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EAN : 9782330129736
256 pages
Actes Sud (05/02/2020)
4.26/5   123 notes
Résumé :
Imaginez cette fable : une espèce fait sécession. Elle déclare que les dix millions d’autres espèces de la Terre, ses parentes, sont de la “nature”. À savoir : non pas des êtres mais des choses, non pas des acteurs mais le décor, des ressources à portée de main. Une espèce d’un côté, dix millions de l’autre, et pourtant une seule famille, un seul monde. Cette fiction est notre héritage. Sa violence a contribué aux bouleversements écologiques. C’est pourquoi nous avo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Bequelune
  19 novembre 2020
Si vous ne savez pas quoi lire pendant le confinement, foncez sur Manières d'être vivants de Baptiste Morizot. Ce mec est à la fois enseignant-philosophe à la fac d'Aix et passionné de pistage. Il court les forêts pour suivre les sentiers sauvages de loups, renards, putois ; il a appris à hurler avec les loups (qui lui répondent !) ; et parlent de ses expériences dans une langue incandescente, une écriture qui colle au poème.
C'est cet alliage terrain/pensées qui font de ce bouquin un essai de philosophie remarquable. Vivant. Pas de la philosophie hors-sol aux concepts abrupts et dont on ne sait pas bien que faire. Non, Morizot parle des vivants dans une langue vivante et il réveille ce qu'il y a de plus vivant en nous : il nous arme. Il nous équipe de concepts pour repenser le monde - c'est-à-dire ce qu'un-e philosophe digne de ce nom est censé faire, mais qu'on oublie un peu à l'heure où des trouducs comme Onfray, BHL ou Enthoven peuvent squatter sans honte ce qualificatif de « philosophe » sans rien produire de pensée articulé ; mais là je m'égare…
De quoi ça parle, finalement, ce bouquin ? Tout d'abord, c'est un recueil de textes, disparates de prime abord mais qui finalement s'articulent et font sens par la bonne intelligence croisée de l'auteur et de l'éditeur (je ne peux que vous recommander cet excellentissime collection « Mondes sauvages » d'Actes Sud qui, à chaque lecture, m'a pour le moment balancé un uppercut de plaisir). Les premiers chapitres sont des comptes-rendus des expéditions de l'auteur sur la trace des loups dans le Vercors. Il piste, suit, sniffe, hurle et dialogue ; et de ces expériences avec le loup il se questionne sur sa façon (au loup) de voir le monde, de nous voir nous, de communiquer.
Morizot essaye de penser les termes d'une « diplomatie interespèces » : comment communiquer quand on ne se comprend pas, quand tout nous oppose à ces « aliens familiers » que sont les autres vivants terriens (animaux, végétaux). Et avec qui on partage pourtant des millions d'années de co-évolution qui nous font fait tous ensemble, et desquels on est interdépendants.
Et puis, on change de texte et le ton se fait plus abrupt. C'est un peu soudain, on est déstabilisé. Mais, doucement, Morizot sait nous faire retomber sur nos pattes. Il reste plus qu'à galoper pour suivre le fil de ses pensées. Délaissant un peu les habits du pisteur (sans jamais trop s'en éloigner, cependant) pour regagner ses breloques de philosophe, l'auteur plonge à bras le corps sur une analyse du rapport au monde des humains dit « modernes » avec cet impossible duo Nature/Culture. Dualité qu'il déconstruit méthodiquement, usant à la fois des acquis des sciences ethologiques et évolutionnistes, et de la puissance conceptuelle d'une philosophie qui assure un héritage spinoziste (avec des accents volontiers nietzschéens).
Voilà que je m'emballe à mon tour et que j'utilise trop de grands mots. Ce qu'il faut retenir, c'est que le livre se conclut par un don, un don de concepts. Morisot nous arme pour penser le monde plus finement, ne pas choisir son camp, se faire « diplomate », relationnel, oserais-dire loupvoyeur.
En fin d'ouvrage, une postface d'Alain Damasio… remercie Morizot, en gros. Il tente une synthèse du bouquin qu'on vient de lire avec ses mots incadenscents à lui, et c'est assez beau de deviner la rencontre entre ces deux écrivants qui sont aussi deux penseurs parmi les plus stimulants de notre époque.
J'ai toujours du mal à dire du bien des livres que j'ai adoré. C'est dur à expliquer, ça : pourquoi une pensée nous stimule, qu'elle braise elle fait naître en nous.
Donc simplement : LISEZ. Franchement, Morizot ça vaut le coup 🙂
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ChtiBaboun
  04 août 2020
Manières d'être vivant est un ensemble de récits et de réflexions sur la place du vivant, de la nature, de l'homme.
Dans un premier temps Baptiste Morisot s'attache au récit de ces différents pistages de loups dans le Vercors.
Dans le deuxième partie du livre il devient philosophe pour nous parler d'interdependance , d 'égards ajustés, de diplomatie.
Cette partie là est plus difficile à lire et à suivre pour les non initiés à la philo
La postface d'Alain Damasio permet une belle synthèse et une bonne compréhension du texte de Baptiste Morisot.
Néanmoins sans être un féru de philo, cet essai et ces récits apportent une réflexion sur le vivant tout à fait compréhensible .
Les passages à la suite des loups dans le Vercors sont magnifiques et ancrer la réflexion de Baptiste Morisot dans la réalité.
Cette réalité nous rappelle que la nature n'est pas une ressource. Ressource extractive ou productive. La nature est le creuset de milliers de manières d'être vivant. Et que ces milliers de manières font que depuis la nuit des temps l'évolution de l'homme ( une manière parmi tant d'autres d'être vivant ) et de la nature est imbriquée. Ne pas oublier que nous venons de l'océan et que le sel nous est indispensable.
L'homme est amalgamé par les manières d'être vivant du passé mais aussi celles du futur.
Nous ne sommes qu'une manière d'être. Et nous ne pouvons décréter soumettre la nature et les autres formes du vivant sous peine de disparaître.
Nous devons mettre en place des interdépendances, des diplomaties.
Prenons l'exemple des loups et des brebis et de leurs bergers.
Certain défendront à tout crin la réintroduction du loup.
D'autres défendront vehementement le pastoralisme et le travail des bergers et des patous.
Chacun dans ces certitudes.
L'interdépendance C'est d'être d'un bord mais penser que dans l 'autre bord il y a des choses justes qui pourraient faciliter et accroître la réussite de chaque bord.
En définitif nous devons avoir des égards ajustés. Jusqu'à récemment, nous avions peu d'égards pour la nature. Nous la traitions comme une ressource . Peu d'égards envers les abeilles avec l'intensification des pesticides.
Pourtant sans abeilles ,pas de pollinisation, pas de fleurs pas de printemps.
Les égards ajustés sont nombreux, tout comme les manières d'être vivant. Ne n'oublions pas.
C est ce que nous dit cet essai . Il peut être érudit et difficile mais il est salvateur.
Ça vaut le coup de prendre le temps de lire et de réfléchir aux manières d'être vivant.

Lien : https://auventdesmots.wordpr..
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celestineh
  12 août 2021
Un essai passionnant, en tout cas, il m'a réellement passionné et les réflexions de l'auteur résonnent toujours en moi un mois après l'avoir terminé.
Baptiste Morizot est enseignant en philosophie mais il consacre aussi du temps à pister les loups. Quel est le rapport me direz-vous ? Et bien, si dans un premier temps, on peut se poser la question, tout prend sens au fil de la lecture de cet ouvrage.
Après un long et brillant chapitre d'introduction sur notre rapport au vivant et à la nature, l'auteur nous emmène sur la piste d'une meute vivant dans le Vercors. Puis nous voilà avec lui à observer la cohabitation des loups et des troupeaux dans le Var pour une étude au long cours. Et ensuite, il nous entraîne dans ses réflexions de philosophe sur notre rapport faussé à la Nature et au vivant. Et pour finir une préface d'Alain Damasio.
C'est dense et intelligent même si parfois la lecture a été un peu difficile. Si les idées de l'auteur sont plutôt limpides et percutantes, son style et son vocabulaire m'ont semblé parfois un peu trop complexes et pas vraiment à la portée de tous (ce sera ma seule réserve).
Observation des autres êtres vivants (ici les loups), tentative de communication avec ces « aliens familiers » (car il n'hésite pas à hurler avec les loups !!!), connaissance nécessaire du monde dans lequel nous vivons. Et pour finir, la nécessité absolue de respecter le vivant et tout ce qui le compose et de retrouver les égards que nous avons perdus après deux mille ans de civilisation judéo-chrétienne et une révolution industrielle. Remettre l'homme à une autre place. En finir avec l'idée que la Nature est un décor ou une réserve à piller.
Voilà il y aurait encore une tonne de commentaires à faire. Mais le mieux est de lire ce magnifique essai qui sème une multitude de pistes de réflexion.
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DoubleMarge
  02 septembre 2020
"Sortir des systèmes, réconcilier l'humanité prédatrice avec le monde animal et végétal, lutter contre l'aliénation et promouvoir un vivre ensemble hors liens de pouvoir ; sept récits de rencontre pour réparer le tissu du vivant. "
Pierre-Romain Valère in Double Marge
Lien : https://doublemarge.com/cate..
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Franz
  15 janvier 2021
Pense avec les loups.
Depuis le col drômois de la Bataille, haut lieu des passages migratoires d'oiseaux et de chauves-souris, le philosophe Baptiste Morizot, féru de pistage [l'art de se rendre disponible « aux signes d'autres formes de vie »], s'interroge sur ce que la crise écologique comprend de nos relations tronquées avec le vivant. Si notre insensibilité à l'égard de la « nature » nous fait la rabaisser, elle occulte les liens de parenté et d'altérité avec les autres formes de vie et amoindrit notre présence au monde. Pour donner corps à ces réflexions, l'auteur va raconter, en première partie de l'ouvrage, intitulée « Une saison chez les vivants », en 11 épisodes, ses approches du loup dans le Vercors. Quand un hurlement le transperce d'une joie exaltante, Baptiste Morizot répond : « Je hurle comme j'ai appris à le faire, pour correspondre à l'attitude, à la trame, à l'enroulé particulier de leur langue… », « une phrase de salutation diplomatique ». A partir de ce contact vocal, l'auteur va décliner ses rencontres et ses réflexions jusqu'à l'apothéose du dernier épisode quand la meute de loups, après avoir répondu une première fois, diffère ensuite sa réponse en décidant de se rendre auprès de l'émetteur humain, un « barbare » qui devient pour le loup « l'objet de la quête d'un fauve ». le lecteur néophyte émerveillé découvrira au passage le « hurlement chorus », le « sur-visage » expressif, la grotte cultuelle de ritualisation animale, la sociabilité et la solitude « élective » des loups, des idées clairement présentées, riches de sens quant au tissage du vivant.
S'ensuivent deux courts textes : « Les promesses d'une éponge » et « Cohabiter avec ses fauves : l'éthique diplomatique de Spinoza » qui annoncent la seconde partie du livre : « Passer de l'autre côté de la nuit : vers une politique des interdépendances ».
Après avoir rappelé notre besoin en sel, héritage de notre passé aquatique ainsi que l'empilement ancestral qui s'ensuit (bactérie, éponge, etc.), Baptiste Morizot évoque le récent « concept de convergence » développé par la biologie de l'évolution qui fait prendre conscience de la multiplicité des formes intelligentes, développées et potentielles, dans la nature. En se penchant ensuite sur l'éthique de Spinoza, l'auteur s'intéresse aux animalités intérieures, à l'emprise de la raison sur les passions : « La diplomatie revient alors à connaître finement, par une éthologie de soi, le comportement délicat et ardent de sa vie affective, pour amadouer et influencer des désirs à la vitalité intacte. Et les faire converger dans une direction ascendante, c'est-à-dire généreuse. » En accordant ses fauves intérieurs, l'homme peut faire émerger une joie des profondeurs de son être.
Enfin, en s'appuyant sur sa participation au projet CanOvis qui étudie, depuis le plateau varois de Canjuers, les interactions entre les loups, les troupeaux et les chiens de protection, Baptiste Morizot donne du sens à la « diplomatie des interdépendances ». Il faudrait alternativement « penser loup, sentir berger, être brebis ou prairie ».
L'essai tente l'alliance du pisteur et du philosophe, de l'homme de terrain et de l'enseignant-chercheur. Il peut dérouter le naturaliste peu enclin au maniement des concepts philosophiques mais les deux parties du livre correspondent à deux facettes de l'auteur qui jongle en permanence entre la vie et l'étude, le réel et le concept, les deux s'épaulant, s'enrichissant, oeuvrant à un nouveau champ conceptuel salutaire, la diplomatie des interdépendances et les égards ajustés, proposé ainsi en partage : « Il faut remettre en jeu cet alliage incandescent de la puissance des sens la plus vibrante et de la pensée la plus aiguisée. Voilà la grande leçon du pistage ».
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Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
cjozrolandcjozroland   29 mai 2021
P 114 – l’espace des possibilités d’existence ouvert par leurs puissances des corps permet de comprendre mieux, alors, la forme de vie particulière des loups.
Exercice d’ethnographie par les traces : ils se séparent le jour, s’isolent, vaquent à leurs démons personnels, jouissent des sensations, des odeurs, des enquêtes qu’ils mènent chacun de leur côté, et cultivent ainsi la joie de se retrouver le soir, en quelques hurlements, pour lancer la vie collective, sa discipline, -sa coopération, son attention concernée aux signes des autres, à leurs émotions, avec le respect des hiérarchies, l’étiquette de la vie collective, les rangs sociaux, les dominances à rejouer, à déjouer, à ruser, à mettre en cause, les relations complexes, les amitiés ambiguës, l’affection pour un cousin dont la sœur vous a dans le nez, tout ce qu’on peut imaginer comme drames infinitésimaux (mais définatoires pour chacun) de la vie d’une famille élargie.
Une famille qui travaille ensemble, collabore, qui agit tantôt comme une expédition d’explorateurs, tantôt comme une patrouille militaire aux frontières, comme un clan paléolithique de chasseurs de gros gibier, une école multigénérationnelle qui prend soin des petits, où chacun joue un rôle dans leur éducation, une file indienne de cartographes qui redessinent des frontières par l’odeur, déposant les blasons de la meute et les drapeaux du territoire sous forme de laissées, pour remplacer ceux que le mauvais temps a délavés…
Et puis arrive l’aurore aux crocs de rose, et chacun se sépare, fatigué de l’activité intense, de la hiérarchie, de l’attention à donner à tous et à chacun, lassé de faire passer le projet collectif devant le désir nomade intérieur, et cette odeur de fleur que je suis seul à sentir, et alors chacun va son chemin, qui vers la crête, qui le long de la rivière, qui au fond de la forêt.
Les plus amoureux ou amis, les plus timorés, restent ensemble, à deux, parfois à trois, un autre reste avec les bébés, le couple dominant se retire dans sa tente faite d’un bosquet surplombant le ruisseau.
Mais les têtes brulées, ceux qui souffrent le plus de la hiérarchie lupine, s’éloignent, vont explorer, enfin libres, loin des disciplines militaires et des obligations hiérarchiques, de nouveaux ciels, de nouvelles sources, manger en premier, sans suivre l’étiquette, dormir les pattes en l’air en regardant passer les nuages, courir où bon me semble, et ne pas poser la patte exactement dans la patte du coureur de devant, qui a mis sa patte exactement dans l’empreinte du leader, sentir, tout respirer, se rouler dans les choses, se rouler dans le cosmos tout entier, enivré des odeurs de musc et de menthe sauvage, et de l’odeur de défi d’un lynx qui a marqué lui aussi sur ce même tronc, et sur ce pont de bois regarder les truites pendant des heures (est-ce-que ça se mange ? il faudrait essayer), tout gouter, tout tenter, ne rien faire, flâner, s’ennuyer ferme, et puis le soleil tombe là-bas, et l’on sent monter dedans la petite solitude, l’envie d’un masque de loup à lécher, l’envie de l’excitation d’être ensemble, de l’odeur chaude des autres comme d’une fumée qui nous baigne, l’envie des autres, le désir de faire, c’est-à-dire de faire ensemble, d’être un seul corps, une pure rivière de crocs, filante et personne comme le vent, capable de capturer tout ce qui pourtant s’y refuse, résiste, se débat, de prendre la force de vie de tout ce qui vigoureusement veut vivre, et l’incorporer, la dérober sous forme de chair, un seul grand corps capable de mettre à terre des bêtes comme le ciel, des cerfs aux bois de foret, des sangliers-collines fumantes, être ensemble, la bande infernale, inarrêtable, les cadors, les caïds, les cousins, le rire partagé du cercle intérieur, qui donne chaud, le coup de langue que me donne un proche, juste en passant, comme un humain en passant pose sa main sur le dos d’un ami pour dire « je te vois », « tu existes fort », « je suis là ». (…) c’ets l’aube, nous paressons dans les duvets. Le ciel est encore sans nuages, il n’a même pas froid, nous avons dormi comme des bienheureux.
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PGillyPGilly   04 mars 2020
Par "crise de la sensibilité", j'entends un appauvrissement de ce que nous pouvons sentir, percevoir, comprendre, et tisser comme relations à l'égard du vivant. Une réduction de de la gamme d'affects, de percepts, de concepts, de pratiques nous reliant à lui. Nous avons une multitude de mots, de types de relations, de types d'affects pour qualifier les relations entre humains, entre collectifs, entre institutions, avec les objets techniques ou les œuvres d'art, mais bien moins pour nos relations au vivant. Cet appauvrissement de l'empan de sensibilité envers le vivant, c'est-à-dire des formes d'attention et des qualités de disponibilité à son égard, est conjointement un effet et une part des causes de la crise écologique qui est la nôtre.
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PGillyPGilly   15 mars 2020
Car les animaux ne sont pas seulement dignes d'une attention infantile ou morale : ils sont les cohabitants de la terre avec lesquels nous partageons une ascendance, l'énigme d'être vivant, et la responsabilité de cohabiter décemment. Le mystère d'être un corps, un corps qui interprète et vit sa vie, est partagé par tout le vivant : c'est la condition vitale universelle et c'est elle qui mérite d'appeler le sentiment d'appartenance le plus puissant.
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PGillyPGilly   19 mai 2020
Osons ici le mode "slogan de manif" : il ne s'agit pas de faire converger fin du mois et fin du monde. Mais bien de précipiter la fin du moi pour activer la fin de l'immonde. Et d'ouvrir ainsi à une faim du monde, une soif de s'y inscrire en complice, en tisseur, en convive. Il est donc temps de changer les banderoles, camarades, et d'y graffer : Fin du moi - faim du monde : même combo !
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PGillyPGilly   15 mars 2020
Les pollinisateurs font littéralement, ce que nous appelons, candides, "le printemps", comme si c'était un cadeau de l'univers, ou du soleil : non, c'est leur action bourdonnante, invisible et planétaire, qui appelle chaque année au monde, à la sortie de l'hiver, les fleurs, les fruits, les dons de la terre, et leur retour immémorial. Les pollinisateurs, abeilles, bourdons, oiseaux, ne sont pas posées comme des meubles sur le décor naturel et immuable des saisons : ils fabriquent cette saison dans ce qu'elle a de vivant.
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Vidéo de Baptiste Morizot
À l'occasion de leur venue à la librairie Dialogues pour une rencontre autour de leur livre, "Escale en Polynésie" publié aux éditions Au vent des îles, Titouan et Zoé Lamazou nous ont confié plusieurs conseils de lecture !
La femme de Parihaka de Witi Ihimaera : hhttps://www.librairiedialogues.fr/livre/6737338-la-femme-de-parihaka-witi-ihimaera-au-vent-des-iles le baiser de la mangue d'Albert Wendt : https://www.librairiedialogues.fr/livre/702160-le-baiser-de-la-mangue-albert-wendt-au-vent-des-iles Diadorim de Doão Guimarães Rosa : https://www.librairiedialogues.fr/livre/999016-diadorim-joao-guimaraes-rosa-editions-10-18 Pina de Titaua Peu : https://www.librairiedialogues.fr/livre/20130193-pina-titaua-peu-au-vent-des-iles Au temps des requins et des sauveurs de Kawai Strong Washburn : https://www.librairiedialogues.fr/livre/18956184-au-temps-des-requins-et-des-sauveurs-roman-kawai-strong-washburn-gallimard Manières d'être vivant de Baptiste Morizot : https://www.librairiedialogues.fr/livre/16090590-mondes-sauvages-actes-sud-manieres-d-etre-vi--baptiste-morizot-actes-sud Calanques, Les entrevues de l'Aiglet de Karin Huet : https://www.librairiedialogues.fr/livre/16651719-calanques-les-entrevues-de-l-aigle-karin-huet-parc-national-des-calanques-glenat-livres
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