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EAN : 9782374481913
Éditeur : Xo Editions (02/04/2020)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 50 notes)
Résumé :
" Je crois que quelqu'un est en train d'agir comme s'il se prenait pour Dieu... "
Un appel au secours au milieu de la nuit.
Une vallée coupée du monde.
Une abbaye pleine de secrets.
Une forêt mystérieuse.
Une série de meurtres épouvantables.
Une population terrifiée qui veut se faire justice.
Un corbeau qui accuse.
Une communauté au bord du chaos.
Une nouvelle enquête de Martin Servaz
Le nouveau t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  24 mai 2020
Oui. Mais non. Lorsque Bernard Minier a fait son apparition dans le paysage littéraire, j'ai apprécié sa trajectoire personnelle, son ton, son style, sa singularité, son flic sympathique, son amour des Pyrénées, surtout cet amour de la montagne que je partage avec lui. J'ai lu avec plaisir les premier, second, troisième tomes des aventures de Martin Servaz ; j'ai adoré le quatrième, celui qui se déroule outre-atlantique – le plus original selon mes critères -, puis j'ai calé complet sur le cinquième que j'ai considéré comme la resucée de trop d'une même histoire éternellement touillée et diluée. Et puis là, je ne sais pas si c'est un effet du confinement, j'ai eu envie de prendre un bol d'air dans les Pyrénées avec La vallée et de découvrir comment Martin Servaz a évolué depuis ma rupture. Bon... Il est toujours gentil le Martin, il est désormais famille monoparentale, et suspendu de ses fonctions en attendant un conseil de discipline, il n'a toujours pas oublié Marianne disparue depuis des années. Ah ben tiens, justement Marianne, c'est bien elle au téléphone qui l'appelle au secours ? Et hop, en deux temps et trois mouvements, Martin enfile ses pataugas, fonce sur ses traces et se retrouve retenu dans un village isolé par un éboulement.

Oui. Mais non. Grosse déception ! On prend les mêmes, on recommence et on fait du neuf avec du vieux, en laissant soigneusement les portes entrebaillées pour un énième recyclage des personnages dans un opus ultérieur. On rappelle toutes les 10 pages une anecdote d'un roman précédent, dont le titre et l'éditeur sont scrupuleusement notés en bas de page, il ne manque que le prix. On utilise ici ou là quelques mots compliqués pour faire genre documenté : paraphilie, pygmalionisme, hiérophilie ou dermatoglyphe, dont on peut trouver les définitions sur wikipedia. On dit tétranitrate de pentaérythritol au lieu d'explosif ou sclérose latérale amyotrophique au lieu de Maladie de Charcot. Mais ce vernis très superficiel ne masque pas les truismes tels que «une route inondée de soleil » ou « des cimes tutoyant l'azur » on encore l'excellent «une voix aussi coupante qu'un couteau entrant dans du beurre» qui marquent la faiblesse du style. Mais ce qui m'agace le plus, ce sont les phrases en italiques, cette manière de prendre le lecteur pour un crétin en soulignant en rouge ce qui est important comme par exemple : « Cette femme lui faisait penser à un reptile ou à un squale : un animal à sang froid », ou « le gnou a beau fuir devant le danger, espérer une vie paisible à brouter son herbe, un jour ou l'autre le léopard le rattrape »... Pour ne pas accabler un auteur en qui j'ai placé beaucoup d'espoir et à qui j'ai accordé, à tort, ma confiance, je n'insiste pas sur les lieux communs habituels sur le bien et le mal, ou sur Dieu contre Satan, ou encore sur ses réflexions simplistes et démagogiques sur l'évolution de notre société.

Pourtant, tout était en place pour que ma première randonnée post-confinement soit vivifiante : il y avait la montagne, il y avait un monastère, il y avait un village coupé du monde, il y avait des meurtres. Tous ces éléments auraient pu donner un excellent roman, moi aussi j'avais chaussé mes pataugas et retiré mon masque.
Oui. Mais non !
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audelagandre
  21 mai 2020
Après cette période de confinement et d'arrêt de toute publication littéraire, le premier à se jeter dans l'arène est Bernard Minier avec son huitième roman, « La Vallée ». Depuis plusieurs jours, j'entends la polémique enfler : pourquoi ne parler que des gros auteurs (comprenez ceux qui vendent), il faudrait aussi parler des petits, des « inconnus », de ceux qui vendent moins. C'est vrai. Et c'est que nous, blogueurs, essayons de faire toute l'année. Aujourd'hui, 20 mai 2020, il n'y a qu'un seul objectif : faire revenir les lecteurs en librairie. Pour éditer des auteurs moins connus, et trouver des fonds pour le faire, il faut que les têtes d'affiche de chaque maison d'édition vendent. Bernard Minier est une tête d'affiche qui vend. Pourquoi ? Parce que ses romans sont solides et addictifs (oui, j'ose un mot qui se termine en -if), des pages-turner (on ne me musellera pas), et qu'ils sont impossibles à lâcher (v'lan je t'en remets une petite couche). Bref, il y a de la place pour tout le monde, retournez en librairie, choisissez, achetez et faites-vous plaisir. Ce que j'ai personnellement eu en lisant « La Vallée ».
Premier roman post-confinement qui parle de confinement. Stop, on ne part pas en courant, il ne s'agit pas ici du journal d'un confiné (attendez l'année prochaine pour ça). Il s'agit d'un village confiné, au coeur des Pyrénées, isolé du reste du monde par un éboulement d'une partie de la montagne. Une population captive, inquiète et ébranlée par la présence d'un tueur en série bien plus inventif en matière de mise en scène que le fût Julian Hirtmann. (Bernard Minier s'en est donné à coeur joie, vous allez en prendre plein les yeux et ces scènes risquent de revenir hanter vos nuits…) le lecteur retrouve Martin Servaz, le flic emblématique, pièce maîtresse de la bibliographie de Bernard Minier. Présent dans les huit tomes, c'est à cause d'un appel de Marianne que Servaz prend le chemin de ce petit village niché au coeur des montagnes. Inoubliable Marianne, seule femme capable de provoquer une « (…) magnitude 7 sur l'échelle de Servaz », un fantôme ressurgi des limbes de sa mémoire.
Au fil des pages de « la Vallée », l'écrivain a semé de petits cailloux blancs symbolisant autant de souvenirs des anciens tomes. C'est grâce à eux que nous, lecteurs, nous souvenons avec nostalgie des épreuves traversées, mais c'est au moyen de ces réminiscences que l'on peut appréhender l'épaisseur indéniable prise par le personnage principal. Certes, il est toujours debout, un peu amoché, un écorché de la vie, mais les épreuves auxquelles il a du faire face l'ont rendu plus psychologue, plus réfléchi, plus pondéré. Désavoué par sa hiérarchie, en attente de son conseil de discipline, Martin Servaz est désormais père d'un petit Gustav, et compagnon de Léa. L'évolution de son personnage lui a, d'une certaine façon, donné vie en accentuant cette phase de reconstruction à laquelle il doit faire face. « Il savait pourtant que rien n'est jamais acquis, que la vie vous reprend tôt ou tard ce qu'elle vous donne, et il ne croyait certainement pas au bonheur; »
Si des personnages anciens, emblématiques virevoltent au gré des pages, l'ombre de Hirtmann et l'inoubliable Marianne, Irène Ziegler, la gendarme de « glacé » par exemple, d'autres font leur apparition. Bernard Minier a choisi de faire la part belle aux femmes et offre des portraits féminins impressionnants de par le charisme qu'elles dégagent. Ainsi, aux côtés d'Irène et de Marianne, vont évoluer Gabriella Dragoman, une pédopsychiatre aux multiples visages et Isabelle Torres, maire du village qui concentre la difficulté d'une fonction majeure au sein de sa communauté et le fait d'être une femme. L'auteur dresse ici une belle brochette de combattantes du quotidien, chacune dans leurs spécialités.
En sus de ces personnages attachants, l'auteur a mis l'accent sur une atmosphère anxiogène. Certes, des meurtres ritualisés, terrifiants et cauchemardesques attisent l'intérêt donné au récit, mais la montagne, véritable personnage à part entière, gronde sous le poids de ces êtres humains inconscients. Les descriptions majestueuses de ces paysages montagneux donnent au lecteur l'envie de s'y rendre malgré les événements tragiques qui s'y déroulent, un vrai tour de force ! La présence d'un monastère au fond des bois et les conversations à voix basse contribuent au côté mystique du roman.
Mais ne vous y fiez pas. Comme tant d'autres romans de la littérature noire, il ne s'agit pas ici d'une simple enquête de police dans une ambiance à la « Alex Hugo ». « La Vallée » a été écrit lors des manifestations de gilets jaunes et Bernard Minier a choisi de développer le thème d'une France qui gronde à travers ce village montagneux. « Vous entendez pas comme ça monte ? LA COLÈRE… Comme une grosse vague qui enfle au large, qui approche, une vague faite de milliers, de millions de colères, de rages, d'envies, de haines. Elle va tout emporter : elle va vous emporter. Vous devriez écouter…. » L'occasion pour le lecteur de s'interroger sur notre époque, sa colère latente, son indignation sourde, sa révolte en gestation. Comme Irène, après avoir quitté la France pendant plusieurs années, je m'interroge : « De retour en France (…) Irène avait été frappée de découvrir à quel point on y cultivait désormais la haine de l'autre, l'injure, l'intransigeance, le sectarisme et la violence. » Vous l'aurez compris, de quoi donner du grain à moudre à nos cerveaux.
« La Vallée » est un formidable divertissement, mais aussi un roman protéiforme d'un écrivain qui attaque sur tous les fronts et parvient à embarquer son lecteur dans plusieurs univers. L'écriture est rythmée dans les scènes d'action, plus mesurée dans les scènes d'introspection ou les réflexions de notre temps, poétique dans les descriptions de la nature. J'en profite pour souligner que Bernard Minier manie le subjonctif imparfait comme personne, assez rare d'utilisation pour être souligné.
En résumé, une lecture totalement immersive, impossible à lâcher, de savoureux retours sur les tomes précédents, des personnages emblématiques, des évolutions séduisantes, une intrigue audacieuse, un final suffocant. Que demander de plus ??
Je remercie les éditions XO de leur confiance renouvelée.
Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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gruz
  20 mai 2020
Bernard Minier creuse son sillon depuis dix ans maintenant, une carrière exemplaire. Cet « anniversaire » méritait bien qu'il fasse exploser une montagne pour créer un immense huis clos à ciel ouvert.
Une vallée encaissée, dans les Pyrénées, en partie coupée du monde, terrain d'une série de meurtres horriblement mis en scène. Et le capitaine (ex commandant) Martin Servaz qui mène l'investigation (mais pas seul).
Sixième enquête de Servaz, dans une situation particulière (il est suspendu, voir épisodes précédents).
Suspendu également, le lecteur, à la formidable plume de Minier. La vallée est le genre de lecture littéralement avalée. 520 pages bourrées jusqu'à la moelle d'actions, de rebondissements, d'émotions et de violence. Aucun moment de répit, l'air pur des Pyrénées ne suffit pas à oxygéner une atmosphère asphyxiante, saturée de tensions.
L'écrivain maîtrise à la perfection l'art du thriller, ce n'est pas nouveau. Tout comme l'art de créer une ambiance, de parler du monde actuel, et de dépeindre graphiquement cette violence, par la grâce d'une écriture enlevée et rythmée.
Ce nouveau roman peut aussi se voir comme un joli cadeau à ses fans de la première heure. Ils comprendront, tout coule de source. Mais les autres ne seront pas dépaysés, et auront ensuite une envie folle de se précipiter sur le passé de Servaz.
Voilà une intrigue qui va toucher le flic au coeur, par son passé et à travers ses valeurs, car un bon roman noir ne peut se priver d'une large palette d'émotions. Sa vie est déjà chamboulée, et ça ne va guère s'améliorer pour lui…
A l'image d'une société qui se cherche, en perte de confiance et en perte de valeurs. Dans un tel contexte, la situation confinée au grand air devient vite volcanique (le roman a été en partie écrit durant la période « Gilets jaunes » et ça se ressent parfois).
Après le face-à-face ahurissant qui clôturait le roman Nuit, entre Servaz et Julian Hirtmann, le Mal et la violence ont cette fois-ci de multiples visages. Certains inédits, d'autres plus familiers. Mais le Bien aussi, en balance, Bernard Minier faisant preuve d'autant de générosité que de noirceur.
Sa profonde humanité passe par ses personnages, du genre auxquels on s'attache, de ceux dont on se souvient. Et qui évoluent, changent, se questionnent.
Un livre de Minier ne fait pas que se lire, il se vit. Celui-ci autant que les autres, peut-être même avec une plus grande urgence (due au rythme soutenu de l'intrigue). le lecteur ressent, et donc participe. Et ce qu'il éprouve (et parfois endure) ne peut que le remuer et le perturber.
Après un formidable roman visionnaire, M le bord de l'abîme, Bernard Minier revient à une forme plus traditionnelle de thriller. Qu'il maîtrise à la perfection. Car il a compris que la pire des noirceurs doit aussi être contrebalancée par la lumière.
Oui, en matière de thriller, La vallée est un modèle du genre. Impossible à lâcher, diablement addictif, et furieusement humain.
Lien : https://gruznamur.com/2020/0..
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Sangpages
  29 mai 2020
Servaz rétrogradé puis suspendu après ses aventures dans "Soeurs" n'a pas le moral au beau fixe mais profite de son temps libre pour s'occuper de son fils Gustav.
Soudain au milieu de la nuit, il reçoit un appel de...Marianne...qui dit s'être échappée et se trouver près de l'abbaye d'Aiguevives. Elle lui demande de venir au plus vite mais de ne surtout pas prévenir la police...
Je pourrai simplement, comme beaucoup, t'expliquer que Minier a déjà largement fait ses preuves et qu'il n'y a pas grand-chose à ajouter pour te convaincre de lire cet opus-là. Et pourtant, c'est, selon moi, exactement là qu'il y a bien à dire.
Certains auteurs, deviennent célèbres, lus de par le monde mais au bout du Xème livre, fatiguent, perdent la "gniack", ne se renouvellent que peu et nous servent des histoires souvent réchauffées et affadies.
C'est sans aucun doute sur la longueur, sur la distance, comme un coureur de marathon, que l'on peut apprécier la grandeur d'un véritable talent.
Minier, avec ce récit, m'a démontré qu'il était véritablement capable de courir un marathon et plus encore. Qu'il est comme le bon vin. Il se bonifie, s'améliore, devient plus subtil encore, plus mature pour nous offrir des histoires toujours plus complexes, fouillées et recherchées avec des trames menées brillamment de bout en bout.
"La Vallée" est clairement un retour aux sources, un retour en arrière à la période de "glacé". Tu verras, ça te sautera aux yeux direct. Pas évident comme challenge que de t'emporter dans ces primosensations sans tomber dans les clichés. Et pourtant, il réussit ce retour en arrière tout en te poussant en avant...Ouais je sais, pas terro ma phrase mais pas trouvé d'autres moyens pour exprimer cette drôle de sensation, fort agréable 😜
"La Vallée", c'est un Servaz mis à mal, plus profond, plus mature et surtout plus touchant. Il dépasse son rôle de flic pour se dévoiler, se mettre à nu et nous permettre de découvrir ce qu'il est en tant qu'homme. Torturé, inquiet, essoufflé par le mal mais toujours aussi investi à la cause de la justice.
"La Vallée", c'est surtout une atmosphère étouffante au fond de cette vallée coupée du monde par un éboulement. Une de ces atmosphères qui te pénètrent, s'instillent dans tes veines goutte après goutte. Qui te prennent dans ses griffes pour ne plus te lâcher, pour te noyer…
"La Vallée", c'est un petit village où tout le monde se connaît, où tous se jugent dès qu'un événement se produit. Ce sont des gens prêts à faire leur propre justice. Un petit village où tu n'auras clairement pas envie de passer tes vacances...
"La Vallée" c'est une histoire de notre temps, de notre époque viciée de partout. C'est réaliste, vrai et c'est justement ce qui donne à cette histoire toute son horrible dimension.
Tu verras, d'ailleurs, que la trame est redoutable, ingénieuse, subtile et le dénouement te glacera le sang. Terrifiant au point qu'il te laissera un bien drôle de goût tout au fond de ta gorge…
Bref, tu l'as compris, j'ai surkiffé et ne peux que te recommander de te précipiter dans ta librairie pour te le procurer si ce n'est pas déjà fait. Et je pousserai même jusqu'à dire: satisfait ou remboursé ! Vivi tu peux venir te plaindre ici 😜
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Sourisetdeslivres
  26 mai 2020
Une montagne. le pic du gendarme. Un randonneur retrouvé mort.
Les premières pages annoncent la palette de couleur du roman : du blanc pour la neige, du bleu pour un corps glacé, du noir comme l'ombre, rouge comme le sang. Aucune couleur chaude.
Ceci c'est un condensé des 8 premières pages ; je crois que tu l'as compris, on est dans un vrai thriller.
Vrai pour quoi ? Car tous les ingrédients y sont : l'ambiance pesante, la mort qui rôde, un tueur, la peur et ce froid qui sort des pages.
Bernard Minier nomme ces 3 chapitres : prélude.
Pour rappel, la définition de prélude est : ce qui précède, annonce quelque chose ; ce qui constitue le début d'une oeuvre, d'une série d'événements… .
Tu vois un peu ? D'emblée, je me suis demandé ce qui m'attendait au coeur de cette vallée. Autant te dire que je ne suis pas déçue du voyage en compagnie de Servaz. Un Martin Servaz que l'on retrouve plus humain que jamais. C'est du moins ce que j'ai ressenti. Humain par ses relations et le « bilan » dressé sur sa vie jusqu'à présent et le regard qu'il porte sur le monde.
Un monastère, une personne surgie du passé de Servaz, une forêt séculaire, Toulouse, Aiguevives, des vallées où règne le mal, l'eau sous sa forme liquide et solide. Des mystères qui coïncident avec le passé de Servaz ; de simples concomitances ou tout est-il lié ? C'est ce qu'il te faudra comprendre, de toute façon tu es piégé dans la vallée. C'est imagé, car c'est un livre que tu ne pourras pas lâcher et réel, car un éboulement empêche quiconque de quitter Aiguevives.
Un huis clos au coeur des Pyrénées.
C'est comme si Servaz était rentré dans une machine à remonter le temps
On retrouve les personnages des opus précédents ainsi qu'un bref rappel de qui ils sont, dans quelles circonstances ils apparaissent ce qui permettra aux lecteurs qui n'ont pas encore lu les opus précédents de ne pas se perdre et comprendre ce tome-ci même si je vous conseille vivement de les lire dans l'ordre pour comprendre toute la dimension psychologique du personnage récurrent de Bernard Minier.
Un tableau comme un bas relief où se profile un certain nombre de suspects, chacun représentant un trait de caractère, de réflexion de l'Homme.
Le geek, le veuf, le riche, le timide, le hipster, le perfectionniste, celui persuadé d'avoir toujours raison, les parents démissionnaires, la maladie, les addictions, le drogue, la maladie, la colère, l'orgueilleux, la cruauté, le moine pas si saint que cela, la mort, les regrets, la culpabilité, la notion de bien et de mal.
Surtout le mal, il rôde partout dans cette vallée située non loin de Pau.
Bernard Minier, par la population de ce village de montagne, affine ses portraits, il met en exergue des faits de société. C'est finement joué, car tout dans ce livre est intéressant. Chaque personnage même s'il intervient peu, apporte quelque chose soit à l'intrigue soit en réflexion.
Une vallée microcosme de la société et de l'époque actuelle.
Chaque personnage doit trouver sa place dans ce tableau entamé avec le meurtre du début du récit.
Dans La vallée, on parlera aussi de la paternité, on dressera un constat avec un portrait de la France d'aujourd'hui avec notamment la haine de l'autre, le sectarisme, la violence omniprésente, le rejet des forces de l'ordre.
De la Justice de dieu ou des hommes.
Une course contre la montre est engagée.
Tu suis les méandres et les rebondissements, tenu en haleine par les chapitres tous rythmés.
Une course poursuite semée d'embûches
Une lutte contre le mal.
Une vallée qui en devient cloisonnée.
Un meurtrier méthodique, prudent, déterminé, intelligent.
Des mises en scène macabre.
Le brouillard, la pluie, la montagne, les carrières, l'orage retranscrivent à merveille l'ambiance du roman.
C'est un climat gris et oppressant que nous construit Bernard Minier.
Pas une seule lueur ne se profile à l'horizon.
La tension qui ne faiblit pas renforce ton envie de comprendre toute l'ampleur de la tragédie qui se déroule dans cette vallée.
Mention spéciale pour Irène, gendarme, chef d'enquête, la quarantaine, tatouée et percée, elle n'a pas sa langue dans sa poche.
La langue de bois elle ne connaît pas.
Tu l'as déjà peut-être déjà rencontrée.
Le final du roman est parfait, saisissant.
L'épilogue me donne envie de retrouver ce personnage que j'aime tant. Un ami retrouvé. Un homme dont j'ai fait la connaissance il y a près de 10 ans maintenant.
Lien : http://unesourisetdeslivres...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MatatouneMatatoune   01 juin 2020
On scrute des galaxies lointaines, on dépense des centaines de milliards de dollars dans l'industrie du cinéma, dans le sport, et on n'est pas foutus de guérir une putain de maladie ? Quel est le con qui a dit que la nature était bien faite.
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PassemoilelivrePassemoilelivre   01 juin 2020
Dawkins est un biologiste et un théoricien de l’évolution athée membre de la Royal Society britannique. Il a déclaré qu’un monde sans religions, comme l’imaginait John Lennon, signifierait pas d’attentats suicides, pas de 11-Septembre, pas de croisades, pas de partition de l’Inde, pas de massacres en Irlande du Nord, pas de télévangélistes faisant les poches des gogos, pas de talibans pour dynamiter les statues, pas de décapitations publiques, pas de femmes fouettées pour avoir montré une parcelle de peau…
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LeslecturesdeviLeslecturesdevi   29 mai 2020
C’était désormais comme ça partout : à force de vouloir se prévenir des critiques et tenir compte de tous les avis, ne froisser aucun groupe ni aucune minorité et éviter tout commentaire négatif, plus personne n’osait bouger le petit doigt dans ce pays.
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LeslecturesdeviLeslecturesdevi   27 mai 2020
Comme vous voudrez, répondit-elle, en se faisant la réflexion que, parfois, les couilles sans la cervelle étaient plus utiles que la cervelle sans les couilles.
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namelessnameless   24 mai 2020
Il ne se doutait pas, à ce moment-là, qu’il lui restait moins de quatre heures à vivre. Qu’aurait-il fait s’il avait su ? Que ferait-on si on savait ? Mettrait-on de l'ordre dans nos affaires ? Demanderait-on pardon ? À qui ? De quoi ? Se repentirait-on de nos mauvaises actions ?
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Videos de Bernard Minier (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bernard Minier
Un appel au milieu de la nuit. Une vallée coupée du monde. Une nouvelle enquête de Martin Servaz.
Le nouveau thriller de Bernard Minier, en librairie le 20 mai.
Version papier : https://bit.ly/La-Vallée-PAPIER Version ebook : https://bit.ly/La-Vallée-EBOOK
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