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ISBN : 2843376831
Éditeur : Anne Carrière (16/05/2013)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Lyon, septembre 1777. Antoine Fabert est avocat au barreau lyonnais. De l'avis général, c’est le meilleur de tous. Pourtant, il n'a jamais plaidé, contrairement à Prost de Royer, son célèbre ami et associé.
Des écrits gaulois sont découverts à Fourvière, les textes d'un druide du nom de Louern, qui vont propulser Antoine au centre d'une bataille pour le rétablissement de la réalité historique. Cette bataille portera en elle les prémisses de la révolution des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Iboo
  12 août 2017
Bon sang, comme j'ai aimé ce livre !
Ce n'était pourtant pas gagné au départ quand je me suis retrouvée avec ce pavé de 909 pages entre les mains. Comme le sentiment de m'être engagée pour un voyage d'un mois vers je ne savais où, dans un wagon peuplé d'amis que j'étais la seule à ne pas connaître.
Des personnages de caractère, avec de la matière, de la profondeur.
Des histoires passionnantes qui se croisent et s'entremêlent.
Une énigme exaltante en fil rouge qui nous tient en haleine de la première à la dernière ligne. L'ensemble se tissant sur une trame historique étayée de références nourries de recherches réelles et sérieuses.
Et cette immersion dans le Lyon du XVIIIe siècle, ses ruelles, son fleuve, ses ponts, son architecture, ses pierres, son peuple...
Aucune des quelques descriptions n'est pesante à lire car toutes ont une raison d'être. L'écriture d'Éric Marchal est ciselée sans jamais être pompeuse. Il nous embarque, on reste accrochés à sa plume, plongés, comme en apnée, les yeux grands ouverts, le souffle coupé, avides d'en apprendre toujours plus.
Toutes les nuits, je me suis endormie sereinement en compagnie de tous ces personnages qui continuaient à vivre dans ma tête. Et, hier soir, quand je suis montée me coucher, j'ai ressenti comme une tristesse d'avoir terminé le voyage et quitté ces amis dont j'avais partagé l'aventure et qui étaient dorénavant aussi les miens.
Fabuleux ! le voyage a été fabuleux !
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Levant
  12 décembre 2017
En l'an de grâce 1777, la monarchie régnante en notre royaume de France ne présage pas du cataclysme qui l'attend au cours de la décade suivante. Dans cette insouciance, le roi est pourtant soucieux de préserver le fondement de légitimité que s'est bâtie sa lignée depuis Hugues Capet, à grand renfort de recours à la bénédiction divine. Aussi, lorsque lui parvient la nouvelle qu'auraient été trouvés dans quelque souterrain de la colline lyonnaise de la Croix Rousse des écrits de nature à remettre en question non seulement la tradition orale de la civilisation celte mais surtout la primauté de sa dynastie d'origine franque, le roi s'empresse de dépêcher ses limiers entre Saône et Rhône, armés d'une lettre de cachet, pour couper court à toute menace de remise en question de sa légitimité. L'inventeur du trésor culturel, le jeune avocat Antoine Fabert, est alors pourchassé.
Ancré dans une page d'histoire dont Eric Marchal délimite avec précision, en fin d'ouvrage, la part de l'imaginaire de l'avéré historique, se développent tout au long de ce pavé de 900 pages les péripéties d'un thriller historico-politique séduisant dont l'un des intérêts, non le moindre, est de donner la vedette à l'ancienne capitale des Gaules, à ses traditions, ses personnages et quartiers historiques. A cette lecture, plus disciple d'Épicure que de Jules Michelet que je suis, l'île Barbe sur la Saône s'est rappelée à mon souvenir de lyonnais de naissance autrement que pour son auberge étoilée au Guide Michelin, puisqu'une composante essentielle de l'intrigue tient lieu dans ce qui y est pressenti comme le refuge des Celtes traqués lors de la conquête de la Gaule par les légions romaines.
Tout en me défendant de pécher par chauvinisme dans ma perception de cet ouvrage j'avoue volontiers avoir apprécié la composition des caractères, le rôle plausible et à peine surjoué qui leur est attribué, l'ancrage historique des faits et le suspens entretenu, non quant à l'épilogue historique qui ne fait pas débat, mais quant au sort des protagonistes. Un prétexte nous est également offert de nous replonger dans le siècle de l'Encyclopédie des grands D Alembert et Diderot. L'inscription de la découverte dans les pages de ce symbole éditorial du siècle des lumières est présentée comme le seul moyen d'officialiser, d'avaliser l'événement et déstabiliser ainsi le régime en place.

L'amour s'invite dans cette intrigue historique, à la juste place qu'il a dans la vie. Amour simple et vrai d'une femme qui s'inquiète de voir son amant s'entêter à risquer sa vie pour restaurer une vérité historique. Dilemme de la petite histoire qui se confronte à la grande pour rendre justice aux humbles.
Ce roman est une belle et passionnante immersion dans un siècle et dans une ville où la civilisation gallo-romaine a laissé de beaux vestiges. Eric Marchal s'est plu à tenter de redorer le blason d'une civilisation silencieuse face à l'histoire dans son effacement. Avec en arrière plan l'interrogation sur le fondement de la légitimité d'une dynastie.
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BrunoA
  11 juin 2014
Après nous avoir fait visiter Nancy, Eric Marchal nous emmène à Lyon, à la fin de l'année 1777.
Mêlant personnages réels avec ceux qu'il a imaginés, l'auteur nous fait découvrir un trésor gaulois laissé là par un druide soucieux de laisser une trace de cette culture plus riche que ne le pense la royauté.
Cette découverte met rapidement Antoine Fabert dans une situation difficile. L'exhumation de la culture gauloise met à mal la théorie officielle de la royauté qui prétend descendre des Francs.
On suit avec intérêt ce roman plein de rebondissements et si riche de ses descriptions de Lyon au XVIIIème siècle pour aboutir à un dénouement inattendu.
Eric Marchal est une référence.
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Taraxacum
  18 août 2013
Dans la Lyon du dix-huitième siècle, la découverte de ruines romaines va déclencher des bouleversements qui inquièteront jusqu'à la monarchie. Pas les ruines romaines en elles-même, bien sûr, la ville en est truffée, mais le coffret de tablettes de cires qu'elles contiennent. Sur celles-ci, un druide a brisé tous les tabous gaulois pour raconter l'histoire de son peuple et tenter de mettre leurs connaissances à l'abri. Seulement dans la France d'Ancien Régime où toutes les certitudes sur les Gaulois ne proviennent que des écrits romains, cela remet en cause bien des faits établis. Les nobles sont censés descendre des vaillants Francs, et le Tiers-état des vilains Gaulois barbares, mais si les Gaulois n'étaient pas les sauvages qu'on croyait... A travers tout Lyon, voici une étrange partie de cache-cache qui débute entre l'inspecteur Marais bien décidé à ramener les tablettes à Versailles, et son adversaire, l'avocat Antoine Fabert, bien décidé à les voir diffuser.
La part de l'aube est un roman complexe et plutôt fascinant, que j'ai été complètement incapable de lâcher dans les 200 dernières pages tellement était grande mon envie d'en arriver au dénouement! Que des lecteurs intéressés ne se laissent pas inquiéter par son épaisseur: malgré celle-ci, il n'y pas de longueurs et l'auteur sait alterner entre l'intrigue et le simple plaisir de faire découvrir la vie à Lyon à cette époque, avec un amour de la ville touchant.
Bien sûr, tout n'est pas parfait et c'est parfois un peu manichéen (les affreux nobles bourrés de défauts contre le gentil avocat dont le seul défaut recensé est de ne pas se remettre d'un deuil et ses tout aussi gentils camarades du Tiers Etat tout autant remplis de bons sentiments), mais on pardonne vite ce travers pour le plaisir de l'histoire. Eric Marchal est un conteur épatant et le roman mérite bien les 5 étoiles.
A recommander aux amateurs de romans d'histoire, aux amateurs d'énigme, aux lecteurs lyonnais qui se délecteront de retrouver mille détails sur la ville et à tous ceux qui aiment être entraînés par un roman!
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Davalian
  16 novembre 2013
Est-il nécessaire de rappeler que l'auteur de la part de l'aube est Éric Marchal, l'auteur de le Soleil sous la soie (enfin édité au format poche) et de Influenza ? Oui, car son petit dernier porte sa marque distinctive.
Il n'est pas ici question de la Lorraine, sinon par un clin d'oeil habile qui va raviver de bons souvenirs. Au titre des absences doit également être déplorée celle de ce côté épique qu'il a su faire vivre dans tous ses précédents romans. La force de cette nouvelle histoire tient indéniablement à la qualité des personnages. Ceux-ci sont attachants à souhait. le protagoniste, Antoine Fabert, est orignal dans son fond plus que dans sa forme : avocat agoraphobe n'ayant jamais plaidé et mâle charismatique de circonstance avec ses faiblesses. L'écrivain profite de l'occasion pour rendre hommage à un certain nombre de figures lyonnaises (François Prost et Aimé de la Roche). Antelme de Jussieu détone et force l'admiration tandis que l'inspecteur Marais suscite l'écoeurement avec panache tant le personnage est cruel et odieux. Les femmes sont peut-être un peu trop en retrait... Mais il ne s'agit là que de quelques-unes des nombreuses figures qui sont évoquées. Leur nombre, leur force, les interactions... tout cela mérite le respect !
Le Lyon de Louis XVI est un cadre des plus sympathiques. L'histoire, le style de l'écrivain (toujours aussi remarquable soit-dit au passage) nous donnent envie d'aller y faire un séjour. le monde particulier des avocats et celui de la justice d'Ancien Régime, la recherche historique sont les thèmes majeurs de cette fresque. Une nouvelle fois, Éric Marchal apporte un vent de fraîcheur en évoquant des thèmes oubliés et donc risqués car éloignés des sentiers battus.
Outre le débat (et le combat) des origines de l'identité française, de nombreuses petits moments viennent égailler l'oeuvre. Ceux-ci peuvent donner l'impression de morceler l'histoire et de lui retirer son côté épique. Mais ils sont tous intéressants à suivre : l'émergence de la poste, le tissage, les araignées, le magnétisme, le monde de l'imprimerie et tant d'autres séquences... leur nombre dépasse l'entendement. Ils viennent également racheter une trame principale quelque peu heurtée et un peu aride bien que rapidement passionnante.
De nombreuses figures historiques (Parmentier, Voltaire, Marie Antoinette) viennent apporter la caution indispensable à tout bon un roman historique. En somme La Part de l'aube est un bon roman, riche et particulier qui va toutefois demander un petit effort pour le grand public.
Lien : http://kriticon.over-blog.co..
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critiques presse (1)
LeFigaro   24 juin 2013
Il y a du souffle, de l'action, et un bouillonnement intellectuel réjouissant dans ce roman-fleuve. Éric Marchal ressemble de plus en plus à un Ken Follett français.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
IbooIboo   28 juillet 2017
D'Arpheuillette venait de redonner la parole à François. Celui-ci montra à tout le monde l'enveloppe contenant la lettre de Parmentier et l'ouvrit comme s'il venait de la recevoir. Il se tenait au centre de la mosaïque, face au public, et lut :
- [...] Je tiens en haute estime maître François Prost de Royer et son œuvre pour le bien de la communauté publique. Cet homme est la probité même. Je vous prie d'examiner avec le plus grand soin sa demande, qui n'est pas un manifeste contre une corporation. Rassurez-vous, messieurs les boulangers, faites-moi confiance, faites-lui confiance. Vous me connaissez et vous connaissez mes travaux pour l'amélioration du pain avec la farine de pomme-de-terre. Ensemble, nous voulons un aliment dont aucune disette ne puisse altérer la qualité et dont le plus grand nombre pourra avoir les faveurs. Ouvrez vos portes et acceptez qu'une saine concurrence permette de nourrir plus de bouches encore, que plus aucun enfant ne meure de faim l'hiver dans notre royaume. Faisons-le, faisons-le ensemble, et vous serez l'honneur même de votre profession, vous serez ceux qui, en ayant établi le prix le plus juste, pour vous, pour nous, pour tous, auront contribué à la grandeur de notre royaume, c'est-à-dire à votre propre grandeur.
Les mots de Parmentier à travers la voix chaude et vibrante de maître Prost, avaient réussi à captiver la salle, dont l'hostilité avait disparu. Pierre Brac comprit qu'il ne pourrait pas reprendre l'ascendant et ne demanda plus la parole. Tous les regards se tournèrent vers le juge d'Arpheuillette qui sembla surpris, avant de déclarer la fin des débats.
[...] Lorsqu'il entra pour se changer, le juge fut pris d'une impérieuse envie d'uriner et se soulagea dans le pot d'aisance.
- Monsieur le juge... dit une voix dans son dos.
- Votre Honneur, corrigea d'Arpheuillette, agacé par la présence de Pierre Brac qui l'avait suivi.
- Votre Honneur, permettez que je vous entretienne encore du sujet.
Le juge fit claquer le couvercle du pot.
- Il me semble que les débats sont clos, répliqua-t-il après une profonde inspiration.
L'avocat se plaça devant lui pour l'obliger à l'écouter.
- Considérez bien tous les aspects de cette situation. C'est un grand inconvénient que d'accoutumer le peuple à acheter le blé à trop bas prix, dit-il sur le ton de la confidence. Il se fait moins laborieux, il se nourrit de pain à peu de frais et devient paresseux et arrogant.
- J'ai déjà vu cet argument quelque part, grommela d'Arpheuillette tout en retirant sa perruque. Il n'est pas de vous. Dans un ouvrage de cet économiste... François Quesnay, n'est-ce pas ?
- J'ai adopté les idées de ce visionnaire, nous sommes nombreux ici à l'avoir fait. Voyez-vous, les ouvriers sont des gens insouciants et sans prévoyance. Ils mangent et ils dissipent à mesure qu'ils gagnent. Pourquoi leur donner plus ? Ils ne font pas d'épargne.
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DavalianDavalian   03 novembre 2013
Tout le monde a besoin d'écrire aux autres, sans se déplacer, même pour les inviter à souper ; aujourd'hui, on ne fait plus une lieue à pied pour prendre des nouvelles de sa famille ou de ses voisins : on leur envoie un billet ! C'est cela le progrès et j'en fais partie, conclut-il, satisfait.
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DavalianDavalian   10 novembre 2013
- Que font-ils ?
- Ils parlent, ils parlent. Beaucoup !
- Mais de quoi ?
- De sa maladie : il a l'encyclopédie ! Il faut l'éviter, le médecin a dit qu'il n'y avait rien de plus dangereux ! Et l'imprimeur l'a attrapée aussi !
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talou61talou61   10 septembre 2016
Nous autres femmes, lut Charles Mathon, avec application et emphase, le Ciel ne nous fit point naître pour régenter les humains, mais pour les adoucir, leur plaire. Leur donner, non des préceptes, non des volumes, mais des jours de bonheur, mais des exemples de vertu.
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stefmetstefmet   11 janvier 2015
Il s'aperçut alors qu'il était le seul homme du royaume à pouvoir traduire ces phrases, à pouvoir surmonter cet obstacle de la langue de leurs ancêtres, le seul lien entre le passé oublié et le présent oublieux.
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Videos de Éric Marchal (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Marchal
La part de l'aube de Eric Marchal .Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/la-part-de-l-aube-de-eric-marchal-520.html Lyon, 1777, des textes gaulois signés par un druide sont découverts sous terre. Ce trésor va être au c?ur de toutes les intrigues. le régime monarchique est en jeu. « La part de l'aube », le nouveau roman d'Eric Marchal. Après « Influenza » et « Le soleil sous la soie », retrouvez le talent d'Eric Marchal. L'histoire en toile de fond, une intrigue passionnante, des personnages hauts en couleur qui croisent ceux de la grande Histoire et un suspense qui vous réserve bien des surprises. « La part de l'aube » d'Eric Marchal aux éditions Anne Carrière Eric Marchal est sur WTC.
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