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EAN : 9782070459346
144 pages
Éditeur : Gallimard (28/08/2014)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 42 notes)
Résumé :
«C’est cet effort d’absence volontaire, de déracinement voulu, de distanciation active par rapport à son milieu qui paraît toujours naturel, c’est donc cette manière de s’éloigner de soi-même — ne serait-ce que momentanément et provisoirement —, de se séparer du natal, du national et de ce qui, plus généralement, le fixe dans une étroitesse identitaire, c’est cela et surtout cela que j’appellerai errance.»
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  20 septembre 2019
Akira Mitzubayashi est un japonais atypique.
Le français est sa langue d'élection, il est un éminent spécialiste de Rousseau, sa femme est française et il a longtemps résidé en France, faisant constamment la navette entre son Japon natal et la France, son pays de coeur, et enseignant , au Japon, la littérature française des Lumières.
Aussi ne nous étonnons pas qu'il fasse un Petit éloge de l'errance, culturelle, linguistique et intellectuelle!
Errer, pour lui c'est d'abord faire un pas de côté,  se démarquer de la meute mimétique et docile, aveuglément soumise au chef.
 Se retrouver seul.
Et, avec ce pas de côté,  prendre le vent, changer d'air, chercher un angle d'attaque ou une perspective insolites,  et tenter de "faire société "par concordance de projets,  en créant,  avec d'autres errants,  une  société fondée non plus sur la tradition et l'obéissance mais sur un pacte social où chacun donne un peu de sa force et  de sa liberté pour le mieux-être de tous.
 Un "contrat social" à  la manière de Rousseau.
Puisant son argumentaire tant dans la littérature que dans la musique, recherchant ses exemples  tant  dans l'actualité récente que dans L Histoire, tant dans les oeuvres de son cher Rousseau   que dans les films de Kobayashi ou Kurosawa, il  dresse le portrait de ces quelques grands errants qui , en quittant le troupeau,  ont fait progresser l'humanité vers une société plus consensuelle et plus juste.
Il convient d'errer, donc, mais sans forcément bouger, car ce chantre de l'errance est un grand sédentaire : il s'agit plutôt d' inscrire son parcours dans une civilisation choisie, une langue d'élection , une culture par affinité.
 En se référant  à la sémantique  et à la temporalité  très particulières de la langue japonaise, il analyse en finesse ce qui , dans sa langue natale même,  constitue un obstacle à cette "errance choisie", à l' ouverture à ce qui est étranger, à  cette horizontalité des échanges,  cette inscription dans un temps relié au passé et ouvert sur l'avenir,  sans lesquelles  aucune rencontre, aucun pacte social n'est possible.
Passionnant, limpide et convaincant.
Et court, ce qui ne gâte rien.
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kuroineko
  18 avril 2019
Enfant de l'après-guerre, né au Japon de parents japonais, Akira Mizubayashi a choisi le français comme langue de coeur. Il a commencé à l'étudier jeune avant de partir suivre un cursus universitaire en France, séjour dont il repart Docteur ès Lettres.
Spécialiste et disciple de Rousseau, et plus particulièrement de son Contrat social, Akira Mizubayashi confronte dans ce Petit éloge de l'errance sa vision humaniste et pleinement démocratique avec la société japonaise qui reste cloisonnée dans des liens hiérarchiques très forts et où l'individu passe après le groupe, qu'il s'agisse de la famille, de l'entreprise et, tout en haut, de l'État toujours symbolisé par l'Empereur même si depuis la défaite d'août 1945, ce dernier a renoncé à son ascendance divine ainsi qu'à tout pouvoir politique et gouvernemental.
L'auteur se base sur des anecdotes et témoignages, personnels ou non, pour démontrer les dangers qu'il ressent dans une société et un État où toute remise en cause, ou même tout dépassement ou originalité comportementale - bref ne pas respecter le consensus conformiste - est rejetée et vilipendée. Et même condamnée à mort lors de l'époque de l'impérialisme effréné et de l'instauration d'un régime militaro-dictatorial à l'ère Shôwa (Hirohito).
Akira Mizubayashi regrette l'incapacité à tirer des leçons du passé lorsqu'il constate l'incurie, les mensonges et l'absence de prise de responsabilité des instances gouvernementales, scientifiques pro nucléaires et des entreprises telles Tepco lors de la catastrophe de Fukushima. Et que le gouvernement actuellement en place véhicule des idées ultranationalistes qui ont de dangereux relents de l'époque précédent la capitulation de 1945.
Le moyen de se détacher de ce conformisme-carcan, pour lui : opter pour l'errance. Pris dans le sens où l'on s'éloigne des voies tracées par la Majorité pour gagner en indépendance d'esprit. La contrepartie étant la solitude et une certaine tristesse à porter. Ces deux traits, solitude volontaire et indépendance, sont très mal considérés dans l'archipel et l'auteur en fit les frais dans sa carrière universitaire après son retour de France, ainsi que son père, dans des circonstances plus graves, lors de la Guerre de Quinze Ans (1931-1945).
L'auteur cite plusieurs exemples d'êtres qu'il considère comme errants, à commencer par Rousseau. Mais également Mozart ou encore l'immense cinéaste Akira Kurosawa dont Les sept samouraïs illustre parfaitement le type d'hommes prêts à s'extraire de leur sort pour se transformer non seulement en défenseurs d'une village de  paysans (normalement improbable car dégradant pour un samouraï même ronin) mais aussi - et surtout - en instigateur d'une communauté non plus basé sur le rapport inféodé à une instance supérieure mais sur une sorte de pacte social rousseauiste.
A la fois d'intérêt historique, philosophique, sociologique, politique et culturel (en 140 pages, c'est extraordinaire), le Petit éloge de l'errance est également écrit dans un français qui peut faire pâlir d'envie et de confusion, par sa perfection, bon nombre de natifs de l'hexagone.
Un ouvrage court mais percutant et éclairant, permettant d'appréhender toujours plus en profondeur (s'efforcer en tout cas) la mentalité japonaise en dépassant les images qu'on peut en avoir en tant qu'Occidentaux.
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ericlesapiens
  28 juillet 2018
Mizubayashi nous parle de la difficulté pour l'individu, au Japon, de s'affranchir de la pensée collective. « La communauté nationale, ici, n'est pas le résultat d'un acte d'association libre et volontaire. Elle n'est pas une construction politique qui passe par un acte. Elle est plutôt d'essence ethnique dans la mesure où elle est caractérisée par la permanence et la pureté imaginaire du sang. Elle précède les individus ; elle les englobe et les engloutit. » Quiconque, au Japon, se démarque du groupe prend le risque d'être rejeté. Sur un plan historique également. L'auteur explique ainsi que peu de gens se sont opposés au gouvernement militaire des années 30 ou à la reprise du nucléaire après Fukushima. Il y a comme un « engourdissement » collectif qui peut très vite déboucher sur une irresponsabilité individuelle. L'auteur, enseignant de français et ayant vécu plusieurs années en France fait le parallèle avec la société occidentale, basée au contraire sur l'individu. Spécialiste de Rousseau, il s'appuie sur « Le contrat social », pour expliquer la différence fondamentale entre la pensée japonaise et occidentale.
L'errance, au Japon, commence donc avec le non-conformisme, dans de simples actions quotidiennes et constitue en cela un véritable défi à la collectivité.
Dans les derniers chapitres, l'auteur critique de manière très soutenue l'action du gouvernement actuel qui prône un retour aux valeurs nationalistes en voulant modifier la constitution de l'après guerre.
A l'aide d'exemples puisés dans le cinéma, la littérature, la musique…, ce petit essai est vraiment très instructif pour comprendre la pensée japonaise.
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Levant
  03 novembre 2018
En voyant au travers des médias le comportement des Japonais en réaction à la catastrophe de Fukushima, ou encore lors de la dernière coupe du monde de football, quand leurs supporters ont été les seuls, en fin de match, à nettoyer les tribunes des reliefs de leur exubérance, je me suis dit que nous n'étions pas faits du même bois. C'est donc avec le plus vif intérêt que j'ai trouvé dans les pages de cet opuscule d'Akira Mizubayashi, Petit éloge de l'errance, l'éclairage propice à m'engager dans cette réflexion sur les différences de comportement des uns et des autres selon la formation mentale des cultures respectives.
Japonais de naissance, Akira MIzubayashi a fait ses études de lettres en France. Il en manie la langue avec un talent propre à déchoir nombre d'entre nous, pourtant nés dans le bain amniotique de la langue de Molière. Cet homme de lettre à la double culture était donc tout indiqué pour faire le distinguo des mentalités nippone et occidentale.
Avec ma propension à louer le sens collectif qui anime les Japonais, j'avais oublié que la nature humaine étant ce qu'elle est, d'un bout à l'autre de la planète, il n'est point de complexion parfaite quand on l'accommode à l'intelligence. Cela se saurait. Et Akira Mizubayashi de nous décrire les us et coutumes de ses compatriotes comme un "mode d'existence communautaire indestructible qui, foyer du conformisme rampant, entrave et empêche l'apparition d'êtres singuliers associatifs et leur avancée sur le chemin d'une véritable appropriation démocratique." le mot est lâché.
Il pousse ainsi ses craintes au point de voir le Japon en retourner à ses vieux démons, ceux-là mêmes qui ont conçu ce corps étatico-moral de l'ère Hirohito. Son pays natal s'inventerait alors une nouvelle incarnation spirituelle de morale collective, apte à "réinventer un être en commun dans une société que l'on pourrait qualifier de "tout à l'ego". Appréciez l'association d'idée qui connote une certaine répugnance pour l'agglomération des êtres singuliers en un cloaque englobant et dénaturant la personne pour la diluer dans une mouvance omnipotente et souveraine.
Vu sous cet angle, on trouve le nettoyage des tribunes moins séduisant. Où se trouve donc l'idéal humaniste ? Sans doute dans l'errance, nous convainc Akira Mizubayashi. Errance qu'il ne faut pas confondre avec itinérance, laquelle trace des chemins à suivre. Errance qui comporte ses parts de solitude et d'incertitude. Errance linguistique au final, et pourquoi pas, qui dans le choix d'une langue épousée en contre pouvoir d'une langue imposée, confère le bagage culturel, l'ouverture d'esprit indispensable à l'élévation. Sortir de l'enfermement.
Comme toujours, entre l'orient et l'occident, tous deux empesés de leurs culture et traditions, doit bien se trouver une aire de compromis, accessible à la seule errance. Il s'agit donc bien de faire l'éloge de cette dernière, puisque plus proche d'une lucidité, véritable source d'humanisme.
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IreneAdler
  25 septembre 2014
Vouloir se retrouver ailleurs, prendre ses affaires (ou non) et partir, se défaire de ses attaches. Qui ne l'a rêvé ? En prenant en exemple son expérience et des grandes figures du Japon, l'auteur tente de trouver ce qui se trouve à la racine de cette volonté.
Finalement, l'errance n'est pas forcément physique. S'échapper par la musique, la littérature ou en remettant en question l'ordre social, c'est déjà partir. Les samouraïs de Kurosawa en sont les archétypes : ils sont sans maître, mais tous n'éprouvent pas le besoin d'en retrouver un, de s'inféoder à un ordre. Ils sont très bien comme ça, à mener leur vie, même difficilement. Or se mettre volontairement en marge de la société au Japon est très mal vu. L'auteur a lui-même une démarche approchante, en remettant à leur place ses supérieurs (encore plus mal vu).
Ce petit texte nous apprend donc qu'il est facile de devenir un errant : se positionner à côté des grandes idées toutes faites, les interroger et surtout, surtout, toujours faire preuve de distance, d'esprit critique et d'ironie. Vous n'échapperez jamais totalement à votre société, mais vous pouvez vous créer des espaces de liberté et de respiration.
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critiques presse (1)
NonFiction   27 novembre 2014
Le cri solitaire et poétique d’un écrivain japonais, un éloge de la liberté de pensée et de conscience.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   15 mai 2015
Rien ne garantit que la majorité a raison. L'Histoire fourmille d'exemples qui montrent le contraire. C'est pourquoi le respect et la prise en compte des voix minoritaires sont essentiels. Mais la soumission plus ou moins forcée ou plus ou moins volontaire de chacun à la tendance majoritaire rend inaudibles ces voix minoritaires ; elle fait de la société japonaise une société figée, immobile, incapable de rectifier ses orientations de façon souple et réfléchie. Seule une « catastrophe » inimaginable peut l'obliger à se remettre en cause, à chercher d'autres voies, à évoluer d'une manière différente. Cela a été le cas en 1945 avec le désastre de la guerre que résument, d'une manière à la fois cruelle et éloquente, les deux bombes atomiques.

2620 – [Folio n° 5821, p. 73]
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JcequejelisJcequejelis   15 février 2015
L’État tel que les Japonais l'appréhendent et le vivent ne ressemblent d'aucune manière à celui du « Contrat social », ni à celui de la Déclaration (de 1789) en tant que résultat d'un acte d'« association politique » pour la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'« homme ». Leur Etat, c'est CELUI qui s'impose, en deçà et au-delà de la volonté de chacun, comme une sorte de données millénaires ethnico-géographiques qu'on ne saurait mettre en doute sous peine d'exclusion ou même de mise à mort comme en témoigne le sort réservé aux résistants, libéraux ou communistes des années sombres et fanatiques de l’avant-guerre. C'est CELUI qui fait sentir aux Japonais qui reviennent de l'étranger une douce chaleur et une force enveloppante propres à la communauté familiale à travers ce petit énoncé magique qu'est « Okaerinasaï ».

2420 - [Folio n° 5821, p. 66]
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JcequejelisJcequejelis   09 mars 2015
On peut illustrer le présentisme dans l’art et la littérature par de nombreux exemples. Je me conterait ici d'en signaler quelques-uns. En littérature, la prédominance des formes poétiques brèves comme le « haïku » indique le primat de l'esthétique de l'instant présent. Un poème composé de dix-sept syllabes seulement, inadapté à la construction d'un récit, s'efforcera de capter l'émotion du locuteur dans son apparition momentanée, sa fugacité. Dans le domaine de la prose, c'est le genre « zuihitsu » qui apparaît comme la meilleure illustration du présentisme nippon. L'esprit « zuihitsu », invariable jusqu'à aujourd'hui depuis « Les Notes de chevet » (Xe siècle) de Sei Shonagon, se manifeste, d'une part, dans l'absence de structure architecturale globale et, d'autre part, dans son attention exclusivement dirigée vers la vie de « chaque instant ».

2498 - [Folio n° 5821, p. 69]
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JcequejelisJcequejelis   10 juin 2015
Le premier événement rapporté par Lederer est la célèbre tentative d'assassinat du prince Hiro-Hito perpétrée par le jeune ... Daisuke Namba. Ce qui a attiré l'attention du professeur allemand, ce n'est pas l'acte meurtrier lui-même, mais ce qui s'est produit ensuite après l'événement à proprement parlé : la démission collective du gouvernement, la révocation disciplinaire de ceux qui étaient chargés de la sécurité du prince depuis le préfet de police jusqu'aux moindres gardes qui étaient loin d'être en état de prévenir l'attentat, le père de l'assassin qui abandonne ses fonctions de député pour se cloîtrer à jamais dans sa maison désormais entourée de haies de bambous, l'entrée en « deuil » de tout le village natal de Namba, et, enfin et surtout, le départ forcé du proviseur de l'école primaire où celui-ci avait reçu les premiers rudiments de connaissance ainsi que la démission de l'instituteur qui, jadis, s'était occupé directement de l'enfant – cette responsabilité en cascade qui, loin de s’arrêter ou de s'épuiser quelque part, ne cessée de descendre à l'infini, c'est cela qui est apparu aux yeux de Laderer comme quelque chose d'absolument inconcevable et incompréhensible en regard de la conception occidentale de l'individu et de la société politique.

2649 – [Folio n° 5821, p. 77]
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JcequejelisJcequejelis   18 janvier 2015
Je me suis juré de ne jamais ressembler au « grand » professeur, de ne jamais profiter de ma position quelle qu'elle soit pour exercer un quelconque pouvoir, de tout faire pour éviter, autant que faire se peut, de « faire partie » d'une structure de pouvoir ou, devrais-je dire plutôt, de ne jamais me laisser séduire par la psychologie triomphante et orgueilleuse d'un soldat endurci exerçant sur un faible, hiérarchiquement inférieur, une violence arbitraire dont la légitimité s'arbitre toujours derrière l'autorité d'une instance supérieure. Etre seul m'a toujours paru préférable, même au prix d'une sombre mélancolie qu’entraîne souvent l’isolement choisi et voulu.

2355 - [Folio n° 5821, p. 34]
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Videos de Akira Mizubayashi (7) Voir plusAjouter une vidéo
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Entretien avec Akira Mizubayashi à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com le 3 octobre 2019. Découvrez les mots choisis par l'auteur pour évoquer son roman 'Ame brisée', paru aux éditions Gallimard.
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