond à de nombreuses questions. Nous en reproduisons certaines : « Comment l'Armée rouge, monstre pataud, dominée de la tête et des épaules, détruite deux fois, reconstruite deux fois, a-t-elle pu se sauver d'un désastre qui semblait au monde entier inévitable ? Comment la Wehrmacht a-t-elle pu pousser son effort jusqu'à tomber littéralement en morceaux ? Qui, comme Staline, s'est fait surprendre par une attaque qui se dessinait son nez, jour après jour et pendant des mois, et dont il avait été averti cent fois ? Qui, comme les chefs de la Wehrmacht, s'est refusé à voir que cet adversaire que l'on donnait pour mort allait sortir du tombeau et frapper avec vigueur ? » Les réponses à ces pertinentes interrogations se trouvent dans cette production intellectuelle d'excellente facture.
Il ne faut pas perdre de vue que « l'échec de l'opération Barbarossa a engendré des conséquences considérables et à longue portée. Elle renverse le sablier du conflit et permet d'apercevoir le terme de l'aventure nazie. L'Etat soviétique, suicidaire du fait des dérèglements même du système stalinien, prolonge son existence de quarante ans par sa victoire et le retentissement qu'il sait lui donner. » Lopez et Otkhmezuri estiment avoir « voulu présenter une vision équilibrée des deux camps - et de leurs alliés respectifs -, passant du Kremlin à la Redoute du loup, des états-majors des Fronts à ceux des groupes armées, du NKVD aux Einsatzgruppen, des unités en marche aux usines et aux fosses d'exécutions. » Néanmoins, ils précisent que « la vision équilibrée signifie que les adversaires ont droit à une place équivalente, non que nous les renvoyions dos à dos. » Ils ajoutent que pour eux « les morts de l'opération Barbarossa sont bien à la charge de l'Allemagne, le pays agresseur ».
Cette dernière idée exprimée peut quand même surprendre, étant donné que tous les spécialistes de cette période partent du principe, que tôt ou tard, les soviétiques auraient attaqué les nationaux-socialistes. de même, dans un souci de vérité et de justesse historiques, il s'avère effectivement impossible de renvoyer dos à dos deux systèmes politiques dont l'un a duré de 1933 à 1945, soit à peine douze ans, tout en étant limité à l'Allemagne ou à l'Europe centrale, alors que l'autre naquit en 1917 et a fini balayé par un vent de liberté en 1989 – soixante-douze ans de durée de vie - après avoir essaimé en Chine, Corée, Vietnam, Cambodge, Cuba, Vénézuela, etc. Aujourd'hui encore, certains pays se réfèrent toujours au communisme. Ce constat est quand même très inquiétant au vu du bilan humain de ces différents régimes…
En définitive, comment est-il possible de comprendre cette terrible tragédie ? Les mots manqueront toujours pour décrire l'horreur de la guerre et la folie des hommes. Pourtant, les deux historiens parviennent, grâce à un labeur de quinze ans, à restituer tous les enjeux de cette campagne militaire sur le sol russe en proposant une véritable enquête remontant aux origines du communisme et du national-socialisme. Ils analysent également la chronologie implacable de 1917 à 1940, quand tout se joue après la défaite de la France. Cette fresque historique retrace d'une manière limpide, nonobstant la masse d'informations à analyser et à comprendre, ce semestre effroyable où l'héroïsme se mêla aux plus viles actions humaines. le récit se veut clair, pédagogique et véritablement instructif. le lire permet de comprendre cette opération Barbarossa opposant « les deux systèmes militaires les plus puissants et les deux régimes les plus brutaux » de l'époque…

Franck ABED
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mystherbe
  27 octobre 2020
Peut-être le livre le plus épais que j'aie lu, et pourtant assez rapidement (pour moi) et avec plaisir. Un vif regret, que je n'avais pas compris en l'achetant : il s'arrête en 1941, et n'inclut donc absolument pas ce qui fait la célébrité de la bataille de Russie, à savoir Stalingrad.
Première fois que je lis un ouvrage de stratégie « polémologique », avec récit détaillé à l'extrême des batailles, des mouvements de troupes, noms des officiers impliqués, description minutieuse des matériels, etc. le résultat est tout à fait passionnant. D'autant que l'ouvrage, honnête au plan politique — malgré deux ou trois propos affiliant directement Staline à Lénine, et faisant donc de ce dernier, à tort, un dictateur totalitaire — permet de démonter les mythes pro-Wehrmacht habituels (la défaite est due à l'hiver, les Russes étaient des sauvages, etc.). La tonalité m'a toutefois un peu gênée s'agissant des officiers nazis, décrits en termes tout à fait élogieux. Si les auteurs entendent détruire le mythe de la Wehrmacht « propre » entraînée dans les atrocités par les méchants politiciens hitlériens (en vérité, elle les a avalisées sans coup férir), ils y sacrifient un peu malgré eux en décrivant les aristocrates prussiens sous des dehors positifs (« courageux », etc.). Ça surprend et je ne suis pas tout à fait sûr que ç'eût été possible après-guerre : nous avons changé de régime d'historicité et il est de bon ton depuis la contre-révolution conservatrice (et la remontée du fascisme en Europe) de nuancer les condamnations du camp allemand (le film La chute est, de ce point de vue, un modèle de relecture historique visant à atténuer les torts du peuple allemand que je trouve assez scandaleux et qu'on pourrait à mon sens qualifier de révisionniste).
Un autre mythe auquel ce livre tord le cou est celui de la nullité proverbiale de l'Armée rouge. Si les auteurs montrent le gâchis humain, et les effets très néfastes des ordres de Staline (qui guerroie comme il industrialise ou collectivise, disent-ils, avec les traits de la doctrine bolchévique, volontarisme, grandiloquence, obsession pour l'offensive à outrance…), ils montrent aussi la qualité du matériel soviétique, l'abnégation presque sacrificielle des soldats russes qui étonna les Allemands. Qui le sait, aujourd'hui où l'on décrit trivialement l'Union Soviétique comme un régime ubuesque, absurde, haï, ridicule, etc. ?
J'ai noté, à mon grand regret, un propos absolument inacceptable, osant assimiler Nazis et Soviétiques quant à leurs intentions génocidaires vis-à-vis des minorités balkaniques. Autre point qui m'a gêné : les uchronies, ou tentatives d'imaginer "ce qui se serait passé si" (si Hitler et Staline n'avaient pas scellé leur pacte, si Hitler n'avait pas ouvert un second front, etc.). J'ai tendance à voir dans ce type d'exercice des élucubrations peu intéressantes. Par définition, nous ne savons pas et ne pouvons pas savoir ce-qui-se-serait-passé-si. Cela n'empêche pas l'ensemble d'être passionnant pour le néophyte que je suis.
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Bougnadour
  18 avril 2020
Barbarossa n'est pas seulement la plus grande opération militaire de tous les temps, c'est l'affrontement de deux totalitarismes sanguinaires, de deux monstres dictateurs et une guerre inédite raciale et exterminatrice.
Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri décrivent cette folie en près de 1000 pages, depuis les préparatifs aussi bien matériels qu'idéologiques jusqu'à l'échec allemand devant Moscou fin 1941. On imagine la somme de travail pour aboutir à cet ouvrage qui combine une vue panoramique du contexte et des opérations, associée à mille et un détails explicatifs tout en offrant une grande facilité de lecture.
Ce qui frappe d'abord c'est la démesure , celle des effectifs immenses des armées, de l'espace infini à parcourir et de la souffrance endurée par les peuples.
Ensuite la folie de Hitler et des nazis qui ne veulent pas seulement conquérir un territoire mais aussi massacrer ses habitants, qui n'hésitent pas à utiliser la famine comme arme contre les populations et les prisonniers, sans parler bien sûr de l'extermination des juifs.
Folie de Staline qui sacrifie en masse et instaure un climat de paranoïa en faisant exécuter tous ceux faiblissent à ses yeux, tout en continuant à purger les pseudos ennemis du peuple.
On sort de Barbarossa abasourdi par tant de violence, d'inhumanité, de sang, de sueur et de larmes.
Plusieurs idées reçues majeures sont réfutées par Lopez et Otkhmezuri : l'hiver n'a pas battu l'armée allemande, sa défaite était inévitable, l'industrie soviétique était supérieure à celle de l'Allemagne, la wehrmacht n'a pas les mains propres et fût aussi massacrante que les SS..etc.
Même s'il n'y a jamais de livre définitif on peut parier que celui-ci fera référence dans l'historiographie de la 2ème guerre mondiale.
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LisaGiraudTaylor
  07 octobre 2019
Ce livre fait partie de ceux que j'ai vraiment adoré lire sur la longueur, goûtant chaque référence.
J'aime cette période et j'ai déjà lu nombres d'ouvrages sur l'opération Barbarossa et j'apprécie vraiment cette "mini" bible...
L'opération Barbarossa, qui s'ouvre le 22 juin 1941, ne ressemble à aucune autre opération militaire dans L Histoire. Elle met aux prises les deux systèmes militaires les plus puissants et les deux régimes les plus brutaux du moment.
D'échec, en mauvaise décision, de vengeance en malchance... de politique en géopolitique, d'égo en généraux dépassés (ou peu écoutés), cette période est fascinante et ce livre fait parti de mes livres de chevet sur la période (comme Koursk 1943, paru récemment).
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critiques presse (2)
LeFigaro   12 septembre 2019
Il est difficile de fermer ce livre de près de 1000 pages sans céder à l’admiration. Barbarossa 1941. La guerre absolue de Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri n’est pas un essai de plus sur une des batailles les plus titanesques de l’Histoire, c’est une somme d’érudition et d’analyse, une œuvre à part entière.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   11 septembre 2019
Barbarossa, 1941 : cinq millions de morts. Comment imaginer une telle tragédie ? Les mots manquent pour décrire une telle bataille. Deux historiens du Front de l’Est y parviennent grâce à un travail acharné de quinze ans.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
SphilaptereSphilaptere   09 mai 2020
Si la guerre arrive demain est conçu et réalisé par un collectif de cinéastes, sous la direction d’Efim Dzigan. Il devait représenter l’Union soviétique lors du premier festival de Cannes, en 1939, qui sera annulé du fait de la guerre. Trois mois avant le début de l’opération Barbarossa, le film recevra le prix Staline de seconde classe, avec un chèque de 50 000 roubles. Il a été projeté dans toutes les salles du pays, montré dans les écoles, les casernes, les foyers des usines et les kolkhozes. Son succès doit sans doute beaucoup à la jolie chanson éponyme, qui ponctue les séquences clés et serine des couplets dont la chanson populaire n’est pas coutumière : « Nous ne voulons pas la guerre mais nous nous défendrons. Nous renforçons légitimement nos défenses. Et nous détruirons l’ennemi sur sa propre terre, d’un coup puissant et avec peu de pertes. » Refrain : « Peuple, lève-toi et prépare-toi à la campagne ! » Staline apprécie beaucoup le film. Pendant la guerre, il le regardera souvent, peut-être dans un but d’auto-thérapie, ou par sens de l’humour le plus noir, sachant que chaque journée de ce conflit long de 1 396 jours verra trépasser environ 20 000 citoyens soviétiques. Le scénario d’Efim Dzigan est édifiant. Par une nuit paisible, les troupes allemandes – représentées de manière ridicule – attaquent les gardes-frontières soviétiques. Elles en tuent quelques-uns mais sont bloquées par les autres au seuil du sol soviétique. Comme un seul homme, la nation se lève alors contre l’envahisseur. De Kronstadt à la Tchoukotka, hommes, femmes, enfants, vieillards s’empressent vers les commissariats militaires pour s’enrôler dans l’Armée rouge. Dans un morceau de bravoure qui fait grincer des dents lorsque l’on songe à la suite, le maréchal Vorochilov, jouant son propre rôle, apparaît en grand uniforme devant les troupes et répète le message essentiel : « Si la guerre nous est imposée, elle ne se produira pas sur notre sol soviétique, mais sur le territoire de ceux qui oseront tirer l’épée les premiers. » Sur ces fortes paroles, Vorochilov et ses divisions franchissent la frontière. Le sort de la guerre est scellé par la frappe de la cavalerie guidée par (le vrai) Boudienny, sabre dégainé et moustaches en bataille, et par le soulèvement du prolétariat allemand.
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SphilaptereSphilaptere   22 avril 2020
Combats, exécutions, exactions, famines délibérées, tuent en deux cents jours plus de 5 millions d’hommes, femmes et enfants, soldats et civils. Mille morts à chaque heure, nuit et jour. C’est, sur un seul front, le semestre le plus létal de la Seconde Guerre mondiale et, sans doute, de toute l’histoire humaine. L’enfer de Dante est une tiède géhenne comparé aux grands mouroirs à ciel ouvert qui s’égrènent le long de la ligne de front, dans Leningrad assiégé, dans les 200 camps de prisonniers de guerre soviétiques, dans les milliers de ravins et de fossés antichars où l’on assassine les Juifs, dans les villes occupées, ravagées par la faim. Le nazisme et son armée donnent la pleine mesure de leur potentiel de destruction, de nature centrifuge : on tue l’autre. Pour survivre à l’assaut, le bolchevisme stalinien radicalise sa violence, de nature paranoïaque et centripète : on tue d’abord parmi les siens. Il utilise les armes avec lesquelles il a édifié une industrie, collectivisé l’agriculture, éliminé des classes sociales entières. Contrairement à ce que certains intellectuels soviétiques ont ressenti pour eux-mêmes, la guerre ne change pas le stalinisme : elle l’exalte.
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SphilaptereSphilaptere   17 mai 2020
Mais, pour suivre les historiens Christian Gerlach et Timothy Snyder, la famine envisagée par Backe et consorts constitue « le plus vaste plan d’assassinat de masse de l’histoire », même s’il est approximatif, voire grossier, même s’il est plus un concept qu’un plan à proprement parler. Son esprit sera bel et bien incorporé dans la politique d’occupation menée par la Wehrmacht et le parti nazi, pour nourrir le Reich et ses forces armées. Par la famine et les maladies qui lui sont liées, il entraînera la mort de 4 à 7 millions de civils, dont une grande majorité de femmes et d’enfants. Il constituera aussi un des éléments clés dans trois autres crimes connexes, dont nous parlerons plus loin : la liquidation de 2,8 millions de Juifs présents sur le territoire soviétique, la mort par inanition de plus de 3 millions de prisonniers de l’Armée rouge et celle d’au moins 800 000 habitants de Leningrad.
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SphilaptereSphilaptere   11 juillet 2020
Selon ma propre expérience, si le commandement de l’armée rapporte : « l’ordre est en train d’être exécuté, on se déplace par petit groupes », – cela signifie que le voisin [l’armée voisine] ne bouge pas et ment. En même temps, à ses subordonnées, il dira : « allez, faites semblant d’attaquer ». L’ennemi attaque d’abord celui qui est le plus actif, et ce sera l’unité non aguerrie, car elle seule n’a pas compris qu’on lui mentait. Pour la non-exécution d’un ordre, on menace de nous fusiller toujours et partout, et moi, toujours et partout, je traîne, je gagne du temps. Je n’ai pas le droit de dire que je suis incapable d’attaquer, alors je rapporte : « nous exécutons votre ordre, nous avançons lentement et par petits groupes ». Dans ce cas, on a de bonnes chances de ne pas être fusillé.
[extrait d'une lettre d'un commandant de bataillon à Koustnetsov]
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Charybde2Charybde2   03 mars 2020
À son arrivée, Timochenko essaye tout d’abord de restaurer la discipline, comme on le faisait durant la guerre civile, par la terreur. Le 24 janvier 1940, suite à un ordre conjoint de Vorochilov et de Beria, 27 unités de barrage, chacune forte de 100 hommes, sont créées et soumises à l’autorité des Osoby Otdel (département spécial et secret du NKVD au sein des unités). Elles se postent sur les arrières et bloquent les fuyards, fusillant pour l’exemple. Pour améliorer la logistique, Timochenko mobilise l’aviation civile, fait construire de nouveaux chemins de terre et de fer, ouvre les réserves de munitions et de produits alimentaires. Il émet une série d’ordres qui rappellent aux commandants des unités le B-A-BA de la conduite de la guerre : dissimuler, reconnaître, concentrer et échelonner les forces, donner des objectifs réalistes, coordonner les armes. Les bataillons de marche et ceux de skieurs reçoivent un minimum d’entraînement avant de revenir en première ligne. La reprise des combat, le 11 février, n’est certes pas une partie de plaisir mais les percées sont obtenues, l’exploitation se fait de façon régulière. C’est au tour des Finlandais d’encaisser leurs plus fortes pertes. L’ensemble des observateurs militaires a retenu le visage de la guerre à son début, c’est-à-dire avant l’arrivée de Timochenko. Tous, notamment les Allemands, ont conclu à l’incapacité globale et définitive de l’Armée rouge. Une analyse plus fine aurait permis de détecter que, lorsqu’elle est correctement commandée, la machine militaire soviétique fonctionne, à grand coût humain, certes, mais elle fonctionne. Surtout, elle apprend de ses erreurs, même sous le stress du combat. Cette leçon majeure, l’OKH n’a pas su l’extraire des rapports transmis par les Finlandais. Elle s’en mordra les doigts en 1941.
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Vidéo de Jean Lopez
Jean Lopez vous présente "Les maréchaux de Staline" qu'il a écrit avec Lasha Otkhmezuri aux éditions Perrin.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2483402/jean-lopez-les-marechaux-de-staline
Note de musique : © mollat
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