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EAN : 9782330129736
256 pages
Éditeur : Actes Sud (05/02/2020)
4.22/5   85 notes
Résumé :
Imaginez cette fable : une espèce fait sécession. Elle déclare que les dix millions d’autres espèces de la Terre, ses parentes, sont de la “nature”. À savoir : non pas des êtres mais des choses, non pas des acteurs mais le décor, des ressources à portée de main. Une espèce d’un côté, dix millions de l’autre, et pourtant une seule famille, un seul monde. Cette fiction est notre héritage. Sa violence a contribué aux bouleversements écologiques. C’est pourquoi nous avo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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ChtiBaboun
  04 août 2020
Manières d'être vivant est un ensemble de récits et de réflexions sur la place du vivant, de la nature, de l'homme.
Dans un premier temps Baptiste Morisot s'attache au récit de ces différents pistages de loups dans le Vercors.
Dans le deuxième partie du livre il devient philosophe pour nous parler d'interdependance , d 'égards ajustés, de diplomatie.
Cette partie là est plus difficile à lire et à suivre pour les non initiés à la philo
La postface d'Alain Damasio permet une belle synthèse et une bonne compréhension du texte de Baptiste Morisot.
Néanmoins sans être un féru de philo, cet essai et ces récits apportent une réflexion sur le vivant tout à fait compréhensible .
Les passages à la suite des loups dans le Vercors sont magnifiques et ancrer la réflexion de Baptiste Morisot dans la réalité.
Cette réalité nous rappelle que la nature n'est pas une ressource. Ressource extractive ou productive. La nature est le creuset de milliers de manières d'être vivant. Et que ces milliers de manières font que depuis la nuit des temps l'évolution de l'homme ( une manière parmi tant d'autres d'être vivant ) et de la nature est imbriquée. Ne pas oublier que nous venons de l'océan et que le sel nous est indispensable.
L'homme est amalgamé par les manières d'être vivant du passé mais aussi celles du futur.
Nous ne sommes qu'une manière d'être. Et nous ne pouvons décréter soumettre la nature et les autres formes du vivant sous peine de disparaître.
Nous devons mettre en place des interdépendances, des diplomaties.
Prenons l'exemple des loups et des brebis et de leurs bergers.
Certain défendront à tout crin la réintroduction du loup.
D'autres défendront vehementement le pastoralisme et le travail des bergers et des patous.
Chacun dans ces certitudes.
L'interdépendance C'est d'être d'un bord mais penser que dans l 'autre bord il y a des choses justes qui pourraient faciliter et accroître la réussite de chaque bord.
En définitif nous devons avoir des égards ajustés. Jusqu'à récemment, nous avions peu d'égards pour la nature. Nous la traitions comme une ressource . Peu d'égards envers les abeilles avec l'intensification des pesticides.
Pourtant sans abeilles ,pas de pollinisation, pas de fleurs pas de printemps.
Les égards ajustés sont nombreux, tout comme les manières d'être vivant. Ne n'oublions pas.
C est ce que nous dit cet essai . Il peut être érudit et difficile mais il est salvateur.
Ça vaut le coup de prendre le temps de lire et de réfléchir aux manières d'être vivant.

Lien : https://auventdesmots.wordpr..
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Bequelune
  19 novembre 2020
Si vous ne savez pas quoi lire pendant le confinement, foncez sur Manières d'être vivants de Baptiste Morizot. Ce mec est à la fois enseignant-philosophe à la fac d'Aix et passionné de pistage. Il court les forêts pour suivre les sentiers sauvages de loups, renards, putois ; il a appris à hurler avec les loups (qui lui répondent !) ; et parlent de ses expériences dans une langue incandescente, une écriture qui colle au poème.
C'est cet alliage terrain/pensées qui font de ce bouquin un essai de philosophie remarquable. Vivant. Pas de la philosophie hors-sol aux concepts abrupts et dont on ne sait pas bien que faire. Non, Morizot parle des vivants dans une langue vivante et il réveille ce qu'il y a de plus vivant en nous : il nous arme. Il nous équipe de concepts pour repenser le monde - c'est-à-dire ce qu'un-e philosophe digne de ce nom est censé faire, mais qu'on oublie un peu à l'heure où des trouducs comme Onfray, BHL ou Enthoven peuvent squatter sans honte ce qualificatif de « philosophe » sans rien produire de pensée articulé ; mais là je m'égare…
De quoi ça parle, finalement, ce bouquin ? Tout d'abord, c'est un recueil de textes, disparates de prime abord mais qui finalement s'articulent et font sens par la bonne intelligence croisée de l'auteur et de l'éditeur (je ne peux que vous recommander cet excellentissime collection « Mondes sauvages » d'Actes Sud qui, à chaque lecture, m'a pour le moment balancé un uppercut de plaisir). Les premiers chapitres sont des comptes-rendus des expéditions de l'auteur sur la trace des loups dans le Vercors. Il piste, suit, sniffe, hurle et dialogue ; et de ces expériences avec le loup il se questionne sur sa façon (au loup) de voir le monde, de nous voir nous, de communiquer.
Morizot essaye de penser les termes d'une « diplomatie interespèces » : comment communiquer quand on ne se comprend pas, quand tout nous oppose à ces « aliens familiers » que sont les autres vivants terriens (animaux, végétaux). Et avec qui on partage pourtant des millions d'années de co-évolution qui nous font fait tous ensemble, et desquels on est interdépendants.
Et puis, on change de texte et le ton se fait plus abrupt. C'est un peu soudain, on est déstabilisé. Mais, doucement, Morizot sait nous faire retomber sur nos pattes. Il reste plus qu'à galoper pour suivre le fil de ses pensées. Délaissant un peu les habits du pisteur (sans jamais trop s'en éloigner, cependant) pour regagner ses breloques de philosophe, l'auteur plonge à bras le corps sur une analyse du rapport au monde des humains dit « modernes » avec cet impossible duo Nature/Culture. Dualité qu'il déconstruit méthodiquement, usant à la fois des acquis des sciences ethologiques et évolutionnistes, et de la puissance conceptuelle d'une philosophie qui assure un héritage spinoziste (avec des accents volontiers nietzschéens).
Voilà que je m'emballe à mon tour et que j'utilise trop de grands mots. Ce qu'il faut retenir, c'est que le livre se conclut par un don, un don de concepts. Morisot nous arme pour penser le monde plus finement, ne pas choisir son camp, se faire « diplomate », relationnel, oserais-dire loupvoyeur.
En fin d'ouvrage, une postface d'Alain Damasio… remercie Morizot, en gros. Il tente une synthèse du bouquin qu'on vient de lire avec ses mots incadenscents à lui, et c'est assez beau de deviner la rencontre entre ces deux écrivants qui sont aussi deux penseurs parmi les plus stimulants de notre époque.
J'ai toujours du mal à dire du bien des livres que j'ai adoré. C'est dur à expliquer, ça : pourquoi une pensée nous stimule, qu'elle braise elle fait naître en nous.
Donc simplement : LISEZ. Franchement, Morizot ça vaut le coup 🙂
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DoubleMarge
  02 septembre 2020
"Sortir des systèmes, réconcilier l'humanité prédatrice avec le monde animal et végétal, lutter contre l'aliénation et promouvoir un vivre ensemble hors liens de pouvoir ; sept récits de rencontre pour réparer le tissu du vivant. "
Pierre-Romain Valère in Double Marge
Lien : https://doublemarge.com/cate..
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Franz
  15 janvier 2021
Pense avec les loups.
Depuis le col drômois de la Bataille, haut lieu des passages migratoires d'oiseaux et de chauves-souris, le philosophe Baptiste Morizot, féru de pistage [l'art de se rendre disponible « aux signes d'autres formes de vie »], s'interroge sur ce que la crise écologique comprend de nos relations tronquées avec le vivant. Si notre insensibilité à l'égard de la « nature » nous fait la rabaisser, elle occulte les liens de parenté et d'altérité avec les autres formes de vie et amoindrit notre présence au monde. Pour donner corps à ces réflexions, l'auteur va raconter, en première partie de l'ouvrage, intitulée « Une saison chez les vivants », en 11 épisodes, ses approches du loup dans le Vercors. Quand un hurlement le transperce d'une joie exaltante, Baptiste Morizot répond : « Je hurle comme j'ai appris à le faire, pour correspondre à l'attitude, à la trame, à l'enroulé particulier de leur langue… », « une phrase de salutation diplomatique ». A partir de ce contact vocal, l'auteur va décliner ses rencontres et ses réflexions jusqu'à l'apothéose du dernier épisode quand la meute de loups, après avoir répondu une première fois, diffère ensuite sa réponse en décidant de se rendre auprès de l'émetteur humain, un « barbare » qui devient pour le loup « l'objet de la quête d'un fauve ». le lecteur néophyte émerveillé découvrira au passage le « hurlement chorus », le « sur-visage » expressif, la grotte cultuelle de ritualisation animale, la sociabilité et la solitude « élective » des loups, des idées clairement présentées, riches de sens quant au tissage du vivant.
S'ensuivent deux courts textes : « Les promesses d'une éponge » et « Cohabiter avec ses fauves : l'éthique diplomatique de Spinoza » qui annoncent la seconde partie du livre : « Passer de l'autre côté de la nuit : vers une politique des interdépendances ».
Après avoir rappelé notre besoin en sel, héritage de notre passé aquatique ainsi que l'empilement ancestral qui s'ensuit (bactérie, éponge, etc.), Baptiste Morizot évoque le récent « concept de convergence » développé par la biologie de l'évolution qui fait prendre conscience de la multiplicité des formes intelligentes, développées et potentielles, dans la nature. En se penchant ensuite sur l'éthique de Spinoza, l'auteur s'intéresse aux animalités intérieures, à l'emprise de la raison sur les passions : « La diplomatie revient alors à connaître finement, par une éthologie de soi, le comportement délicat et ardent de sa vie affective, pour amadouer et influencer des désirs à la vitalité intacte. Et les faire converger dans une direction ascendante, c'est-à-dire généreuse. » En accordant ses fauves intérieurs, l'homme peut faire émerger une joie des profondeurs de son être.
Enfin, en s'appuyant sur sa participation au projet CanOvis qui étudie, depuis le plateau varois de Canjuers, les interactions entre les loups, les troupeaux et les chiens de protection, Baptiste Morizot donne du sens à la « diplomatie des interdépendances ». Il faudrait alternativement « penser loup, sentir berger, être brebis ou prairie ».
L'essai tente l'alliance du pisteur et du philosophe, de l'homme de terrain et de l'enseignant-chercheur. Il peut dérouter le naturaliste peu enclin au maniement des concepts philosophiques mais les deux parties du livre correspondent à deux facettes de l'auteur qui jongle en permanence entre la vie et l'étude, le réel et le concept, les deux s'épaulant, s'enrichissant, oeuvrant à un nouveau champ conceptuel salutaire, la diplomatie des interdépendances et les égards ajustés, proposé ainsi en partage : « Il faut remettre en jeu cet alliage incandescent de la puissance des sens la plus vibrante et de la pensée la plus aiguisée. Voilà la grande leçon du pistage ».
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karkarot
  31 juillet 2020
Ce livre regroupe différents textes et articles de Baptiste Morizot. Je n'ai lu que Les Diplomates de ce même auteur, et on retrouve bien la patte et la pensée qui m'ont séduit dans ce premier ouvrage !
A travers des textes tout à la fois ou tour à tour philosophiques, éthologiques, politiques, journalistiques, romanesques (presque !) Morizot donne à voir un axe de pensée nouveau, un paradigme comme on se plait à le dire aujourd'hui qui doit changer: nous ne sommes pas hors de la nature, la nature n'est pas une ressource disponible pour notre bon vouloir (issu du grand Dieu !) mais elle (la nature) n'est pas non plus sacrée, angélique et à muséifier ; il s'agit au contraire de reconstruire, de retrouver les liens multiples et immenses qui nous rattachent à elle et qui font de nous, humains, une partie du tout.
Il faut réapprendre à communiquer avec nos concitoyens en monde, avec nos moyens modernes, être diplomates, comprendre que faire vivre les autres est aussi sauver nos vies, que laisser une forêt se développer, ou un prédateur chasser n'est pas une perte pour nous, mais une chance si on peut aménager la relation...
Avec Morizot, on piste le loup, on chante, on crie, on discute avec tout le monde, on découvre des pensées, des êtres humains et des textes fondateurs.
Merci pour tout ça...
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
cjozrolandcjozroland   11 juin 2021
P 185 – dans cette autre conception des relations aux animaux, on vit mieux avec eux de les influencer dans leur vitalité intacte, plutôt que de les affaiblir pour les contrôler. J’appelle « paradoxe de Stépanoff », ici appliqué à la cohabitation avec le vivant en soi, l’idée étrange que, pour domestiquer les désirs les plus farouches, c’est-à-dire vivre bien avec eux et par eux, il faut les maintenir à l’état sauvage.
La morale du cocher repose sur l’erreur originelle de croire que nos désirs intérieurs sont des bêtes déficientes qui exigent une action directe positive, c’est-à-dire d’être dévitalisées puis contrôlées de boute ne bout. L’erreur intrinsèque de la morale du cocher revient à ce postulat qu’il faudrait dévitaliser la vie désirante pour être vertueux : la « réduire à la médiocrité où la vertu des demande ».
C’est là que l’intuition de Spinoza concernant la nature humaine prend toute son ampleur. Nous sommes intrinsèquement faits de désir. Le désir n’est pas un manque, c’est une puissance – la puissance par laquelle nous persévérons dans l’existence : « le désir est l’essence de l’homme (…). » conséquemment, mater les passions et désirs, c’est affaiblir la seule force vitale avec laquelle on est susceptible d’avancer dans la vie. Ce que Spinoza a vu, c’est que nous ne sommes que du désir : c’est l’intensification de la vitalité joyeuse et sage de désir, au détriment de la tristesse morbide, qui fait la vertu, et devient le nom de la sagesse. Cette vivification des désirs joyeux exige un autre rapport aux passions en soi, un rapport que j’appellerai « diplomatique ».
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cjozrolandcjozroland   11 juin 2021
P 234 – Comment choisir un cap dans ce chaos ? il existe en marine la pratique de la navigation négative. (…) savoir où l’on ne doit surtout pas être. (…) dans la diplomatie des interdépendances, celle au service des relations, et pas d’un des membres de la relation contre l’autre, la navigation négative est un art important, un art quotidien. La boussole est claire : le repère qu’il faut fuir, celui dont on doit toujours s’éloigner pour être ramené en pleine mer d’incertitude, c’est-à-dire à l’abri, c’est la tranquillité d’âme, le sentiment de la pureté morale. (…) tout sentiment d’avoir le cœur net, d’être dans son droit, est à bannir, sinon on ne fait pas justice à la relation même, c’est-à-dire à tous ceux qui y sont pris, emberlificotés dans mille tissages de relations qui vont du conflit au son, de l’exploitation à l’amour, à cette nuance près qu’on partage un même territoire, où l’habitat de l’un est le tissage de tous les autres. Il faut accepter d’être un métamorphe jusqu’au bout, une chimère jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la morale même, cœur de brebis et gueule de loup, et pas de larmes de crocodile.
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cjozrolandcjozroland   11 juin 2021
P 270 – Hadot révèle ici l’ordre des phénomènes : ce n’est pas parce qu’on démontre rationnellement ou déduit logiquement que les vivants ont de la valeur que l’on s’en soucie, c’est parce que l’on s’en soucie qu’on leur confère de la valeur. Le souci est premier, il est la force qui fait bouger les lignes architectoniques de l’attention politique, entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas. (…) plus qu’en appeler à l’amour de la Nature, ou agiter la crainte de l’Apocalypse, il me semble qu’une voie plus ajustée aux enjeux du temps revient à multiplier les approches, les pratiques, les discours, les œuvres, les dispositifs, les expériences qui sont capables de nous faire sentir et vivre depuis le point de vue des interdépendances. Nous faire sentir et vivre comme vivant parmi les vivants, comme eux pris dans la trame, partageant des ascendances et des manières d’être vivant, un destin commun, et une vulnérabilité mutuelle.
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cjozrolandcjozroland   11 juin 2021
P 312- Postface Alain Damasio
Osons ici le mode "slogan de manif" : il ne s'agit pas de faire converger fin du mois et fin du monde. Mais bien de précipiter la fin du moi pour activer la fin de l'immonde. Et d'ouvrir ainsi à une faim du monde, une soif de s'y inscrire en complice, en tisseur, en convive. Il est donc temps de changer les banderoles, camarades, et d'y graffer : Fin du moi - faim du monde : même combo !
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cjozrolandcjozroland   11 juin 2021
P 265 – comme le disent Patel et Moore, « la Nature n’est pas une chose, mais une façon d’organiser – et de cheapiser – la vie ». Dans ces conditions, il est ambigu d’affirmer que « nous sommes la nature qui se défend ». Nous sommes le vivant qui se défend – y compris contre sa conversion en « Nature ».
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Videos de Baptiste Morizot (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Baptiste Morizot
Merci à Baptiste Morizot, aux éditions Actes Sud et WildProject pour cet essai philosophique et politique majeur : "Raviver les braises du vivant : un front commun".
Bon visionnage :)
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