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ISBN : 2266157175
Éditeur : Pocket (01/04/2006)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 127 notes)
Résumé :
Vingt-quatre heures de la vie du personnage inventé par Frédéric Mitterrand – et qui lui ressemble singulièrement. À chaque étape de sa journée, il se demande s’il ne fait pas fausse route. S’interroge sur l’abîme séparant la « mauvaise vie » qu’il mène, d’une autre, qui aurait pu s’accomplir. Pourquoi vouloir à tout prix reconstituer un simulacre de famille? Perdre son temps à faire de la radio alors qu’on est doué pour l’écriture ? Devenir spécialiste des princes ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  08 avril 2013
"La mauvaise vie" n'est pas seulement le coming-out littéraire de Frédéric Mitterrand ; c'est avant tout une excellente autobiographie romancée, que j'ai lue peu après sa sortie en 2005.
Par touches successives, l'auteur y évoque les drames de son enfance, ses débuts professionnels, ses rapports singuliers à la famille, sa solitude et bien sûr son homosexualité. Il se livre sans complaisance ni pathos, arrivant à prendre la juste distance pour décrire son vécu et ses sentiments sans que cela devienne inconvenant pour le lecteur. L'écriture est talentueuse et témoigne de la profondeur de cet homme public qui sait habituellement rester discret. J'ai ainsi appris que Frédéric Mitterrand connut un certain succès, enfant, en tournant au cinéma, qu'il eut ensuite du mal à revenir à une réalité plus modeste et à trouver sa voie professionnelle. Avec toujours, en fond, les tourments liés à son orientation sexuelle. Partant sans idées préconçues, j'ai découvert un personnage sensible qui préfère les petites gens aux mondanités attendues dans son milieu.
A juste titre, cet émouvant récit a été bien accueilli lors de sa publication. Ce n'est que 4 ans plus tard que survint la fameuse polémique sur un épisode précis de son contenu – polémique entretenue par des personnes qui n'avaient visiblement pas lu le livre en entier, voire pas lu du tout.
Êtes-vous déjà allés à Bangkok ? Celles et ceux qui se sont frottés à la foule grouillante, joyeuse et hétéroclite des marchés de nuit de Patpong savent qu'il est malheureusement aussi facile d'y acheter du sexe qu'un article de contrefaçon. Frédéric Mitterrand avouait donc dans son livre avoir connu en Thaïlande des relations tarifées avec un jeune homme. Ce n'est pas glorieux, plutôt choquant même, pour celui qui est devenu entre-temps un ministre de la République. Mais cet aveu, quoi que l'on pense de l'acte lui-même, est une preuve de franchise. Serait-il allé raconter cela s'il s'agissait de pédophilie ? Je ne le crois pas, et l'auteur a depuis apporté toutes les clarifications nécessaires.
Dans mon souvenir, "La mauvaise vie" demeure un poignant témoignage où, en couchant sa vie sur le papier, un homme tente de se réconcilier avec lui-même.
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CorinneCo
  03 novembre 2013
Ce livre tout en pudeur et franchise, et en rien glauque ni malsain quoique que certains puissent en penser de part certaines révélations (les bordels de Thaïlande par exemple qui furent pour certains une aubaine à scandale), montre simplement que toute personne est faillible, faible, incertaine, parsemée de regrets, de révoltes et de douleurs passées, présentes et peut être futures. Que cela peut s'allier à un esprit brillant, drôle et simple. Que l'on peut avoir des rêves toute sa vie, même des rêves de vie rêvée et que l'on se débat avec sa propre réalité et la réalité de la société.
Commenter  J’apprécie          160
Bunee
  25 novembre 2009
J'étais passée complètement à côté de cet ouvrage lorsqu'il est paru la première fois, et à force d'entendre tout et n'importe quoi quelqu'un qui avait la flemme de le lire me l'a fourni contre lecture et avis.
Cet ouvrage, qui a d'ailleurs une suite dédiée aux paillettes cannoises, relate certains épisodes de la vie de Frédéric Mitterand, que ce dernier raconte aux fur et à mesure qu'ils viennent, par clichés, tantôt tendres et nostalgiques, tantôt révélateurs d'une misère humaine et d'une quête impossible. Un mal-être latent baigne le récit, le regard bruisse sur un lit de regrets, de non dits, de silences coupables et de larmes rageuses. Une enfance pleine de charme mais générant déjà son lot de tristesse et d'actes manqués. Une adolescence frémissant sous la séduction des interdits qui sont là, cerbères silencieux d'une société et d'un milieux alors terriblement conventionnels. L'âge adulte, ces élans sentimentaux maladroits et plein de ferveur, touchant de sincérité et de naïveté, ces épisodes glauques et misérables des bars gays de Bangkok et des bordels de Jakarta.
Mais jamais le lecteur ne finit vautré dans le stupre où la fange car une pudeur sensible, une retenue touchante de l'auteur maintiennent une certaine distance.
J'aurais voulu être un autre, vivre une autre vie.

Concernant l'écriture, j'ai personnellement bien aimé le flot plein d'images parfois oniriques qui parcourait ces pages, ça reste fluide en dépit de quelques lourdeurs occasionnelles, et on a de vrais moments d'émotions. Quelques mots crus mais assez peu. Bien sûr, il ne faut pas s'aventurer dans un tel récit si le principe même de l'exorcisme par l'écriture vous rebute, ou si les autobiographies vous agacent. Cet ouvrage m'a offert de beaux instants, mais je ne pense pas oursuivre l'aventure avec la suite.
François Xavier du littéraire.com est très décu et estime que « ce n'est pas sur la place publique que l'on règle ses problèmes », mais « avec sa conscience et, accessoirement, l'aide d'un praticien » (Pourtant le quart de couverture est très explicite sur ce point… ) A titre personnel j'estime que cette maxime quelque peu fermée tendrait à verser au rebus tout un pan de la littérature, celle qui analyse et exorcise son auteur.
Les critiques libres sont au mieux dubitatives, au pire assommées par le livre.
Mais il y a (aussi de bons échos). Ainsi le Nouvel obs salue « le mélange de courage dans l'aveu et de retenue dans l'expression. Aucun déballage obscène. Tout est dans l'allusion, dans le non-dit, dans ce frémissement fiévreux et timide », Olympia parle de style plein de grâce et d'aisance
Liens disponibles sur le billet du lab.
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5Arabella
  09 août 2016
Ce livre m'a vraiment époustouflé, je m'attendais à une sorte d'autobiographie pleine d'anecdotes drôles et un peu indiscrètes, très bien écrite, fine et spirituelle, que j'avais eu envie de découvrir car j'éprouvais une incontestable sympathie pour Frédéric Mitterrand, mais en somme rien de révolutionnaire ni marquant. Et j'ai découvert une grande oeuvre, à l'écriture fabuleuse, avec une construction littéraire originale et forte. L'auteur a en fait divisé son récit en chapitres dont chacun évoque une personne qui a comptée pour lui, dont il nous parle ou à laquelle il s'adresse, et de cette façon il nous dévoile ses sentiments, ses ressentis, ses blessures, son moi le plus intime, mais d'une façon qui n'a rien d'impudique, puisque la personne au centre du chapitre permet à l'écrivain de se mettre légèrement en arrière plan et de dire ainsi des choses très personnelles sans en avoir l'air. Les personnages qu'il a choisies pour nous parler de lui, sont soit des inconnus, soit des célébrités, mais ces dernières ne sont que des vagues relations pour lui, et ce qu'il nous livre de ces personnes que nous reconnaissons, n'a rien d'indiscret.
J'ai trouvé ce livre bouleversant, car Frédéric Mitterrand dit dans sont texte son inaptitude absolue au bonheur, sa détestation de soi, sa solitude même au milieu des activités sociales les plus étourdissantes, son incapacité à savourer le présent, lui préférant la nostalgie du passé dans lequel il n'était pourtant pas plus heureux. Et tout cela sans le moindre apitoiement sur soi-même, dans une sorte de fatalisme résigné, d'acceptation de la personne qu'il est et de ses limites, d'une attitude de spectateur triste et consentant de sa vie. Et sans la moindre trace de méchanceté ni de ressentiment vis-vis de qui que ce soit.
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kikobaus
  18 juin 2011
Il faut reconnaitre à Frédéric Mitterrand une honnêteté et une qualité d'introspection hors du commun. Cette vie, sa vie dont il raconte des épisodes, il ne cherche pas à la justifier ou même à l'analyser véritablement. du coup, on la prend comme un gros coup de poing dans la figure. J'aimerais être capable de cette même clairvoyance.
Pour autant, tout n'est pas intéressant. Dans son dernier tiers, le livre se perd dans des branlettes intellos qui laisseraient penser que l'homme "en action" aurait laissé place à un être éthéré tout juste capable de consacrer son énergie à ses dévotions (Deneuve et Sagan notamment).
Un livre singulier
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
GwordiaGwordia   22 mars 2011
J'ai beaucoup de mal à revenir sur la période ancienne où je m'étais persuadé qu'il était fait pour moi et qu'il serait mon premier homme ; le seul aussi puisque je n'imaginais pas qu'il pourrait y en avoir d'autres après lui, ni ailleurs ni après. J'ai bien assez de mes rêves en plein sommeil, des lieux et des photos que je retrouve constamment pour qu'il ressurgisse à l'improviste tel qu'il était en ce temps-là et que sa voix, son corps, son charme s'accrochent encore à mes pensées vagabondes. Je n'ai pas la nostalgie de mes vingt ans (...) ; je vivais alors dans un état d'exaltation insensée avec la principale préoccupation de lui plaire, retranché du reste de mon existence et aveugle à ce qui se passait autour de moi, tout à mon secret qu'il était le seul à connaître. Je n'arrive plus à retenir les moments heureux ou simplement tranquilles, ils étaient trop précaires et ne me suffisaient pas ; j'ai beau chercher c'est la perpétuelle angoisse de commettre des fautes par maladresse et d'accumuler des torts pas excès d'amour qui revient d'abord aussi vive et cruelle qu'autrefois ; l'incessant défilé des accès d'effervescence et de panique avec lui et sans lui : l'espoir en embuscade et la détresse annoncée sans jamais savoir si j'allais finir par l'atteindre ou par le perdre. (...) et si la mystérieuse machine à sublimer et à souffrir s'est emballée pour moi avec une puissance extraordinaire, c'est aussi parce qu'il avait besoin de la passion que j'éprouvais envers lui pour supporter la déception de ses aventures passées, la peur d'un avenir clandestin, sa vie à Paris qui était triste, morne et ratée. Se replonger dans le cours de nos rencontres (...) ne se résumerait qu'à remuer des vieux mensonges, les faux-semblants d'un scénario que nous écrivions ensemble mais que nous ne lisions pas de la même manière. J'ai tout noté au jour le jour sur des carnets que je ne consulte jamais, j'ai conservé les lettres dans des boîtes bien rangées que je n'ouvre pas, j'attends le soir où je pourrais les regarder sans peine comme les cendres émouvantes et inutiles d'une autre vie ; ce soir-là tarde à venir.
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NeigelineNeigeline   10 février 2011
Ma mère disait à ses amies qu'elle était soulagée que j'aie pu l'oublier sans trop de mal ; elles lui répondaient que c'est le privilège de l'enfance, cette capacité à pouvoir se consoler si vite. Les enfants ne se consolent jamais vite de s'être sentis abandonnés par une femme gentille ; ils font seulement leur premier pas vers la mort et ça leur fait peur.
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GwordiaGwordia   22 mars 2011
Je n'ai plus parlé de Simone. Ma mère disait à ses amies qu'elle était soulagée que j'ai pu l'oublier sans trop de mal ; elles lui répondaient que c'est le privilège de l'enfance, cette capacité à pouvoir se consoler si vite. Les enfants ne se consolent jamais vite de s'être sentis abandonnés par une femme gentille ; ils font seulement leur premier pas vers la mort et ça leur fait peur.
Commenter  J’apprécie          70
rkhettaouirkhettaoui   15 juillet 2015
Je suis un bouchon au fil de l’eau, un naufragé qui tente de s’agripper à une bouée de sauvetage, on peut faire de moi ce que l’on veut, je suis prêt à toutes les aventures. Tout à l’heure pour une poignée de figues offertes par la miséricorde d’un jeune pope je me serais enterré à tout jamais au monastère ; encens et chasteté ; maintenant devant ce Robinson dont je n’arrive pas à soutenir les regards de loup je rêve de devenir son Vendredi ; moi aussi j’attendrai l’hiver qui trempe tout, je lui achèterai des plumes et des cahiers pour ses poèmes, je lui laverai ses pull-overs, je balaierai son logis, j’apprendrai à tirer à la carabine, je le réchaufferai en dormant contre lui et je sens déjà que mon caleçon est en train de me trahir. Il me dit de le suivre jusqu’à la cabane, il veut me montrer son installation, les livres, le petit âne ; l’invite est brusque, les yeux ailleurs, une rougeur soudaine sous le hâle du visage, fini de rigoler, ce n’est pas pour me déplaire.
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TorticolisTorticolis   12 janvier 2010
Je le regrette un peu, et vous aussi peut-être maintenant, mais j'ai appris à ne plus rêver aux réunions idéales; les parents divorcent, des amis se séparent, certains ne s'entendront jamais; cela ne diminue en rien la force des sentiments que j'éprouve pour chacun d'eux.
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